La centrale nucléaire de Golfech est implantée dans la commune de Golfech dans le département de Tarn-et-Garonne en région Occitanie, en bordure de la Garonne.

La centrale est constituée de deux réacteurs à eau pressurisée du palier P'4. Mises en service en 1991 et 1994, ces deux tranches ont chacune une puissance nette de .

Présentation

Le CNPE (centre nucléaire de production d'électricité) de Golfech, d'une superficie de 200 hectares ., possède deux tranches nucléaires. Chaque tranche est équipée d'un réacteur nucléaire à eau pressurisée (REP) de de palier P'4. Elles ont été mises en service respectivement en 1991 et 1994 .. La centrale est équipée de deux tours aéroréfrigérantes (une pour chaque tranche) qui assurent un circuit de refroidissement semi-fermé pour chacune des unités de production. Ces tours de refroidissement sont les plus hautes d'Europe ( de haut). Le pompage en Garonne sert à compenser l'évaporation des aéroréfrigerants (le panache de vapeur d'eau) et à refroidir des circuits auxiliaires de sûreté ou de support à la production.

En 2019, le site a produit , ce qui correspond environ à 50 % de la consommation de l'Occitanie. La centrale de Golfech emploie environ quotidiennement (770 salariés EDF et 250 prestataires)..

Caractéristiques des réacteurs Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech sont des réacteurs à eau pressurisée (REP) modèles du palier P'4, de même que les réacteurs des centrales nucléaires françaises de Belleville (1 et 2), Cattenom (1,2 3 et 4), Nogent (1 et 2) et Penly (1 et 2).

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes . : Nom du réacteurModèleCapacité (MW)ExploitantConstructeurDébut constr. divergenceRaccord. au réseauMise en service comm. visite décennale(début) visite décennale3e visite décennaleThermique (MWt)brute (MWe)Nette (MWe)Golfech-1 .P'4 REP 1300381713631310 EDFFramatome17 nov 198224 avril 19907 juin 1990 février 199123 mars 200124 mars 2012 au 22 juillet 2012 .25 février 2022 au 20 janvier 2024Golfech-2 .P'4 REP 1300381713631310 EDFFramatome octobre 198421 mai 199318 juin 19934 mars 199412 juin 2004 26 avril 2014 au 13 juillet 2014 .19 avril 2025 au 07 octobre 2025

Histoire

1965 : annonce du premier projet En 1965, le préfet de la région Midi-Pyrénées annonce officiellement un projet de centrale électronucléaire près de Malause (Tarn-et-Garonne). EDF entame alors des démarches pour assurer l'acquisition des terres nécessaires. En 1967, une commission d'enquête reconnaît d'utilité publique le premier projet d'une centrale nucléaire de 2 réacteurs de 800 MW de type UNGG à Golfech. En 1968 débutent les travaux de la centrale hydroélectrique de Malause.

La baisse du prix du pétrole, et un conflit opposant le CEA à EDF à propos du choix entre les filières nucléaires graphite-gaz et eau sous pression, feront qu'aucun nouveau projet de centrale nucléaire ne sera décidé entre 1967 et 1969. Après le départ de De Gaulle en 1969, la filière française graphite-gaz maîtrisée par le CEA est abandonnée, ce qui entraîne l'abandon du premier projet de centrale nucléaire de Golfech.

1973 : annonce du second projet En février 1973 est inaugurée la centrale hydroélectrique d'une puissance de sur la Garonne. Le directeur régional d'EDF annonce que la centrale nucléaire sera construite à l'horizon 1985.

Le , un document du ministère de la qualité de vie confirme le choix de Golfech pour l'implantation d'une centrale. Le ministère de l'industrie demande aux préfets de région de saisir les bureaux des assemblées concernées pour consultation.

Le , un référendum organisé par les cantons de Valence-d'Agen et d'Auvillar se prononce à 83 % contre l'implantation de la centrale de Golfech ( voix contre sur exprimées).

