Cet article recense les timbres de France émis en 1849 par l'administration des Postes.

Légende Pour chaque timbre, le texte rapporte les informations suivantes : date d'émission, valeur faciale et description, formes de vente, artistes concepteurs et genèse du projet, date de retrait, tirage et chiffres de vente, lorsqu'ils sont connus,

ainsi que les informations utiles pour une émission donnée.

Généralités right|thumb|Affiche, circulaire des nouveaux tarifs postaux applicables au

Les timbres de France émis à partir de sont les premiers timbres-poste produits par ce pays, dans le cadre d'une réforme postale, suivant ainsi le Royaume-Uni (en 1840), et d'autres.

Cette réforme prévoit une baisse des tarifs qui sont désormais calculés uniquement selon le poids du pli, et non plus selon le poids et la distance à parcourir. Elle voulait encourager le paiement préalable du port par l'expéditeur sous la forme de l'affranchissement du pli à l'aide d'un timbre acheté au bureau de poste ou au facteur.

Le décret du 24 août 1848 fixe les nouvelles tarifications et modalités de taxation des courriers, notamment l'apparition de trois timbres dans son article 5.

Ces premiers timbres au type Cérès porte les mentions : « REPUB FRANC / POSTES », le premier pour République française. La valeur faciale est exprimé en centime et en franc français.

Tarifs

Les nouveaux tarifs postauxDécret du 24 août 1848, article 5 concernent les tarifs de bureau à bureau, donc entre circonscriptions postales différentes, mais la réforme tarifaire ne modifie pas les tarifs antérieurs locaux, urbains et spécifiques à Paris, notamment pour maintenir un prix concurrentiel face à l'emploi de coursiers dans les grandes villes.

Principaux tarifsPour plus de détails, et les autres tarifs en cours, consulter les sites externes mentionnés ci-dessus. postaux :

Échelon de poids Tarif généralLoi (ou décret) du 24 août 1848, application le janvier 1849, nouveaux tarifs, ne prenant plus le poids et la distance comme base du calcul, mais seulement (en le simplifiant) le poids (en 3 tranches) pour les lettres postées et distribuées en France, Corse ou Algérie., Bureau à Bureau Port localLoi (ou décret) du 3 juin 1829, application depuis le avril 1830. Tarif intermédiaire entre le port urbain et le port national, pour les lettres postées et distribuées dans la même circonscription postale, donc desservi par le même bureau de distribution., (même bureau de distribution) Port urbainLoi (ou décret) du 27 frimaire an VIII, application depuis le janvier 1800, tarifs postaux pour la même ville (en province), ou la même commune., (pour la même ville) Tarif spécifiqueLoi (ou décret) du 24 avril 1806, application depuis le mai 1806, tarifs de la poste aux lettres de Paris., Paris pour Paris : jusqu'à 20 c. 10 c. (0 à ) : 10 c. (0 à ) : 15 c. : de 7,5 à 40 c. 20 c. (15 à ) : 20c. (15 à ) : 25c. : de 15 à 1 F. (15 à ) : 30 c. (30 à ) : 30 c. (30 à ) : 35 c. par tranche supplémentaire (par ) : 1 F. (par ) : 10 c. (par ) : 10 c. (par ) : 10 c.

La taxe de recommandation ou de chargement est le double tarif, dans ce cas l'affranchissement en timbres-poste est obligatoire.

Ces tarifs seront en application jusqu'au .

Voici les tarifs qui peuvent être réalisés avec un seul ou plusieurs des timbres émis le (sachant que tous les tarifs de l'époque ne peuvent être réalisés avec les deux timbres alors émis).

