Le carnaval de Guyane est l'un des évènements majeurs de la Guyane... Il se déroule entre l'Épiphanie le premier dimanche de janvier, et le mercredi des Cendres en février ou en mars. Connu à l'international pour ses grandes parades, ses bals paré-masqué et son personnage emblématique le Touloulou, il est considéré comme le carnaval le plus long du mondePourquoi le carnaval de Guyane est le plus long du monde ?, sur le site alacroiseedeschemins.fr..
Le carnaval de Cayenne, le carnaval de Kourou et le carnaval de Saint-Laurent du Maroni sont les plus importants des carnavals guyanais.
Histoire Description et origine vignette|gauche|Carnaval de Cayenne en 1903. Cette fête appartient à la culture créole guyanaise. Il a pour origine le carnaval tel qu'il est pratiqué en Europe. Au début de la colonisation, les colons pratiquaient le carnaval, mais il était interdit aux esclaves. Bravant l'interdiction, les esclaves pratiquaient le carnaval, dans des fêtes clandestines. Ils y voyaient un moyen de retrouver un peu de liberté, de commémorer comme les Africains la fertilité et les moissons et de tourner en dérision les colons. Aujourd'hui les communautés métropolitaines, brésiliennes et chinoises y prennent partLe carnaval guyanais ou l'entretien symbolique de frontières « ethniques », sur www.manioc.org..
Il a une durée variable fixée par les fêtes religieuses, il a lieu entre l'Épiphanie au début de janvier, et le mercredi des Cendres marquant le début du Carême calculé selon la date de Pâques en février ou mars. Il a lieu du vendredi soir au lundi matinCarnaval de Guyane, le carnaval le plus long du monde, sur www.imagesplus.fr..
Les jours gras clôturent le carnaval, il s'agit du mercredi des Cendres.
Costumes traditionnels Il existe plusieurs costumes traditionnels qui représentent des figures mythiques du carnaval guyanais.
Le costume était unique et commun à tous. C'est lors des vidés, que le masque ne devenait plus obligatoire pour tous et était retiré en fin d'après-midi, vers lors du vidé.
Roi Vaval
Le roi Vaval est un personnage imaginaire, qui symbolise le dieu du carnaval, pour sacraliser cette manifestation qu'est le carnaval guyanais. Dans la tradition guyanaise, c'est à lui que revient l'honneur de déclarer ouverte la saison.. Il est le symbole de l'ouverture et de la fermeture du carnaval. C'est lui qui ouvre les portes carnavalesques. Il est incinéré le mercredi des Cendres - signe que la saison festive est bel et bien finie. Il renaît de ses cendres un an plus tard pour autoriser l'ouverture d'une nouvelle saison festive.
Le Touloulou
Le Touloulou est un personnage du carnaval de Guyane. Il se déguise pour aller danser dans les salles de bal ou pour aller dans les rues. Ce personnage est couvert de la tête aux pieds afin de protéger son identité. Il apparaît à l'Épiphanie jusqu'au mercredi des Cendres. Les Touloulous des bals masqués sortent les samedis soir et les touloulous des rues sortent les dimanches après-midis..
Le Tololo
Le Tololo est l'équivalent masculin du Touloulou. Le bal Tololos est un bal organisé lors de Carnaval de Guyane où les hommes sont masqués. Ils peuvent inviter les femmes à danser et celles-ci n'ont pas le droit de refuser. Le bal Tololos est perçu comme une forme de revanche des hommes sur les bals des femmes Touloulous.. Les Tololos sont alors les rois des soirées carnavalesques.
Le public du bal Tololo est de plus en plus nombreux : il est en majorité composé de jeunes dont la moyenne d'âges se situe autour de 35 ans. Cette évolution prouve que la jeune génération s'est approprié cette nouvelle forme de divertissement et l'apprécie tout autant que le bal paré-masqué traditionnel. Le public du bal Tololos, tout comme celui des bals paré-masqué traditionnels, se compose surtout, de Créoles guyanais, antillais et de Métropolitains..
