thumb|right|La Lamentation sur le corps du Christ (1601-1606) huile sur toile de Pierre Paul Rubens. thumb|right|Autoportrait (vers 1623) huile sur toile de Gian Lorenzo Bernini.
La galerie Borghèse est un musée public situé dans le parc de la villa Borghèse à Rome.
Histoire À la fin du , les Borghese (nom francisé en Borghèse), une riche famille originaire de Sienne, acquièrent des terres au nord de Rome, hors de la Porta Pinciana, pour constituer peu à peu un parc immense. Parallèlement, la famille Borghese étend son influence au sein de l'aristocratie romaine, d'autant plus lorsque le cardinal Camillo Borghese fut élu pape en 1605 sous le nom de Paul V. La famille entreprend alors de grands travaux d'édification, dont la construction d'une villa dans son parc du Pincio.
Le chantier, commencé dès 1607, est confié à l'architecte Flaminio Ponzio, qui avait déjà travaillé pour les Borghese dans leur palais urbain situé sur la rive gauche du Tibre. L'architecte Giovanni Vasanzio est chargé d'achever les travaux après la mort de Ponzio en 1613, tandis que l'aménagement des jardins et d'une volière réalisée par Carlo Rainaldi se poursuivent jusqu'en 1620. Dès , une partie des œuvres de l'importante collection rassemblée par le cardinal Scipione Borghese, neveu du pape Paul V, est transférée du palais Borgo, où vivaient les frères du pape, vers la villa du Pincio.
La villa, dont l'architecture s'inspire de la villa Médicis et de la villa Farnesina, avec un portique s'ouvrant sur les jardins est alors décorée dans le style caractéristique du . La façade est ornée de et de sur toute sa surface. Le bâtiment est percé de nombreuses fenêtres, afin de donner la lumière nécessaire à une bonne vision des œuvres, et la distribution des pièces est agencée dans un but similaire. Lodovico Cigoli réalisa certaines fresques de la villa en particulier l'Histoire de Psyché..
À partir de 1770, Marcantonio IV Borghese sollicite pour rénover entièrement l'intérieur de la villa. Ce dernier fait appel à de nombreux sculpteurs, peintres et marbriers pour réaliser les décorations qui sont toujours visibles. Des fresques, des stucs et des décors en marbre polychrome sont ajoutés. La plupart des peintures représentent l'histoire de la famille, depuis le mythique héros romain Marcus Furius Camillus jusqu'aux Borghèse actuels. L'État italien achète la villa et l'ensemble de ses collections en 1902 pour la transformer en musée. Fermée en 1983, la galerie subit une restauration complète durant quatorze ans, redonnant à l'extérieur de l'édifice son aspect original avec ses enduits, ses statues en façade, et surtout, son escalier d'entrée à deux rampes. La galerie ouvre à nouveau ses portes en ...
Collections
Historique thumb|200px|Gian Lorenzo Bernini, Apollon et Daphné. thumb|200px|Le Caravage, David et Goliath. thumb|200px|Raphaël, La Déposition de croix. 200px|thumb|right|Canova, Vénus Victrix.
Le cardinal Scipione Borghese est un collectionneur passionné, faisant tout pour l'acquisition de nouvelles œuvres, au besoin avec l'appui de son oncle, le pape Paul V, qui patronnait cette entreprise. Sa collection commence par un héritage familial, quelques sculptures antiques et des tableaux de maîtres toscans. Tout au long du , il va former l'une des plus grandes collections d'art italiennes. Ses goûts se portent surtout vers les maniéristes. Sa collection est méthodique : pour chaque artiste, il tente d'acquérir plusieurs œuvres, représentatives des différentes évolutions de son style.
Sa collection s'augmente également de collections constituées par d'autres, achetées ou confisquées. Ainsi, en 1607, son oncle Paul V lui donne un ensemble d'œuvres confisquées à l'atelier du Cavalier d'Arpin à la suite de litiges juridiques. En 1609, il achète la collection de Tommaso della Porta, sculpteur et marchand d'antiques. À la mort de Scipione en 1633, le casino est rempli d'œuvres d'art.
Tout au long du , les Borghèse continueront à augmenter la collection de Scipione. Un ajout non négligeable est l'héritage d'Olimpia Aldobrandini, épouse de Paul Borghèse. En 1682, l'importante collection Aldobrandini est divisée entre ses fils, issus de deux lits différents : Gianbattista Pamphilj (cette partie alimentera la collection des Pamphilj, à l'heure actuelle galerie Doria-Pamphilj) Gianbattista Borghese.