Tarifs intérieursD'après Catalogue France Dallay 2007-2008, ou Encyclopédie des Timbres-poste de France, , pp. 208-227.: 20 c. : lettre jusqu'à (inclus) partant, et à destination, de la France métropolitaine, de la Corse et de l'Algérie « de bureau (de direction) à bureau (de direction) » soit entre deux circonscriptions postales ; Lettre en Port local de 7,5 à moins de lettre de 15 à moins de circulant dans la même ville (soit le tarif double) ou le même bureau (sauf dans Paris, et pour Paris) ; deux timbres de 20 c., soit 40 c. : lettre de 60 à moins de à destination de la même ville (sauf Paris) ; lettre de 7,5 à de Paris vers la Province, et vice versa, ou de « Bureaux à Bureaux » en Province (soit entre deux circonscriptions postales différentes). lettre recommandée de moins de au tarif intérieur (Bureau à Bureau, sauf Paris) 1 F. : lettre de 15 à entre deux villes (Bureau à Bureau) ; en multiple, pour surcoût d'une lettre de plus de , 1 franc par tranche de supplémentaires ; 2 timbres à 1 F. : Lettre recommandé de plus de et moins de au tarif intérieur (bureau à bureau) ; 4 timbres, soit 4 F. : pour une lettre recommandée de 100 à au tarif intérieur (Bureau à Bureau).

La taxe de recommandation intérieure (Bureau à Bureau) est le double du port (ainsi une lettre de à envoyée en recommandée peut être affranchie avec 4 timbres à 1 franc, pour 2 fois 2 francs).

Tarifs pour l'étranger : il n'existe aucune règle générale, d'où une grande diversité des tarifs. En effet le coût du port est lié à des accords tarifaires bilatéraux entre états, compliqué par des tarifs frontaliers de proximité. L'usage des timbres-poste sur ces courriers est autorisé par une circulaire de , applicable au , mais il existe quelques très rares courriers antérieurs avec des timbres. 20 c. : tarif frontalier vers le royaume de Belgique ; 1 F. : lettre légère vers le royaume des Deux-Siciles, les États Sardes, la Grèce et les îles Ioniennes (alors sous contrôle britannique) en Europe, vers les Indes britanniques, Ceylan et Singapour, et vers Hong Kong et la Chine, les bureaux français du Levant et les établissements français en Inde. la composition 1 F. + 20 c. permet l'envoi d'une lettre vers la Serbie et les États de la côte dalmate, les États pontificaux et la République de Saint-Marin.

Oblitérations L'oblitération du timbre-poste a pour but d'en marquer l'usage, cette oblitération appelée « timbre oblitérant » à l'époque est spécifique à cet usage. Sur la lettre est apposé un second cachet à côté du timbre-poste, le cachet à date, qui indique la date de prise en charge du courrier par le service postal. Au dos du pli, sont apposés des cachets à date, au minimum un, celui du bureau qui assure la distribution au destinataire, et éventuellement les cachets à date des bureaux des différentes étapes du parcours de la lettre.

L'oblitération normale sur le timbre-poste en 1849 est l'oblitération « grille ». Mais, de nombreux bureaux de poste n'ayant pas reçu leur matériel d'oblitération réglementaire avant le , on trouve des cachets fabriqués en toute hâte localement, ou des oblitérations avec des modèles de cachets anciens, pour annuler les timbresPremière utilisation connue de la Grille en province : 12 janvier 1849 à Beauzée (Meuse) d'après : revue Timbroscopie, numéro hors-série : Classiques de France, tome 1, Trimestre 1989. Ces plis avec ces oblitérations de fortunes sont appréciés des collectionneurs spécialisés, et négociés à des prix « d'amateurs ». Ils sont d'autant plus recherchés que l'on trouve très peu de timbres-poste sur lettre entre le et le .

