L'économie de la Malaisie est une économie ouverte moyenne, au monde en termes de PPA avec un PIB de $ US, en 2013. Son PIB est représenté à 48,1 % du secteur des services, à 40,6 % d'industrie et à 11,1 % d'agriculture (2004).

Les principaux investisseurs étrangers dans le pays sont les États-Unis, le Japon et les Pays-Bas.

Histoire thumb|Évolution du PIB par habitant de Malaisie. Au début du , du temps de la colonisation britannique, les denrées exportées de ce pays étaient principalement : l’étain et le caoutchouc. Lorsque éclate en Europe la Seconde guerre mondiale, la Malaisie produit près de 40 % du caoutchouc et 60 % de l’étain mondiaux : à la fin des années 1940, la Malaisie est, par ses ventes de caoutchouc et d’étain, la première source de revenus du Commonwealth. En 1986 le pays va opter pour le libéralisme économique; cela se traduira par de nombreuses privatisations, des mesures favorables aux investisseurs étrangers et aux industries légères destinées à l’exportation, en partie des industries délocalisées de Singapour (textiles, électronique, etc.). Ainsi, de 1985 à 1996, la Malaisie affiche un taux de croissance annuel supérieur à 4 % en moyenne, en dépit de certaines périodes de récession. Les exportations augmentent considérablement, les infrastructures connaissent un développement rapide, et le niveau de vie se rapproche de celui des pays développés. En 1997, le PIB recule de 7 %, soit la pire année de crise de ces douze dernières années pour la Malaisie. Le gouvernement rejette le programme du FMI et adopte une politique protectionniste pour faire face à la crise. C’est donc sans aide extérieure que l’économie malaisienne a réussi à retrouver le chemin de la croissance : après une croissance de 5,4 % en 1999, le PIB a progressé de plus de 8 % en 2000.

Développement économique

Contexte socio-économique post colonial Le contexte socio-économique post colonial définit l’évolution future de l’économie malaise. Ainsi, lorsque le pays est sous colonie britannique, un certain nombre d’institutions coloniales sont mises en place. Ces mesures sont directement liées à une volonté de développer une économie coloniale exportatrice qui a pour but le profit. Les Britanniques mettent en place un système légal (common law) et un système administratif (administration fiscale, carte d’identité, formalisation de l’état civil, recensement décennal pour les trois établissements des détroits que sont le sultanat de Kedah, le sultanat de Malacca et le sultanat de Johor). Le premier et principal geste posé par le système administratif britannique mis en place est le remplacement des anciennes règles traditionnelles d’attribution de la terre. On passe d’un système traditionnel d’attribution de la terre à un système foncier de bail calqué sur le modèle européen, cela afin d’encourager les planteurs à défricher la forêt et coloniser le pays. Le système monétaire basé sur la livre sterling est aussi une mesure instaurée par l’empire colonial. Enfin, « l’importation » salariale est aussi une caractéristique de l’organisation coloniale britannique en terre malaise. Celle-ci a pour impact de créer une société malaise pluriethnique et opère par la même un bouleversement démographique majeur dans le pays.

Cette « importation salariale » opérée dans le cadre de la stratégie britannique s’avère nécessaire à l’entreprise coloniale dans la mesure où la population paysanne locale est réduite (on compte entre à en Malaisie en 1800). De plus, cette population paysanne rurale est occupée à la production vivrière. Par conséquent, les britanniques dirigent les efforts vers l’organisation d’une immigration entre les Indes et la Malaisie. Sous cette impulsion migratoire, la Malaisie compte par la suite d’habitants à la fin du . En 1800, les malais forment alors 90 % de la population. Ils en forment moins de 60 % en 1911, puis 49,7 % en 1947. Les indiens comptent alors pour 11 ,3 % de la population et les chinois 47,2 %. Cette division coloniale du travail forge une société malaise profondément pluriethnique, les postes occupés dans le travail recoupant ainsi les différences ethniques. Cela donne lieu à des inégalités de revenus marqués entre les différents groupes .

Comme beaucoup de pays sous le joug colonial, les Britanniques favorisent à l’époque la création d’infrastructures qui facilitent et favorisent le développement économique notamment à travers des systèmes de communications multiples (routes, trains, ports de commerce, aménagements fluviaux en vue de favoriser et fluidifier le transport des marchandises) et la mise en place d’une police visant à garantir la sécurité des transactions commerciales .

Ainsi, environ cent ans après le début de l’entreprise coloniale britannique, les traits caractéristiques majeurs de la société malaisienne qui sont hérités, sont principalement les différences ethniques dans les emplois, l’accès à l’éducation, et donc par extension les revenus. Le contexte post colonial permet une compréhension plus large pour comprendre l’évolution économique de la Malaisie post-coloniale.

Conflits pluriethniques Les inégalités de revenus engendrées par les dynamiques de pluriethnicité déclenchent les émeutes de . Ces émeutes sont la manifestation d’une idéologie anti-chinoise montante. Le système économique malaisien dualiste et profondément divisé fait éclater des émeutes sanglantes du peuple malais à l’encontre des malais d’origine chinoise. Il apparaît comme évident que la cohésion sociale malaisienne reste à construire au regard des divisions multiethniques qui marquent le pays. Ces divisions recoupent aussi les dimensions liées à la culture, la religion, les idéologies politiques, la langue, la géographie et les différences socioprofessionnelles, d’où la difficulté et l’importance croissante pour le gouvernement de s’organiser pour éviter des conflits inter-étatiques. L’enjeu de taille est de savoir comment réduire ces écarts qui se cumulent en défaveur des ruraux peu éduqués et le plus souvent malais ; ils se trouvent bloqués dans le secteur agricole traditionnel et ont peu d’accès à une vie sociale et financière intéressante.

