Roger Alfred André Gavoury, né le à Mello (Oise), est un commissaire de police français et contrôleur général de la sûreté nationale, marié et père de trois enfants, qui est assassiné dans l’exercice de ses fonctions de commissaire central d’Alger le .
Il fut le premier fonctionnaire tué par l’Organisation de l'armée secrète (OAS), qui le choisit pour cible parce qu'il était gaulliste anti Algérie française et anti OAS.
Les circonstances de son assassinat, l'enquête judiciaire, le déroulement et les suites du procès sont relatés dans la seconde partie d'un livre intitulé La Bataille de Marignane, écrit par le Jean-Philippe Ould Aoudia, préfacé par l'ancien ministre Pierre Joxe et publié aux Éditions Tirésias en cf. infra.
Biographie Fils d’un chef de groupe des services centraux de la Compagnie des chemins de fer du Nord, Roger Gavoury suit son cursus scolaire à Senlis. Après des études secondaires à Beauvais, il prépare une licence en droit à Lille.
À partir de 1931-1932, il exerce des fonctions administratives et commerciales dans des établissements bancaires et entreprises de Creil, Paris et Reims avant de faire acte de candidature, en , au concours pour les emplois de commissaire de police stagiaire dans les départements, hors du ressort de compétences de la Préfecture de Police.
Il effectue à compter d' son service militaire au d’infanterie et le termine en , à la suite des blessures contractées dans l'accident ferroviaire de Lagny-Pomponne le (l’accident causa plus de deux cents morts)Société française d'histoire de la police : Notice-biographique-Roger-Gavoury.
Déroulement de carrière Roger Gavoury reçoit sa première affectation de commissaire de police le à Hazebrouck (Nord) : dans cette commune éprouvée par les bombardements aériens effectués par la Luftwaffe, il se signale par son dévouement et son sens de l’initiative lors de la campagne de France.
Il est nommé successivement à Sarcelles ( - ), Sotteville-lès-Rouen ( - ), Rouen-Saint Sever ( - ), Béthune ( - ), Charleville-Mézières ( - ) et La Rochelle ( - ).
Sa prise de poste d’adjoint au directeur du Centre national d’instruction et d’application de la sûreté nationale de Sens le l’éloigne momentanément des services de la Sécurité publique.
En mission temporaire au Maroc à compter du , il est confirmé dans ses fonctions d’adjoint au chef de la sûreté nationale de Casablanca le par voie de détachement au titre de l’assistance technique, au moment où le Maroc retrouve sa liberté, en à la fin du protectorat français, en place depuis 1912. Il se voit confier la responsabilité du service central de la sécurité publique à Rabat en et élabore la doctrine relative à l’organisation de la sûreté nationale marocaine.
Remis, à sa demande, à la disposition de son administration d’origine le , il assure la direction du Centre d’assignation à résidence surveillée de Thol-Neuville-sur-Ain (avril à ) puis de celui du Larzac ( - ).
Commissaire principal depuis 1948, il est promu commissaire divisionnaire au lendemain de son installation, le , lors de sa prise de fonction en tant que commissaire central adjoint à Alger.
Il est admis au bénéfice de la croix de la Valeur militaire avec étoile d’argent le . La citation à l’ordre de la division, comportant l’attribution de cette distinction, souligne sa participation . Elle rappelle qu’il a . Elle se conclut en ces termes : Dans un ouvrage intitulé Commissaire de police en Algérie, 1952-1962 et publié en aux Éditions Riveneuve, Roger Le Doussal précise :
En prenant ses fonctions de commissaire central le , moins de six semaines après le plasticage de son appartement du , Roger Gavoury déclare à ses collaborateurs :
Il est assassiné à coups de poignard de parachutiste, par le légionnaire Marc Ténard, le à , à l’intérieur de son studio situé au de l’immeuble situé au 4-6 rue du Docteur Trolard à Alger, où le commando Delta 1 de l’OAS le guettait, installé dans un appartement voisinJournal La Provence – publication du mardi 31 mai 2011 - Roger Gavoury, tué par l’OAS, il y a 50 ans. Dès le , le délégué général en Algérie, Jean Morin, déclare dans un communiqué : Si l'organisation revendique le meurtre le , le général Salan, cofondateur de l' OAS, condamne ultérieurement ce crime, le jugeant inutile et nuisible à l'OASGeorges Fleury, Histoire de l'OAS, Grasset, 30 oct. 2002, 1048 pages, Partie V La montée en puissance, ch. 37 : L'OAS élimine le commissaire Gavoury, pp. 344 à 357..
