La Force de défense australienne (en anglais , ADF) est l'organisation militaire responsable de la défense de l'Australie. Elle est composée de la Royal Australian Navy, l'Australian Army, la Royal Australian Air Force et de plusieurs unités communes aux trois armées.
Durant la première décennie du , le gouvernement australien avait créé trois forces militaires séparées. Chaque armée avait une chaîne de commandement indépendante des autres. En 1976, le gouvernement a effectué un changement stratégique et créé l'ADF pour réunir les forces armées sous un commandement unique. En peu de temps la fusion s'est faite par l'unification des trois états-majors, services de logistique et bases d’entraînement.
L'ADF possède des moyens technologiques sophistiqués mais est handicapée par sa taille relativement modeste. Bien qu'elle dispose de d'active et de , ce qui en fait la plus grande armée d'Océanie après celle de la France et des États-Unis, elle reste beaucoup plus petite que la plupart des armées asiatiques et souffre d'un manque de personnel qualifié dans certains secteurs militaires. Néanmoins, l'ADF est capable de se projeter dans certaines mesures hors d'Australie.
Généralité
Puissance régionale du Sud-Est de l'Asie, l'armée australienne est constituée des trois armées traditionnelles : armée de terre (Australian Army), Marine (Royal Australian Navy) et armée de l'air (Royal Australian Air Force). La particularité de l'armée australienne dans les années 2000 par rapport aux autres corps militaires du reste du monde est qu'elle est purement une armée de soutien aux autres armées. Elle n'est que rarement présente sur les champs de bataille en toute première ligne. Ainsi en Irak, elle assure un soutien logistique à ses alliés que sont les États-Unis.
Cette spécificité est une fierté pour les Australiens d'après un sondage publié par le quotidien australien The Age en 2005.
Rôle Légalité
La légalité de l'ADF vient des sections sur le gouvernement exécutif de la constitution australienne. La section 51 (paragraphe VI) donne au gouvernement fédéral le pouvoir de faire des lois concernant la défense de l'Australie et son armée. La section 114 de la Constitution empêche les États de la fédération d'augmenter leurs forces armées sans autorisation du gouvernement fédéral et la section 119 prévoit que le gouvernement fédéral est responsable de la défense du pays contre les invasions et expose les conditions dans lesquelles le gouvernement peut déployer les forces armées à l'intérieur du pays Raspal Khosa (2004). Australian Defence Almanac 2004–05. Australian Strategic Policy Institute, Canberra. Page 4 and Australian Attorney-General's Department Commonwealth of Australia Constitution Act.
La section 68 de la Constitution définit l'organisation du commandement de l'ADF. Elle explique que « Le commandant des forces navales et militaires de la fédération est le gouverneur général en tant que représentant de la Reine ». La Constitution ne mentionne pas l'armée de l'air puisque l'avion n'était pas inventé quand elle a été écrite. D'après la loi, l'Air Force est sous la même structure de commandement que les autres armes. En pratique, le gouverneur général ne joue aucune part active dans le commandement de l'ADF et c'est le gouvernement australien élu qui, par l'intermédiaire du ministre de la Défense et de plusieurs ministres subalternes, en exerce le contrôle effectif. Le ministre agit, le plus souvent, de sa seule initiative, quoique le Comité de Sécurité nationale du Cabinet étudie les questions importantes. Le ministre conseille alors le gouverneur-général qui agit comme conseiller de l'exécutif Khosa (2004), page 4.
Priorités
En 2000, le gouvernement australien a conçu un livre blanc pour guider tous les aspects de sa politique de défense. Celui-ci établit que l'ADF a trois priorités : la première, le maintien de sa capacité à défendre l'Australie contre toute attaque crédible, sans dépendre d'aide des forces de combats d'autres pays ; la deuxième, contribuer à la sécurité du voisinage immédiat de l'Australie en travaillant avec les pays voisins et en participant aux opérations de maintien de la paix autorisées par l'ONU ; la troisième, contribuer aux coalitions de forces armées au-delà du voisinage immédiat de l'Australie qui incluent des intérêts australiens.
L'ADF est aussi responsable de la surveillance côtière et d'une réponse adaptée rapide aux situations d'urgence comme les catastrophes naturelles Defence 2000 - Our Future Defence Force - Département Australien de la défense, 2000, Canberra, .
Le plus récent programme de la politique de défense du gouvernement est Australia's National Security. A Defence Update 2007 (Sécurité nationale australienne. Une mise à jour de la défense 2007). Ce document établit que « à cause d'une complexité croissante de la sécurité internationale, l'Australie doit se préparer à un ensemble d'événements possibles, à la fois près du sol national et plus loin, avec moins d'avertissement en cas de crises » Australia's National Security. A Defence Update 2007. Département australien de la Défense (2007a), Canberra. Page 10.. Pour affronter ces événements, il est proposé que l'ADF puisse être capable d'agir indépendamment dans la région australienne pour détruire ou empêcher les menaces sur les territoires et intérêts australiens. Ceci inclut la possession d'une capacité d'action à court terme Département Australien de la défense (2007a). Pages 26–27.. Le document établit aussi que l'ADF doit être capable d'apporter une contribution significative aux opérations de coalitions internationales en dehors de la région australienne. Cependant, on ne s'attend pas à ce qu'elle soit capable d'agir seule en dehors de sa région Département australien de la Défense (2007a). Pages 27–29..
