Dora Maar, pseudonyme d'Henriette Theodora Markovitch, née le à Paris et morte le dans la même ville, est une photographe et artiste peintre française associée au surréalisme...
Elle fut l'une des amantes et muses du peintre Pablo Picasso, rôle qui a longtemps occulté l'ensemble de son œuvre.
Biographie Famille Henriette Theodora Markovitch naît rue d'Assas à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee.... Elle est la fille unique de (1874-1969), architecte croate qui a étudié à Zagreb, Vienne puis Paris, ville où il s'installe en 1896, et de Louise-Julie Voisin (1877-1942), originaire de Cognac (Charente). et catholique.
En 1910, la famille part pour Buenos Aires où le père a obtenu plusieurs commandes, dont l'ambassade d'Autriche-Hongrie ; son travail lui vaut d'être décoré par l'empereur François-Joseph , même s'il fut
Formation En 1926, la famille revient à Paris. Dora Maar, pseudonyme qu'elle choisit au début des années 1930, suit les cours de l'Union centrale des arts décoratifs et de l'École de photographie. Elle s'inscrit également à l'académie Julian et à l'École des Beaux-arts, qui ont l'avantage d'offrir le même enseignement aux femmes qu'aux hommes. Elle fréquente l'atelier d'André Lhote, où elle rencontre Henri Cartier-Bresson.
L'atelier cesse ses activités, et elle part, seule, à Barcelone puis à Londres, où elle photographie les effets de la dépression économique consécutive à la crise boursière de 1929 aux États-Unis. À son retour à Paris, et avec l'aide de son père, elle ouvre un autre atelier au 29 rue d'Astorg..
Dora Maar photographe Début 1930, elle installe un atelier de photographie rue Campagne-Première à Paris avec Pierre Kéfer, photographe et décorateur pour le film de Jean Epstein, La Chute de la maison Usher (1928). Elle fait la connaissance du photographe Brassaï, avec qui elle partage la chambre noire de l'atelier. Maar rencontre Louis-Victor Emmanuel Sougez, photographe travaillant pour la publicité, l'archéologie et directeur artistique du journal L'Illustration, qu'elle considère comme un mentor.
Vers 1930, elle entame une liaison avec le cinéaste Louis Chavance. Elle fréquente le groupe Octobre, formé autour de Jacques Prévert et de Lou Tchimoukow, deux Lacoudem proches de Louis Chavance. Max Morise fait lui aussi partie de la troupe d’Agitprop, après sa rupture avec le surréalisme..
Sa première exposition personnelle est organisée à la galerie Vanderberg, à Paris..
Par l'intermédiaire d'une association d'extrême gauche antistalinienne, Masses, dirigée par René Lefeuvre et administrée par Jacques Soustelle, ouverte aux marxistes et non-marxistes, avec le soutien, notamment, de Simone Weil, elle rencontre Georges Bataille, membre de cette association depuis , et devient son amante jusqu'en 1934.. Après les manifestations fascistes du devant l'Assemblée nationale française, elle signe le tract Appel à la lutte rédigé à l'initiative d'André Breton..
Fin 1935, Dora Maar est engagée comme photographe de plateau sur le film de Jean Renoir, Le Crime de monsieur Lange. À cette occasion, Paul Éluard lui présente Pablo Picasso en au café des Deux Magots. Leur liaison va durer près de huit années jusqu'en 1943 (année qui voit Françoise Gilot apparaître dans la vie du peintre), sans que Picasso ne rompe pour autant sa relation avec Marie-Thérèse Walter, mère de sa fille Maya. Après une crise au cinéma La Pagode. Reproduction d'un article écrit en juillet 1997 par Irène Vacher., elle est internée à l'hôpital Sainte-Anne, où on lui administre des électrochocs ; Éluard et Picasso refusent ce traitement et la confient à Jacques Lacan. Après une longue analyse, elle .
