Feurs est une commune française située dans le département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ses habitants sont appelés les Foréziens et Foréziennes.
Géographie Localisation vignette|gauche|Feurs avec au premier planla statue de Michel Combes Feurs est située au centre de la plaine du Forez, dans le département de la Loire Couches « Cartes IGN classiques » et « Hydrographie » activées.. Elle est l'ancienne capitale historique du Forez auquel elle a donné son nom.
Par la route, sa sous-préfecture Montbrison est à au sud-ouest., sa préfecture Saint-Étienne à au sud. et Roanne à au nord..
La ville est en rive droite (côté est) de la Loire, à la confluence de son affluent la Loise.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est à cheval sur la Loire, qui la traverse du sud au nord. La vallée de la Loire est à cet endroit parsemée de nombreux étangs, notamment au sud de la ville (dont l'étang de la Gravière en bord de Loire, alimenté par le Garollet qui vient de Saint-Martin-Lestra, ainsi que l'étang des Grands Prévoriaux et l'étang des Sables alimentés par un réseau dense de petits chenaux) ; mais aussi à l'est (étang du Palais, alimenté par le ruisseau du Montceau et par un affluent de la Loise) et au nord-est (étangs de la Goutte Fougère).
La Loise, qui vient de l'est, conflue avec la Loire sur la limite nord de la commune avec celle de Civens.
En rive gauche (côté ouest, beaucoup plus sec), le Lignon conflue avec la Loire à l'extrême pointe nord de la commune. Il vient de l'ouest, tandis que son affluent le Vizézy vient du sud-ouest. On trouve aussi l'Aillot, qui marque la limite de commune ouest avec Chambéon sur ses derniers entre le GR89 et sa conflience avec le Lignon.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Feurs est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de FeursUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Feurs, il y a une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Feurs, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,9 %), zones urbanisées (17,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (12,9 %), prairies (9,8 %), forêts (6,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,4 %), zones agricoles hétérogènes (3,1 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement Avec une superficie totale de et une population totale de habitants (en 2020), la densité de population est de 92,6 habitants au ..
En 2020, la commune comportait logements dont 88 % sont des résidences principales, 9,9 % des logements vacants et 2 % des résidences secondaires et logements occasionnels.. Parmi les résidences principales, 52,4 % sont propriétaires, 46 % sont locataires et 1,6 % sont logés gratuitement. 47,4 % sont des maisons et 52,3 % des appartements.
En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2013 et de en 2008..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Feurs en 2018 en comparaison avec celle de la Loire et de la France entière..
+ Le logement à Feurs en 2018. Typologie Feurs Loire. France entière. Résidences principales (en %)87,485,682,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)2,24,19,7 Logements vacants (en %)10,410,48,2
Voies de communication et transports vignette|La gare de Feurs Feurs est accessible par l'échangeur 6 de l'autoroute A72 reliant Saint-Étienne (à du centre-ville) à l'A89 (vers Clermont-Ferrand)..
Elle est traversée par la route départementale 1082 (ancienne route nationale 82) reliant Roanne et Balbigny au nord à Montrond-les-Bains et Saint-Étienne au sud), ainsi que par les routes départementales 1089 à l'ouest (vers Boën-sur-Lignon et Thiers) et 89 (vers Lyon), ces deux dernières étant des anciens tronçons de la route nationale 89.
La gare de Feurs est desservie par les TER Auvergne-Rhône-Alpes, relation Roanne – Saint-Étienne.
L'aéroport le plus proche est Saint-Étienne-Loire. L'Aérodrome de Feurs - Chambéon, situé à de Feurs, est utilisé pour la pratique d’activités de loisirs et de tourisme (aviation légère et aéromodélisme).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Foros segusiavon au Ptolémée, en grec, puis Foro segusiavorum au , en latin.
Basé sur le latin forum, cela signifie « marché, place, des Ségusiaves », peuple gaulois établi dans l'actuelle région du Forez.
Plus tard, le nom du peuple est tombé : Forum en 950, Fuer en 1227, aujourd'hui Feurs.
