Le , situé à proximité du centre-ville de Rennes dans le département français d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, est un parc public aménagé sur plus de dix hectares dont la particularité est de mêler un jardin à la française, un jardin à l’anglaise et un important jardin botanique. Son nom fait référence à une montagne dominant le lac de Tibériade, le mont Thabor.
Depuis son origine privée, jardin potager et d’agrément des moines de Saint-Melaine, abbaye longtemps en dehors des « murs » de la ville, le parc est devenu, par développements et agrandissements successifs, un des lieux emblématiques de la ville et des plus appréciés. Simple lieu de promenade public avant la Révolution, enrichi d’un jardin botanique ensuite, le parc est mis en valeur entre 1866 et 1868 par les apports de Denis Bühler par aménagement de différents points en boulingrin, « enfer », jardins à la française et jardins à l’anglaise. Au début du , la partie sud du parc, appelée « les Catherinettes », est aménagée en extension du jardin anglais.
Le parc du Thabor est classé Jardin de prestige de par la ville de Rennes, il bénéficie d’un entretien considérable pour satisfaire aux critères d’un jardin très structuré à la décoration florale élaborée et variée dans les essences utilisées selon les saisons et ainsi combler les attentes des habitués comme des touristes.
Situation thumb|left|Emplacement du quartier Thabor - Saint-Hélier - Alphonse Guérin (en rose) et du parc du Thabor (en vert). Le parc du Thabor est situé au centre-ville de Rennes, dans le quartier Thabor - Saint-Hélier - Alphonse Guérin. Il est encadré par la rue Martenot et la rue de Paris au sud, le boulevard de la Duchesse-Anne à l’est et la rue de la Palestine au nord. L’ouest du parc est nettement resserré entre Notre-Dame-en-Saint-Melaine au nord et le collège Anne de Bretagne au sud ; on peut y accéder par la place Saint-Melaine, entrée la plus proche du centre de la ville.
vignette|Vue aérienne (IGNF, 2017).
L’accès au parc se fait par six entrées ouvertes sur les différentes rues sus-citées. Il est notamment desservi par la ligne de bus C5 à l'arrêt Thabor et par les lignes C2, C3, 12 et Navette centre-ville à l'arrêt Fossés ; la station de métro la plus proche est Saint-Germain. Le parc est ouvert toute l’année.
Histoire L’origine du parc À l’origine, le parc n’était qu’une colline culminant à d’altitude, c’est-à-dire qu’elle dominait une grande partie de Rennes, dont l’altitude varie entre 20 et . Les premières mentions du Thabor dateraient de 1610 selon Paul Banéat, conservateur du musée archéologique au début du . Ce sont les moines bénédictins qui nommèrent le tertre, en référence au mont Thabor de la Bible.
Durant le Moyen Âge et l’Ancien Régime, l’enceinte fortifiée ne permettait pas l’extension des jardins : seules les terres des couvents étaient assez étendues pour permettre la création de vergers et de jardins.. De plus, Rennes ne s’étendait que peu au-delà de l’abbaye Saint-Melaine à l’est avant la Révolution.
Les terrains de Thabor ont longtemps été une dépendance de l’abbaye Saint-Melaine, où ils étaient principalement utilisés en tant que verger. Au , les moines bénédictins ouvrirent leurs jardins, mais ils étaient réservés à la gent masculine.. On accédait au Thabor par un passage qui communiquait entre le cloître intérieur de l’abbaye et son potager, puis par une porte cochère.. À la suite du grand incendie de 1720, le Thabor devint le siège de l’évêché. Le palais de l’évêché y fut construit et une partie des jardins devinrent ceux de l’évêché..
Le Thabor : jardin public À la Révolution, l’ensemble des domaines ecclésiastiques est rattaché à l’État. Le , Rennes devient propriétaire de ces terrains à la suite d’un échange avec l’État : l’armée désirant créer un arsenal dans l’hospice municipal, la ville « reçoit » Saint-Melaine pour y loger ses vieillards. L’hospice des Catherinettes et les bâtiments de Saint-Melaine ainsi que son potager deviennent l’hospice général. Une promenade publique fut ouverte sur le reste des terrains de l’évêché et des Bénédictins ; la cour de l’évêché en est l’entrée principale.