Le concept du bal Tololo est apparu en 1991. Il est l'œuvre d'une bande d'amis blancs qui ont, à l'origine, organisé une soirée privée. Trois endroits assuraient la mise en place de cette festivité : l'Oasis, un bar-restaurant situé sur la plage dans le quartier résidentielle de Remire-Montjoly, le Kindal-Califourchon et Polina. Tous les ans, ce bal se déroule le vendredi avant les Jours gras..
Le Tololo invite à danser les femmes de son choix qui sont vêtues en simples tenues de soirée et démasquées. Eux aussi doivent respecter l'anonymat et pour pas être reconnus beaucoup se déguisent. Comme dans le bal classique, les cavalières offrent à boire aux Tololos qui les font danser.
Le choix du costume est plus libre. Le Tololo respecte l'anonymat, mais s'autorise à se déguiser en léopard, bagnard, diable, curé, super héros, pirate, apiculteur, etc. Le Tololo exprime son individualisme à travers le choix du costume, son désir à travers la danse et la parole et crée au fur et à mesure ses propres règles qui régissent la relation à l'autre. L'expérience du bal Tololo permet à la cavalière de comprendre le plaisir des danseurs des bals touloulous..
Le Nègmaron vignette|Nègmarons à la parade de Cayenne en 2024. Le Nègmaron (créole pour Nègre marron) est un personnage faisant référence à l'époque de l'esclavage, et symbolisant l'esclave fugitif en marronnage dans la forêt, le marron.. Durant le carnaval, ces personnages portent chacun un bandeau autour de la tête et un kalembé (pagne masculin Bushinengue), tous deux de couleur rouge. Ils se teignent l'ensemble du corps en noir avec un mélange d'huile et de suie (dans les Antilles, les gwo-siwo ou goudwon s'enduisent le corps d'un mélange de mélasse) et pour se faire mieux voir, tiennent dans leur bouche un awara, fruit de palmiers oléagineux, de couleur orangée ou du roucou..
Dans le défilé, les « Nègmaron » agissent le plus souvent en groupes et tiennent le rôle de police des festivités. Ils permettent le passage des groupes de Touloulous masqués. Ils ne marchent pas, ils courent. Ils ne parlent pas, ils crient. Les « Nègmaron » se noircissent le corps, les gens ont peur d'eux. Ils sont laids. Ils sont en marge de la société, devant lesquels il faut impérativement fuir..
Zonbi baréyé vignette|Zonbi baréyé au carnaval de Cayenne en 2024. Le « zonbi baréyé » ou « baré yé » ou « zonbi » en créole guyanais et « zonbi baréyo » dans le créole francisé) est un personnage de carnaval figurant un zombie. Les « Zonbi baréyé » ou les « Zonbi cernez » sont des personnages issus des légendes créoles: ils se réveilleraient et sortiraient de leur tombe pour prendre l'esprit de quelqu'un..
Ce personnage traditionnel du carnaval est vêtu d'une combinaison blanche nouée d'une ceinture rouge. Leur tète est cagoulée en forme de chat. Les « zombis bayéro » défilent en bandes et respectent les mêmes règles. Ils circulent avec une corde au milieu de laquelle ils emprisonnent les spectateurs tout en sifflant, faisant la ronde et chantant un air caractéristique « o zonbi baré yo, baréyo ».
Selon la légende le zonbi est le chef des Neg Marrons. Il symbolise traditionnellement une liberté retrouvée complète et sans restriction. Cette corde que les « zonbi baréré » guyanais tiennent à la main est la représentation du lien qui unit le Zumbi et ses « quilombolas » dans la mort.
Jé farin Ce costume est tout blanc. Il est constitué d'un pantalon, une chemise, un chapeau pointu et un masque. Il rappelle à tous un métier traditionnel : le boulanger. La tradition veut que les enfants jouent avec lui, et en réponse le jé farin les enfarine.
Bobi vignette|gauche|Trois Bobi et leur « dresseur » lors du carnaval de Cayenne en 2024. Bobi est l'un des personnages traditionnels du carnaval guyanais. Il représente un animal imaginaire, un hybride mi-ours mi-éléphant.
