Jean-Louis Vaudoyer, né au Plessis-Piquet le . et mort à Paris le ., est un historien d'art et écrivain français prolifique ; auteur de romans, poèmes, impressions de voyage notamment sur l'Italie et la Provence, ainsi que de préfaces, d'essais ou d'articles de presse.

Critique d'art et critique littéraire, formé à l'École du Louvre, en il est attaché au musée des Arts décoratifs de Paris, puis dans le domaine de l'édition, il travaille comme directeur de collections dans les années 1920 et de nouveau à partir de . Il est commissaire d'exposition puis conservateur du musée d'histoire de la ville de Paris, le musée Carnavalet, de à . Il est administrateur de la Comédie-Française de à et académicien à partir de .

Érudit, il avait une réputation d'« honnête homme, de Français classique », comme le décrit Maurice Martin du Gard, mais cette réputation fut compromise en par des accusations de François Mauriac, qui furent levées par un « jury d'honneur ». Mauriac lui présenta ses excuses par la suite.

Biographie Jeunesse Jean-Louis Vaudoyer est issu d’une dynastie d’architectes par son père Alfred Vaudoyer. et d’éditeurs par sa mère Geneviève Bréton...

Après des études au lycée Carnot où il se lie d’amitié avec Robert de Traz, Jean-Louis Vaudoyer se forme d'abord chez un artisan du vitrail, puis il suit les cours de l'École du Louvre. En , Louis Metman, conservateur du Musée des arts décoratifs de Paris, qui prépare son installation en au Pavillon de Marsan, lui demande de l'assister, comme attaché, dans la publication d'un nouvel inventaire raisonné..

Belle époque : les débuts dans la presse et la vie littéraire parisienne vignette|redresse|gauche|Les Essais, N°, avril-octobre 1904.

Jean-Louis Vaudoyer , déclare un journaliste de Comœdia en 1926.. Début , il crée avec l'appui de son beau frère Daniel Halévy un mensuel littéraire, Les Essais (-). Il est assisté de deux secrétaires de rédaction, Eugène Marsan et Henri Martineau. Robert de Traz est chargé de l'administration et Anna de Noailles anime la revue, dont le premier numéro sort en avril . La revue est hébergée chez l'imprimeur Philippe Renouard. Des rédacteurs tels Pierre Hepp, Catherine Pozzi, Émile Despax, Ernest Psichari, Charles Ferdinand Ramuz, Fernand Divoire, Walther Straram, Jacques Copeau et quelques autres participent à la revue.. L'historien Sébastien Laurent (1971-) estime en que la revue ne s'intéresse, ni au social, ni au politique, mais que ..

Parisien, il fréquente le Salon littéraire de madame Augustine Bulteau et y croise des écrivains, des musiciens et des peintres ; Henri Chervet, André du Fresnois, René Dalize, Alain-Fournier, Paul Drouot, jeunes écrivains qui mourront à la guerre, mais également Edmond Jaloux qu'il rejoint à Venise pour la première fois en . Tous deux appartiennent au club des Longues moustaches, club qui réunit des auteurs qui vouent un culte à l'Italie et à Venise en particulier, l'Italie au passé habité par les ombres de Stendhal, Goethe, Taine, celle des poètes, des artistes et des peintres, comme Ambrogio Borgognone ou du vénitien Lorenzo Lotto.. Il croise également Jacques Boulenger, Henri Clouard, François Fosca, et Henri Farge ou Jean Giraudoux. Il participe aux jeudis littéraires qu'anime, tard la nuit, Paul-Jean Toulet au Bar de la Paix, rue Auber.. Il noue ainsi des relations avec Catherine Pozzi, Déodat de Séverac, Francis de Miomandre, René Boylesve (qui le reçoit dans son salon) et qu'il évoquera avec affection dans Souvenirs de la rue des Vignes, ou encore François Mauriac, rencontré au salon de Jeanne Meyer, et devient une figure du Tout-Paris littéraire.

