La mosquée Hâji-Piyâdah, également connue sous le nom de Nouh-Goumbed et Noh-Gonbadân, est considérée comme la première construction islamique en Afghanistan. Située dans la province de Balkh, elle est datée du , soit peu de temps après l'introduction de l'Islam en Asie centrale.
Bien que le temps les ait dégradés, on peut voir aujourd'hui encore une partie des arches et des piliers qui soutenaient la voûte de la mosquée : leur décor de stuc taillé est un mélange unique de l'art traditionnel afghan et de l'art abbasside. Les neuf coupoles de la voûte ont par contre disparu.
La mosquée Hâji Piyadah a été inscrite en 2006 sur la liste des sites historiques en danger du World Monuments Fund.
Description Localisation La mosquée Hâji-Piyâdah se trouve à une altitude de , à de Balkh en Afghanistan, sur la voie des bourgs de et de Samarqandiyân. À au nord-ouest coule le canal d'eau Nahr-e Moshtâq. Toponymie Le monument est connu par deux toponymes, en persan : d'une part, Nouh-Goumbed ou Noh-Gonbadân, signifiant « neuf dômes », expression qui fait référence à son architecture ; d'autre part, Hâji-Piyâdah ou Hâji-Piyâdé, expression signifiant . L'une et l'autre expression désignent le complexe où se trouvent la sépulture de cette personne — le pèlerin musulman (hâji) — et ladite mosquée. Cette bâtisse connaît aussi d'autres toponymes, par exemple Khwadja Parsa, Kaʼab al-Akhbâr (ou Qaab-al Akhbar) et Masjid-i Taʼrīkh (ou Tārīk).
Architecture Le complexe se trouve dans des champs, à au sud d'un réservoir d'eau entouré de platanes.
Bien que la voûte soit effondrée, la mosquée est considérée comme un des premiers exemples de mosquées à neuf dômes. Elle est bâtie à partir d'un mélange de briques cuites et de briques crues ainsi que de pisé. Les principaux restes du bâtiment consistent en piliers ronds massifs et de colonnes engagées, plus petites, caractéristiques de l'architecture abbasside. La mosquée se présentait comme un pavillon formé de neufs carrés, chacun recouvert par une dôme — d'où son nom, et elle était ouverte de tous les côtés, sauf du côté de la qibla, fermé par un mur avec le mihrab. Elle formait un quadrilatère de de côté, qui était précédé par une cour rectangulaire d'au moins de de long, et large de plus ou moins . Le mihrab, en forme de fer à cheval, est profond de . Il a une entrée de de largeur, qui se distingue par les deux colonnettes à sa droite et à sa gauche.
À l'angle sud-ouest se trouvent les vestiges d'un « minaret à escalier » : il permettait d'accéder au toit de la mosquée, et c'est de là que le muezzin lançait l’appel aux prières (adhan).
Seconde Mecque Le côté nord de la mosquée est flanqué par le tombeau de Hâji-Piyâdah Bâbâ Vali. Personne ne sait précisément quand ce personnage vécut, mais c'était un saint homme, qui se rendit à sept reprises à la Mecque, pour le pèlerinage (hajj). Un ami l'accompagnait, mais les deux étant pauvres, ils ne purent jamais avoir qu'une seule monture. Et comme l'un et l'autre refusait de la monter, par égard pour son compagnon, les deux pèlerins pour la Mecque (hâji) faisaient la route à pied (piyâdah) et devinrent connus comme des hâji piyâdah. Selon la croyance populaire, quiconque est dans l'impossibilité de se rendre à la Mecque peut cependant devenir hâji en allant en pèlerinage sur la tombe de Hâji-Piyâdah Bâbâ Vali, qui est ainsi une « seconde Mecque ».
Histoire
Découverte et conservation vignette|Une des travées de la nef centrale. C'est en que Lisa Golombek et , en tant que premières expertes, découvrent ce bâtiment, au cours de recherche d'une autre mosquée historique. En , une autre spécialiste, Galina Pougatchenkova, se rend sur le site à l'invitation des autorités afghanes. Après quoi, le monument est visité par Souren Melikian en .
Progressivement, Hâji-Piyâdah retient l'attention des autorités afghanes : le fin , une toiture métallique en fer-blanc est mise en place, dans le cadre des mesures de conservation que Rawân Farhâdi, alors attaché au ministère de la culture, cherche à développer. C'est en que la mosquée Hâji-Piyâdah est candidate à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO ; mais l'instabilité due à la guerre en Afghanistan, commencée en 1979, firent échouer la démarche.
centré|vignette|300x300px|Vue d'un arc et des chapiteaux des colonnes. On aperçoit aussi un bout de la toiture de protection.
Annexes Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
. . . . .
Articles connexes
Barmécides Califat abbasside
Liens externes
137 photos de la photo sur archnet.org
Catégorie:Site archéologique en Afghanistan Catégorie:Arts de l'Islam Catégorie:Mosquée en Afghanistan