René Gaspard Ernest Taillandier, dit « Saint-René TaillandierPseudonyme créé à l’imitation de celui de Saint-Marc Girardin. », né le à Paris, où il est mort le Son acte de décès (n°493) dans les registres de décès du arrondissement de Paris pour l'année 1879., est un historien, homme de lettres et homme politique français. Luc Fraisse voit en lui l’un des pionniers de l’histoire littéraire.
Biographie
Jeunesse et études Saint-René Taillandier est le fils de Zélie Lebeuf et de René Taillandier, avoué près le Tribunal civil de la Seine, auteur de diverses poésies, d’un poème sur la Guerre d’Espagne (1824, in-8°), de quelques épitres et pièces de circonstance., et d’un poème en l’honneur de la délivrance de la Grèce, l’Helléniade..
Taillandier sortit du lycée Charlemagne en 1836, avec le prix d’honneur de philosophie au grand concours.. Il obtint ensuite une licence en droit et une autre ès lettres, avant d’aller compléter ses études supérieures à l’université de Heidelberg, où il entra en relation avec le philosophe Schelling.. Dès 1841, il est nommé suppléant de littérature à l’université de Strasbourg. Deux ans plus tard, le , il soutient obtient la validation de ses deux thèses de doctorat ès lettreshttps://eslettres.bis-sorbonne.fr/notice/Doctorant/5794, consulté le 8 janvier 2024. : De Summa Providentia res humanas administranteSaint-René Taillandier, De Summa providentia res humanas administrante senserint prioris Ecclesiae scriptores, et quae fuerit apud eos hujus doctrinae fortuna et incrementum, Paris, Crapelet, 1843, 63 p., URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5328300s, consulté le 8 janvier 2024. (en latin) ; Scott Erigène et la philosophie scolastiqueSaint-René Taillandier, Scot Erigène et la philosophie scholastique, Strasbourg : Levraut ; Paris : P. Bertrand et Joubert, 1843, 339p., URL : https://numelyo.bm-lyon.fr/f_view/BML:BML_00GOO0100137001102814253/IMG00000001, consulté le 8 janvier 2024. (en français).
Devenu docteur, il participe à de très nombreuses soutenances de thèses de doctorat ès lettres en qualité de membre du jury. Il étudie également à l'École libre des sciences politiques.
Parcours professionnel Il devient, aussitôt après, suppléant, puis, en 1846, titulaire de la chaire de littérature française à la faculté des lettres de Montpellier. La même année, en Provence, il épouse la Tarasconnaise Camille MouretJules Laurens, Une Vie artistique. Laurens, Jean-Joseph-Bonaventure (14 juillet 1801-29 juin 1890), sa vie et ses oeuvres, Carpentras, J. Brun, 1899, 184. Lire en ligne.« Mortuorum Prouvençau », dans Armana prouvençau pèr lou bèl an de Diéu 1880, Avignon, Roumanille, 1880, 111. Lire en ligne.. En 1844, il fut également agrégé des lettres. Appelé à Paris, à la fin de 1863, pour suppléer Saint-Marc Girardin dans la chaire de poésie française à la Sorbonne, il fut nommé professeur d’éloquence française en 1868 après un cours remarqué sur Molière.
Au mois de , il est nommé secrétaire général du ministère de l’Instruction publique par le ministre Segris, puis ministre de l’Instruction publique par délégation à Bordeaux jusqu’en 1871. En 1872, il reprend son poste de professeur d'éloquence française à la Sorbonne. Devenu conseiller d’État en service ordinaire hors sections, et membre du Conseil supérieur de l’enseignement secondaire spécial, il est élu membre de l’Académie française en 1873 , en remplacement du P. Gratry..
Décoré de la Légion d’honneur en , connu pour avoir été un observateur attentif de la scène littéraire, non seulement en France, mais aussi en Allemagne et en Europe centrale, Saint-René Taillandier a été, à partir de 1843, un des plus assidus collaborateurs de la Revue des deux Mondes, à laquelle il a fourni diverses séries d’études d’histoire, de philosophie, de littérature française contemporaine et surtout sur l’Allemagne et les pays du Nord. Il fut même sur le point de sacrifier son titre de professeur en Sorbonne à cette revue, lorsque, sous le Second Empire, il fut un moment menacé d’avoir à opter entre la collaboration qu’il lui apportait et sa chaire. Le dernier qu’il ait écrit dans cette revue, paru quelques jours avant sa mort, est une étude sur Victor de Laprade. Ses ouvrages d’histoire littéraire sont pour la plupart composés d’articles parus initialement dans la Revue des deux Mondes, où cet esprit vaste et souple avait mis à contribution presque toutes les littératures de l’Europe.
Ayant abandonné sa chaire depuis deux ans pour mettre en œuvre les nombreux matériaux qu’il avait accumulés, Saint-René, qui se plaignait, quelque temps avant sa mort, de douleurs dans la poitrine, succomba à une angine de poitrine, à six heures du soir, en rentrant chez lui, 20 rue Saint-Benoit, où son frère, l’abbé Henri Taillandier, curé de Saint-Augustin, qui l’attendait, put lui donner une dernière absolution. Un autre de ses frères, Édouard Taillandier a écrit quelques brochures politiques ou économiques.
Il est inhumé au cimetière du Montparnasse ().
Décoration
Le , Saint-René Taillandier est promu au grade d'officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur, au titre de .
Notes et références
Principaux ouvrages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Bibliographie Luc Fraisse, Les Fondements de l'histoire littéraire, de Saint-René Taillandier à Lanson, Genève-Paris, Champion, « Romantisme et modernités », 2002.
Liens externes
Critiques littéraires de Saint-René Taillandier parues dans la Revue des Deux Mondes. Gustave Flaubert : L'Éducation sentimentale et Salammbô. Victor Hugo : Quatre-vingt-treize et La nouvelle série de la Légende des siècles ; Nécrologie parue dans Le Figaro daté du . Nécrologie parue dans Le Monde Illustré daté du .
Catégorie:Historien français du XIXe siècle Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Élève du lycée Charlemagne Catégorie:Étudiant de l'université de Heidelberg Catégorie:Enseignant à l'université de Strasbourg Catégorie:Enseignant à l'université de Montpellier Catégorie:Enseignant à la Sorbonne Catégorie:Ministre français de l'Instruction publique Catégorie:Membre de l'Académie française Catégorie:Naissance en décembre 1817 Catégorie:Naissance dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Élève de l'École libre des sciences politiques Catégorie:Décès en février 1879 Catégorie:Décès dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 61 ans Catégorie:Mort d'une crise cardiaque Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse (division 1) Catégorie:Officier de la Légion d'honneur Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Cabiscòu du Félibrige