Le parachutiste de choc (connu sous son abréviation commune : « le ») est une unité de forces spéciales de l’Armée de terre française ayant connu plusieurs appellations au cours de son histoire.

Cette unité s'est ainsi successivement appelée : le Bataillon de Choc Aéroporté N°11 de Septembre 1946 à 1955 ; le 11e Bataillon Parachutiste de Choc de Juin 1955 à 1963; Il est intégré à la parachutiste de choc de Octobre 1955 à 1963, date à laquelle elle a été dissoute ; puis il a été recréé en 1985 sous le nom de parachutiste de choc ; avant de devenir le Centre Parachutiste d'Instruction Spécialisé en 1993.

Il est le bras armé du service Action du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (le SDECE) puis de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE).

Création et différentes dénominations Les principales étapes de la vie de cette unité ont été les suivantes : : création à Mont-Louis du Bataillon de choc Aéroporté 11 (BCAP n°11) à partir de SAS, du de choc, de Jedburghs, de FFI et de commandos du service action ; : création de la section nageurs de combat au sein du centre nautique de Collioure ; Juin 1955: le BCAP n°11 devient le 11e Bataillon Parachutiste de Choc (11e BPC) ; : décision de création de la parachutiste de choc () ; : création de la à Perpignan. Elle englobe le 11e BPC et le 12e BPC; : création des centres d'instructions (CI) (« transmissions » à Perpignan), (« guérilla » à Mont-Louis), (centre de saut), (« amphibie » à Calvi) et (« nageurs de combat » d'abord à Aspretto (Ajaccio) puis à Toulon - Saint-Mandrier) ; : création du bataillon de base regroupant les CI ; : le devient le et reçoit le fanion du ; le bataillon de base devient le bataillon d'instruction spécialisé (BIS) ; : dissolution du BIS et création du détachement opérationnel ; : dissolution de la 11e DBPC, du 11e BPC et du 1e BPC ; son drapeau est confié au Centre national d'entraînement commando de Mont-Louis ; : recréation à l'initiative du général René Imbot, sous le nom de parachutiste de choc (RPC) ; : devient le CPIS à la suite de la création du COS.

Historique des garnisons, campagnes et batailles Les premiers bataillons de choc Le bataillon dit « de choc » fut créé en par le commandant Fernand Gambiez, à Staoueli, commune située dans la banlieue ouest d'Alger, avec des volontaires d’Afrique ou évadés par l’Espagne de la France occupée« Libération de Valdoie 1944 » dans Les combats du bois d’Arsot ..

Il est alors pensé comme un équivalent français du Special Air Service (SAS) britannique, ou des commandos allemands d'Otto Skorzeny, chargés des « coups de mains » derrière les lignes ennemies. Mais selon Raymond Muelle, ancien chef de section, ce premier commando encourt la rumeur d'être à la main du principal des rivaux du général de Gaulle auprès des alliés, le général Giraud, alors le .

Dès , ce bataillon participa à la libération de la Corse : 109 hommes menés par Gambiez sur le sous-marin Casabianca débarquent dans le port d’Ajaccio dans la nuit du 12 au , opération réalisée à l'insu du CFLN, ce qui conduit à l'éviction du général Giraud.

Le bataillon de choc n'est lui fondé qu'en , avec en grande partie des élèves des classes préparatoires du lycée Janson de Sailly, par le capitaine Fenoyl de Gayardon. Un bataillon de choc, fondé en par les commandants Laurent Bazot et Aimé Broyer, est issu directement du maquis FFI de Cluny, actif à partir de 1943.

Les six unités sont fondues après la guerre dans un « régiment de choc aéroporté », regroupant des anciens des deux 1ers bataillons de choc, avec en particulier le capitaine Paul Ducournau des Commandos d’Afrique.

Le Bataillon de Choc Aéroporté n°11 thumb|Insigne du Parachutiste de Choc (11e BPC) de 1955 à 1963 fabriqué par la maison Drago. Le fut de 1946 à 1963 la branche militaire spéciale du « service action » du SDECE.

