Le mont Sion (en hébreu : , ) est une des collines de Jérusalem, située au Sud-Ouest de la vieille ville. Le nom de Sion est souvent pris comme symbole de Jérusalem.

Origine du nom L'origine du mot Sion vient du mot sioun. Sa traduction littérale est une borne ou un monument servant à conserver la mémoire des morts :

Lu Sion ce mot désigne le site du sanctuaire de Dieu. Même après la destruction du Temple de Jérusalem, le mont Sion et son symbolisme continuent à rappeler la présence du Dieu d'Israël..

Le nom mont Sion apparaît dans le . Dans toutes ces mentions, il fait référence au mont du Temple. Par exemple, dans le livre des Psaumes, il est décrit comme le lieu de résidence de YHVH :

Ainsi, le mot hébreu Sion est le nom de la colline sur laquelle Jérusalem fut bâtie, le noyau originel et plus ancien de la ville.

Selon la Bible, les Jébuséens, fondateurs de la cité qu'ils désignaient sous le nom de Jébus, habitaient le mont Sion où ils avaient bâti une forteresse. Celle-ci est prise par le roi David et fortifiée par lui. Il y établit peut-être son palais : cet édifice de prestige n'a jamais été découvert et les ruines éparses mises au jour n'ont jamais été attestées comme étant son palais. Pourtant, la tradition considère le mont Sion comme le lieu de la demeure royale.

Géographie vignette|gauche|Vue du mont Sion.

Le mont Sion constitue le prolongement sud de la colline sur laquelle se trouvent les quartiers juif et arménien de la vieille ville, s'étendant entre la vallée latérale au nord, la vallée du Hinnom à l'ouest et au sud, ainsi que la vallée du Tyropoeon à l'est. Le mont Sion est quant à lui séparé de la vieille ville par les murailles ottomanes. Son point culminant est à .

Changement de localisation Entre la destruction du Temple de Jérusalem (70) et le , voire l'époque byzantine, l'appellation « mont Sion » a cessé de désigner le mont du Temple et s'est transféré au site actuel. .. Il s'agit Au retour d'exil, Sion désigne directement le site du Temple (Is 60, 140; 1 M 4, 37, 60). Cette confusion a été facilitée par le fait que tous les Juifs ont été expulsés de Jérusalem après la défaite de la révolte de Bar Kokhba et que cette partie de la ville est la seule qui n'a pas été détruite en 135, subsistant avec les qui s'y trouvaient, selon le pèlerin anonyme de Bordeaux (333)En 333, le pèlerin anonyme de Bordeaux écrit (Itin. Burd. 592-593) cité par . et les Pères de l'Église qui ont écrit à ce sujetEn 392, Épiphane de Salamine mentionne qu'en 135, lorsque Hadrien entra dans Jérusalem, le mont Sion était en ruine à l'exception de quelques maisons dont cité par ..

Traditions chrétiennes Un nombre important de faits liés à l'époque apostolique sont situés « sur le mont Sion » par la tradition chrétienne.

La tradition chrétienne y joint aussi la localisation de la descente de l'Esprit sur les apôtres, les frères de Jésus et sa mère, lors de la première Pentecôte (Ac 1, 13), cinquante jours après la crucifixion de Jésus (Ac 2). Est aussi placé en ce lieu le siège de Jacques dont parle Eusèbe de Césarée (HE 7, 19) et ainsi que le relate les pèlerins de l'époque byzantine. Cela permet de comprendre l'actuelle localisation du patriarcat arménien au cœur du quartier arménien en se référant à Jacques le Juste comme premier évêque de Jérusalem. Marie, la mère de Jean surnommé Marc l'évangéliste, et tante de Barnabé y aurait aussi possédé une grande maison, lieu de réunion des premières communautés chrétiennes ( et ). C'est aussi au mont Sion qu'ont été localisées les apparitions de Jésus à Jérusalem (Jn 20, 19 et 26)Simon Claude Mimouni, Dormition et Assomption de Marie: histoire des traditions anciennes, La tradition de la maison de Marie à Sion, . ainsi que les traditions au sujet de la chambre haute où se sont réfugiés les disciples après l'Ascension (Ac 1, 13).

C'est aussi sur le mont Sion que des traditions situent la maison de Marie, la mère de JésusSimon Claude Mimouni, Dormition et Assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, La tradition de la maison de Marie à Sion, ..