New Economic Policy C’est dans ce contexte que s’inscrit la création de la New Economic Policy (NEP/NEGA). Au lendemain des émeutes raciales de 1969, dans un contexte d’état d’urgence, le Conseil National d’Opérations (en anglais National Operations Council, ou NOC) dirigé par le premier ministre en poste Abdul Razak, lance la NEP. Cette politique économique vise à orienter économiquement le pays jusqu’en 1990. L’explosion de violence anti chinoise de 1969 est interprétée par le gouvernement comme un ressentiment des Malais contre les Chinois, considérés plus riches, et avec des perspectives sociales plus avantageuses. En ce sens, l’idée que la communauté malaisienne d’origine chinoise forme la communauté qui exploite les Malais est répandue à l’époque. Cependant, dès 1960, il est démontré que cette assimilation systématique des Chinois à la catégorie des gens riches est une erreur grossière dans la mesure où la majorité des Chinois sont ouvriers, commerçants et que bon nombre d’entre eux travaillent la terre. Toutes les recherches en sciences sociales sérieuses de l’époque démontrent donc l’inexactitude sur les nombreux clichés anti chinois.

Les modalités de la mise en place de la NEP sont axées sur trois pans. Il s’agit de la planification, le développement agricole et le développement rural.

Un plan quinquennal, le « Second Plan Malaisien » (1971-1975) couplé à une stratégie de développement de long terme, formulée dans le « First Outline Perspective Plan » (1971-1990) sont articulés par le NEP, en 1971. La planification en Malaisie est un outil de la politique économique déjà utilisé au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle est instaurée par les britanniques avec le « Draft Development Plan » (1950-1955) pour la Malaisie péninsulaire, avec deux plans concernant la partie orientale des possessions. Les premiers et seconds Malaya Plans (1956-1965) suivent cette politique, ils sont tournés vers l’effort de reconstruction puis de développement organisé des infrastructures. Ils se doivent d’être financés à l’époque par la Malaisie elle-même. Avec la NEP, le gouvernement du premier ministre Abdul Razak inaugure une nouvelle période, celle des déficits publics pour financer principalement l’investissement et les politiques sociales. Quatre secteurs fondamentaux sont retenus par la NEP comme domaines d’interventions majeurs de l’État : les politiques pour l’agriculture/la pêche et la forêt, l’industrie manufacturière/les mines et la construction, l’amélioration de la vie urbaine et rurale, et les politiques éducatives.

Le premier volet de ce plan économique est le développement du secteur agricole. On souhaite défricher de nouvelles terres, améliorer les rendements de riz, replanter des hévéas, etc. Il s’agit de lutter contre le chômage et le sous-emploi notamment dans les milieux ruraux. De plus, on vise à favoriser la diversification des cultures agricoles d’exportation (autre que l’huile de palme). La première population bénéficiaire de ces mesures agricoles mises en place par la NEP sont les ruraux malais, qui représentent près de 85 % de la population. Une grande quantité de fonds sont injectés dans ce secteur rural notamment sous la forme de projets d’irrigation, de services sociaux et d’infrastructures facilitant les entreprises rurales. On se retrouve petit à petit avec un territoire malaisien de plus en plus occupé par des agences régionales ou locales de développement.

Travail forcé Le travail forcé reste fréquent en Malaisie. Les travailleurs immigrés représentent entre 20 % et 30 % de la main-d’œuvre du pays. Souvent originaires du Népal, du Bangladesh ou de la Birmanie, ils doivent s'endetter lourdement à des taux exorbitants auprès de prêteurs locaux afin de payer les recruteurs envoyés par des entreprises malaisiennes et obtenir un contrat de travail. Arrivés en Malaisie, leurs employeurs leur confisquent leur passeport afin de s’assurer qu’ils resteront. Les journées de travail s'élèvent à douze heures, les congés sont rares et le salaire minimum malaisien représente mensuels.

Agriculture et pêche

La Malaisie produit la moitié de l'huile de palme mondiale et se situe respectivement au et pour la production de caoutchouc ( d'hévéas fournissent ) et de cacao ( en 1995). L'agriculture de la Malaisie est fortement marquée par les cultures de plantations, le pays produit environ 78 % des exportations de caoutchouc, 79 % des exportations du poivre, 90 % des exportations de l'écorce de quinquina, 73 % des exportations de coprah, 56 % des exportations de l'huile de palme et 16 % des exportations du thé.

Construction thumb|left|Kuala Lumpur et les tours Petronas La valeur des travaux de construction effectués au deuxième trimestre de 2017 a enregistré une croissance à deux chiffres de 11,2 % par rapport à l'année précédente pour enregistrer un montant de de ringgits Quarterly Construction Statistics, Second Quarter 2017 Department of Statistics Malaysia Official Website.

Le secteur de la construction en Malaisie est un secteur à forte intensité de main-d’œuvre et d'après l'Organisation internationale du travail (OIT), 74 % des travailleurs y sont des travailleurs informelsCasualization of Urban Labor Force: Analysis of Recent Trends in Manufacturing. . Vol. 46, Pais, Jesim. Février, 2002. Sur wiego.org.