L'origine de ce personnage est probablement liée à la venue de dompteurs d'ours et d'un éléphant en Guyane au début du .
Son déguisement en toile de jute recouvre son corps entièrement : c'est une combinaison à manches longues avec une longue queue et une cagoule dotée de deux larges oreilles d'où dépasse un long museau.
Bien qu'accompagné de son dompteur, il appartient à la famille des touloulous solitaires.. Son maître le tient à l'aide d'une corde, et Bobi doit exécuter les ordres de ce dernier, chanter ou danser au son de l'instrument de musique du maître (flûte, ti bwa…) sous peine d'être battu..
Cependant, Bobi n'en fait qu'à sa tête.. Personnage mi-homme mi-animal, enchaîné, ridiculisé, maintenu en servitude, il représente l'image tragique de l'esclave.
Par sa désobéissance, il remet en cause l'ordre et l'autorité coloniale de l'époque..
Karolin vignette|Le personnage Karolin lors du défilé de carnaval février 2023 à Kourou. Le personnage de Karolin, aussi écrit Caroline., est un personnage comique du carnaval de Guyane.
Karolin est une femme anglaise. L'orpaillage lui a permis de devenir riche. Elle porte son mari sur son dos et l'oblige à se déplacer ainsi afin de le protéger des autres femmes et de le garder auprès d'elle..
Ce personnage aime amuser la foule. Il participe aux inversions des hiérarchies sociales, notamment de la domination masculine. Ce personnage est incarné par un homme qui prête ses jambes à la femme alors que son buste et sa tête sont prêtés au mari. Le costume de la femme, de la tête à la taille, est un mannequin rembourré dont les bras sont cousus sur le dos du mari. Le costume du mari a des jambes également rembourrées et cousues autour de la taille du mannequin féminin. JKarolin est inclinée vers l'avant, et semble avoir des difficultés à marcher et à porter le poids du mari.
Karolin ressemble au vieux qui porte le jeune sur son dos, un personnage des carnavals d'Europe qui illustre le rite d'inversion.
Lanmò (la mort) Lanmò, soit « la Mort » en français, est un personnage né de l'imaginaire collectif guyanais. Il permet de conjurer la peur de la mort contrairement au « jé farine » qui signifie la joie. Ce personnage représentant l'échéance ultime de l'homme et est un personnage phare du Carnval guyanais, présent depuis longtemps dans la tradition.
Le personnage de Lanmò est lié à la colonisation. Il est présent dès le début de la traite des Noirs à partir du dans certains rituels. Les africains perdant leur liberté étaient réduits en esclavage et voyaient mourir beaucoup des leurs dans les cales des navires. Puis arrivés dans les habitations, ils mourraient de maladie, de malnutrition et de suicide.
Ainsi, la mort était représentée par le linceul et la couleur de leurs bourreaux considérant l'esclave comme sa propriété et ayant tout pouvoir sur lui. La Mort les poursuivait même après l'abolition de l'esclavage en 1848, car laissés à leur sort, les esclaves affrontaient la misère qui décimait la colonie abandonnée par le maître..
À travers ce personnage carnavalesque, l'idée de la mort est exorcisée. Il est né de l'imaginaire catholique des esclaves, qui souhaitaient tourner en dérision leurs pensées mortifères. Lorsqu'il défile dans les rues de Cayenne, Lanmo s'amuse à envelopper quelqu'un du public de sa cape. Il fait alors semblant de l'emporter dans l'autre monde, ce qui entraine des cris de panique dans la foule. Ce personnage court par bandes, symbolisant les âmes des morts qui circulent sur la terre et surveillent les hommes. Avec son déguisement, ce personnage effraie les spectateurs et particulièrement les jeunes enfants.
Le carnavalier est vêtu d'une cape blanche, d'un pantalon, d'une chemise et d'une cagoule de cette même couleur. Le masque porté est une tête de mort. Aucune partie du corps n'est découverte. Lanmo est recouvert d'un drap et détenait, jadis, des épingles dans son costume afin de piquer les spectateurs trop téméraires afin de rappeler les sévices des maîtres pour punir de toute rébellion.