La culture algérienne se distingue par sa diversité et sa richesse, résultant de l'influence des différentes régions du pays, des échanges avec d'autres civilisations et de sa diffusion à travers le monde. Chaque région, ville ou oasis constitue un espace culturel spécifique, avec ses propres traditions et particularités. Parmi ces régions, on peut citer la Kabylie, les Aurès, l'Algérois, les Hauts Plateaux, la vallée du Mzab, le Gourara, le Hoggar, la Saoura et l'Oranie, chacune possédant une identité culturelle et parfois linguistique distincte.
Les premières manifestations culturelles sur le territoire de l'Algérie remontent à plusieurs millénaires, comme en témoignent les peintures et gravures rupestres du Tassili n'Ajjer. L'architecture, à travers les édifices construits au fil des siècles, ainsi que l'artisanat, toujours vivace et varié, illustrent également la richesse culturelle du pays. L'art algérien reflète les différentes périodes historiques qu'a traversées l'Algérie et les multiples influences qui l'ont marquée.
Le patrimoine culturel algérien est préservé et mis en valeur à travers de nombreux musées, tels que le Musée national des beaux-arts d'Alger, ainsi que par des bibliothèques d'envergure, comme la Bibliothèque nationale d'Algérie. De plus, un riche patrimoine architectural, artisanal et industriel témoigne du développement et de la continuité des traditions culturelles en Algérie.
Langues
gauche|vignette|199x199px|Pancarte multilingue à l'université de Tizi Ouzou inscrite en arabe, en berbère (tifinagh), et en français. L’arabe classique est la langue officielle du pays, et depuis l'Amazigh (ou tamazight) est reconnu langue nationale - « Loi portant révision constitutionnelle », adopté le 10 avril 2002, attribuant notamment à tamazight le statut de langue nationale.. Dans la vie courante, les Algériens arabophones parlent en général un arabe dialectal, le dardja, qui diffère de l'arabe littéral par sa morphologie, sa syntaxe, sa prononciation et son vocabulaire. Le dardja a conservé certains mots et structures syntaxiques berbères et a emprunté des termes au français et dans une moindre mesure au turc et à l'espagnolKhaoula Taleb Ibrahimi, « L’Algérie : coexistence et concurrence des langues », dans L'Année du Maghreb, vol.1 (2004) (Lire en ligne).
Le berbère ou tamazight se décline en plusieurs variantes régionales : chaoui dans les Aurès, chenoui dans la région du Chenoua, kabyle en Kabylie, mozabit dans le Mzab, le touareg au Sahara, le Zénète. L'Algérie grâce aux populations touarègues a conservé aussi le système d'écriture du berbère : le tifinagh qui fut ensuite réintroduit chez les autres communautés berbérophones.
Il est difficile de connaître le nombre exact d’arabophones et de berbérophones. Cependant, d’après certaines estimations, le chiffre varie de 70 à 85 % pour les Algériens arabophones, et de 35 à 50 % pour les berbérophones http://www.ethnologue.com/show_country.asp?name=DZ , Ethnologue: Languages of the World, Fifteenth edition, Gordon, Raymond G., Jr. (ed.), Dallas, 2005 . - http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/, Jacques Leclerc, L’aménagement linguistique dans le monde. CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique).. Le français est considéré comme langue étrangère. L'État algérien n'adhère pas à la Francophonie, mais il assiste aux réunions organisées par les pays membres.
Les colonisations ont eu une certaine influence linguistique. En effet, certains mots employés par les Algériens sont d’origine française, alors que ces mêmes mots ont leur équivalent amazigh ou arabe, en usage avant la l'occupation coloniale de l’Algérie par la France. Aussi depuis l’la victoire algérienne de la Révolution Algérienne, le gouvernement algérien a entamé une politique d’arabisation systématique du pays, consistant à imposer à la population, et dans tous les domaines, l'arabe classique au détriment du dardja et du berbère - « Données historiques et conséquences linguistiques ». Les langues étrangères comme l'anglais, l'espagnol, le russe et l'allemand sont enseignées dans les écoles et aux universités depuis les arrêtés du 4/08/75 et 13/02/76. Plusieurs réformes des différents gouvernements ont apporté des rectifications dans le volume horaire à enseignerLangues étrangères en Algérie : Enjeux démocratiques, Lakhder Baraka, Sidi, Mohamed, 2002, page 6.
