vignette|upright=1|Représentation en coupe tridimensionnelle par tomodensitométrie d'un poumon présentant une tumeur. vignette|upright=1|Radiographie de face du thorax montrant un probable cancer du poumon (taches claires sur le côté externe de chaque poumon).
Les expressions cancer du poumon et cancer bronchique désignent au sens strict une tumeur maligne du poumon, et par extension les carcinomes pulmonaires, qui regroupent les tumeurs malignes épithéliales du poumon.
Selon l'OMS, c'est la cause la plus fréquente de décès par cancer, chez les hommes comme chez les femmes.. Il est la cause de 1,3 million de décès par an dans le monde..
Mortalité En France, le cancer du poumon constitue la première cause de mortalité par cancer chez l’homme.
Chez la femme, il se situe au deuxième rang des causes de décès par cancer, derrière le cancer du sein.
Selon les estimations récentes, le cancer du poumon est responsable d’un nombre élevé de décès, avec plus de 10 000 décès annuels chez les femmes et plus de 20 000 chez les hommes.
Alors que la mortalité diminue chez l’homme, elle tend à augmenter ou à se stabiliser chez la femme, reflétant l’évolution différée du tabagisme selon le sexe. Les symptômes les plus fréquents sont le souffle court, la toux (éventuellement les crachements de sang), et l'amaigrissement J.D. Minna, J.H. Schiller, Harrison's Principles of Internal Medicine, McGraw-Hill, éd., 2008, , ..
Les principaux types de cancers du poumon sont le carcinome à petites cellules et les cancers non à petites cellules. Cette distinction est importante, les traitements et pronostics étant très différents. Les cancers non à petites cellules sont souvent traités par chirurgie, tandis que le carcinome à petites cellules ne s'opère pas et est traité par chimiothérapie et radiothérapie..
La cause la plus fréquente de cancer du poumon est l'exposition chronique à la fumée de tabac, y compris au tabagisme passif. L'incidence du cancer du poumon chez les non-fumeurs, qui représentent environ 15 % des cas, est imputable pour partie au tabagisme passif, à l'exposition au radon, à l'amiante, à d'autres formes de pollution de l'air, ainsi qu'à une combinaison de facteurs génétiques.
Le cancer du poumon peut être vu sur les radiographies thoraciques et le scanner. Le diagnostic est confirmé par une biopsie. Ceci se fait généralement par bronchoscopie, ou par biopsie guidée par scanner. Le traitement et le pronostic dépendent du type histologique du cancer, de son stade (degré de dissémination), et de l'état général de santé du patient.
Une étude européenneFinal screening round of the NELSON lung cancer screening trial: the effect of a 2.5-year screening interval a confirmé en 2017 l'intérêt d'un dépistage des populations à risque par scanner thoracique peu irradiantPour un dépistage du cancer du poumon, Le Monde Science et Médecine du 21 novembre 2018, . D'après l'actualisation de l'analyse de la Haute Autorité de Santé en 2022, ce dépistage sur les personnes à risque conduit à une réduction de la mortalité par cancer du poumon.
Historique Le cancer du poumon n'était pas fréquent avant l'arrivée de la cigarette ; il n'a même pas été identifié comme une maladie distincte jusqu'en 1761.
Divers aspects du cancer du poumon ont été décrits avec plus de précisions en 1810.
Les tumeurs malignes du poumon ne représentaient qu'1 % de tous les cancers repérés en autopsie en 1878, mais étaient montés à 10–15 % au début du .
Le nombre de cas cités dans la littérature médicale mondiale ne s'élevait qu'à 374 en 1912, référence citée dans , mais une revue des autopsies montre que l'incidence du cancer du poumon a augmenté de 0,3 % en 1852 à 5,66 % en 1952.
En Allemagne en 1929, le médecin Fritz Lickint reconnut le lien entre tabagisme et cancer du poumon, ce qui conduisit à une campagne antitabac agressive.
L'Étude des médecins britanniques, publiée dans les années 1950, était la première preuve épidémiologique solide du lien entre le cancer du poumon et le tabagisme.
De fait, en 1964 le chirurgien général des États-UnisResponsable hiérarchique de troisième niveau du ministère fédéral de la santé des États-Unis recommande aux fumeurs de s'arrêter de fumer.
Le lien avec le radon a été reconnu pour la première fois chez les mineurs de l'Erzgebirge (Allemagne), près de Schneeberg (Saxe). L'argent a été exploité dans cette région depuis 1470, et ces mines sont riches en uranium, avec ses descendants, dont le radium et le radon. Les mineurs étaient atteints d'une quantité exceptionnelle de maladies pulmonaires, finalement reconnues comme cancers du poumon dans les années 1870. On estime à 75 % le nombre d'ex-mineurs morts du cancer du poumon.
Malgré cette découverte, l'activité minière a continué jusqu'aux années 1950, en raison de la demande de l'URSS en uranium.
La première pneumonectomie réussie pour le cancer du poumon a été réalisée en 1933.
La radiothérapie palliative a été utilisée depuis les années 1940.
La radiothérapie radicale, utilisée dès les années 1950, a été une tentative pour utiliser plusieurs doses de radiation chez les patients à un stade relativement précoce du cancer du poumon, mais inopérables.
En 1997, la radiothérapie continue hyperfractionnée accélérée a été considérée comme une amélioration de la radiothérapie radicale conventionnelle.
Pour les carcinomes à petites cellules, les premiers essais de résection chirurgicale des années 1960 et de radiothérapie radicale n'ont pas eu de succès. Dans les années 1970, des combinaisons de chimiothérapie efficaces ont été mises au point.