Dora Maar photographie les étapes de la création de Guernica, tableau que Picasso peint dans son atelier de la rue des Grands-Augustins de mai à juin 1937Jérôme Serri, «Quand Dora Maar photographiait Guernica », L'Express, mai 2006. ; Picasso a utilisé ces photographies dans son processus de créationDans « Le mystère Picasso » (émission télévisée de la série Secrets d'histoire, diffusée sur France 2 le 9 avril 2013 à 20h45), Anne Baldassari, biographe de Picasso et présidente du musée national Picasso de Paris, dit, de 1 h 02 min 10 s à 1 h 02 min 18 s : .. Parallèlement, elle est le principal modèle de Picasso qui la représente le plus souvent en larmes ; elle-même réalise plusieurs autoportraits intitulés La Femme qui pleure. Dans l'épisode de Vénus s'épilait-elle la chatte ? dédié à la violence de Picasso, Julie Beauzac analyse : « Picasso l’humiliait quotidiennement, il la frappait et parfois jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. La série Femme qui pleure la présente sous les traits cubiques d’un visage déformé par la douleur et l’angoisse. ».
vignette|Ancienne villa de Dora Maar à Ménerbes. Ce sont cependant les travaux de la période surréaliste qui demeurent les plus recherchés par les amateurs : Portrait d'Ubu (1936), 29 rue d'Astorg, Sa sœur noire, collages ou photomontages. Portrait d'Ubu deviendra même un symbole de ce mouvement, par son titre, référence au Père Ubu, personnage inventé par Alfred Jarry, qui symbolise les bas instincts de l'homme, et par la composition énigmatique de cette image absurde qui serait un fœtus de tatou.
Dora Maar est victime de violences conjugales comme nombre des maîtresses de Picasso.. Plusieurs historiens et spécialiste de l'art considèrent aujourd'hui que c'est Picasso qui a détruit sa carrière et sa santé mentale.... Sa liaison avec Picasso s'achève en 1943, bien qu'ils se revoient épisodiquement jusqu'en 1946. Ainsi le , elle tient le rôle de l'Angoisse grasse, lors de la lecture chez Michel Leiris de la première pièce de Picasso, Le Désir attrapé par la queue, conduite par Albert CamusPicasso par Roland Penrose (1958), Flammarion, collection « Champs », , .. En 1944, par l'intermédiaire de Paul Éluard, Dora Maar rencontre Jacques Lacan, qui la soigne de sa dépression nerveuse. Picasso lui achète une maison à Ménerbes, dans le Vaucluse, où elle se retire et vit seule. Elle se tourne vers la religion catholique, rencontre le peintre Nicolas de Staël qui habite le même village et peint des tableaux abstraits.
Dora Maar peintre Inspiratrice du chef-d'oeuvre de Picasso La Femme qui pleure, qui témoigne de la violence contre les femmes , l'œuvre peint de Dora Maar reste méconnu jusqu'à la vente posthume, organisée en 1998-1999, qui fait découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n'avait jamais quitté son atelier..
Maar abandonne la photographie pour la peinture aux côtés de Picasso. Mais c'est à partir de la séparation avec lui qu'elle devient vraiment peintre. Les œuvres figuratives, telles le Portrait d'Éluard, ou l'Autoportrait à l'enfant de 1946, traduisent, par des tons sombres, la douleur des années d'après-guerre.
Un an après son hospitalisation, a lieu sa deuxième exposition individuelle. S'ensuit une période mondaine jusqu'en 1958 et, pour des raisons inconnues, après un voyage à Venise avec James Lord et Bernard Minoret, elle décide de vivre dans la solitude et coupe tout rapport avec le monde extérieur.
Après des années de lutte, entre dépressions et mysticisme, l'enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 1960 à 1970, avec des grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c'est à partir des années 1980 que l'artiste peintre s'exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Luberon, où les paysages sauvages autour de sa maison de Ménerbes, balayés de nuages et de vent, révèlent avec force la lutte d'une artiste aux prises avec les fantômes de son passé.
De 1946, année de sa séparation d'avec Picasso, jusqu’à son décès en 1997, elle partage son temps entre Ménerbes et Paris où elle vit pauvrement, recluse, 6 rue de Savoie, non loin des Grands-Augustins. Devenue antisémite et homophobe, elle s'est coupée volontairement de ses anciens amis dans les dix dernières années de sa vie..