En avril 1978, le conseil régional de Midi-Pyrénées se prononce contre l'implantation de la centrale de Golfech à l'unanimité moins deux abstentions.

En , EDF précise que Golfech est le site définitivement retenu pour la région Midi-Pyrénées et qu'il comprendra 4 réacteurs à eau pressurisée de MW.

En janvier 1979, le parti communiste se prononce contre la centrale de Golfech en raison du caractère antidémocratique du projet. Toujours en janvier, le conseil général de Tarn-et-Garonne se prononce contre le projet à 21 voix contre, 2 voix pour, 4 abstentions.

En , le Parti socialiste de Lot-et-Garonne rejoint ses camarades du PS de Tarn-et-Garonne pour dire non à la centrale de Golfech, avec le MRG, le PSU, la LCR, la CFDT, la FEN, la Ligue des droits de l'homme, etc.

Le , marcheurs, élus en tête, se rendent sur le site de la future centrale pour effectuer un lâcher de ballons, démontrant l'éventuelle propagation jusqu'en Espagne d'un nuage radioactif.

Le , 9 maires refusent d'accueillir le dossier de l'enquête d'utilité publique du projet Golfech.

En , le PC se prononce pour la centrale nucléaire de Golfech car la région est « à la limite de la catastrophe au point de vue des ressources énergétiques ».

1980 : enquête d'utilité publique En 1980, la commission d'enquête d'utilité publique rend un avis favorable à la construction des 4 réacteurs, et une pétition réunit signatures contre le projet.

Les 26, 27 et , personnes se rendent sur le site du projet à l'initiative du Comité antinucléaire (CAN) de Golfech.

1981 : élection de François Mitterrand

En février 1981, Jean Glavany (PS) assure par un courrier au CAN de Golfech que le site ne sera pas ouvert sans un vaste débat sur le recours au nucléaire. Le CAN de Golfech appelle alors à voter François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981. Après son élection, l'abandon du projet nucléaire de Plogoff est annoncé, ainsi que l'arrêt de 14 sites ouverts. Golfech n'est que simplement suspendu momentanément par le nouveau gouvernement, malgré cela, les travaux d'EDF continuent sur le site.

En , personnes marchent sur le site en chantier. L'opposition avec les forces de l'ordre donne lieu à de violents affrontements. En novembre, une nouvelle marche réunit de 4 à personnes et donne lieu à de longs et violents affrontements avec CRS, gardes mobiles ou gendarmes et une dizaine de pronucléaires.

1989 : occupation d'une tour Après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le mouvement antinucléaire se réveille. La nouvelle coordination Stop Golfech, créée à l'occasion de l'occupation d'une tour aéroréfrigérante de la centrale par 5 activistes pendant 5 jours en 1989, tente de bloquer le démarrage de la centrale.

1990 : mise en route du premier réacteur La mise en route du réacteur 1 ( divergence) a finalement lieu le .

1993 : mise en route du second réacteur La mise en route du réacteur 2 () a lieu le à 18h13.

1993 à aujourd'hui

Actuellement, la centrale nucléaire de Golfech comprend deux réacteurs bien que le site ait été étudié et conçu pour l'implantation de 4 réacteurs.

En 1996, trois antinucléaires s'introduisent à nouveau dans la centrale en nageant dans la Garonne. Ils ont ensuite escaladé une des deux tours aéroréfrigérantes, jusqu'à 178,5 mètres de hauteur. L'un d'entre eux passera trois nuits sur cette tour .. Le , à l'occasion des 20 ans de la centrale nucléaire, EDF organisa des festivités avec les élus locaux et les riverains habitant autour du site . ..