D'après le colonel Sassi, le a inspiré la création des Bérets verts américainsColonel Jean Sassi, en collaboration avec Jean-Louis Tremblais, Opérations spéciales : 20 ans de guerres secrètes, Éditions Nimrod, 2009, , .. En effet, en , impressionné par les performances du lors d'un exercice en Autriche, le colonel américain Aaron Bank demanda à son retour aux États-Unis la création d'une unité similaire qu'il obtint avec la création du Psychologic Warfare Center (centre de guerre psychologique) de Fort Bragg, l'école des Bérets verts.

Les débuts À la fin de la Seconde Guerre mondiale, afin d’encadrer des maquis dans les territoires d’Asie occupés par les japonais, un service français est créé pour emploi de la Force 136 britannique appartenant au (SOE): des combattants, britanniques ou non britanniques chargés de sabotages. Ces « French Indochina Sections » commencent à être parachutées en , notamment au Laos. Ils viennent du service "Action/Militaire" (A/M) du BCRAM/BCRA/DGSS/DGER, des équipes Jedburgh (Jean Sassi, Michel de Bourbon-Parme) et de la section F du SOE (Bob Maloubier) parachutés avec la Résistance.

Cependant, les historiens considèrent que la création du choc a été effectuée par son premier chef, le futur général Paul Aussaresses avec son ami proche Jacques Foccart. Tous deux ont œuvré en Angleterre dans le même service chargés de faire des sauts en Allemagne. À l'automne 1945, après la fin de ces missions, Paul Aussaresses à Neuilly-sur-Seine. Selon Paul Aussaresses, et de son volet réservistes et encouragent communiste.

En , la guerre d'Indochine n’ayant pas encore atteint son paroxysme, « les opérations de police » sont menées par des unités coloniales et les renforts en hommes et en encadrement sont suffisamment pourvus en volontaires. Les commandos et les parachutistes métropolitains sont stationnés dans des garnisons du Sud-Ouest de la France. Les autorités militaires en réunissent une partie à Mont-Louis, dans la citadelle Vauban qui manque alors d’entretien. Le chef d’unité nommé est le chef de bataillon Mautaint qui a pour mission de créer une unité d’élite. Son nom de baptême est le Bataillon de Choc Aéroporté n°11La légende veut que le choisi provienne du numéro de la ligne de téléphone alors installée pour les occupants de la citadelle, en l'occurrence le « 11 à Mont-Louis »., BCAP n°11 en abrégé. Le BCAP n°11 est alors constitué le à partir d'éléments provenant des French SAS (André Santucci, André Pralon, Claude Reilhac, André Varnier, etc.), de la résistance (Yves Godard), de l'opération jedburgh (Jean Sassi, Paul Aussaresses), de la force 136 (Robert Maloubier, Jean Sassi, René Obadia, René Bichelot, Marcel Chaumien ) et du 3e bataillon du 1er Régiment de Choc (Jacques Dupas, etc.). Le , son poste de commandement est implanté à Perpignan.

Ce bataillon se place dès ses débuts hors des normes communes. La guerre d’Indochine prend de l’ampleur. Les services de renseignement français ont besoin de personnel capable d’effectuer des missions spéciales et souhaite puiser dans ce réservoir de combattants d’élite pour étoffer le service 29. Ainsi dès le , les commandos du « 11 » sont formés par Mautaint, d'après les instructions du commandant Jacques Morlane dit « Fille-LambieMinistère de la Défense, Service historique de la Défense, Département de l'innovation technologique et des entrées extraordinaires, Bureau des témoignages oraux, Histoire orale. Inventaire analytique de la sous-série 3K, tome III, par Sébastien Laurent, Hervé Lemoine, Marilyne Morais, Stéphane Simmonet, Guillaume Zeller. Château de Vincennes, 2005, (version avec erreur de pagination) », dans les centres d’instruction spéciale de Persan-Beaumont et de Cercottes où l'on forme des combattants ayant pour règle absolue le secret. Avant de rejoindre Mont-Louis, Mautaint rédige de nombreuses notes sur l'enseignement reçu au SOE (, le service secret britannique) afin de préparer celui des futurs agents du service ActionMinistère de la Défense, Service historique de la Défense, op.cit., ..