Le décret du 7 ventôse an III () impose la mise en place d’une école centrale dans chaque chef-lieu de département. L’État choisit le palais épiscopal pour héberger l’école centrale d’Histoire naturelle ainsi qu’un Muséum d’histoire naturelle et des Arts et une école de botanique. Une école de botanique est créée. Le jardin de l’évêque devient un jardin botanique, il reçoit la nouvelle dénomination de « Jardin des plantes ». La création du jardin botanique ainsi que sa collection de plantes sont l’œuvre du professeur Jean Danthon. De 1807 à 1840, le Jardin des plantes est dirigé par le professeur Jean-Vincent-Yves Degland (1787-1856) puis par Pontaillé. Le (), une loi supprime les écoles centrales : à la fermeture de la sienne en 1805, la ville récupère la charge du muséum d’histoire naturelle et de l’école de botanique.
Lors de la signature du concordat de 1801, l’évêque récupère son palais mais pas les jardins qui restent la propriété de la ville. Source de longs conflits, le seul accès au jardin reste le palais de l’évêque. La ville ouvre un accès par la rue de Fougères mais l’évêque se dit gêné par les visiteurs qui passent juste au niveau de ses fenêtres. En 1812, un accès débouchant sur la rue de la Palestine permet de contourner le problème. De 1811 à 1814, une bataille juridique s’engage entre l’évêché, qui veut récupérer son ancienne propriété, et la ville de Rennes qui souhaite la garder. En 1814, le comte de Ferrières, commissaire extraordinaire envoyé en Bretagne par , décide que l’évêque peut récupérer son ancien jardin d’agrément : la promenade publique s’en trouve raccourcie.
Les agrandissements successifs du Le mandat du maire Louis de Lorgeril (1821-1830) est marqué par l’achat de parcelles permettant d’ouvrir le parc en évitant l’évêché : l’acquisition du terrain du Grosco en 1823 permet un accès plus facile à la promenade. En 1826, la démolition de l’église Saint-Jean se trouvant à côté de Notre-Dame-en-Saint-Melaine, abandonnée depuis la Révolution, permet d’ouvrir l’actuelle entrée Saint-Melaine.
En 1845, les projets de réaménagement dans le cadre de la création d’une école d’horticulture présentent l’alignement de plates-bandes rectangulaires caractéristiques de la rigueur de la classification botanique.
Le travail d’extension du parc du Thabor se poursuit durant le mandat de Robinot de Saint-Cyr (1861-1867) qui mène une politique d’acquisition très active : 1860 : Acquisition de « La Vigne » à . 1864 : les révérends-pères des Carmes vendent un terrain de entre la rue de Paris et le Thabor. La même année, le maire acquiert la propriété de situé à l’est du Thabor le « champ de derrière ». 1865 : les terrains au sud du Thabor, appartenant à Esnouf-Ribert et Gougeon Léofanti sont expropriés.
L’aménagement par Denis et Eugène Bühler thumb|Jardin des Plantes de la Ville de Rennes conçu par Denis Bühler en 1867. À la suite de ces différents agrandissements, l’aménagement fut confié en 1866 et 1868 aux frères Bühler, jardiniers et architectes-paysagistes, introduits à l’hôtel de ville par Charles Oberthür.
Outre les jardins à la française expressément demandés par le maire, Denis Bühler proposa de créer le premier jardin paysager de Rennes et de déplacer le jardin des plantes, alors à l’ouest de l’orangerie, à l’est du parc. Ce projet de déplacement inclut la réalisation d’une école de botanique, d’une école d’agriculture fruitière, d’une école potagère et d’une école médicinale ; il ne fut réalisé qu’en partie, mais traduit l’idée de l’époque d’un « jardin d’école ».
