L’église Saint-Roch, située au 296 rue Saint-Honoré, au croisement de la rue Saint-Roch, dans le de Paris, a été bâtie entre 1653 et 1722 sur les plans initiaux de Jacques Le Mercier. Longue de , de style essentiellement baroque, c’est l'une des plus vastes de Paris. L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis le ..
Le parvis de l’église fut le théâtre de combats durant l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (). Pillée à la Révolution, l’église a récupéré une partie de son patrimoine ainsi que de nombreuses œuvres d’art provenant d'autres églises parisiennes. Toujours ouverte au culte, elle est connue comme étant la « paroisse des artistes », par allusion à ceux qui y ont été inhumés ou dont on y a célébré les obsèques, mais également en référence à la riche collection d’œuvres d’art qui y est conservée et parce qu'elle est l'aumônerie des artistes du spectacleL’aumônerie des artistes du spectacle, sur le site de l'Église catholique à Paris..
Historique Construction thumb|Chapelle dédiée à sainte Suzanne. En 1521, Jean Dinocheau, un commerçant parisien, fait bâtir une chapelle dédiée à sainte Suzanne dans le faubourg Saint-Honoré situé près de Paris.
En 1577, son neveu, Étienne Dinocheau, transforme la chapelle en une grande église et lui attribue le patron de saint Roch.
Alors que l'église Saint-Roch sert de succursale à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, pour les habitants du faubourg Saint-Honoré depuis une cinquantaine d'années, cette église devient église paroissiale le . Le , une sentence archiépiscopale assigne à la paroisse Saint-Roch le terrain situé au nord du jardin des Tuileries, depuis le mur de Charles V jusqu'à la fortification de Charles IX.
Jacques Lemercier conçoit une nouvelle église qui ne voit le jour qu’après la Fronde. La première pierre du nouvel édifice est posée par Louis XIV, le , en l'absence de sa mère Anne d’Autriche qui ne voulait pas rencontrer le curé frondeur. Dans la nouvelle église, on consacre une chapelle à sainte Suzanne, en souvenir de l’église précédente. Au-dessus de l’autel, se trouve une peinture murale de sainte Suzanne poursuivie par ses persécuteurs. Levant les yeux au ciel, elle implore l’aide de Dieu.
Jacques Lemercier meurt en 1654, aussi les finances se tarissent-elles vite et le gros œuvre s’interrompt en 1660, seuls le transept et la dernière travée de la nef étant achevés. La construction des chapelles latérales s’est faite en les concédant à des familles contre finances.
Dans les années 1690, le chœur, le transept, la plupart des chapelles et le clocher sont terminés. L’église n’a qu’un plafond provisoire en bois, la façade n’est pas faite. Le , le maréchal Sébastien Le Prestre de Vauban y marie sa fille Jeanne Françoise avec Louis Bernin, marquis de Valentinay, seigneur d'Ussé.
Grâce au financement d'une loterie de piété en 1705, Jules Hardouin-Mansart reprend le chantier de Saint Roch et y ajoute la plus grande chapelle de la Vierge de Paris, composée d'une chapelle de la Vierge elliptique inscrite dans une chapelle de la communion circulaire, une façon originale d'utiliser le peu de place disponible. Au décès de Jules Hardouin Mansart, Guillaume de La Vergne, l’entrepreneur du conseil de fabrique emporte le marché. Finalement la chapelle de la Communion est reportée au-delà de la chapelle de la Vierge et l'anneau circulaire devient un déambulatoire. L'ensemble des travaux se termine en 1719.
À l'occasion de sa conversion en 1719 et lors de sa première communion à Saint-Roch, le banquier Law fait un don de . Après la faillite de Law, le roi complète avec un don de . C'est ainsi que sont financées la voûte en berceau cintré et la façade de l’église, pour des travaux qui se terminent en 1726. Seule une tour de la façade aurait été construite.
Entre 1728 et 1736, Robert de Cotte ajoute une tour à droite du chœur dans le passage Saint Roch. Quand une nouvelle façade sans clocher sera réalisée, cette tour accueillera les cloches de Saint Roch.
En 1735, la tour de la façade est détruite. Robert de Cotte trace les plans pour une façade à deux étages, mais c'est probablement son fils Jules-Robert de Cotte qui la réalise en 1739. Le niveau inférieur est orné de colonnes doriques, le niveau supérieur de colonnes corinthiennes. La princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV, y est inhumée.