Le capitaine Aussaresses, qui succède à Mautaint au service 29 en tandis que les effectifs augmentent, reçoit pour mission de Morlane de :

Bob Maloubier précise que : en clair le choc va aussi bien défendre la République déguisé en gardes mobiles, briser les grandes grèves de dans les Houillères du Nord que faire le coup de poing dans les meetings et manifs du RPF qui a pour objectif avoué de « culbuter » la RépubliqueL'Homme de l'ombre. Eléments d'enquête autour de Jacques Foccart, l'homme le plus mystérieux et le plus puissant de la Ve par Pierre Péan en 2014 aux éditions Fayard.

Le centre de Cercottes sera créé par le nouveau patron depuis 1949, le colonel Jean Sassi, en 1950, car Mont-Louis et Perpignan sont trop voyants. Jacques Foccart y fait des séjours dès sa création, puis . Aussaresses, chassé de Mont-Louis en , devient patron de Cercottes entre 1951 et 1955.

L'Algérie À son retour d'Indochine, en 1952, Aussaresses est chargé par Morlane d'éliminer ceux qui soutiennent la rébellion algérienne :

Des éléments du 11 sont détachés à partir de 1952 en Indochine ; le n'est pas impliqué dans le conflit comme unité constituée, mais ses éléments encadrent le groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA), dépendant du SDECE.

Dans l'Algérois, le bataillon de choc participe au maintien de l'ordre et à la mainmise armée sur les territoires où les combattants du Front de libération nationale s'implantent à partir de . Un opérationnel commandé par le chef d'escadron Decorse et comprenant une compagnie de commandement et deux de combat est envoyé en Afrique du Nord le et s'est implanté en Kabylie dans la région de Dra El Mizan-Tizi Reniff. En , un deuxième détachement composé de deux compagnies vient renforcer le bataillon de marche et s'installe au camp du Maréchal et à Haussonvillers (aujourd'hui Naciria). Le 11e Choc quitte le territoire de la militaire le . Son bilan est alors le suivant : dix-neuf « hors-la-loi » tués, quinze faits prisonniers et trente-et-une armes récupérées.

Peu de temps après, le « 11 » retourne en Métropole.

La parachutiste de choc Création, évolution et organisation Le , le s'associe avec le pour donner naissance à la parachutiste de chocInitialement, l'unité devait prendre le mais par crainte de confusion avec la de parachutistes coloniaux et notamment ses anciennes dénominations, il fut décidé par le ministre de la Défense le que l'unité prendrait le et aurait la garde du fanion du , en alternance avec les deux bataillons de choc., la , qui est appelée à mener un grand nombre d'opérations pendant la guerre d'Algérie. L'ensemble de l'unité comprend ainsi : un état-major (EM), des centres de perfectionnement, le stationné à Calvi et Corte en Corse, un centre d'entraînement spécialisé (CES) stationné également en Corse et le en Roussillon.

Le , le est regroupé à Calvi avec les nageurs de combat et le CES.

En , le groupement léger d'intervention (le GLI) commandé par le capitaine Krotoff est à son tour envoyé en Algérie. La parachutiste de choc met finalement sur pied un groupement de marche () à quatre compagnies de combat qui est incorporé au GLI. Sous les ordres du lieutenant-colonel Decorse, le GM s'implante en Kabylie dans la région des Béni Douala. Le , le capitaine Krotoff est tué au combat et il est remplacé par le capitaine Érouart.

Le , une unité du absorbe les éléments du GLI. À partir de cette date et ce jusqu'au , des opérations sont effectuées en Kabylie dans le cadre de la .

Après quatre mois d'opérations dans ce secteur, le groupement de marche quitte le fin pour préparer l'opération projetée au Moyen-Orient : en effet, une action est envisagée contre l'Égypte qui, en particulier, soutient la rébellion algérienne.

En , Tipasa devient la nouvelle base du .

Le , le groupement opérationnel du Moyen-Orient, dont font dorénavant parties les , et , est créé : le lieutenant-colonel Decorse en prend le commandement. La saute à Port Saïd avec le deux semaines plus tard.

Le canal de Suez : opération Mousquetaire