L (de son nom de code) est l'opération aéroportée menée par la aéroportée britannique entre le 5 et le dans le cadre de l' et du débarquement de Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les parachutistes et les planeurs de la division, commandée par le major-général Richard Gale, atterrissent sur le flanc est de la zone d'invasion, près de la ville de Caen, avec un certain nombre d'objectifs à atteindre. La division doit s'emparer de deux ponts d'importance stratégique sur le canal de Caen et l'Orne, qui seront utilisés par les forces terrestres alliées pour avancer une fois que les débarquements maritimes auront eu lieu, mais aussi détruire plusieurs autres ponts pour empêcher les Allemands de s'en servir et sécuriser plusieurs villages importants. La division est également chargée d'attaquer et de détruire la batterie de Merville, une batterie d'artillerie qui, selon les services de renseignement alliés, abrite un certain nombre de pièces d'artillerie lourde susceptibles de bombarder le secteur de et d'infliger de lourdes pertes aux troupes alliées qui y débarqueraient. Une fois ces objectifs atteints, la division doit créer et sécuriser une tête de pont autour des points de passage capturés, jusqu'à ce que les forces terrestres alliées puissent la rejoindre.
En raison de mauvaises conditions météorologiques et d'erreurs de navigation, une grande partie des forces aéroportées est larguée de manière imprécise dans la zone d'opération, ce qui cause de lourdes pertes et rend beaucoup plus difficile la réalisation de la mission. En particulier, le parachutiste, chargé de détruire la batterie d'artillerie de Merville, ne peut rassembler qu'une fraction de ses effectifs avant de devoir attaquer la batterie, ce qui entraîne de grosses pertes pour cette force déjà réduite. Cependant, la batterie est prise d'assaut avec succès et les canons qu'elle contient sont mis hors-service. Les autres objectifs de la division sont également atteints en dépit des nombreux problèmes et imprévus. Ainsi, des éléments du du prennent les ponts sur l'Orne et le canal de Caen, tandis que les objectifs à détruire sont tous atteints par d'autres éléments de la . Par la suite, les parachutistes britanniques résistent à plusieurs contre-attaques allemandes, protégeant ainsi les troupes débarquées pendant leurs premières heures sur le sol français.
Contexte vignette|Frederick E. Morgan, le planificateur original de l'.|alt=Portrait en noir et blanc d'un homme en uniforme.|gauche L' est conçue lors de la planification de l', le plan des Alliés pour l'invasion et la libération de la France occupée par les Allemands. Cette planification commence en mai 1943, lorsque le président américain Franklin D. Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent lors de la conférence de Washington. Les deux dirigeants décident que toutes les forces alliées disponibles doivent être concentrées au Royaume-Uni et que la planification de l'invasion du nord-ouest de l'Europe doit commencer. La date butoir provisoire est fixée à et le nom de code est choisi. Un état-major de planification anglo-américain est créé sous la direction du lieutenant-général britannique Frederick E. Morgan, qui reçoit le titre de chef d'état-major du commandant suprême des forces alliées (COSSAC, pour ).
Les premières versions d'Overlord prévoient l'engagement de forces aéroportées pour soutenir les forces terrestres et protéger leurs zones de débarquement. Un projet d'opération baptisé Skyscraper, par exemple, prévoit le déploiement de deux divisions aéroportées pour soutenir les débarquements sur les plages effectués par cinq divisions d'infanterie. Une division aéroportée est censée sauter près de Caen et une autre sur la côte est de la péninsule du Cotentin. Le , une proposition ambitieuse présentée par le général George C. Marshall, chef d'état-major de l'armée américaine, aurait impliqué un important largage de troupes aéroportées sur la Seine, dans le but de couper les forces allemandes en deux lors du jour J lui-même. Morgan et son état-major décident finalement que l'opération aéroportée doit se dérouler sur un front de (environ ) vers l'ouest, à partir de l'Orne. Le plan final prévoit l'utilisation de trois divisions pour le premier assaut, les forces aéroportées étant larguées sur la ville de Caen dès le premier jour du débarquement.
Après la nomination du général britannique Bernard Montgomery au commandement du d'armées et au commandement général de toutes les forces terrestres devant débarquer en Normandie, le plan de Morgan fait l'objet d'un certain nombre de révisions. Le , le plan Overlord revu est présenté au général américain Dwight D. Eisenhower, choisi comme commandant suprême des forces alliées pour l'invasion. Montgomery élargit la zone de débarquement à l'ensemble du littoral entre l'Orne et la côte orientale de la péninsule du Cotentin : cinq divisions doivent débarquer sur les plages, soutenues par trois divisions aéroportées qui sautent de part et d'autre des zones de débarquement afin de sécuriser leurs flancs et de protéger les troupes de débarquement contre les contre-attaques. Les forces aéroportées britanniques sont affectées au flanc est, et leurs homologues américaines au flanc ouest.
Préparatifs Préparatifs britanniques vignette|Le major-général Richard Gale s'adresse à ses hommes quelques jours avant l'.|alt=Photo en noir et blanc d'un homme en uniforme s'adressant depuis une estrade à une foule d'autres hommes assis.|gauche La aéroportée, commandée par le major-général Richard Gale, est choisie pour mener les opérations aéroportées dans le secteur dévolu aux parachutistes britanniques. La division est jeune, puisqu'elle a été mise sur pied en , et l' va être sa première expérience du combat. La conduite d'une opération aéroportée aussi ambitieuse et vaste est une première pour l'armée britannique. Des forces parachutistes ont déjà été employées en nombre restreint au cours de la guerre, mais jamais toute une division. Les tâches qui lui sont assignées suscitent donc beaucoup de discussions .
