La tonsillectomie ou amygdalectomie est une ablation chirurgicale des amygdales palatinesWeil-Olivier, C., Sterkers, G., François, M., Garnier, J. M., Reinert, P., & Cohen, R. (2006). L'amygdalectomie en 2005. Archives de pédiatrie, 13(2), 168-174 (résumé)..
Une histoire très ancienne Vieille de plus de , l'amygdalectomie fait partie des interventions les plus anciennement pratiquéesHistoire des maladies de l'oreille, du nez et de la gorge - Y.Guerrier, P.Mounier-Kuhn - Ed R.Dacosta.. Pour réduire le volume des amygdales hypertrophiées les chirurgiens de l'antiquité proposaient l'exérèse totale, partielle, ou encore la cautérisation. En ces temps où l'anesthésie n'existait pas, le risque hémorragique était redoutable. La rapidité d'exécution du geste était primordiale.
La cautérisation
Elle eut la faveur de certains praticiens en raison de l'absence de risque hémorragique. La cautérisation peut être thermique avec un cautère métallique en fer ou en or, ou chimique avec des caustiques (potasse, ammoniaque, mercure), appliqués à l'aide d'un linge essoré.
L'amygdalectomie
Aulus Cornelius Celsus (Celse) () décrit une amygdalectomie par énucléation au doigt. Paul d'Égine (625?, 690?) écrit dans son : Ambroise Paré (1510-1590) utilise un serre nœud pour lier le pédicule si celui-ci est suffisamment étroit. (1622-1676), chirurgien du roi , décrit dans son traité comment après avoir tracté l'amygdale, il place une ligature autour de la base de la glande et comment ensuite, il l'excise avec des ciseaux. William Cheselden (1688-1752), pour éviter le risque de saignement, lorsque le pédicule de l'amygdale est trop large, propose de percer la base de la glande pour y passer deux fils et lier séparément les deux moitiés du pédicule. On attend quelques jours que l'amygdale se détache. (1786-1837) de Philadelphie, crée un amygdalotome précurseur des pinces à anneaux actuelles. C'est à (1865-1928) qu'on doit l'invention de l'instrument qui porte son nom et qu'utilisent presque tous les laryngologistes au .
L'amygdalectomie aujourd'hui Environ des tonsilles ont été pratiquées en 2002, en France (enfants dans 90 % des cas). Selon Weil-Olivier .
En 2010, des tonsilles ont été réalisées chez des mineurs..
Grâce aux progrès de l'anesthésie générale et à l'utilisation systématique de l'intubation trachéale qui protège les voies respiratoires, le chirurgien peut opérer tout en maitrisant le risque hémorragique pendant l'intervention. Deux techniques se partagent la faveur des opérateurs : l'amygdalectomie par dissection peut être utilisée tant pour les adultes que pour les enfants ; l'amygdalectomie à la pince à anneau (Sluder) garde ses partisans pour l'amygdalectomie de l'enfant ; sûre et rapide, cette technique est sur le point de disparaître car elle n'est plus enseignée.
L'anesthésie se faisait autrefois à l'éther diéthylique et aujourd'hui avec une courte anesthésie générale. Un changement du timbre de la voix et des difficultés à déglutir peuvent provisoirement apparaître à la suite de l'opération et un effet adverse sur l'avenir d'enfants atopiques a été évoqué, mais est encore discuté. L'amydalectomie est aussi fréquemment suivie d'une prise de poids, qui peut poser problème si elle devient excessive. La seule complication postopératoire à risque grave est .
Indications
Il s'agit d'une opération courante, et d'un geste traditionnel visant à résoudre des problèmes d'hypertrophie amygdalienne (notamment quand cette hypertrophie est source d'apnées du sommeil). Elle n'a que peu de contre-indications et concerne presque toujours des enfants (dès l'âge de ). La fréquence de cette opération a diminué depuis la fin de la seconde partie du et les indications de cette opération ont changé. On tend peut-être à plus respecter les amygdales car elles sont l'une des premières barrières immunitaires des voies aériennes supérieures et parce qu'on reconnait plus d'importance aux fonctions immunitaires des tissus lymphoïdes et en particulier aux tissus lymphoïdes associés au tube digestif responsables de , néanmoins l'amygdalectomie est réputée sans conséquence immunologique générale.
Les indications font l'objet, en France, de recommandations publiées par la Haute Autorité de santé en 2006Recommandation H.A.S. (2006).. Le plus souvent, l’indication d’une amygdalectomie repose sur des arguments fournis par l’interrogatoire du patient et les données de l’examen clinique. L’intervention est recommandée en cas : Amygdales infectieuses
Infection aiguë dont les signes inflammatoires locaux et régionaux persistent ou plus et ne répondant pas à un traitement médical bien conduit et bien suivi. Infection chronique de l’amygdale ayant résisté à un traitement médical bien conduit et bien suivi : à partir de trois épisodes infectieux par an depuis plusieurs années, ou d'au moins infectieux dans l’année et après une période d’observation de minimum. Récidive d’abcès ou phlegmon péri-amygdalien.
Suspicion de tumeur Devant une tuméfaction unilatérale d’une amygdale, l’amygdalectomie s’impose sans délai pour réaliser les examens histologiques nécessaires. Obstruction des voies respiratoires Hypertrophie amygdalienne bilatérale avec signes d’obstruction des voies aériennes supérieures, retentissant sur la croissance staturo-pondérale, entraînant des troubles du développement maxillo-facial, dentaire, des troubles de la mastication et du langage. Syndrome d’apnées obstructives du sommeil de l’enfant lié à l’hypertrophie des amygdales et des végétations adénoïdes. C’est une indication formelle d’amygdalectomie associée à une adénoïdectomie. Elle constitue les trois quarts des indications de cette intervention aux États-Unis Erickson BK, Larson DR, St Sauver JL, Meverden RA, Orvidas LJ, , , 2009;140:894-901..
Complications Le principal risque est le risque hémorragique, qui touche environ sur 100, et qui est le plus important dans les six heures qui suivent l'opération ; il existe une deuxième période critique, entre le et le suivant l'opération, et qui impose le repos durant la convalescence.. Il existe des cas exceptionnels de décès, estimés à 1 sur .
Notes et références
Liens externes
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