Restait à aménager l'intérieur de l'église. Le curé de Saint Roch Jean-Baptiste Marduel fait appel à une équipe autour d'Étienne Maurice Falconet et d'Étienne-Louis Boullée pour théâtraliser les différents espaces. En 1754, au-delà de la chapelle de la Communion, Étienne-Louis Boullée ouvre dans le prolongement une chapelle dédiée au Calvaire, qui sera profondément remaniée au milieu du . Il fait appel à quelques-uns des plus illustres artistes de son temps pour décorer la chapelle de la Vierge et le transept, parmi lesquels, Jean-Baptiste-Marie Pierre, Joseph-Marie Vien et Gabriel-François Doyen.
thumb|Abat-voix de la chaire par Simon Challe. En 1756, Jean-Baptiste Pierre peint l'Assomption pour la coupole de la chapelle de la Vierge, et Falconet sculpte, au-dessus de l'arcade qui surplombe l'autel de la Vierge, une Gloire sur le modèle de celle de Saint-Pierre de Rome. Il place en dessous un groupe de l'Annonciation, aujourd’hui disparu, et installe, dans la chapelle du Calvaire, une rocaille avec un christ en croix, également disparue.
En 1758, Jean-Baptiste Marduel fait réaliser une chaire par Simon ChalleVoir Correspondance littéraire, décembre 1758., qui sera remaniée à deux reprises, et dont il ne reste de l’œuvre initiale que la partie supérieure, alors qu'il reste un ensemble de peintures et de sculptures dans le transept.
En 1849, détruisant ainsi l'œuvre de Boullée, la chapelle du Calvaire est transformée en chapelle des Catéchismes, et en 1879 la tour située sur le flanc droit, fragilisée par le percement de l'avenue de l'Opéra, est détruite.
L'église Saint-Roch et l'Histoire Au temps de la Révolution française, cette église se trouvait au centre des combats, comme en témoigne la façade criblée d'impacts. Les groupes révolutionnaires, comme le Club des Jacobins ou celui des Feuillants, se rassemblaient à l’époque dans les cloîtres de la rue Saint-Honoré. C’est le long de cette rue que circulaient les véhicules qui menaient les condamnés de la Conciergerie à la place de la Concorde où ils étaient exécutés. À deux pas de là, au palais des Tuileries où siégeait la Convention, le général Napoléon Bonaparte mit fin à la rébellion royaliste.
Les traces de la mitraille que Bonaparte a laissé tirer pendant 3/4 d'heure sont encore visibles sur les colonnes carrées et rondes à l'ouest de la façade.. Plus grave encore, sont les dégâts commis à l’intérieur de l’église. Un pillage systématique mena à la disparition de nombreux objets et œuvres d’art. Parmi eux se trouvait le portrait d’un des fondateurs de l’église : Dinocheau qui avait longtemps été exposé dans l’une des chapelles. Ce tableau se trouve aujourd’hui à Santa Maria Maggiore dans le Piémont, où l’on prétend qu’il s’agit d’un certain Giovanni Paolo FeminisSelon le Dr Karl Kempkes, cf : https://art-crime.blogspot.com/search/label/santa%20maria%20maggiore?m=0 (en anglais)..
Saint-Roch est ensuite consacré « Temple du Génie » par décret du 6 brumaire an VII () puis le l'église est saccagée, aux cris de « mort aux prêtres », par protestant contre le refus par l'Église d'enterrer chrétiennement la comédienne Françoise Raucourt (ou la Raucourt).
De nos jours La façade de l'église a fait l'objet d'une restauration en 2001., qui a effacée les traces de l'insurrection du 13 vendémiaire.. Le , un pan de la corniche se détache dans le passage Saint-Roch sans faire de victimes. Quelques heures avant, l'église est aussi victime d'une tentative de vol. sur l'Arche d'alliance, qui devait justement être restaurée.
Depuis 2019, la messe est célébrée dans les deux formes du rite romain, prenant la continuité de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois.
Le , une messe est discrètement donnée pour le anniversaire de la mort de Charles Maurras, dirigeant du mouvement d'extrême droite de l'Action française..
La paroisse accueille régulièrement des événements réunissant plus de 1 000 personnes, telle la nuit de la Cité Céleste. ou les 24 heures de messes pour les chrétiens persécutés après le Carême 2026..
