Allègre est une commune française, située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le reparium des d’Alegre, chevaliers puis barons des lieux, et Grasacum, bourg au pied du volcan de Baury, se fondirent et devinrent Allègre. Les Tourzel seront les nouveaux barons puis marquis jusqu’au . Leur bastille « en botte de chandelles » et les deux enceintes, bâties au début du , et dont subsistent des ruines, comptaient vingt-trois tours.
Allègre fut un bourg rural prospère par ses foires et marchés. Les Allegras s’employèrent dans les dentelles puis dans les industries du bois, l’élevage et la culture raisonnés, l’enseignement et l’éducation.
George Sand est venue s’imprégner du mont Bar, volcan éteint situé à proximité, Germaine Tillion est née rue du Mont Bar, Baptiste Marcet fut élevé à Allègre, Camille Robert, auteur de la musique de Quand Madelon..., y séjourna, de même que Robert Sabatier, que la guerre mena à Allègre.
Géographie Localisation
La commune d'Allègre se trouve à d'altitude dans le département de la Haute-Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Elle se situe à par la routeLes distances sont mesurées entre chefs-lieux de communes par la voie routière et évaluées à l'aide d'un calculateur d'itinéraires. du Puy-en-Velay., préfecture du département, et à de Craponne-sur-Arzon., bureau centralisateur du canton du Plateau du Haut-Velay granitique dont dépend la commune depuis 2015 pour les élections départementales.
Les communes les plus prochesLes distances sont mesurées entre chefs-lieux de communes à vol d'oiseau. sont. : Monlet (), Céaux-d'Allègre (), La Chapelle-Bertin (), Vernassal (), Varennes-Saint-Honorat (), Fix-Saint-Geneys (), Jax (), Saint-Pal-de-Senouire ().
Géologie et relief Allègre se situe au cœur du Velay, massif qui possède le plus grand nombre de volcans : environ 500. On remarquera la variété des pierres : laves rouge ou verte, basalte noir, granits.
Hydrographie vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier d'Allègre. La commune est dans le bassin Allier-Loire amont, au sein du bassin hydrographique Loire-Bretagne..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du Massif Central » et « Sud-est du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Allègre est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (53,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,1 %), prairies (22 %), zones agricoles hétérogènes (20,6 %), zones urbanisées (3,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Habitat et logement En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 714, alors qu'il était de 705 en 2013 et de 679 en 2008.
Parmi ces logements, 56,3 % étaient des résidences principales, 23,8 % des résidences secondaires et 19,9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 85 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 15 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Allègre en 2018 en comparaison avec celle de la Haute-Loire et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (23,8 %) supérieure à celle du département (16,1 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 72,1 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (71,1 % en 2013), contre 70 % pour la Haute-Loire et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Allègre en 2018. Typologie Allègre. Haute-Loire. France entière. Résidences principales (en %)56,371,582,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)23,816,19,7 Logements vacants (en %)19,912,48,2
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Grazac en 946Dans le cartulaire de Sauxillanges..
C'est en 1217 que l'on commence à trouver l'appellation Alègre pour la première fois, en alternance avec l'appellation Grazac qui, avec les années, va définitivement disparaître au bénéfice d'Allègre que nous connaissons actuellement.
« Allègre » : fougueux, gaillard, ardent, vif, élevé, du latin alacer (vif, prompt, alerte), ainsi nomma-t-on ce lieu du Velay, entre et , sur ses quatre volcans : Mont Bar, Mont Baury, Montchaud, Ringue.
Histoire Préhistoire et Antiquité Des groupes néolithiques montés par les vallées de la Loire et de l’Allier ont occupé les plateaux volcaniques du Velay, mais rien ne prouve à ce jour qu'ils se soient fixés sur l'actuel territoire de la communeSite internet www.mairie-allegre.com __"Préhistoire"..
La tribu celte Vellaune fixe sa capitale à Ruessio (à au Sud-Est d'Allègre, à vol d'oiseau). Elle est encore la plus importante ville de la région du au ap.J.-C., sous le nom de Ruessium. Il est possible que le village actuel des Céaux-d'Allègre (à au Sud-Est) existait avant l'invasion romaine, mais le hameau actuel de Châteauneuf (à ) est fondé après, sous le nom de Castronova. En 1821 est découvert un vase de terre cuite sur le sommet du mont Bar, contenant trente-trois monnaies (les plus récentes à l'effigie de l'empereur Dioclétien), un lingot, un collier et deux bracelets, le tout antique et en or.