Au commencent les temps difficiles : le prince Camille Borghèse, époux de Pauline Bonaparte, vend en 1807 à son beau-frère Napoléon une partie des collections amassées par sa famille : 154 statues, 170 bas-reliefs, 160 bustes, etc., au profit de collections françaises. Il fait monter les enchères jusqu'à accepter un prix de 13 millions de Francs, très supérieur à l'estimation de sa collection par Ennius Quirinus Visconti, fixée à 5 millions de francs. En 1815, après la chute de Napoléon, certaines de ces pièces seront restituées aux Borghèse. C'est pour éviter de nouvelles dispersions qu'en 1833, le prince François Borghèse signe un fidéicommis rendant l'ensemble inaliénable.
Enfin, en 1902, alors que les finances Borghèse ne se portent pas très bien, les collections sont achetées par l'État italien pour la somme de 3,6 millions de lires. L'unité entre le jardin et le casino sera perdue en 1903 quand l'État vendra le jardin à la Municipalité de Rome.
Contenu des collections Les collections actuellement exposées à la Galerie Borghèse sont d'une très grande richesse, il n'est pas possible de toutes les citer ici. Parmi les plus importantes figurent :
Sculptures sculpture hellénistique : une copie de la célèbre statue hellénistique de l'Hermaphrodite, statue colossale d'un satyre combattant sculpture romaine : statue de Méléagre, statue colossale de Dionysos, portrait d'Alexandre, Harpocrate jouant avec un canard, statue de Pâris, groupe statuaire du Faune sur dauphin, Satyre dansant œuvres du Bernin : David, L'Enlèvement de Perséphone, Apollon et Daphné, Énée, Anchise et Ascagne, La Vérité dévoilée par le Temps, bronze de Neptune, un buste de Paul V, bustes de Scipione Borghese, une ébauche en terre cuite pour le monument équestre de Louis XIV œuvres de Pietro Bracci : buste de Clément XII Nicolas Cordier : La Bohémienne Luigi Valadier : Tête de Bacchus Jean-Antoine Houdon : Saint Jean-Baptiste Antonio Canova : Portrait de Pauline Borghèse en Vénus Victrix Sculpteur anonyme : sculpture de la louve allaitant Rémus et Romulus, en marbres rouge et blanc.
Peintures (par ordre alphabétique des artistes) Le Bacchiacca : Joseph vendu par ses frères, L'Arrestation des frères de Joseph, Recherche de la coupe volée, Découverte de la coupe volée dans le sac de Benjamin Giovanni Baglione : Ecce homo, Judith et Holopherne Federico Barocci : Énée fuyant Troie Fra Bartolomeo : Adoration de l'Enfant Jacopo Bassano : La Cène, L'Adoration des bergers Giovanni Bellini : Vierge à l'Enfant Le Bernin : Autoportrait en jeune homme, Autoportrait à l'âge mûr, Portrait de garçon Sandro Botticelli : Vierge à l'Enfant Bronzino : St Jean Baptiste Jan Brueghel l'Ancien : Orphée, Vase de fleurs Le Caravage : Garçon avec un panier de fruits, La Madone des palefreniers, Portrait du pape Paul V, Saint Jean-Baptiste, Saint Jérôme, David portant la tête de Goliath, Autoportrait en Bacchus Annibale Carrache : Samson enchaîné, Jupiter et Junon, Sainte Famille Cavalier d'Arpin : Saint Jean-Baptiste, La Décollation de saint Jean-Baptiste, La Fuite en Égypte, L'Enlèvement d'Europe, L'Arrestation du Christ Piero di Cosimo : Adoration de l'Enfant Le Corrège : Danaé et la pluie d'or Lucas Cranach l'Ancien : Vénus avec Cupidon voleur de miel Le Dominiquin : La Chasse de Diane, Portrait de sibylle Dosso Dossi : Apollon, Melissa (Circé), , Les Saints Côme et Damien Lavinia Fontana : Le Sommeil de Jésus, Minerve s'habillant Ridolfo del Ghirlandaio : Portrait de jeune homme Giorgione : Choriste passionné ; Joueur de flûte Le Guerchin : L'Enfant prodigue Gerrit van Honthorst : Concert Lorenzo Lotto : L'homme aux roses, Portrait d'un gentilhomme, Vierge à l'Enfant avec les saints Ignace d'Antioche et Onuphre Antonello de Messine : Portrait d'homme