Épidémiologie Dans le monde, le cancer du poumon est le cancer le plus fréquent en termes tant d'incidence que de mortalité (1,35 million de nouveaux cas par an et 1,18 million de décès), avec les taux les plus élevés en Europe et en Amérique du Nord. En France, sa prévalence varie fortement selon les régions : durant la seconde moitié du , chez les hommes, les régions à plus forte incidence étaient le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine et l'Alsace données pour 1995, in « Epidemiology and costs of lung cancer in France », Bulletin du Cancer Volume 88, Number 8, 753-, Synthèses.
Fréquence vignette|upright=1.5|Répartition des cancers du poumon aux États-Unis.
Le réseau français des registres des cancers (Francim) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) estiment en 2000 le nombre total de nouveaux cas de cancers en France, en 2000, à , dont 58 % survenant chez les hommes. Pour la même année, le nombre de décès par cancer est estimé à dont 61 % chez l’homme. Le cancer du poumon vient en pour son incidence ( nouveaux cas) après le cancer du sein (), de la prostate (), et du colon et rectum () mais en première place pour sa mortalité. cancers du poumon ont été diagnostiqués chez l’homme en 2000 et chez la femme.
Compte tenu de l’efficacité modeste des traitements, le cancer du poumon est la première cause de mort par cancer avec environ en 2000, dont chez l’homme et chez la femmeInserm, année 2000.
Selon l'Assurance maladie, nouveaux cas ont été détectés en France métropolitaine en 2002.
En France, le nombre de nouveaux cas estimés en 2017 était de 49 000 : 32 000 hommes et 17 000 femmes.
Il fait partie des 9 cancers dont la fréquence a nettement augmenté de 1980 à 2005. Son incidence ( nouveaux cas en 2005 en France) tend à augmenter chez l'homme jusqu'à la fin des années 1990, puis diminue sur la période 2000-2005, alors qu'elle augmente (de 4 % par an) chez les femmes sur la période la plus récente 2000-2005 Belor A, Grosclaude P, Bossard N, Jougla E, Benhamou E. « Cancer incidence and mortality in France over the period 1980-2005 » Revue d'Épidémiologie et de Santé Publique 2008, 56 :159-175.
Le tabagisme est responsable dans plus de 90 % des cas, c'est de très loin le principal facteur de risque. Grâce à la prévention du tabagisme, dans les années 2000, l'épidémie de cancer du poumon commence à diminuer en FranceRibassin-Majed L, Le-Teuff G & Hill C (2017) La fréquence des cancers en 2016 et leur évolution. Bulletin du Cancer, 104(1), 20-29. ; tendance qui devrait se poursuivre car le taux de fumeurs masculins est passé de 70 % dans les années 1960C Hill & A Laplanche (2004) Le tabac en France | Paris : la documentation française à 32 % au début des années 2010R. Guignard, F. Beck, J.B. Richard, J.L. Wilquin, V. Nguyen-Thanh La consommation de tabac en France : principaux résultats du baromètre santé 2014 Sante Action, 431 (2015), .
L'étude de l'évolution de la survie nette à donne les chiffres suivants : 1990 : 14 % (homme : 12 %, femme : 17 %) ; 2002 : 15 % (homme: 14 %, femme : 18 %) ; 2011 ; 14 % (homme : 13 %, femme : 18 %)Communiqué de presse InVS (7 février 2013).
. La part des femmes dans les cancers du poumon a plus que doublé en 20 ans : de 16 % des cas en 2000 à presque 35 % en 2020.
Cancer du poumon et tabagisme vignette|upright=1.3|Relation entre la consommation de cigarette par personne (en bleu) et les taux de cancer masculin du poumon (en marron) aux États-Unis, au cours d'un siècle.
Le segment de population développant un cancer du poumon le plus fréquemment est celui des ayant des antécédents de tabagisme. Le cancer du poumon est la forme de cancer arrivant en second rang en fréquence dans la plupart des pays occidentaux, et c'est la première cause de décès reliée au cancer.
Bien que le taux d'hommes mourants du cancer du poumon soit en baisse dans les pays occidentaux, il s'accroît chez les femmes, en raison de la montée du tabagisme dans ce groupe. L'évolution du lobby du tabac (Big TobaccoExpression anglaise péjorative désignant les gros manufacturiers de produits du tabac, en particulier les trois plus gros.) joue un rôle significatif dans la culture tabagique.
Les industriels du tabac ont concentré leurs efforts depuis les années 1970 vers le marché des femmes et jeunes filles, spécialement avec des cigarettes « » ou « » .
À partir des années 1950, l'incidence de l'adénocarcinome du poumon a commencé à augmenter par rapport aux autres types de cancers. Ceci est en partie dû à l'introduction des cigarettes à filtre : l'utilisation de filtres élimine les plus grosses particules de la fumée de tabac, réduisant ainsi les dépôts dans les plus grosses voies aériennes. Cependant, le fumeur doit aspirer plus fortement pour recevoir la même quantité de nicotine, ce qui accroît le dépôt de particules dans les voies les plus fines, d'où l'apparition de l'adénocarcinome.
Aux Etats-Unis, le cancer du poumon est la principale cause de décès du cancer chez l'homme et la femme, devant le cancer de la prostate et du sein, respectivement. En France, le tabagisme est responsable dans plus de 90 % des cas. C'est de très loin le principal facteur de risque. En Belgique et au Canada, le tabac est responsable de 85 % des cancers du poumon...
L'Europe de l'Est a le plus grand taux de mortalité par cancer du poumon parmi les hommes, tandis que l'Europe du Nord et les États-Unis ont la plus haute mortalité parmi les femmes. L'incidence du cancer du poumon est actuellement moindre dans les pays en développement.
Comme le tabagisme croît dans les pays en développement, on s'attend à avoir une croissance de l'incidence dans les années à venir, notamment en Chine et en Inde.
Autres facteurs Facteur tabagisme passif