vignette|300x300px|Une workhouse à Nantwich dans la comté du Cheshire, construite en 1780. Les Poor Laws (« Lois sur les indigents ») se réfèrent à l'allocation d'une aide financière pour les plus pauvres en vigueur en Angleterre et au pays de Galles. de 1536 au développement de l’État-providence d'après-guerre.. L'objectif des Poor Laws est de gérer vagabonds et mendiants. Elles sont constituées par les nombreuses lois successives adoptées par le Parlement britannique.
Il est accepté de diviser l'histoire des Poor Laws en deux périodes : l'Old Poor Law en vigueur sous le règne de la reine Élisabeth (-)., et la New Poor Law, adoptée en 1834, qui modifie de manière significative les aides envers les pauvres : alors que l'ancien système était administré de manière hasardeuse et locale, ce nouveau système devient centralisé avec la construction de masse de workhouse par des Poor Law unions..
Les Poor Laws périclitent au début du en partie à cause du développement de l’État-providence, des syndicats et des sociétés mutuelles. Le système des Poor Laws n'est que formellement abrogé qu'en 1948 avec la National Assistance Act 1948, mais certaines lois restent en vigueur jusqu'en .
Il ne faut ainsi pas confondre l'État-providence et les Poor Laws puisque ces dernières étaient le fait non pas de l'État mais des civil parishes (paroisses civiles).
Histoire
Les Poor Laws au Moyen Âge
vignette|Les Poor Laws, en conséquence de la peste noire (photo) qui provoque une pénurie de main-d'œuvre, se préoccupent de faire travailler les aptes physiquement.. La loi des Poor Laws la plus ancienne remonte à l'Ordonnance des Travailleurs du roi Édouard III adoptée en et modifiée en .. L'ordonnance fait écho à l'épidémie de peste noire en Angleterre en -, où environ de la population en meurt.. Le déclin démographique conduit à un manque de main-d'œuvre dans le secteur agricole. Les propriétaires fonciers ont ainsi dû faire face au dilemme de soit augmenter les salaires des travailleurs et donc se faire la concurrence entre les différents propriétaires de terre, soit sous-utiliser leurs terres agricoles. En conséquence, le salaire des travailleurs augmente, et par effet domino puisque le coût devient plus élevé, la hausse des coûts se répercute sur le prix des produits sur tout le territoire anglais.. Cherchant à stabiliser les prix, l'ordonnance (entre autres lois) impose à tous ceux aptes au travail d'aller travailler, de maintenir les salaires aux niveaux pré-épidémiques, et de ne pas gonfler abusivement les prix des biens alimentaires.. Les travailleurs voient cette situation de manque d'offre comme une chance d'échapper à leurs employeurs et de devenir des travailleurs libres. Le roi Édouard III fait passer de nouvelles lois dans le but de punir les travailleurs tentant de s'échapper. Enfin, la loi du Statute of Cambridge, votée en , restreint les déplacements des travailleurs et des mendiants.
Tudor Poor Law Les origines du système des Poor Laws peuvent se retrouver dans les préoccupations du Haut Moyen Âge avec les mendiants et les vagabonds, mais ce n'est qu'à partir de l'ère de la maison Tudor que le système est codifié. Les monastères périclitent et leurs chutes provoquent au cours de la réforme protestante un remaniement des aides envers les pauvres : désormais les aides ne sont plus financées à partir du volontariat mais à partir de collectes d'impôt dans les églises.. Les premiers codes se concentrent sur les vagabonds et la façon de faire travailler les aptes physiquement, en particulier à l'époque des pénuries de main-d'œuvre consécutives à la peste noire.
La dynastie des Tudor tente de résoudre le problème qui date du règne du roi Henry VII. En , le parlement fait passer une loi ordonnant aux fonctionnaires de saisir . Cette solution ne fait pas reculer la pauvreté, ça n'est simplement qu'une mise sous le tapis, car les pauvres finissent simplement cachés dans des réserves ou éloignés des villes à l'abri des regards. De plus, aucune distinction n'a été faite entre les vagabonds et les sans-emplois ; tous étaient simplement catégorisés comme des qu'il fallait punir et déplacer.. Ces hommes physiquement aptes sont en effet particulièrement mal vus et lynchés, considérés comme des puisqu'ils profitent de l'aumône au détriment des , qui eux sont physiquement inaptes.