Entre avril et juillet 2014, lors de la deuxième visite décennale de l'unité de production numéro 2, EDF a procédé à un « rebobinage » de l'alternateur de cette dernière, c'est-à-dire que les 168 barres qui composent le stator (partie fixe qui forme, avec le rotor, l'alternateur) ont été changées .. Le jeudi vers 21 heures, un drone non identifié a été repéré par les gendarmes du peloton spécialisé de surveillance de la Gendarmerie (P.S.P.G.) en train de survoler le site nucléaire. Il est finalement parti en direction du département de Lot-et-Garonne .. Même évènement le mercredi , où cette fois-ci deux drones ont survolé la centrale par plusieurs passages de 21 heures à 23 heures ..

Communication et prévention

La communication de l'industrie nucléaire se base essentiellement sur les arguments d'un risque non significatif d'accident majeur, d'un impact environnemental relativement faible, et de l'inéluctabilité de la présence de centrales nucléaires au travers du monde.

Commission locale d'information (CLI) La Commission locale d'information nucléaire de Golfech (CLI) date de 1982. Ces commissions techniques sont relatives à la protection des populations pour l'une et au suivi du fonctionnement et de l'impact de la centrale pour l'autre. La CLI est une organisation mise en place par les autorités locales. En 2011, son Président est le maire de Golfech, Alexis Calafat. La CLI compte des membres venant de divers milieux. Depuis 2017, le conseiller départemental Mathieu ALBUGUES préside la Commission locale d'information nucléaire de Golfech.

Plan particulier d'intervention Dans le cas particulier où un accident nucléaire se produirait, il existe à Golfech un plan particulier d'intervention (PPI) dans un périmètre de , alors que l'évacuation sur un périmètre de s'est révélée être insuffisante lors de l'accident de Fukushima .. Le périmètre est étendu de 10 à en 2019.

Exercices de sûreté Afin de parer à toute éventualité d'accident nucléaire, des exercices de sûreté sont organisés sur un rythme quinquennal. L'exercice n'est pas effectué avec les habitants des 31 communes concernées par les du plan particulier d'intervention (PPI), pour des raisons pratiques ..

L'exercice de sûreté de 2008 a notamment concerné l'automate d'appel des populations du périmètre des deux kilomètres, périmètre à protéger rapidement, et l'évacuation des personnes de ce périmètre (400 foyers). Par ailleurs, la population abonnée à une ligne fixe de téléphone (hors dégroupage et téléphones portables et liste rouge) est avertie par téléphone au travers d'un système d'appel des populations en phase réflexe (système SARRPE), déclenché depuis la centrale nucléaire, ou à défaut depuis l'astreinte nationale EDF à travers le réseau internet. Cependant, le téléphone ne peut sonner que si une communication n'est pas déjà en cours et si le réseau téléphonique (voire électrique) n'est pas défaillant. Selon les statistiques d'EDF de 2008, en situation de fonctionnement, l'automate d'appel peut toucher 70 % des foyers situés sur le périmètre .. Le système permet d'effectuer jusqu'à deux appels par foyer en moins d'une heure. Les populations non référencées en tant que foyer, comme les salariés itinérants par exemple, n'entrent pas dans la statistique. Le cas échéant, toute la population est avertie au travers des sirènes.

Zone d'impact d'un accident Dans l'hypothèse d'un accident nucléaire où la centrale libérerait un nuage radioactif dans l'atmosphère, les zones impactées dépendraient du vent et de la pluie. Le vent le plus fréquent est le vent Bordeaux-Toulouse (43 % des cas et 59 % des cas de situation pluvieuse). Dans cette configuration, les villes de Montauban, Castelsarrasin, Toulouse, Narbonne et Perpignan seraient atteintes. Le temps nécessaire au nuage pour atteindre Toulouse est estimé dans 70 % des cas à plus de trois heures. Toutefois, la ville de Toulouse ne pourrait pas être évacuée, d'une part en raison des embouteillages qui y bloquent fréquemment la circulation, et d'autre part en raison de la panique vraisemblablement générée par l'évacuation d'une grande ville ..

Impact des rejets dans la Garonne