François-Henri d'Harcourt, né le à Paris et mort le . à Staines (Grande-Bretagne), comte de Lillebonne, duc et pair de France à partir de 1783, est un officier français des règnes de et .
Biographie Origines familiales et formation Fils d'Anne Pierre d'Harcourt (1701-1783), maréchal de France, quatrième duc d'Harcourt, et d'Eulalie de Beaupoil de Saint-Aulaire, il est comte de Lillebonne, et, à la mort de son père, devient le cinquième duc d'Harcourt.
Carrière militaire Il commence sa carrière en 1739 comme cornette au régiment Royal cavalerie commandé par son père. Il devient ensuite capitaine de dragons au régiment d'Harcourt.
Pendant la guerre de succession d'Autriche (1740-1748), il devient mestre de camp du régiment d'Harcourt en 1743. En 1747, il participe au siège de Berg-op-Zoom, avant d'être promu brigadier des armées du roi.
Il participe à la guerre de Sept Ans (1756-1763) et est promu maréchal de camp en 1758, puis lieutenant général en 1762..
Carrière de gouverneur en Normandie vignette|gauche|Portrait de François Henri d'Harcourt. En 1755, le roi le nomme lieutenant général du gouvernement de Normandie et gouverneur du Vieux-Palais de Rouen, en 1764, survivance de son père et grand bailli d'épée de Rouen.
En 1776, il succède à son père comme gouverneur de Normandie.
Ses fonctions de gouverneur de Normandie le conduisent notamment à initier l'aménagement du port de Cherbourg afin de contrer la puissance maritime britannique. vient en visite à Cherbourg en , après avoir fait étape pendant une nuit au château de Thury-Harcourt. Cette visite à Cherbourg est le seul grand voyage en province effectué par pendant son règne.
Il se préoccupe également de l'aménagement du canal de Caen à la mer et du port du Havre.
François Henri d'Harcourt est, à la suite de ce voyage en Normandie, désigné par le roi comme gouverneur (précepteur) de l'aîné de ses fils, le dauphin de France (1786-89).
Révolution et émigration (1789-1802) En 1789, comme gouverneur de Normandie, il est confronté aux troubles de Caen où le major Henri de Belzunce, du régiment de Bourbon, est massacré par la foule. Il émigre à partir d', séjourne à Aix-la-Chapelle, puis en Angleterre, chez son cousin de la branche Anglaise de la Maison d'Harcourt, à partir de 1792 ; ses biens en France sont saisis.
De 1792 à 1800, il représente à Londres le comte de Provence (pour les émigrés Louis XVIII à partir de 1795, date de la mort de Louis-Charles de France), tout en faisant des voyages en Allemagne.
Mariage et descendance Le d'Harcourt épouse le Catherine Scholastique d'Aubusson La Feuillade (1733-1815), fille d'Hubert François, vicomte d'Aubusson, comte de La Feuillade, et de Catherine Scolastique Bazin de Bezons. Elle est la petite-fille de Jacques Bazin, marquis de Bezons, maréchal de France.
De ce mariage, est issue une seule enfant, une fille, Anne d'Harcourt (1753-1778), mariée avec Victurnien-Jean-Baptiste de Rochechouart, duc de Mortemart.
Un amateur d'art Les talents artistiques du duc d'Harcourt s'exercent principalement dans les domaines de l'écriture, des jardins et du théâtre.
Littérature Il a écrit plusieurs pièces de théâtre, qu'il faisait jouer et jouait lui-même, dans le théâtre de son château de Thury-Harcourt et des morceaux de poésie
En 1788, il est élu à l'Académie Française, au siège occupé précédemment par le duc de Richelieu. Il fait l'éloge de ce dernier lors de sa réception le . Quand Napoléon rétablit l'Académie, en 1800, il refuse d'y siéger.
