est un journal français indépendant et alternatif engagé de gauche. Créé en 1999 à Amiens, en Picardie, il connaît une diffusion nationale depuis le .
Présentation
Devise figurant à la une
« Journal fâché avec tout le monde. Ou presque » : par ce slogan Fakir met en avant sa liberté totale d'expression. Pourtant, plus que l'indépendance politique, c'est l'indépendance économique qui permet à ce journal sa liberté de ton. Financé par les abonnements, aucune publicité ne figure au sein de celui-ci.
Ligne éditoriale
Fakir est considéré comme un média de gauche, situé dans la mouvance de la gauche antilibérale. La ligne éditoriale de Fakir, en prise directe avec les luttes sociales et les préoccupations des classes populaires, adopte un ton engagé, satirique et immersif (qui rappelle le gonzo journalisme, où le journaliste ne se contente pas d’observer mais devient acteur du récit, mêlant enquête, subjectivité et humour mordant pour mieux dénoncer les injustices). Il se situe comme un média de reportages et d'enquêtes sociales. Des questions économiques, écologiques, politiques et sociales constituent généralement le dossier principal de chaque numéro (protectionnisme, fiscalité, agriculture, transport).
Le journal, imprimé en quadrichromie, est abondamment illustré.
Au début de chacun de ses numéros, le journal se présente comme n'étant lié à et comme .
Organisation Le journal est édité par l'association Fakir. Il dépend d'une équipe de bénévoles et emploie certaines personnes de manière occasionnelle ou plus permanente pour des tâches de direction, d'administration, de technique ou de logistique. Les bénévoles permettent au journal d'exister malgré un budget étroit. Ces questions économiques sont abordées par François Ruffin dans une série d'articles réalisés en 2003 pour l'association de critique des médias Acrimed..
Son fondateur, François Ruffin, est élu député en 2017 avec le soutien de plusieurs partis de gauche. Il ne travaille cependant plus au journal depuis l'été 2022, et n'a depuis lors plus de responsabilité au sein de l'association.
Diffusion Le magazine confectionné à Amiens diffuse à par numéro en 2004, entre et en 2011.. Le numéro 74 de février-mars- a un tirage exceptionnel de . L'ours du 81 (juillet-août-) indique un tirage de . Celui du 84 (février-mars-) indique un tirage de .
Historique du journal
Un contre-Journal des Amiénois thumb|268px|Ancien logo du journal. François Ruffin, fondateur de Fakir, a l'idée à l'été 1999 de fonder un « contre Journal des Amiénois »« Éditorial », Ch'Fakir, , décembre 1999. (le JDA étant l'hebdomadaire de la métropole). Financé sur les fonds propres du journaliste, le premier numéro voit le jour en .
Fakir est distribué à partir de 2000 par les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP). La parution lors des premières années est irrégulière.
Les sujets traités à cette époque sont généralistes et souvent critiques : rénovation urbaine, situation de la SPA locale, délocalisations, visite de l'hôpital psychiatrique, portraits de gens ordinaires... Le ton est généralement satirique. Entre les articles, des brèves commentent les déclarations des élus locaux, ou des extraits d'articles de la presse locale.
En 2001, le premier adjoint au maire d'Amiens poursuit Fakir pour diffamation à la suite d'un article paru dans le cinquième numéro du journal, mettant en cause sa gestion d'une plateforme d'hébergement pour les sites Internet des collectivités locales de Picardie.. Condamné en première instance à d'amende, le journal est relaxé en appel.. Fakir reçoit le prix J-presse 2001 du meilleur journal de ville et de quartier pour le numéro incriminé. Le prix du journal est alors de 10 F ().
En 2000 et 2002, Fakir est attaqué deux fois en justice par le quotidien régional Le Courrier picard, notamment pour avoir caricaturé un de ses collaborateursCommuniqué de presse de l'association Fakir de juin 2002.Émission de Là-bas si j'y suis du 29 avril 2004, consacrée à cette procédure judiciaire.Appel à la défense du journal Fakir sur le site d'Acrimed, 27 février 2004.. Il est relaxé et le chef local du Courrier picard est condamné en appel à lui verser « Le Courrier picard essuie un Waterloo judiciaire », fakirpresse.info, 29 septembre 2004..
