Lohengrin est un opéra de Richard Wagner.

C'est son sixième opéra et le troisième de ses dix opéras principaux. Il porte la référence du catalogue de ses œuvres. Il fut composé de 1845 à 1848 et créé le à Weimar.. Cet « opéra romantique en trois actes » dure environ trois heures et demie.

Selon Pierre-Jean Rémy : .

Fiche technique Titre : Lohengrin Description : opéra romantique en trois actes Durée : trois heures trente minutes environ Catalogage : Wagner-Werk-Verzeichnis 75 Livret du compositeur Langue : allemand Composition : Livret : esquisse en juillet et , rédaction jusqu’en , Marienbad et Dresde Musique : du printemps 1846 au , Dresde Dédicace : Franz Liszt Premières Création : Großherzogliches Hoftheater, Weimar, . Direction musicale : Franz Liszt Richard Wagner : il y assiste la première fois le à Vienne. Version française : , théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles, sous la direction de Hans Richter, version française de Charles Nuitter, décors d'Édouard Desplechin. Paris : version de concert, Eden-Théâtre, , dir. Charles Lamoureux ; opéra, , dir. Charles Lamoureux. Rouen : , dir. Philippe Flon Festival de Bayreuth : 1894 ; distribution, voir Lavignac sur wikisource.

Personnages vignette|upright=1.3|Lohengrin à Moscou en 1932 avec Leonid Sobinov. Henri l’Oiseleur (Heinrich der Vogler), roi de Germanie (basse) Lohengrin (ténor) Elsa von Brabant (soprano) Le duc Gottfried, son frère (rôle muet) Friedrich von Telramund, comte brabançon (baryton) Ortrud, sa femme (mezzo-soprano dramatique) Le héraut d’armes du Roi (baryton) Quatre nobles du Brabant (ténors et basses) Quatre pages (sopranos et altos) Comtes et nobles saxons et thuringiens, comtes et nobles brabançons, dames, pages, vassaux, femmes et serfs

Argument

Lieu : un lieu sur l'Escaut, près d’Anvers, dans le duché de Brabant dont le frère d'Elsa est héritier Époque : au Moyen-Âge, sous le règne d’, roi de Francie Orientale de 919 à 936.

Il est à noter que cet opéra respecte la règle des trois unités du théâtre classique. D'abord, il n'y a pas de déplacement : toujours sur l'Escaut (unité de lieu). Ensuite, le drame ne dure que 24 heures (unité de temps). Enfin, il n'y a qu'une intrigue : Elsa peut-elle garder sa promesse sans poser la question interdite sur l'origine de son époux ? C'est uniquement ce que Lohengrin ne savait pas. Une fois la promesse rompue, le drame se termine de façon tragiqueTimothée Picard, Wagner, une question européenne, partie .

Acte I

Henri l'Oiseleur, roi de Francie Orientale, visite le Brabant pour lever des troupes. Les Hongrois ont rompu une trêve de neuf années et menacent le royaume. Le roi dit sa tristesse de voir le duché de Brabant sans chef et dans la discorde. Il demande au comte Friedrich de Telramund de lui faire le récit de la situation.

Telramund prend la parole et dit au roi et à l'assemblée qu'avant de mourir, le duc de Brabant l'avait nommé protecteur de ses deux enfants, Gottfried et Elsa ; un jour, les deux enfants étaient partis en promenade dans la forêt et Elsa était revenue seule. Telramund dit sa conviction qu'Elsa a fait périr son frère et que pour cette raison, il a renoncé à l'épouser et a pris pour femme Ortrud, fille de Radbod, prince de Frise. Étant le plus proche parent du duc défunt et sa femme étant de la lignée qui autrefois donnait à ce pays ses princes, il réclame l'héritage. En outre, Friedrich de Telramund accuse Elsa d'avoir un amant secret.

Le roi décide de trancher le litige. Elsa s'avance, apparaît lumineuse et pure à l'assistance.

À la question du roi : « Qu'opposes-tu à cette accusation ? », elle ne sait répondre que : « Mon pauvre frère. »

Elle dit ensuite qu'elle en a appelé à Dieu, qu'elle a fait monter jusqu'au ciel un cri plaintif et qu'elle a sombré dans un profond sommeil (/Solitaire dans les jours nuageux ... : Le Rêve d'Elsa).

« Défends-toi », dit le roi.