En , Gale note qu'il n'a pour son unité et continue de garder toutes les options ouvertes, reflétant les discussions en cours au niveau stratégique sur le plan général du débarquement. Le , le major-général Frederick Browning (le commandant de toutes les forces aéroportées britanniques) arrive au quartier général de la pour informer Gale de ce que la division est censée accomplir au cours de l'invasion : leur rôle est désigné par le nom de code . Le plan initial pour cette opération prévoit de ne pas impliquer l'ensemble de la division, mais seulement une brigade parachutiste associée à une batterie antichar de la d'infanterie. Cette force serait chargée de s'emparer des ponts sur le canal de Caen et sur l'Orne, près de Bénouville et de Ranville. Gale s'oppose à cette opération de petite envergure, arguant qu'une seule brigade ne serait pas en mesure d'atteindre ces objectifs en raison d'un manque d'effectif, et demande que la division entière soit déployée. Après avoir consulté ses supérieurs, Browning accepte la demande et ordonne à Gale de commencer à planifier l'opération.
alt=Carte des côtes normandes montrant des « couloirs » délimités par des lignes bleues. Dans ces couloirs, des points rouges désignent les navires alliés, désignés chacun par leur nom. Des lignes pointillées rouges rejoignant des points du littoral montrent les cibles de bombardements de ces navires.|vignette|Carte des bombardements navals lors du débarquement de Normandie, montrant également les cinq secteurs de plage. La zone d'opération de la aéroportée se trouve entre le canal de Caen et la Dives, à l'est du dispositif allié.
Outre la protection du flanc est de la zone de débarquement et la prise de contrôle des zones d'importance stratégique à l'est de Caen, la division se voit attribuer trois tâches spécifiques à accomplir dans le cadre de l'. Tout d'abord, elle doit prendre intacts et défendre les deux ponts sur le canal de Caen et sur l'Orne, à Bénouville et à Ranville. Gale sait que la prise des ponts est essentielle pour le réapprovisionnement et le renforcement de sa division, mais il ne sait pas que ces ponts sont incapables de supporter le passage de chars d'assaut. Deuxièmement, la division doit détruire la batterie d'artillerie côtière lourdement fortifiée de Merville, afin de s'assurer qu'elle ne puisse pas bombarder les troupes britanniques débarquant sur . Enfin, elle doit détruire plusieurs ponts sur la Dives, situés près de Varaville, Robehomme, Bures et Troarn. Une fois ces objectifs atteints, la doit tenir le territoire dont elle s'est emparée, jusqu'à ce qu'elle soit relevée par les forces terrestres venues des plages.alt=Photo en noir et blanc de deux parachutistes en train d'ajuster leur équipement.|vignette|Parachutistes britanniques lors de l'exercice , le .La planification détaillée de l' débute en février. Le nombre d'avions de transport affectés à l'opération est rapidement augmenté afin de pouvoir transporter l'ensemble de la division selon la demande du major-général Gale. Deux groupes de la Royal Air Force sont mis à disposition pour l'opération afin de garantir que la division puisse être déployée en seulement deux vagues de transports aériens. Les pilotes et les équipages de ces avions de transport commencent ensuite à s'entraîner au vol en formation et à diverses tâches spécialisées exigées par l'opération. La aéroportée effectue plusieurs exercices de grande envergure, afin de déterminer la manière la plus efficace de se déployer dans son intégralité sur une ou plusieurs zones d'atterrissage.
Le , la parachutiste entreprend un exercice au cours duquel elle est larguée par de transport. Fin mars, et planeurs sont utilisés pour l'exercice , au cours duquel toute la est déployée en parachute ou en planeur. Entre le 21 et le , l'exercice utilise environ pour déployer la aéroportée britannique et la parachutiste polonaise contre la aéroportée, qui se déplace par la route, dans le cadre d'une simulation d'opération aéroportée à grande échelle.
alt=Photo en noir et blanc. Des hommes en uniforme et une femme en tailleur noir (la reine) observent le ciel, sur un terrain herbeux.|gauche|vignette|La princesse Élisabeth observe le largage des parachutistes de la aux côtés de leur commandant, le brigadier James Hill, lors d'une visite aux forces aéroportées en Angleterre, avant le Débarquement.
Au fur et à mesure que la date de l'opération approche, l'entraînement devient plus intensif. Chaque jour, les unités de planeurs passent des heures en vol à tourner au-dessus des aérodromes pour s'entraîner aux manœuvres nécessaires au débarquement des troupes à proximité des ponts de l'Orne, du canal de Caen, de la Dives et de la batterie de Merville. L'entraînement de jour est suivi par celui de nuit, tout aussi intensif. Sur les terrains d'atterrissage utilisés par la division pour ses entraînements, des dizaines de poteaux semblables à ceux censés empêcher les atterrissages en Normandie sont érigés, les unités du génie étant ensuite chronométrées sur la vitesse à laquelle elles peuvent démolir ces obstacles.
Le bataillon affecté à la neutralisation de Merville passe deux semaines dans un camp spécial, où il construit une réplique de la batterie et effectue plusieurs exercices à l'intérieur et autour de celle-ci. Les hommes affectés à la prise des ponts sur l'Orne et le canal de Caen, sont quant à eux transférés à Exeter. Là, ils mènent des exercices intensifs autour de l'Exe et du canal voisin qui présente des similitudes avec leur objectif réel.
vignette|Briefing des hommes de la compagnie indépendante de parachutistes, en préparation pour l'.|alt=Photo en noir et blanc d'un homme en uniforme parlant à d'autres hommes, assis ou debout tout autour de lui, qui écoutent attentivement le premier en regardant la carte qu'il montre.