En , au cours du règne du roi Henri VIII, une proclamation est émise, décrivant l'oisiveté comme la et statue que la flagellation remplace désormais les mises dans des réserves en tant que peine pour les vagabonds. Cette modification est confirmée par la Vagabonds Act de l'année suivante, mais avec un changement important : elle ordonne aux juges de paix d'assigner aux pauvres infirmes une zone où ils doivent mendier. En général, les permis de mendicité sont réservés aux handicapés, aux malades et aux personnes âgées. Un pauvre infirme pris à mendier en dehors de cette zone doit être puni à être enfermé deux jours consécutifs dans des réserves, ne s'alimentant qu'avec du pain et de l'eau, puis doit prêter serment de ne plus mendier que dans ces zones de mendicité légale. Les pauvres physiquement valides doivent quant à eux prêter serment de retourner à l'endroit où ils étaient nés ou alors où ils ont vagabondé pendant au moins trois ans, et ce avant de se mettre au travail ; cependant s'ils sont repris à vagabonder, ils sont publiquement flagellés jusqu'au sang. Les pauvres physiquement valides et sans emploi sont classés dans une seule et même catégorie. Ceux ne réussissant malgré tout pas à trouver de travail n'ont que deux options : mourir de faim ou devenir hors-la-loi. En , une loi est votée pour créer un système de travaux publics afin de résoudre le chômage. Un an plus tard, une loi est votée pour flageller les vagabonds dès qu'ils sont attrapés la première fois, et couper leur oreille droite s'ils sont repris à vagabonder une deuxième fois, et enfin les pendre s'ils sont repris une troisième fois ; cette loi est durcie par la loi de sous le règne de la reine Élisabeth , ajoutant qu'ils doivent également recevoir dans leurs oreilles droites un fer rouge brûlant, et doivent désormais être pendus s'ils sont repris la deuxième fois. Sous le roi Édouard VI, une nouvelle loi est adoptée en , désormais les vagabonds de plus de trois jours ont l'obligation d'offrir leur travail pour quelque salaire que ce soit, si les vagabonds ne le font pas ils risquent l'esclavage pendant deux ans, voire à perpétuité s'ils tentent de s'enfuir au cours de ce laps de temps. Cette dernière loi est cependant abrogée trois ans plus tard, et toute peine de mort pour vagabondage est abolie en .. En , le roi Édouard VI fait passer une loi afin d'enregistrer toute personne pauvre, et pensant que les paroisses vont désormais s'occuper des pauvres grâce à ces dossiers, il prohibe totalement la mendicité.
À Londres, il y a une grande concentration de personnes pauvres, et la réforme protestante menace de supprimer certains bâtiments permettant la subsistance des pauvres. En conséquence, le roi Henry VIII accorde des fonds aux hôpitaux St Bartholomew's Hospital et St Thomas' Hospital respectivement en et à condition que les Londoniens payent pour l'entretien. Cependant, la ville ne parvient pas à récolter assez de fonds provenant du volontariat, et oblige à l'adoption du premier Poor Rate en , remplaçant l'aumône dominicale dans les églises par un impôt obligatoire. En , la ville de Londres devient de plus en plus perplexe face au nombre de chômeurs incapables de trouver un travail, et met donc en place la première House of correction (), ancêtre de la workhouse, au Bridewell Palace où les pauvres sont logés et confectionnent des chapeaux, des lits et font du tréfilage.
La reine Élisabeth fait passer des lois afin d'aider les pauvres : en , la Poor Act 1562 ordonne aux paroisses qui en ont les moyens de contribuer aux collectes de don pour les pauvres. Les paroisses qui peuvent être trainées en justice et recevoir une amende de . De plus, l'amendement de permet aux juges de paix d'enregistrer les pauvres infirmes, d'évaluer la quantité de monnaie nécessaire à leur entretien, qui doivent ensuite ordonner aux paroisses de donner hebdomadairement le montant enregistré. La Poor Act 1575 oblige les villes à créer un pour les pauvres travailleurs. Par ailleurs, les pauvres refusant catégoriquement de travailler ou oisifs sont forcés de travailler dans des maisons de correction, et sont punis en conséquence.
Sur la période -, de mauvaises récoltes augmentent le nombre de pauvres, alors que les monastères sont supprimés, diminuant la charité, et que le pays vit une période de forte inflation causée par des pressions démographiques à la hausse.
Old Poor Law En 1597, une des sessions au Parlement se concentre entre autres sur les problèmes de la pauvreté et du vagabondage. Cette session a culminé en la promulgation de nombreuses lois désignées comme les . Parmi ces lois se retrouvent notamment le Poor Relief Act de 1597 et le Vagabonds Act de 1597. Ces lois sont retouchées et formalisées par la session suivante au Parlement, débutant avec la Poor Relief Act de 1601. Ensemble, les lois de 1598 et de 1601 sont connues sous le nom ..
Les origines premières du système élisabéthain proviennent des circonstances économiques lamentables de l'Angleterre du . L'historien George Boyer affirme que le pays subit à cette époque une forte inflation causée par une pression démographique à la hausse, par la dévaluation de la monnaie en circulation, et par l'arrivée d'argent provenant des Amériques. De mauvaises récoltes de 1595 à 1598 font partir le nombre de pauvres à la hausse, alors même que la charité décline avec la dissolution des monastères et des guildes religieuses.
La Poor Relief Act de 1601 crée un système administré par les paroisses. et financé par le contribuable local.. Les aides envers les pauvres physiquement invalides se faisaient sous forme de devises, de bons alimentaires ou alors de vêtements. Ces aides s'appellent outdoor relief. Certaines personnes âgées peuvent habiter de manière prolongée dans les aumôneries des paroisses, bien que celles-ci étaient des œuvres de charité privées. Les pauvres physiquement valides étaient quant à eux envoyés dans des maisons de correction ou battus en guise de châtiment s'ils avaient refusé une offre d'emploi, dans ces bâtiments la nourriture est relativement rare, et les workhouses ne sont apparues que plus tard. La loi de rend parents et enfants responsables les uns des autres, afin que les parents âgés puissent vivre avec leurs enfants..
LOld Poor Law est un système centré autour de paroisses au nombre d'environ . Le système permet aux fonctionnaires des Poor Laws d'abuser despotiquement de leurs pouvoirs.. La fragmentation de l'administration par paroisse permet à tous de connaitre la situation économique de tous ceux affiliés à une paroisse, ainsi les pauvres oisifs sont incapables de réclamer un Poor Rate de la part de la paroisse. Le système permet de la stabilité sociale bien qu'il nécessite une révision à partir de 1750 dû à une hausse de la population., à une plus grande mobilité des populations et aux variations régionales des prix.
Le comité royal à propos de la Old Poor Law