Littérature
L’Algérie recèle, au sein de son paysage littéraire, de grands noms ayant non seulement marqué la littérature algérienne, mais également le patrimoine littéraire universel dans trois langues : l’arabe, le berbère et le français.
Du fait de la longue histoire de la région correspondant à l'Algérie actuelle de très nombreux courants littéraires ont émergé.
Antiquité La région d'Afrique du Nord qui correspondait à l'Algérie actuelle était durant l'Antiquité qualifiée d'abord d'Afrique Romaine puis de Royaume de Numidie dont est héritière l'Algérie actuelle.
L'auteur considéré comme un des premières figures littéraires algériennes importantes est celle d'Apulée auteur des Métamorphoses, auteur en langue latine, d'ethnie amazighe, né près de Constantine..
Augustin d'Hippone, né à Annaba, est une figure primordiale de la littérature catholique algérienne, ses œuvres majeures, Les Confessions et La Cité de Dieu, ont profondément marqué la théologie et la philosophie du monde chrétien et particulièrement du monde occidental.
De nombreux auteurs algériens ont existé durant l’Antiquité, mais les diverses destructions, notamment celles liées aux périodes de colonisation, ont contribué à leur oubli. Par ailleurs, les femmes écrivaines ont souvent été invisibilisées par l’histoire ou maintenues à l’écart de l’instruction, ce qui explique leur moindre représentation dans le patrimoine littéraire antique.
Période médiévale
Durant la période médiévale (), l’Algérie fut un centre intellectuel et religieux majeur du Maghreb. Sous les dynasties successives, dont les Rostémides, les Zirides, les Hammadides, les Almohades et les Zianides, elle vit l’émergence de nombreux penseurs, historiens et théologiens influents.
Historiens et penseurs
Ibn Hammad () – Historien et chroniqueur du Maghreb central, il a laissé des récits sur l’histoire politique et sociale de la région.
Théologiens et juristes
Ibn Rustum () – Fondateur de la dynastie rostémide à Tahert, il a rédigé des textes sur la gouvernance et la doctrine ibadite. Sidi Abderrahman et-Thaâlibi (1384-1479) – Théologien soufi et exégète du Coran, il a laissé de nombreux ouvrages sur la spiritualité et le droit islamique.
Révolution algérienne Au début du et jusqu'à la victoire algérienne de la Révolution algérienne, la littérature algérienne est marquée par des ouvrages dont la préoccupation était l'affirmation de l'entité nationale algérienne par la description d'une réalité socioculturelle qui allait à l'encontre des clichés habituels de l'exotisme, c'est à ce titre qu'on assiste à la publication de romans tels que la trilogie de Mohammed Dib, avec ses trois volets que sont la Grande Maison, l'Incendie et le Métier à tisser, ou encore le roman Nedjma de Kateb YacineKateb Yacine,Nedjma, roman, Paris, Éditions du Seuil, 1956, qui est souvent considéré comme une œuvre monumentale et majeure. D'autres écrivains connus contribueront à l'émergence de la littérature algérienne parmi lesquels on peut citer Mouloud FeraounMouloud Feraoun, Le Fils du pauvre, Menrad instituteur kabyle, Le Puy, Cahiers du nouvel humanisme, 1950, Christiane Achour, Mouloud Feraoun, Une voix en contre point, Paris, Silex, 1986, , Moufdi Zakaria, Mouloud Mammeri, Frantz Fanon, Jean Amrouche et Assia Djebar. Au lendemain de l'indépendance plusieurs nouveaux auteurs émergent sur la scène littéraire algérienne, ils s'imposeront notamment sur plusieurs registres comme la poésie, les essais ainsi que les nouvelles, ils tenteront par le biais de leurs œuvres de dénoncer un certain nombre de tabous sociaux et religieux, parmi eux il y a Rachid BoudjedraVoir : Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990, , Rachid Mimouni, Tahar Djaout, Leila Sebbar, Abdelhamid Benhadouga, Yamina Mecharka et Tahar Ouettar.