Post mortem Tué en service commandé, Roger Gavoury est nommé, à titre exceptionnel, contrôleur général de la sûreté nationale, par arrêté du ministre de l’intérieur du .
Le , le juge d’instruction d’Alger est saisi d’une note du service régional de police judiciaire d'Alger ainsi libellée :
Le , un tract ronéotypé à en-tête OAS - Sous Secteur Alger-Ouest est distribué dans les boîtes aux lettres d’Alger précisant que l’OAS avait le commissaire divisionnaire Gavoury notamment pour et ; il se conclut comme suit :
Citations Citation à l'ordre de la Nation, le . La teneur de la citation est la suivante : Le Premier ministre, sur la proposition du ministre d’État chargé des affaires algériennes, cite à l’ordre de la Nation Roger Gavoury, commissaire divisionnaire, commissaire central du Grand Alger :
Attributaire, à titre exceptionnel et posthume, de la Médaille d'honneur de la Police nationale par arrêté du ministre de l’intérieur du .
Nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume par décret du . Le mémoire de proposition mentionne :
Mention Mort pour la France attribuée à titre militaire le , sur avis favorable du ministre des anciens combattants et victimes de guerre.
Procès Dix personnes impliquées dans son assassinat sont déférées au tribunal militaire par décret du président de la République du , parmi lesquelles le lieutenant déserteur Roger Degueldre (alors en fuite), le sergent déserteur Albert Dovecar et Claude Piegts : pour ces derniers, le procès se déroule au Palais de justice de Paris du 26 au . Arrêté le , Roger Degueldre est traduit le devant la Cour militaire de justice, au Fort neuf de Vincennes. Les deux premiers sont fusillés le , le troisième le .
Un certain nombre de personnes ayant prêté assistance à Alger aux assassins de Gavoury en les hébergeant furent, quant à eux, condamnés, en 1963, à des peines de prison, généralement avec sursis..
Hommage Le nom de Roger Gavoury figure sur une stèle commémorative dédiée aux commissaires de police tombés en opération, victimes du devoir, en dehors du territoire métropolitain, installée dans l’enceinte de l’École nationale supérieure de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône) et dévoilée le par le ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, dans le cadre de la cérémonie de sortie de la des commissaires de police.
Bibliographie «Histoire de la République gaullienne – Tome 1 (La fin d’une époque), Éd. Fayard, 1970. Pierre Viansson-Ponté écrit :
Le Temps de la violence, Éd. Presses de la Cité, 1971. Vitalis Cros affirme :
O.A.S. – Organisation armée secrète, Éd. J’ai lu, 1972. Robert Buchard indique :
Le Temps de l’OAS, Éditions Complexe, 1995. Pour Anne-Marie Duranton-Crabol, l’assassinat de Roger Gavoury est un dans l’histoire de l’OAS débutante.
Haute surveillance, en collaboration avec Michel Leblanc (Éditions Michel Lafon, 1995). Selon Raymond Dematteis, inspecteur général honoraire de la police nationale, le meurtre de Roger Gavoury a
Nomade de cœur - Policier de fortune, Éd. Corollys, 2001. Eryc Pioch, commissaire divisionnaire honoraire de la police nationale, y relate :
Voyage au cœur de l'OAS, Éditions Perrin, 2005. Olivier Dard énonce qu’avec l’exécution du commissaire Gavoury, l’OAS assume, dès les origines, le choix consistant à
La Bataille de Marignane. . La République, aujourd’hui, face à l’OAS, de Jean-Philippe Ould Aoudia, suivi de Mort pour la France. - Alger, de Jean-François Gavoury (Éd. Tirésias, 2006 - Collection "Ces oubliés de l'Histoire". Dans la préface, l’ancien ministre Pierre Joxe rappelle :
Commissaire de police en Algérie, 1952-1962 (Éd. Riveneuve, 2011). Dans cet ouvrage, Roger Le Doussal, inspecteur général honoraire de la police nationale, précise :
Notes et références
Liens externes
L'union : Champagne Ardenne Picardie - 1961 : l'ex-commissaire carolo assassiné par l'OAS - Publié le Société française d'histoire de la police : Notice-biographique-Roger-Gavoury
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