Elle poursuit son récit en disant qu'elle a vu en rêve un chevalier pur et vaillant qui sut la consoler, et qu'elle veut que ce chevalier soit son défenseur.

Les Brabançons déclarent leur fidélité à Telramund. Le roi propose à l'assemblée des nobles que la dispute soit tranchée par le jugement de Dieu, c'est-à-dire un combat singulier entre le comte et celui qu'Elsa aura désigné comme son champion, ce que le comte et la jeune fille acceptent.

vignette|Lohengrin par August von Heckel. « Qui choisis-tu comme défenseur ? » demande le roi.

Elsa répond qu'elle veut la protection de l'envoyé de Dieu, de ce chevalier vu en rêve, qu'elle lui offre en récompense les terres de son père, la couronne et qu'elle l'épousera si telle est sa volonté.

Le héraut appelle le champion d'Elsa, l'appel reste sans réponse. Au deuxième appel, de nouveau un lourd silence qui se prolonge. Elsa supplie le Seigneur de lui envoyer son chevalier pour la secourir. C'est alors que les hommes annoncent une étrange merveille, sur le fleuve, un cygne tire une nacelle, un chevalier à l'armure étincelante s'y tient debout.

Le chevalier s'adresse au cygne, le remercie et lui dit de repartir. L'assemblée s'étonne de ce miracle.

Le chevalier déclare qu'il est venu défendre une jeune fille accusée à tort. Elsa accepte sa protection et promet de l'épouser. Le chevalier l'avertit qu'elle devra lui faire une promesse : jamais, elle ne devra lui demander ni qui il est, ni d'où il vient, ni son nom, ni sa race ()/Tu ne devrais jamais me questionner .... « Comment pourrait-il y avoir de doute plus coupable ? » répond la princesse.

Les nobles brabançons cherchent en vain à dissuader Telramund d'engager le combat. Celui-ci a lieu. Après quelques violents échanges, Telramund est terrassé. « Ta vie m'appartient, déclare le vainqueur à son adversaire, je te la donne, consacre-la au repentir. »

Elsa loue son sauveur, celui-ci lui répond que c'est grâce à son innocence qu'il a remporté la victoire.

Telramund exprime son désespoir et Ortrud se demande qui est celui qui a vaincu son mari.

L'ensemble de l'assistance célèbre le nouveau héros et le porte en triomphe ainsi que sa protégée.

Acte II Dans le château d’Anvers

vignette|gauche|upright|Doris Soffel dans le rôle d'Ortrud en 2003. Friedrich et Ortrud vêtus d'habits pauvres et sombres sont assis sur les marches qui conduisent aux portes de l'église.

Telramund se plaint amèrement de sa défaite : « Mon épée est brisée, mon blason détruit, mes ancêtres maudits... J'ai perdu mon honneur, mon honneur, mon honneur est détruit. » Il reproche à son épouse d'en être la responsable : « N'est-ce pas ton témoignage, ton récit qui m'ont conduit à accuser l'innocente ? Ne m'as tu pas menti en disant que tu avais vu s'accomplir le forfait d'Elsa noyant son frère dans l'étang ? »

Ortrud reproche à son mari de n'avoir pas été assez féroce dans le combat, Telramund évoque alors la puissance de Dieu, puissance qu'Ortrud nie.

Ortrud souffle à l'oreille de son mari que si le chevalier au cygne était contraint de dire son nom et son origine, c'en serait fini de sa puissance qu'un magicien lui a péniblement prêtée mais, ajoute-t-elle, personne n'a le pouvoir de lui arracher son secret, hormis Elsa. Il faut donc amener Elsa à le questionner. Pour cela, il faudra éviter d'éveiller la méfiance de la jeune fille. Telramund, avec rage, comprend que c'est par la magie qu'il a été vaincu. Ortrud, qui se targue de s'être plongée dans les arts les plus secrets, lui indique que quiconque doit sa force à la magie se révèle impuissant si on lui ôte ne serait-ce que la plus petite partie du corps.

Ortrud et Telramund se font le serment d'accomplir la vengeance.

Elsa apparaît sur la terrasse. Elle dit sa reconnaissance aux brises qui ont transmis sa plainte jusqu'à son sauveur.

Ortrud demande à Friedrich de s'écarter. Elle se fait plaintive auprès d'Elsa et la rend responsable de son malheur. Elle prétend que si quelque malheureuse folie a conduit son mari à l'accuser à tort d'une faute, son cœur est maintenant déchiré de remords. Elsa pense alors qu'elle estimerait mal les bontés du Tout-Puissant si elle rejetait la femme malheureuse qui la supplie.