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L'annulation du timbre (ou cachet oblitérant) « grille » apparaît en général entre le et le selon les bureaux. Le bureau central de Paris (rue du Louvre) utilise la grille à partir du . La roulette « grille sans fin » apparaît plus tardivement fin 1851, puis début 1852 dans certains bureaux de quartierPour plus de détails, voir : « Paris Oblitérations, 1849-1879 », V. Pothion, éditions La Poste aux lettres, 2000 ; ou : « Catalogue des marques et oblitérations de Paris, 1700 - 1876 », A. Rochette et J. Pothion, à compte d'auteurs, 1958 (350 p.). Elle est utilisée pour oblitérer les affranchissements composés de plusieurs timbres-poste, particulièrement sur des courriers à destination de l'étranger.

Janvier Les deux premiers timbres Le , par décret de l'Assemblée Nationale « Relatif à la taxe des lettres », le gouvernement provisoire de la décide la réforme postale, la circulaire d'application est publiée le . Entre-temps, le , l'Administration des Postes décide le lancement de l'impression d'un timbre à 20 centimes en noir, et à 1 franc en rouge.

Le modèle du timbre est adopté le . Le dessin adopté représente Cérès, déesse romaine de l'agriculture, et figure allégorique de la République, qui sera également utilisée pour la nouvelle série monétaire. Le type Cérès est l'œuvre de Jacques-Jean Barre, le Graveur général de la Monnaie de Paris.

La conception, puis l'impression, sont faits dans un délai très court, si court qu'il a même été envisagé de sous-traiter l'impression des premiers timbre à Londres, chez , qui s'était proposé. Le poinçon, en tant que matrice initiale, est exécuté en cinq semaines, en relief, sur un support en acier, sans les valeurs, sur deux goujons amovibles, et est livré le aux ateliers de la Monnaie de Paris, où Anatole Hulot (1811-1891)« Anatole Hulot », sur bnf.data.fr. prend en charge la suite. Les clichés secondaires sont réalisés par galvanotypie, c'est-à-dire que par ce procédé de reproduction à l'identique, on recouvre les moules de plomb, par électrolyse, d'une couche de cuivre pour les rendre résistant, puis les planches d'impressions sont préparées. La planche obtenue est appelée un « galvano ». Ce procédé de reproduction d'un modèle à l'identique avait été développé en France par Firmin-Didot quelques mois plus tôt« L'apparition du timbre-poste en France », par Florent Martin, sur histoirepostale.com..

Le tirage débute le pour le 20 centimes noir, et le pour le 1 franc rouge ; le choix des premières encres, immédiatement disponibles en stock, n'est pas anodin. Les timbres sont imprimés en typographie à plat, en feuille de trois cents exemplaires, en deux panneaux de 150 timbres (15 lignes de 10 timbres) séparés par une marge de environ. Chaque panneau de 150 timbres est imprimé par un galvano. Les feuilles étaient coupées en deux avant livraison aux bureaux de poste. Chaque panneau (ou demi feuille) mesure approximativement de largeur par de hauteur.

Les dimensions de chacune des vignettes, marge blanche non comprise, sont de 20 mm sur 24 mm.

Les timbres sont imprimés à l'aide de presse à bras de la maison Lacrampe et Cie sur des feuilles de papier couleur ivoire (d'autres teintes existent) fournies par le papetier Angoumois Lacroix ; elles sont ensuite, au verso, gommées avec un pinceau, avec une espèce de laque, qui, une fois humidifiée, permettra l'encollage.

Le , sont mis à la disposition du public, deux timbres-poste non dentelés de 20 centimes de couleur noire et de 1 franc de couleur rouge.

Cérès, 20 centimes noir Généralités right|thumb|Le 20 centimes noir, premier timbre de France. Émis le , le premier timbre de France est destiné à l'affranchissement des lettres de moins de (tarif de Bureaux (de direction) à Bureaux (de direction), en France, en Corse et dans les 3 départements algériens, il existait alors 3633 bureaux de Poste, dont 37 en Algérie). Le 20 centimes noir est retiré définitivement de la vente le 29 octobre 1850, soit trois mois après le changement de tarif du , qui met fin à son usage principal« La première émission de France », par G. Prugnon, dans : Le monde philatélique, , pp. 29-33.