Arthur Théodore Vernes, né à Paris le et mort à Paris le , est un médecin français, spécialiste de l’étude de la syphilis et fondateur de l'institut Arthur Vernes.
Famille
Dans un court ouvrage rédigé à la fin de sa vie, Arthur Vernes consacra quelques pages à ses ascendants familiaux : « obligés de fuir les persécutions religieuses lors de la révocation de l’Édit de Nantes se retirèrent à Lausanne où Jean-Georges Vernes, né le , vint s’établir. […] Son fils Pierre Vernes né le épousa Dorothée Goy dont il eut Jacques mon trisaïeul. […] Il épousa Marianne-Philippine Périer qui donna le jour le à mon arrière-grand-père Charles Théodore Vernes »Auguste Charles Théodore Vernes [1786-1856] fonda en 1821 la banque Ador, Vernes et Dassier qui devient la banque Vernes et Cie en 1857 [nationalisée en 1982]. Il eut pour associé son frère Félix Vernes, également banquier et administrateur des Chemins de Fer du Nord. Vernes A Au cœur du sujet. Institut Prophylactique, Paris, 1971.. Son fils, Philippe Louis Vernes [1815-1906], grand-père paternel d’Arthur Vernes, « ne s’était vu autorisé par son père à devenir théologien qu’après une sérieuse mise à l’épreuve de ses convictions. Il dut d’abord passer par l’école Polytechnique puis faire un stage dans la banque paternelle »..
Le père d’Arthur Vernes, Charles Félix Vernes (1844-1933), né à Nauroy (Aisne), « avait pour caractéristiques d’avoir été un lycéen modèle, premier en toutes branches »Élève du lycée Bonaparte, lauréat du Concours général en 1861 [grand prix d’histoire] et 1863 [ prix de physique, prix de dissertation latine], licenciè ès Lettres en 1864, étudiant des facultés de théologie protestante de Montauban et de Strasbourg, Charles Félix Vernes fut reçu Chevalier de la Légion d’Honneur le 30 décembre 1927. http://www2.culture.gouv.fr/LH/LH274/PG/FRDAFAN83_OL2687065V015.htm.
D’abord suffragant de son père, il fut pasteur à Nègrepelisse (1869), à Celles-sur-Belle (1869-1877), à Poissy (1876-1877) et à Paris-Batignolles (1882-1926), avant d’être élu Président du Consistoire des Églises réformées de Paris et de la Seine de 1920 à 1925 [présidence exercée avant lui par son père le pasteur Louis Vernes], Président de l’orphelinat protestant de Saint-Germain-en-Laye. La mère d’Arthur Vernes, Adrienne Camille Monod [1843-1910], était la fille de Hannah Honyman (1799-1866) et d’Adolphe Louis Frédéric Théodore Monod (1802-1856), professeur à la faculté de théologie protestante de Montauban, pasteur à Naples, à Lyon, au temple de l’Oratoire à Paris.
Premières étapes professionnelles Arthur Théodore Vernes est né le , à Paris , enfant d’une fratrie de 7 frères et sœursLouis Vernes [1868-1958], Adèle Vernes [1870-1903], Jacqueline Vernes [1872-1954], André Vernes [1874-1878], Étienne Vernes [1877-1878], Jacques Vernes [1882-1965]. http://www.famillemonod.com/tng/familygroup.php?familyID=F1388&tree=monod&PHPSESSID=koejdccd. Elève du lycée Condorcet et du lycée Carnot, Arthur Vernes fut, selon ses dires, « celui dont on lit sur le carnet scolaire, travailleur mais à sa manière. » Après un service militaire au de ligne à Reims, Vernes choisit la médecine, parce que « dès l’enfance elle [lui] sembla la profession la plus utile et la plus indépendante. » Externe des Hôpitaux de Paris au concours 1901, dans les services de Brocq à Broca, Brissaud à l’Hôtel-Dieu, Merklen à Laënnec, Brocq à Saint-Louis], Vernes, atteint d’une « maladie prolongée » –1902-1904- qui « entraîna sa réforme », fait « d’agréables séjours en Suisse et en Algérie. »
Ancien interne des hôpitaux de Paris (concours 1907)Archives de l'Institut prophylactique, Volumes 6 à 7, 1934, il fonde en 1916 avec l'appui financier de Frank Jay Gould l', pour tenter d'éradiquer le fléau des maladies vénériennes. Initialement installé dans un hôtel particulier, 60, boulevard Arago, l'institut se fixe en 1923 grâce à un nouveau don de Gould, aux 36, 38 et 40, rue d'AssasJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, , Éditions de Minuit, 1963, . dans les immeubles qu'il occupe encore actuellement (2020). En 1981, cinq ans après le décès de son fondateur, il est rebaptisé en son honneur Institut Arthur VernesCécile Desprairies, Ville lumière, années noires: les lieux du Paris de la Collaboration, Denoël, 2008.
Arthur Vernes élabore un « photomètre », appareil qui mesure le passage de la lumière à travers le sérum sanguin. Sous l'effet d'un réactif, le péréthynol, le sérum se trouble si le sérum est celui d'un syphilitique. L'opacité du liquide est alors proportionnelle au degré de la maladie du patient.
Il se spécialise par la suite dans le dépistage précoce et le traitement du cancer. Il effectue des analyses des protéines du sang qui lui servent à la surveillance des maladies vénériennes et des fonctions du foie. Il nomme cette méthode la cancérométrie en 1934Sylvie Simon, Ordres et désordres: Quand la médecine de bon sens se heurte au harcèlement administratif, Mosaïque Santé, 2013Bulletin de l'Académie de médecine, Volume 171,Numéro 1, 1987Autrement, Numéros 29 à 32, 1981.
Il est maire de Moret-sur-Loing de 1929 à 1935.
Arthur Théodore Vernes meurt le , à l'âge de à ParisArchives en ligne de Paris, arrondissement, année 1976, acte de décès , cote 6D 292, vue 29/31. Il est inhumé d'abord au cimetière du Père-Lachaise ( division) puis définitivement à celui de Moret-sur-Loing..
Distinction Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le , officier le et commandeur de la Légion d'honneur le
Ouvrages Il est l'auteur de différents livres dont : S.O.S. pour la défense de la race, préface du Docteur Alexis Carrel, Librairie Maloine, Paris, 1935 Mesure et médecine, Bibliothèque de philosophie scientifique - édité par Ernest Flammarion en 1943 Avant qu'il ne soit trop tard, édité par Productions de Paris - Paru en 1959 Au cœur du sujet, 1971
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie Jean-Marie Abgrall, Healing Or Stealing?: Medical Charlatans in the New Age, Algora Publishing, 2007 P.-R. Martin, Dictionnaire biographique des dermatologues et syphiligraphes français, Angers : Ed. du Martinet, 2003, , portrait
Liens externes
Vernes, Arthur, Base biographique de l'Université de Paris
Catégorie:Naissance en juillet 1879 Catégorie:Naissance dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en septembre 1976 Catégorie:Décès dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 34) Catégorie:Médecin français du XXe siècle Catégorie:Famille Monod Catégorie:Décès à 97 ans Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Famille Vernes