En 2003, Fakir vendait environ dans la région d'Amiens et compterait 500 abonnésJacques-Olivier Teyssier, « Fakir : la bouffée d'oxygène », Acrimed, 8 novembre 2003..
2006 : Le Plan B et Tchio Fakir En 2006, l'équipe de Fakir fusionne partiellement avec celle de Pour lire pas lu (PLPL, titre publié entre juin 2000 et octobre 2005) pour donner Le Plan B, un journal d'enquêtes sociales. François Ruffin, qui intègre au même moment l'équipe de l'émission Là-bas si j'y suis, écrit notamment deux pages de critique sociale dans chacun des numéros, tout en continuant de publier un "Tchio fakir" local, de taille plus réduite.
2008 : Élections municipales amiénoises En 2008, le journal décide de prendre parti dans les élections municipales amiénoises et organise une contre-campagne à l'encontre de l'ancien maire et ministre Gilles de Robien. Fakir sort un numéro spécial de 32 pages intitulé Le Livre noir du robiénisme qui . En même temps, l'équipe édite , et la tire à puis la diffuse dans les boîtes aux lettres d'AmiensFRANÇOIS RUFFIN : FAKIR, D’UNE ANTI-CAMPAGNE L’AUTRE (interview). Article 11. 24 mars 2009.. La campagne se fait davantage contre l'équipe sortante que pour l'opposition, qui n'est pas épargnée dans certains articles.. Au second tour, la liste de Gilles de Robien est battue, après 19 ans passée à la tête de la mairie.
2009 : Séparation du Plan B et lancement du titre au niveau national
Fort de cette « victoire », le journal cherche à la transposer aux élections européennes de 2009. Peu de temps après que l'équipe de Fakir ait quitté Le Plan B, le journal devient national (numéro 39, ) et sa parution bimensuelle. Il aborde des thématiques nationales, tout en conservant pour un temps un « cahier des régions ». Le journal est remaquété, prend un format tabloïd et passe en couleur, tout en conservant sa numérotation d'origine. À partir du numéro 47 (automne 2010), Fakir passe au format berlinois.
Le tirage de Fakir augmente en conséquence, se situant d'après l'ours du journal entre et numéros édités.
Selon François Ruffin, les ventes sont de l'ordre de exemplaires pour les premiers numéros à parution nationale en 2009.
Fakir est le dernier journal à disposer d'une interview de Maurice Allais, récipiendaire du prix de la Banque de Suède en sciences économiques, mort le ..
Le bimensuel indique dans ses colonnes le chiffre de exemplaires par numéro au début de l'année 2012, ( en kiosque et abonnés)SSF, Crise de croissance, Fakir, , juillet - septembre 2012. Lire page 2., celui de au début de l'année 2013 ( en kiosque et abonnés)François Ruffin, Le rebond en avant, Fakir, , juillet - septembre 2013. Lire page 5.. Fakir affirme avoir réalisé un bénéfice de pour l'année 2013 et affirme approcher du nombre de abonnés au début de l'année 2014François Ruffin, « Point comptable », page 5, Fakir, , février 2014.. Il est largement distribué à l'occasion de Nuit Debout en 2016. Début 2020, le journal indique compter 18 782 abonnés et des ventes en kiosque entre et sur les derniers numéros..
Fin 2021, après près de 22 années à la tête de la rédaction, dont 4 en tant que député, François Ruffin cède la place de rédacteur en chef à Cyril Pocréaux.
Fakir éditions À partir de 2013, Fakir lance une collection de livres sur des sujets sociaux. La plupart ont été écrits ou dirigés par François Ruffin et son collaborateur Antoine Dumini..
En 2015, un des ouvrages du journal, Comment ils nous ont volé le football, reçoit le prix lycéen du livre d'économie et de sciences sociales, avec près de 80 % des votes..