Post Révolution Algérienne Actuellement, une partie des auteurs algériens a tendance à se définir dans une littérature d’expression bouleversante, en raison notamment du terrorisme qui a sévi durant les années 1990, l'autre partie se définit dans un autre style de littérature qui met en scène une conception individualiste de l'aventure humaine. Parmi les œuvres récentes les plus remarquées, il y a L’Écrivain, Les Hirondelles de Kaboul et L’Attentat de Yasmina Khadra, Le Serment des Barbares de Boualem Sansal, Mémoire de la chair de l'écrivain d'expression arabe Ahlam Mosteghanemi et enfin le dernier roman d'Assia Djebar Nulle part dans la maison de mon père.
Architecture vignette|Le Dar Khedaoudj el Amia à Alger.
Architecture en Algérie, Architecture en Algérie (rubriques) Les origines sont multiples : numides, berbères, andalouse , mauresque, byzantines, arabo-musulmanes, ottomanes, françaises. Certains architectes modernes ont laissé une empreinte forte dans le panorama algérien, parmi eux Oscar Niemeyer. qui écrit dans ses mémoires: « j’aimais cette ville (Alger) accueillante, ses rues qui descendaient, tortueuses vers la mer. Ses criques et ses petites baies, ses plages de galets, la Méditerranée riche en légendes et mystères, les petites maisons blanches, presque aveugles, pour se protéger du vent. [...] Mais c’est à Constantine que j’ai laissé mon meilleur travail : l’université de Constantine. Je ne voulais pas faire une œuvre courante, mais une université qui soit le reflet de la technique d’aujourd’hui. » André Ravéreau (1919-2017), l'Atelier de désert à Ghardaïa (Mzab). Kasbah, Casbah d'Alger, Casbah de Dellys (Dellys) Architecture islamique, (909-1167) Palais des Raïs Liste de mosquées d'Algérie , Basilique Notre-Dame-d'Afrique néo-byzantine Anciennes synagogues : Grande synagogue d'Alger, Grande synagogue d'Oran Monuments en Algérie, Liste des sites et monuments classés en Algérie, Liste du patrimoine mondial en Algérie
Beaux-Arts Agence algérienne pour le rayonnement culturel Arts de l'Islam, École supérieure des beaux-arts d'Alger Ahmed et Rabah Salim Asselah (1843), École régionale des beaux-arts de Batna (1987) Liste de musées en Algérie, Musée national des Beaux-Arts d'Alger (1930), Musée national Zabana d'Oran (1885), Musée national du Bardo (Algérie) (1985) Musée public national d’Art moderne et contemporain d’Alger (2007, MAMA) Musée national des antiquités et des arts islamiques (1897) Musée national des Arts et Traditions populaires (Alger) (1987) Liste des sites et monuments classés en Algérie Liste des palais en Algérie Restitution des biens culturels et historiques à l'Algérie Art hafside, zianide et mérinide, art ziride et hammadide, art almoravide et almohade Bijoux berbères, Bijoux kabyles
Peinture
L’Algérie aura toujours été une source d’inspiration intarissable pour les différents peintres qui ont tenté d’immortaliser la prodigieuse diversité des sites qu’elle offre et la profusion des facettes que transmet sa population, ce qui offre par exemple aux Orientalistes entre le et le , une saisissante inspiration pour une très riche création artistique à l’image d’Eugène Delacroix avec son fameux tableau Femmes d'Alger dans leur appartement ainsi qu'Étienne Dinet (devenu Nassr Eddine Dinet) et ses magnifiques peintures de Bou Saâda ou encore Bettina Heinen-Ayech, peintre paysagiste qui créa plus d´une centaine de vues de La Mahouna près de Guelma et d’autres peintres de renommée mondiale à l’image de Renoir ou Pablo Picasso avec son tableau Femmes d’Alger.