Feurs est la contraction de Forum Segusiavorum (« Forum des Ségusiaves »). Dotée d'un imposant forum..
Par extension, la ville a donné son nom au Forez.
Histoire
Protohistoire
Un village de la Tène (second âge du fer) existe antérieurement au Feurs gallo-romain, en parallèle avec un site similaire à Goincet, à nord-nord-ouest du bourg de Poncins et en rive gauche (côté ouest) de la Loire Couches « Cartes IGN classiques » et « Hydrographie » activées.. Mais Goincet est délaissé avec l'arrivée de la période antique, tandis que le village sur l'actuelle Feurs, dont le centre se trouve à l'hippodrome, prospère et devient sous Auguste (27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C.) la capitale des Ségusiaves — leur capitale précédente n'est pas connue.
Le musée de Feurs possède une monnaie du royaume des Massyles de l'est (tribus berbères en Numidie orientale, nord-est de l'Algérie et ouest de la Tunisie) frappée sous le règne de Micipsa (148 à 118 av. J.-C.). Elle a été trouvée à Feurs, ce qui est tout à fait exceptionnel — cette monnaie est déjà rare en Gaule. Faite de plomb recouvert de cuivre, elle pèse pour un diamètre de et une épaisseur de . Elle est très usée, en particulier sur la face du droit qui est presque illisible. Rémy note qu'elle ne fait pas partie de l'inventaire du musée, mais que son usure très avancée pratiquement exclut la possibilité qu'elle ait été achetée ailleurs pour une collection. Il ajoute qu'elle a dû circuler longtemps et être encore en usage au début du règne d'Auguste lors de la fondation de la ville.
Antiquité
vignette|Forum Segusiavorum (à droite d'Aquis Segete) sur la table de Peutinger (section 1 : Gaule narbonnaise et Nemausus)
À l'époque gallo-romaine, la capitale des Ségusiaves est signalée par Ptolémée et apparaît sur la table de Peutinger sous le nom de Foru[m] Segusiavorum. Elle devient le centre administratif, religieux, commercial et culturel de la civitas des Ségusiaves de la fin du premier siècle avant notre ère au début du troisième siècle de notre ère.
Ont été mis au jour, des égouts, des bornes milliaires, des inscriptions, des statuettes et des poteries qui témoignent de l'importance, à cette époque, de la ville, située à proximité d'importantes voies antiques.
Moyen Âge vignette|gauche|redresse|La ville de Feurs dans l'armorial de Guillaume Revel ().
La ville médiévale Le château (ou castrum) de Feurs apparaît dans les sources écrites au milieu du , en 1246. Le comte de Forez partage la seigneurie avec la famille d'Augerolles, originaire de Saint-Romain-d'Urfé. L'administration comtale ne semble s'installer qu'à partir du , avec l'installation, comme dans chaque châtellenie, d'un châtelain et d'un prévôt. Le développement urbain est lié à l'implantation d'une foire (marché) attesté depuis 1227 : la ville se structure et se fortifie à proximité de l'ancien forum antique. vignette|Plan restitué de Feurs au Moyen-Âge L'église paroissiale Notre-Dame (Beate Mariae de Foro) est mentionnée dès le : il s'agit d'une possession de l'abbaye de Savigny. Le prieur de Randans, dépendant également de l'abbaye, nomme le curé de la paroisse.
Le prieuré de Randans Le prieuré Saint-Martin-de-Randans, situé en dehors de l'enceinte médiévale près de la Loire, est une fondation de l'abbaye de Savigny.
L'église a disparu au cours du . Les documents anciens, qui la citent très souvent, ne s'accordent pas sur son nom : l'abbé Jean-François Duguet dit le prieuré dédié à saint Martin (dont deux chartes de Savigny et certains testaments du citant Saint-Martin de Randans) et la paroisse à saint-Clair ; deux autres chartes de Savigny citent Saint-Pierre de Randans ; mais près de cinquante textes de Savigny citent Saint-Jean-Baptiste, parfois associé à Saint-Michel, ce qui est donc vraisemblablement le nom du prieuré. Mais il y a peut-être eu une autre église réservée au service paroissial..