En 1990, Marcel Fleiss expose, dans sa galerie rue de Penthièvre à Paris, une série de ses tableaux« Dora Maar : de Guernica à Mein Kampf », Marcel Fleiss, 22 février 2013 (lire en ligne)..
Mort Morte dans l'anonymat le à l'Hôtel-Dieu de Paris, Dora Maar est inhumée au cimetière communal de Clamart, dit cimetière du Bois-Tardieu.
Elle n'a pas eu d'enfants. Ses héritiers indirects sont retrouvés après une longue enquête. La succession donne lieu à une première vente aux enchères en 1998, à la maison de la Chimie (Paris), qui réalise de francs de bénéfices. Une seconde vente aux enchères a lieu en à partir d'un reliquat de 750 photographies, organisée par Artcurial à l'hôtel Marcel-Dassault (Paris).
Postérité En 2019, au Centre Pompidou de Paris, une exposition temporaire ( - ) rend hommage à Dora Maar en présentant ses travaux photographiques et l'influence que l'artiste a eu au cours du temps. C'est la plus grande rétrospective sur l'artiste en France à cette occasionDivento expositions Dora Maar Centre Pompidou ...
Le Monument à Guillaume Apollinaire Le Monument à Guillaume Apollinaire (1959)« Inauguration du monument en hommage à Guillaume Appolinaire » sur gettyimages.fr., ou , érigé dans le square Laurent-Prache à Paris, est une sculpture en bronze de de Pablo Picasso qui portraiture Dora Maar.
La tête en bronze est volée en 1999 et une enquête est ouverte à Paris. Elle est retrouvée dans un fossé à Osny (Val-d'Oise) par un employé municipal. La mairie d'Osny ignorant l'origine de cette sculpture déclare la découverte et l'expose dans le hall d'entrée de la mairie. En 2001, Tomaselli, visitant la mairie, s'étonne qu'un Picasso y soit exposé. Quelques mois plus tard, il reconnaît l'œuvre dans un livre et prévient la mairie de Paris, qui la récupère et la réinstalle dans le square Laurent-Prache après restauration« La statue de Picasso volée était exposée à la mairie », Le Parisien, 19 avril 2001.Trésors volés, émission diffusée le 22 décembre 2016 sur France 2..
Œuvres Photographie
Note : tirage aux sels d'argent, sauf mention contraire.
Portrait photographique
Peinture
Note : huile sur toile, sauf mention contraire.
Illustration Sol de la montagne d'André du Bouchet, 1961, avec quatre eaux-fortesDeux eaux-fortes reproduites dans .
Écrit Poèmes inédits écrits sur un carnet conservé à Paris au Centre historique des Archives nationales.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Nicole Avril, Moi, Dora Maar, Pocket, 2003. Brigitte Benkemoun, Je suis le carnet de Dora Maar, Stock, 2019. . Patrice Allain, Brigitte Benkemoun, Orlan, Dora Maar - Secrets d’atelier (catalogue de l’exposition), Paris, Dilecta, 2023, 120 p. . . . Bertrand Meyer-Stabley, 12 Muses qui ont changé l'histoire, Pygmalion, 2015. . .
Filmographie Marie-Eve de Grave, Dora Maar, entre ombre et lumière, 2019. Jean-Daniel Verhaeghe, La Femme qui pleure au chapeau rouge, 2011, avec Amira Casar (première diffusion sur France 2 le ). Dora Maar, 2017, film documentaire réalisé par Dominique et Julien Ferrandou, co-produit par TFV, Aube Elléouët et Oona Elléouët, distribué par Seven Doc.
Liens externes
Exposition Dora Maar « de Picasso à Ménerbes », sur le site de la galerie Pascal Lainé, Ménerbes, juin-. Harry Bellet, « Marseille rend justice aux talents de Dora Maar », Le Monde, . Amparo Serrano de Haro, « Dora Maar: a great photographer hidden behind the master of painting », The Conversation ().
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