alt= Dessin au pochoir de deux danseurs|vignette|redresse|gauche|Pochoir de George Barbier in Album dédié à Tamara Karsavina, texte de Jean-Louis Vaudoyer, 1914. Amateur de théâtre et de musique, séduit par les Ballets russes, il remet à Léon Bakst un argument pour que les ballets commémorent le centième anniversaire de la naissance de Théophile Gautier. Tiré d'un poème de celui-ci, le ballet Le Spectre de la rose, dans lequel le héros est le jouet des rêves de l’héroïne, sera choisi par Serge de Diaghilev. La chorégraphie est signée par Michel Fokine sur la musique de L'invitation à la valse de Carl Maria von Weber orchestrée par Hector Berlioz et les rôles sont interprétés par Vaslav Nijinski et Tamara Karsavina ; la première a lieu à l'Opéra de Monte-Carlo en ... Il écrit d'autres œuvres moins connues pour le théâtre ; la Nuit persane montée en au Théâtre des Arts alors dirigé par Jacques Rouché, pour le théâtre lyrique le Couvent sur l'Eau, ballet en deux actes et quatre tableaux sur une musique de Gabriel Fauré, créé à la Scala de Milan le , Promenades dans Rome, ainsi nommé en hommage à Stendhal, divertissement en un acte et quatre tableaux, pour une chorégraphie de Serge Lifar sur une musique de Marcel Samuel-Rousseau (créé à l'Opéra Garnier le ).

En , il s’installe dans un appartement de la rue de Montpensier proche du Palais-Royal, où il accueille des goûters littéraires. réunissant des écrivains amis qui partagent une disposition à la , c'est-à-dire au dilettantisme, l'amour du , une admiration pour Paul Bourget et son attirance pour Venise.., ainsi que le refus des classements ou cloisonnements [jugés] scolaires.. Cette même année, il reçoit le Prix Jules-Davaine pour son roman La bien-aimée.

À l'automne , Lucien Vogel le sollicite, comme d'autres écrivains dandys, parmi lesquels son ami Henri de Régnier, pour agrémenter de textes la Gazette du bon ton consacrée à la mode, c'est-à-dire aux couturiers de l'époque tels Louise Chéruit, Georges Dœuillet, Jacques Doucet, Jeanne Paquin, Paul Poiret, Redfern ou Worth..

Première Guerre mondiale Après la publication en de son recueil Poésies, en , il reçoit le Prix d'Académie. Bien que réformé, il s'engage pour la durée de la guerre en . Le lendemain de la mort de Charles Péguy en septembre , Jean Louis Vaudoyer perd son frère Michel Vaudoyer mort au champ d'honneur lors de la Bataille de la Marne..

En il publie La stèle d'un ami en hommage au vicomte Paul Drouot mort au combat et en Les permissions de Clément Bellin.

Il sert successivement comme secrétaire d'état-major, militaire du train des équipages puis dans l'artillerie. Il finit la guerre avec le grade de maréchal-des-logisArchives départementales des Yvelines, 1R/RM 348, classe 1903, Feuillet matricule de Jean-Louis Vaudoyer..

À la fin de la guerre, il est décoré de la Croix de guerre et fait officier de l'Ordre de la Couronne d'Italie..

Peu de temps après, le , à trente-six ans, Jean-Louis Vaudoyer épouse la jeune Frédérique Weber (1900-1984).. Ensemble, ils ont deux filles, Geneviève (1921-1983) engagée volontaire dans Les Rochambelles, ambulancière, puis parachutiste ., et Daphné (1930-2011), traductrice et écrivain.

Entre-deux-guerres La période qui suit la guerre est une période particulièrement productive pour Jean-Louis Vaudoyer, il multiplie les contributions aux revues littéraires telles que la Revue critique des idées et des livres (1908-1924), la Revue de Paris, La Revue de Genève, La Revue hebdomadaire, La Vie des Lettres et des Arts, Les Écrits nouveaux, Les Nouvelles littéraires et la Revue des Deux Mondes, ainsi qu'à la Gazette des beaux-arts, Art et Décoration ou Revue de l'art ancien et moderne.