Toutefois ni les documents, ni l'archéologie ne mettent en évidence la moindre preuve d'une La totalité des rites de vénération semblent avoir été mis en place après la conversion au christianisme de l'empereur . Dans ces conditions, on ne sait si ces traditions liées au mont Sion concernent bien cette colline à l'Ouest de Jérusalem ou si elles concernaient la localisation du mont Sion à l'époque de jésus, c'est-à-dire la colline de l'Ophel, dans la mesure où les pères de l'Église comme Eusèbe de Césarée ne savaient pas que la localisation du « mont Sion » avait changé. Toutefois, John E. Taylor met en doute le témoignage du pèlerin de Bordeaux et d'Épiphane, au sujet de cette localisation. C'est aussi cette situation du « mont Sion » qu'Eusèbe de Césarée prend comme repère pour justifier la position du Golgotha retenue, qui a nécessité la destruction d'un Temple de Vénus, pour y construite la première Église du Saint-Sépulcre, au centre de la ville d'Aelia Capitolina, nom de la ville romaine reconstruite sur les ruines de Jérusalem après 135.

Histoire Le mont Sion est devenu une partie de la Jérusalem antique à l'époque du Premier Temple, lorsque la ville s'est développée vers l'ouest au-delà de la vallée du Tyropoeon. L'ensemble de la colline était alors appelé colline occidentale. Après la destruction du Premier Temple et le retour des exilés de Babylone, Jérusalem est reconstruite dans des proportions plus modestes et le mont Sion reste en dehors des murailles. Après quelques années, la colline occidentale est à nouveau intégrée à l'intérieur de la ville. Le mont Sion est entouré d'un rempart connu sous le nom de première muraille et mentionné par Flavius Josèphe. Il semble qu'au cours de l'époque du Second Temple, des Esséniens aient établi un quartier sur le mont Sion..

Avec la destruction de Jérusalem par les Romains en 70, les murailles entourant la ville, le Temple de Jérusalem et le mont Sion sont à nouveau détruites. Après la défaite de la révolte de Bar Kokhba (132-135), la ville est détruite et vidée de ses habitants. L'empereur Hadrien prend un décret qui interdit à tout juif d'y pénétrer (135).

Sur le mont Sion, une petite communauté juive portant le nom de se maintient. Elle tire son nom d'un passage du livre de Josué (18:28) : et Jébus qui est Jérusalem. Après la révolte de Bar Kokhba, cette communauté est elle-même expulsée.

Au , des judéo-chrétiens (nazôréens ou ébionites) semblent mentionnés dans les Catéchèses de Cyrille de Jérusalem comme disposant d'une synagogue sur le mont Sion. Il est assez probable que certains d'entre eux soient revenus à Jérusalem après la suspension de l'Édit d'Hadrien (135) par Antonin le PieuxSimon Claude Mimouni, Le judéo-christianisme ancien, Paris, 1998, .Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, ..

Sites remarquables vignette|gauche|redresse|Église de la Dormition située sur le mont Sion.

C'est le lieu traditionnel du cénacle. Aujourd'hui, on y trouve le monastère de la Dormition appelé aussi « Sion chrétienne ».

Le tombeau du roi David vignette|redresse|Le tombeau du roi David.

Sur le mont Sion se trouve ce qui est improprement appelé « tombeau de David »Pixner, 1990, ; Limor in Murphy O'Connor, 1995, , note cités par .. Ce lieu est particulièrement vénéré par les juifs. Lorsqu'ils ne pouvaient pas se rendre au mur des Lamentations, après la guerre israélo-arabe de 1948-1949, c'est ici qu'ils venaient prier.

Synagogue du À l'emplacement du « tombeau de David », des fouilles entreprises depuis une soixantaine d'années ont mis au jour une série de constructions dont la plus ancienne remonte au et et ce par des nazôréens ayant survécu à la révolte après s'être réfugiés à Pella, ainsi que l'affirme Eutychius d'Alexandrie.

Autres sites Sur le mont Sion se trouvent également plusieurs autres sites : la chambre de l'Holocauste ; la tombe d'Oskar Schindler ; l'église Saint-Pierre en Gallicante (du chant du coq).

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Fille de Sion Sionisme

Liens externes