Des conflits d’influence apparurent entre le concepteur des jardins Denis Bühler, le conservateur-professeur du jardin des plantes et Jean-Baptiste Martenot, architecte de la commune. Cette gestion délicate des différents acteurs, et surtout le coût important du projet (), incitèrent la mairie à demander en 1867 à Bühler uniquement la conception des plans complets (y compris les plans de terrassement et l’implantation des plantes), la réalisation du projet étant prise en charge par la ville. Cette décision entraîna un ralentissement des travaux d’aménagement.
Les serres, la volière, les grilles, l’orangerie et le kiosque à musique sont réalisés sur les plans de l’architecte communal Jean-Baptiste Martenot. Des statues du sculpteur rennais, Charles Lenoir, sont installées entre 1890 et 1895 ainsi que des copies de sculptures de Versailles qui furent présentées à Paris en 1889 avant d’être installées en 1895.
Les modifications du thumb|L’escalier monumental de la rue de Paris.
Les derniers agrandissements s’effectuent à la fin du avec le transfert de l’office des Catherinettes en 1891, puis l’acquisition de la parcelle Perrigault. En 1901, le projet de l’ingénieur de la voirie Blin, adopté par la commission spéciale, permet de profiter de la forte déclivité du terrain pour y intégrer une cascade et aménager une entrée monumentale : on déplace une grande partie de l’ancien escalier de la promenade de la Motte (aujourd’hui square de la Motte).
Les travaux entrepris ne font pas l’unanimité : l’aménagement du parc par un ingénieur et son entretien par un jardinier déplait à une partie du conseil municipal, qui aurait préféré que la création et la gestion des plantations soient entreprises par un paysagiste. Charles Oberthür déclara même que l’esprit de Bühler n’était plus entretenu. De plus, les problèmes financiers ne permettent plus de tels aménagements, et l’extension du Thabor vers la rue de Paris est définitivement arrêtée.
thumb|Vue des Catherinettes au début du .
À la suite de la mécanisation du matériel, les chevaux qui tiraient les charrettes des jardiniers disparaissent, abandonnant leurs écuries situées au niveau de l’avenue de Grignan près de l’entrée principale« Ô jars, daims du Thabor », Le Rennais, , décembre 2010..
Au cours du , on effectue quelques aménagements mineurs comme l’ajout de grilles en fer forgé à l’entrée de la rue de Paris que l’on doit à Emmanuel Le Ray. en 1912 et avenue de Grignan en 1926, mais aussi la création d’une ménagerie en 1930. À la suite du succès du parc de Maurepas créé essentiellement comme une aire de jeu et de détente en 1936, le parc du Thabor reçoit lui aussi ce type équipement.
Durant l'occupation de Rennes, des tranchées-abri en cas de bombardement sont aménagées dans le parc. Lors du bombardement du , une bombe tombe dans une de ces tranchées, tuant 25 personnes.. Le , ce scénario se répète, tuant à nouveau 25 personnes.
Au sud du jardin botanique et de la roseraie, des serres municipales, nommées serres de la Duchesse Anne sont construites en 1936 pour satisfaire les besoins des jardiniers du parc, les serres entre l’orangerie étant bien trop petites pour obtenir les plants nécessaires à l’entretien du parc. En 2002, la ville de Rennes centralise sur le centre horticole de Champeaux la production des plantes de l’ensemble des parcs et jardins de Rennes. Les serres de la Duchesse Anne ont été démolies début 2005 pour libérer le terrain d’implantation des logements sociaux, ainsi qu’une bibliothèque de quartier et une nouvelle entrée vers le parc. menant vers le square Lucien-Rose.
Aménagements Les selon Louis-Michel Nourry, Paysages de Rennes. pour la parcelle 000 BH 227, rue de Paris, sur cadastre.gouv.fr. du jardin public du Thabor sont constitués de deux promenades - le carré Du Guesclin et l’Enfer à l’ouest - d’un jardin à la française en face de l’orangerie au nord, d’un important jardin paysager au centre et au sud, et enfin d’un jardin botanique et d’une roseraie à l’est.
thumb|alt=Plan des parties du parc du Thabor|upright=1.2|center|
Le carré Du Guesclin thumb|left|La colonne de Juillet du carré Du Guesclin entièrement rénovée, en 2014.