C'est aussi pendant cette période qu'il publie plusieurs ouvrages sur la Provence, ses villes et leurs fontaines, sa culture, ses auteurs et artistes tels Théodore Aubanel, Jean-Joseph Bonaventure Laurens, Joseph d'Arbaud, Paul Arène, Élémir Bourges, Joachim Gasquet ou encore Pierre Puget. Le , il préside la Saison d'Art organisée par la municipalité d'Aix-en-Provence et inaugurera en le musée de la Faïence de Moustiers à Moustiers-Sainte-Marie..

En 1921, après la parution d'un article qu'il a rédigé dans l'Opinion, à l'occasion de l’« Exposition hollandaise » du Jeu de Paume, Marcel Proust, avec lequel il correspond et échange des points de vue depuis longtemps, lui demande de bien vouloir l'accompagner à cette exposition, alors que, dit il, sa santé est fragile, pour revoir la Vue de Delft de Vermeer, cette visite inspirera le passage de la mort de Bergotte dans La Prisonnière..... Le critique américain Gerald Prince suppose que Vaudoyer est l’auteur du questionnaire de Proust.. vignette|redresse|gauche|alt=Portrait d'un homme assis devant une bibliothèque et tenant à la main un croquis|Portrait de Jean-Louis Vaudoyer, par Albert Besnard, 1932, (Musée Carnavalet)..

De à , il dirige aux éditions Émile-Paul Frères, la collection Portraits de la France. Les volumes de cette collection sont commandés à des écrivains qui décrivent généralement leur ville ou région natale. Ils sont édités en tirage limité de haute qualité, sur papier vélin avec un frontispice d'artiste.. De à , il dirige la collection Ceinture du monde pour le même éditeur.. Il reprendra une activité de directeur de collection dirigeant la collection Colombelle à partir de , pour les éditions du Vieux Colombier..

Durant la période à , il produit un roman par an.

Alors que Paris s'apprête à accueillir l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, les Grands magasins du Printemps font appel à son expertise pour rédiger une section intitulée les Nouveaux Magasins du Printemps jugés par un critique d’art dans une plaquette à l'occasion de leur réouverture le après les travaux de réparation et agrandissements menés par Georges Wybo après l'incendie de 1921.. En , au Congrès de la presse latine, à La Havane, il représente, aux côtés de Louis Aragon, la Revue des Deux Mondes .. La même année, il reçoit le Grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre...

vignette|Musée Carnavalet, cour d'honneur. En , quand l'École nationale supérieure des beaux-arts est rattachée au ministère de l'Éducation nationale, il est chef du service administratif des musées nationaux. et participe à la première exposition sur le peintre Théodore Chassériau, pour laquelle il rédige la préface du catalogue d'exposition. Il est nommé au poste de conservateur du Musée Carnavalet en 1934.... Cette même année, pour le quatre-centième anniversaire de la mort du Corrège, il organise une exposition au Musée de l'Orangerie qui sert de salle d'exposition temporaire au Carnavalet.. En , il organise une exposition sur Jean Béraud, peintre de la vie parisienne, puis en 1937 une autre sur le Bois de Boulogne qui se tient au Château de Bagatelle. Pour le cent cinquantième anniversaire de la Révolution française, en 1939, le musée Carnavalet propose une exposition intitulée La Révolution française dans l'histoire, dans la littérature, dans l'art.

Vaudoyer continuera la rédaction de préfaces ou avant propos pour d'autres catalogues d'expositions à l'Orangerie, au Carnavalet, au musée des arts décoratifs ainsi qu'à la Galerie Charpentier. ou au Musée Jacquemart-André..

Édouard Bourdet, administrateur de la Comédie-Française, le choisit pour diriger les Matinées poétiques du samedi en avec Pierre Bertin.

Seconde Guerre mondiale : administration de la Comédie-Française (mars 1941-mars 1944) vignette|gauche|Façade de la Comédie Française en soirée. Quand, le le gouvernement se replie à Bordeaux, Jean-Louis Vaudoyer confie femme et filles à François Le Grix pour les conduire sur la route de l'Exode avec quelques proches jusqu'au Domaine de Malagar, maison familiale de François Mauriac.