Histoire
Formation de l'armée australienne
vignette|redresse|La mise à la retraite du sans remplacement en 1982 marque un écart par rapport à la politique de la défense en avant (« forward defence ») David Horner (2001). Making the Australian Defence Force. Oxford University Press, Melbourne. Page 55..
L'Australie maintient une armée depuis la création de la Fédération Australienne en . À sa création, le gouvernement crée l'Armée de terre australienne (), et la . En 1909, la marine australienne () est créée, absorbant la . L'armée crée l en 1912, mais celui-ci ne devient autonome qu'en 1921 à la création de l'armée de l'air australienne (). Ces armées n'étaient pas coordonnées par une chaîne de commandement unique, car chacune obéissait à son ministre respectif et avait sa propre administration. Les trois armées sont entrées en action au niveau mondial durant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale.
L'importance de la guerre interarmes devient claire à l'armée australienne pendant la Seconde Guerre mondiale quand les armées de terre, navales et de l'air servaient fréquemment sous un commandement unique. Après guerre, plusieurs officiers supérieurs firent du lobbying pour la nomination d'un commandant en chef des trois armées. Le gouvernement rejeta cette proposition, et les trois armées restèrent complètement indépendantes Horner (2001), page 42. De l'absence d'une autorité centrale résultait une médiocre coordination entre les armées, chaque armée opérant sur la base d'une doctrine militaire différente Horner (2001), page 44.
Le besoin d'une chaine de commandement intégrée reçut plus d'importance pendant la guerre du Viêt Nam. En 1973, le secrétaire du ministère de la Défense, , écrivit un rapport au gouvernement recommandant l'unification des différents départements de chaque armée en un seul ministère et la création d'un état-major. Le gouvernement accepta ces recommandations, et l'Australian Defense Force fut créée le Horner (2001), page 47.
Période de la Defence of Australia vignette|gauche|Des soldats australiens mènent une colonne de troupes américaines pendant l'exercice Kangaroo '89, se déroulant en Australie du Nord Horner (2001), page 65.
Jusque dans les années 1970, la stratégie militaire de l'Australie se centre sur le concept de « défense en avant », où le rôle des militaires australiens est de coopérer avec les forces alliées pour contrer les menaces dans la région australienne. En 1969, quand les États-Unis élaborent la doctrine Nixon et que les Britanniques se retirent à l'est de Suez, l'Australie développe une politique qui insiste sur l'autonomie du continent australien, la (DOA). Celle-ci concentre la planification de l'effort de défense dans la protection des voies d'approche de l'Australie par le nord (le « trou air-mer ») contre une attaque ennemie - Alex Tewes, Laura Rayner et Kelly Kavanaugh, Australian Parliamentary Library Research Brief no. 4 2004–05, 29 novembre 2004. Pour atteindre ce but, l'ADF est restructurée en accroissant les capacités de la marine et de l'armée de l'air et en déplaçant des unités de l'Armée de terre dans le Territoire du Nord Horner (2001), page 72.
À ce moment, l'ADF n'a pas d'unité militaire opérationnelle déployée hors d'Australie. En 1987, l'ADF achève son premier déploiement opérationnel dans le cadre de l'opération Morris Dance, dans laquelle plusieurs vaisseaux de guerre et une compagnie d'infanterie sont envoyés au large des Fidji en réponse au coup d'État de 1987 aux Fidji. Bien qu'étant un succès, ce déploiement souligne le besoin pour l'ADF d'améliorer ses capacités à répondre rapidement à des événements imprévus Horner (2001), .
Depuis la fin des années 1980, le gouvernement fait de plus en plus appel à l'ADF pour contribuer à des forces de maintien de la paix dans le monde. Bien que la plupart de ces déploiements n'incluent qu'un petit nombre de spécialistes, plusieurs ont nécessité l'envoi de centaines de personnes. Les missions de maintien de la paix les plus importantes ont eu lieu en Namibie début 1989, au Cambodge entre 1992 et 1993, en Somalie en 1993, au Rwanda entre 1994 et 1995, et sur l'île Bougainville en 1994 puis depuis 1997 Horner (2001), .
La contribution de l'Australie à la guerre du golfe de 1991 a été la première fois, depuis la création de l'ADF, où du personnel australien était déployé sur une zone de guerre. Bien que les vaisseaux de guerre et les nageurs de combat australiens déployés dans le golfe Persique ne soient pas allés au combat, l'opération de déploiement a été un test des capacités de l'ADF et de sa structure de commandement. Après la guerre, la marine a envoyé régulièrement des frégates dans le golfe Persique ou en mer Rouge pour faire respecter les sanctions commerciales imposées à l'Irak Horner (2001), .
Timor Oriental et après vignette|Un avion C-130 Hercules de l'armée de l'air en Irak en 2008. Ces avions assurent le soutien des opérations de l'ADF en Irak et en Afghanistan.
En 1996, John Howard après avoir mené la campagne du parti libéral et l'avoir conduit à la victoire, devient Premier Ministre. Il entreprend alors des réformes importantes dans la structure et le rôle de l'armée. La stratégie de défense du nouveau gouvernement met moins l'accent sur la défense de l'Australie face à une attaque directe que sur le travail en collaboration avec les états de la région et les alliés de l'Australie pour gérer les menaces potentielles The Fundamentals of Land Warfare - Annex B, Australian Army, 2002. À la lumière de ces nouveaux objectifs, la structure de l'ADF s'adapte en augmentant sa proportion d'unités de combat par rapport aux unités de soutien et en améliorant sa préparation au combat.