Moyen Âge Au Moyen Âge, le site de Castronova est abandonné car jugé trop vulnérable, ses habitants s'installent sur le Mont Baury, et y érigent un château à motte au Nord du cratère, qui se limitait à une tour de guet protégée, et un second au Sud, plus imposant, résidence du seigneur des lieux. La motte Nord sera plus tard remplacée par une tour en pierres d'un diamètre d'une dizaine de mètres entourée par un fossé, et nommée Tour de Pouzols. La motte Sud sera remplacée par un château en pierres à une date inconnue, aujourd'hui nommé La Potence, et qui connut plusieurs réaménagements.
Le village s'étirait sur le flanc Sud de l'ancien volcan, attesté en 946 sous le nom de Grasacum, bloti autour d'une église romane dédiée à saint Martin. C'est en 1217 qu'apparaît Alegre pour identifier le bourg, nom emprunté à la famille seigneuriale.
Nous ignorons tout de ces seigneurs avant 1220, mais on peut se demander si cette famille n'avait pas un lien avec le bourg antique d'Alegrio.
Un de ses membres participe avec ses vassaux à la Première croisade, aux côtés d'Adhémar de Monteil. L'un de ses vassaux, Étienne de Bard, est tué lors du siège d'Antioche.
Un siècle après, Armand Ier d'Alegre (~1180 - mort le ), époux d'Alais de Chalencon, est la première personnalité seigneuriale connue précisément : il sert activement la couronne de FranceSur ce sujet, les sources actuellement visibles sur internet sont très succinctes et floues, mais il semble qu'Armand Ier fut un proche du futur roi Louis VIII le Lion..
Son fils Armand II d'Alegre (1210-1263) est un proche du roi Saint Louis, avec qui il participe à de nombreux arbitrages de conflits. Il met fin à une vieille querelle avec les vicomtes de Polignac relative à la possession de territoires, mais guerroie contre Pons de Chapteuil et Guy II de Châteauneuf-Randon de Joyeuse (~1200~1265). Il épouse Élisabeth de Chalencon, avec laquelle il a un fils et sept filles, dont les cinq dernières entrent dans des ordres religieux (ses deux filles aînées Alazaïs et Amphélize épousent respectivement Pons III de Rochebaron († 1295), et Guillaume de Rochebaron-Usson († vers 1312), d'où postérité.
Les monts du Forez et du Velay sont à cette époque une frontière dans le jeu politique, entre les seigneurs du domaine royal, ceux de Bourgogne, de Savoie, et les comtes-évêques du Puy. Les terres et le château des d’Alegre sont sur cette frontière.
Le seigneur suivant est Hugues d'Alegre de 1263 à 1285, fils d'Armand II et mari de Gilette de Courcelles, suivi par leur fils aîné Armand III d'Alegre qui participe à la Guerre de Flandre et dont la postérité, féminine, venue de sa Jourdaine de Montlaur, n'assume pas la succession d'Allègre. Vint ensuite Eustache d'Alegre, frère cadet d'Armand III († vers 1343) qui fut engagé dans un procès d'une douzaine d'années contre la Sénéchaussée de Beaucaire afin de fixer les limites de l'Auvergne et du Velay. En 1320, un arrêt du Parlement de Paris ordonne que la baronnie soit rattachée au bailliage d'Auvergne.
Dans le courant du , les seigneurs d'Alegre achètent le Château de Viverols, qu'ils conserveront à ce qui semble jusqu'à la Révolution.
Armand IV, fils d'Eustache et de Sibylle de La Roue, fut le dernier représentant mâle de cette première Maison d'Alegre, et siégea de 1343 à 1361. Il fut en querelle tout son règne avec la famille de sa femme, Alix de Chalencon, et ayant perdu son unique fils Eustache, déshérita sa femme et ses deux filles Alix et Sibylle (sans postérité connue ; tout en laissant à son épouse Alix la jouissance du domaine d'Alègre toute sa vie durant) et transmit ses biens à son neveu Bertrand III de Senneterre (fils de Casto II de Sennectère et d'Oudine (ou Ondine), fille d'Eustache d'Alegre). Armand IV meurt lors du siège de son château en 1361 par les « routiers » de Seguin de BadefolIl existe une interrogation sur le véritable assaillant du lieu : il pourrait ne pas s'agir de Badefol, mais de Thomas de La Marche, un ancien fidèle des rois Valois et du duc Louis II de Bourbon contre les Anglais, ensuite en révolte contre Jean de Berry et entretenant des relations difficiles avec l'aristocratie et les villes auvergnates., qui ne peuvent le conquérir mais ravagent le village et les environs.