Parmigianino : Portrait de Pianerlotto Le Pérugin : Saint Sébastien, Vierge à l'Enfant Pinturicchio : Crucifixion entre les saints Jérôme et Christophe Raphaël : Portrait d'homme, La Dame à la licorne, Portrait du pape Jules II, La Mise au tombeau du Christ Guido Reni : Moïse brisant les Tables de la Loi Pierre Paul Rubens : Suzanne et les Vieillards, La Déposition Le Sodoma : Pietà, La Sainte Famille Andrea Solari : Le Christ portant sa Croix Titien : L'Amour sacré et l'Amour profane ; Vénus bandant les yeux de Cupidon ; La Flagellation du Christ Michele Tosini : Léda, Lucrèce Véronèse : Prédication de Jean-Baptiste, Prédication de saint Antoine de Padoue Jacopo Zucchi : Amour et Psyché, Le Royaume d'Amphitrite, Allégorie de la Création
Salles Porche et hall d'entrée Le hall d'entrée abrite une statue romaine d'Auguste, la mosaïque des Combats de Gladiateurs, ainsi que la sculpture La Vérité, du Bernin.
Salle I de Pauline Ses murs sont ornés de reliefs antiques originaux et d'autres datant des . Elle abrite des bustes de Valadier (Bacchus, Hermès), et en son centre, la célèbre sculpture de Canova Pauline Borghèse en Vénus victorieuse, qui a donné son nom à la salle.
Salle II de David Cette salle est aussi appelée Salle du Soleil en raison de la peinture sur sa voute représentant la chute de Phaéton. La statue de David du Bernin trône en son centre. On peut y voir également le Samson en prison peint par Annibale Carrache, ainsi que des sarcophages grecs du .
Salle III d'Apollon et Daphné Elle abrite la sculpture du Bernin Apollon et Daphné, thème également de la voûte peinte à la fin du . La salle abrite également des sculptures hellénistiques et romaines, et des œuvres du peintre Dosso Dossi.
Salle IV des Empereurs Cette salle somptueuse, la plus grande et la plus spectaculaire du musée, décorée de stucs, marbres, fresques et peintures, doit son nom de Galerie des Empereurs à ses bustes romains exposés le long des murs. Antonio Asprucci a réalisé sa décoration de 1778 à 1780, en mêlant des matériaux précieux et en utilisant les techniques les plus avancées de l'époque. Les niches murales abritent des statues antiques, dont lArtémis Borghèse, original grec du . Deux œuvres majeures du Bernin, L'Enlèvement de Proserpine en marbre, et Neptune avec Dauphin en bronze, y côtoient le Taureau Farnèse d'Antonio Susini. Les deux tables dodécagonales sont de Luigi Valadier et les quatre vases en marbre blanc avec les Saisons de Maximilien Laboureur (1739-1812). L'Enlèvement de Proserpine, les urnes en parangon de Lorenzo Nizza et les tables et coupes en porphyre datent de l'époque du cardinal Scipion Borghese.
Les toiles du plafond ont été peintes par Domenico De Angelis, qui a repris le thème du mythe de Galatée. L'artiste siennois Giovan Battista Marchetti (1730-1800) a réalisé l'architecture en perspective de grotesques qui les encadrent. La frise peinte sous l'imposte du plafond et les reliefs en stuc des murs s'inspirent du thème des divinités marines. Les carreaux hexagonaux sur fond de micromosaïque bleue, imitant l'antique, ont été dessinés par Tommaso Conca. Les pilastres en mosaïque romaine sont influencés par des modèles raphaélesques. Les ornementations en marbres du sol sont en harmonie des décors en trompe-l'œil du plafond.
Salle V de l'Hermaphrodite L'Hermaphrodite endormi est une des 2 copies de la sculpture originale en bronze de Polyclète, l'autre se trouvant au musée du Louvre. La sculpture fut restaurée par Le Bernin qui transforma sa base en marbre en matelas sur lequel repose le personnage. Également, une mosaïque romaine du représentant une scène de pêche.
Salle VI d'Enée et Anchise Elle abrite la statue en marbre d'''Enée et Anchise, œuvre de jeunesse du Bernin.
Salle VII égyptienne