Jardins et parcs Il crée aux abords de son château d'Harcourt, à Thury-Harcourt, un parc où il met en application ses conceptions en matière d'aménagement paysager. Ce parc s'étendait sur une colline, face au côté ouest du château, sur la rive opposée de l'Orne. Il le plante d'arbres d'espèces rares et d'origine souvent étrangère, pour le développement desquels il crée une importante pépinière, dispersée à la Révolution. Dans ce parc, des chemins bordent Les bosquets, d'où l'on découvre des fabriques. En s'intéressant assez tôt aux jardins anglais, par ses échanges dès les années 1760 avec son cousin de la branche anglaise de la Maison d'Harcourt, il semble avoir joué un rôle dans la propagation de leur goût sur le continent. La notoriété des aménagements qu'il mena sur la colline de Thury-Harcourt lui vaut ces vers de l'abbé Jacques Delille allusion, à la fois, à ses talents de paysagiste et à ses fonctions de gouverneur de l'héritier du trône :
"O toi, dont le coteau,
Dont la verte colline offre un si doux tableau,
Qui des bois par degrés nuançant la verdure,
Surpassa le lorrin, et vainquis la nature.
Toi qui, de ce bel art nous enseignant les lois,
As donné le précepte et l'exemple à la fois :
Ah ! Puisses-tu longtemps jouir de tes ouvrages,
Et garder dans ton cœur la paix de tes ombrages !
Je ne sais quel instinct me dit que quelque jour,
Entrainé malgré toi de tes champs à la cour,
Tes mains cultiveront une plante plus chère
Puisse être cet enfant l'image de son père
Et que jamais n'arrive à cette tendre fleur
Le souffle de la haine et le vent du malheur ! "
Il est consulté sur l'aménagement des jardins de Betz par la princesse de Monaco, sur celui du jardin de la marquise de Coislin, à Bellevue, sur le parc à fabriques de Vallière.
Il a écrit vers 1774 un Traité de la décoration des dehors, des jardins et des parcs, resté à l'état de manuscrit, puis retrouvé et publié une première fois en 1919 par l'historien d'art Ernest de Ganay ; une seconde fois en 1996 dans la revue Art de Basse-Normandie. L'auteur y fait la promotion des jardins à l'anglaise, inspirés par le goût chinois, tel celui qu'il a fait aménager aux abords de son château de Thury-Harcourt.
Portraits du duc d'Harcourt Un portrait du duc d'Harcourt en artiste de la Comédie italienne a été peint par Fragonard, comme celui de son frère, le duc de Beuvron.
Sorti de la famille d'Harcourt en 1971, le portrait par Fragonard a appartenu à un collectionneur suisse, le docteur Gustav Rau, avant de passer en vente publique le à Londres, chez Bonhams, où il a été adjugé pour un prix record de plus de d'euros..
Un autre portrait par Anicet Charles Gabriel Lemonnier se trouve au Musée des Beaux-arts de Rouen..
Distinction Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit
Notes et références Notes
Références
Pour approfondir Bibliographie François Henri, duc d'Harcourt, Traité de la décoration des dehors des jardins et des parcs, précédé par une biographie de l'auteur, par Ernest de Ganay, in revue Art de Basse-Normandie, n° 107, 3e trimestre 1996, 80 pages. . Jean-Louis Marie du Gas de Bois Saint-Just, tome 3 de : Paris, Versailles et les provinces, au dix huitième siècle ..., Volume 3, 1817,
Articles connexes Maison d'Harcourt Liste des seigneurs d'Harcourt Château d'Harcourt (Thury-Harcourt) Château de Meudon (il y logeait pendant la maladie du dauphin) Liste des Gouverneurs de Normandie
Liens externes
François-Henri d'Harcourt Catégorie:Duc français du XVIIIe siècle Catégorie:Général français du XVIIIe siècle Catégorie:Gouverneur (Ancien Régime) Catégorie:Naissance en janvier 1726 Catégorie:Décès en juillet 1802 Catégorie:Membre de l'Académie française Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Duc d'Harcourt