L'éditeur débute en une collection intitulée avec un ouvrage écrit par Ruffin, Un député à... l'hôpital psychiatrique.. Il est suivi en par Un député à... la ferme.. Un troisième livre intitulé Un député et son collab... chez Big Pharma paraît en 2018, rédigé par Cyril Pocréaux et François Ruffin..
En 2020, Fakir lance une nouvelle collection « Au rapport ! », qui reprend des rapports parlementaires réalisés par François Ruffin. Le premier sort en 2020, et est intitulé Que faire de la police ?..
Le , Fakir éditions réédite Gens de France et d'ailleurs. de Jean Teulé. Après s'être rapproché de l'ancien éditeur Ego Comme X, un travail de plusieurs mois débouche sur une nouvelle édition qui reprend la couverture de la toute première édition, alors édité chez Casterman et paru en deux fois entre 1988 et 1990..
Films produits en lien avec Fakir
Merci patron !
Dans le numéro 70 de Fakir de mai-, François Ruffin annonce qu'il a conçu et réalisé un film intitulé Merci Patron ! Annonce en haut de la couverture, visible sur le site « bulles picardes », 13 mai 2015. (une coproduction Fakir et Mille et une productions) racontant une histoire dont Bernard Arnault (propriétaire de LVMH) est le protagoniste, histoire traitée en partie à la manière du réalisateur Michael Moore, du documentariste Pierre Carles ou des activistes The Yes Men.« Merci Patron ! », ou comment retourner la bouffonnerie du pouvoir à son profit, article de Nicolas Bole le 23 février 2016, sur le site leblogdocumentaire.fr.. Ce film sort en salle le , après une tournée d'avant-premières dans toute la France.
Le groupe LVMH a fait espionner le journal Fakir pendant deux ans, de à . Ces activités d'espionnage ont été supervisées par Bernard Squarcini, pour un montant de 2,2 millions d'euros.. Il n'y aura pas de procès puisque, à travers l'application d'une convention judiciaire d'intérêt public (CJIP), Bernard Arnault accepte de payer d'euros à titre d'amende afin de clore l'affaire sans procès.. Cet accord entre la justice française et Bernard Arnault a suscité la colère de François Ruffin..
Le film J'veux du soleil !
Au mois de , Gilles Perret (documentariste) et François Ruffin entreprennent un périple d'une semaine à travers la France des Gilets jaunes, pour aller à la rencontre des femmes et des hommes mobilisés sur les ronds-points. Ils en reviennent avec quelque vingt-quatre heures d'images et de nombreux témoignages.. Le , François Ruffin annonce depuis sa chaîne YouTube qu'il coréalise avec Gilles Perret un film intitulé J'veux du soleil !, qui sortira en salle le .. Ce road-movie documentaire, dont l'objectif est de porter à l'écran les visages et les paroles des Gilets Jaunes, est distribué par la société Jour2Fête et par Fakir. Fakir sollicite l'aide de ses lecteurs pour la diffusion du film, que ce soit en allant le proposer aux salles de cinéma, en organisant des projections sur les ronds-points avec des Gilets Jaunes, ou encore en distribuant le tract officiel du film..
Le film Debout les femmes !
En , François Ruffin et Gilles Perret repartent en tournage dans le cadre d'une mission parlementaire sur les métiers du lien, que réalise François Ruffin et le député LREM Bruno Bonnell. Cette collaboration inattendue est l'occasion pour les deux députés de rencontrer différents acteurs des métiers du lien : des salariés, des professionnels et des institutionnels.
Ralenti par la pandémie de Covid-19, le tournage reprend en et finit de suivre toutes les étapes de la mission jusqu'au vote à l'Assemblée nationale .
Les premiers extraits issus de la bande annonce mettent en scène les femmes salariées des métiers du lien.. Le film est sorti en .
T'chio Fakir
En plus de leur publication bimestrielle, Fakir publie de façon régulière des numéros de quatre pages appelés T'chio Fakir ( en picard). Ceux-ci sont destinés à la diffusion dans les manifestations et fournissent une information sur un sujet précis..
Actions militantes
À plusieurs reprises l'association et le journal Fakir organisent des actions militantes.
« Les Teufs à Babeuf »