Ortrud jubile et s'adresse alors avec un fol enthousiasme aux « dieux humiliés, Wotan et Freia », les prie de l'aider à se venger et d'anéantir les viles croyances des apostats (Imprécations d'Ortrud).

Ortrud se jette aux pieds d'Elsa, qui la prie de se relever. Elsa lui accorde son pardon et lui demande le sien. Elle promet d'intervenir auprès de celui qui sera son époux pour obtenir le retour en grâce de Friedrich et lui enjoint de se joindre à la cérémonie parée de somptueux vêtements.

Ortrud comme pour remercier Elsa se prévaut de ses pouvoirs pour lui conseiller de ne pas accorder une foi aveugle à cet homme mystérieux qui pourrait bien la quitter, car il est venu par magie. Avec horreur, Elsa rejette cette accusation.

Telramund se déclare impuissant à empêcher l'œuvre maléfique de son épouse.

Le jour se lève, les nobles du Brabant se rassemblent. Le héraut proclame le bannissement de Telramund et le mariage d'Elsa avec le chevalier au cygne qui reçoit le titre, non pas de duc, car il y a renoncé, mais de protecteur du Brabant. Dès le lendemain, c'est lui qui conduira les armées du roi à la victoire.

Des nobles brabançons protestent contre ce départ précipité des armées qui les éloignera du pays, mais qui peut s'y opposer ? « Moi », dit Telramund, qui se dévoile. Les nobles sont effrayés de son audace.

Les pages annoncent l'arrivée d'Elsa. La cérémonie commence. Ortrud, richement vêtue, provoque la stupeur de l'assemblée en demandant la préséance et prétend qu'Elsa doit s'incliner devant elle. « Si, dit-elle, un faux jugement a banni son époux, n'est-elle pas l'épouse d'un homme respecté alors que le nom du fiancé d'Elsa est inconnu ? Comment Elsa peut-elle attester sa noblesse et qu'il est de haute lignée ? D'où les flots l'ont-ils apporté et quand la quittera-t-il, pour aller où ? » Ortrud accuse le protecteur d'Elsa de bénéficier de pouvoirs magiques et insinue qu'Elsa elle-même est atteinte par l'inquiétude. Elsa réagit avec vigueur à ces accusations.

Le roi et le protecteur du Brabant apparaissent. « Quelle est cette querelle ? » demande le souverain. Le protecteur du Brabant s'étonne de voir Ortrud en ces lieux. Elsa explique son geste de compassion. Il demande à Elsa si le poison s'est répandu dans son cœur.

Telramund apparaît, s'adresse à l'assemblée et affirme que le Jugement de Dieu a été faussé et que c'est une ruse de magicien qui a décidé du sort du combat. Il accuse le mystérieux chevalier de sorcellerie et le somme de lui dire son nom et ses origines. Le Protecteur du Brabant réplique qu'il n'a pas à répondre à un homme qui a « oublié l'honneur », ni même au roi, ni même au conseil suprême de tous les princes : selon lui, seule Elsa a la légitimité de l'interroger. Telramund, en aparté, demande à Elsa pour lever tout doute de le laisser pénétrer auprès du chevalier pour qu'il lui enlève une partie de son corps, la pointe d'un doigt. Selon Ortrud ce serait le moyen d'anéantir ses pouvoirs magiques. Elsa assure son fiancé de sa confiance et ils entrent dans l'église.

Acte III vignette|Acte III, scène 1 : La chambre nuptiale.Lohengrin à l'Opéra Garnier en 1891 avec Ernest Van Dyck, Rose Caron et Maurice Renaud. Premier tableau : la chambre nuptiale

Accompagnés par le fameux chœur nuptial « que les bruits de la fête s'éteignent, que vos cœurs s'enivrent ! Que la chambre parfumée parée pour l'amour vous accueille à présent. », Elsa et son époux pénètrent dans la chambre nuptiale. Ils se déclarent leur amour.

Le chevalier : « Sans nous être vus, nous nous aimions déjà ; si je fus choisi pour être ton défenseur, c'est l'amour qui m'a ouvert la voie vers toi. »

Elsa : « Mais moi, je t'avais déjà vu auparavant, dans ce rêve bienheureux tu étais venu à moi. »

Le chevalier appelle son épouse par son nom « Elsa ».