Curés Jean Rousse (1633 - 1659) Jacques Coignet (1660 - 1668) Louis Coignet (1668 - 1726) Jacques Bence (1726 - 1738) Aubin Brillon de Jouy (1738 - 1739) Nicolas Louis Cheret (1739 - 1743) Pierre Badoire (1743 - 1749) Jean-Baptiste Marduel (1749 - 1787)Contrairement à l'inscription de la plaque apposée dans l'église, Jean-Baptiste Marduel est décédé en mars 1787 comme l'annonce la Presse de l'époque (Journal de Paris, 1787, n°81, jeudi 22 mars 1787, p. 352 (Consulter en ligne sur Google Books.) Claude-Marie Marduel (1787 - 1790)Claude-Marie Marduel a bien pris la succession de son oncle dès 1787 et non pas en 1789 comme indiqué sur la plaque commémorative. Voir par exemple Almanach royal pour 1788, p.103. Consulter en ligne sur Gallica.. Il doit renoncer à sa charge après son refus de jurer sa soumission à la Constitution civile du clergé. Alexandre Legrand (1791 - 1793)Alexandre Legrand, prêtre de la communauté de Saint-Roch, originaire du diocèse d'Amiens, est élu, à 49 ans, le 6 février 1791, curé de St Roch par l'assemblée du district de Paris réunie à Notre-Dame, avec 512 voix sur 557 votants. Il est intronisé le 13 février 1791. O. Delarc, L'Église de Paris pendant la Révolution, 1789-1801, Paris, Desclées de Brouwer, 1893, t. 1, p. 356-357 ; 420-421. Voir archive.org.. Condamné pour incivisme, il est emprisonné aux Carmes le 1 nivôse an II [31 décembre 1793] dont il sort, libéré, le 27 vendémiaire an III [18 octobre 1794] (E. Charavay, Assemblée électorale de Paris. Procès-verbaux de l'élection du procureur-syndic, de l'évêque, des curés,..., 18 novembre 1790-21 juin 1791, Paris, Quantin, 1890, p. 490. Voir sur archive.org. Pas de curé de 1794 à 1802L'église est fermée au culte en 1794, rouverte en 1795. Fermée à nouveau en 1796 à la suite de nombreuses dégradations, elle est réconciliée en 1797. Le culte y est célébré mais la paroisse n'a pas de curé. Chanoine Pisani, « Les paroisses de Paris pendant la Révolution, Saint-Roch. » , La Croix, 30 avril 1914, p. 3. Voir en ligne sur Gallica.. Claude-Marie Marduel (1802 - 1833)Claude-Marie Marduel est réintégré dans ses fonctions de curé de Saint-Roch (devenue la seule paroisse du arrondissement) par un décret apostolique du 9 floréal an X [29 avril 1802] de Mgr de Belloy, nouvel archevêque de Paris. O. Delarc, L'Église, op. cit., t. 3, p. 433-434. Consulter en ligne sur archive.org Nicolas-Théodore Olivier (1833-1841), nommé évêque d'Évreux (1841-1854) Jean-Jacques Layet (1841 - 1843), nommé évêque d’Orléans Charles Morel (1843 - 1848) Pierre Louis Petetot (1848 - 1852) Pierre Augustin Faudet (1852 - 1870) Sébastien Émile Millault (1870 - 1896), il démissionne le . Marie-Prosper de Bonfils (1896 - 1898), nommé évêque du Mans en 1898. Marie Timothée Leclercq (1898 - 1908) Jean Eugène Peuportier (1908 - 1921) Henri Victor Couget (1921- 1941) Charles Viennot (1941 - 1966) Pierre Ghesquière (1966 - 1970) Francis Connan (1970 - 1979) Gérard de Seilligny (1979 - 1988) Robert Perrelet (1988 - 1994) Thierry de l'Épine (1994 - 2008) Philippe Desgens (2008 - 2017) (depuis 2017)
Personnalités inhumées dans l'église Du fait des multiples transformations architecturales et surtout du saccage de l'ossuaire durant la Révolution française et la commune, peu de tombes ont subsisté.
thumb|Plaque commémorant l'inhumation de Pierre Corneille dans cette église. André Le Nôtre, , chapelle Saint-André César de Vendôme, François Anguier, 1669 Pierre Corneille, 1684 Michel Anguier, 1686