L'Afrique occidentale française (AOF) était un gouvernement général regroupant au sein d'une même fédération huit colonies françaises d'Afrique de l'Ouest entre 1895 et 1958.
Constituée en plusieurs étapes, elle réunit à terme la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (aujourd'hui le Mali), la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Niger, la Haute-Volta (aujourd'hui le Burkina Faso) et le Dahomey (aujourd'hui le Bénin). Sa superficie atteignait kilomètres carrés, soit environ sept fois celle de la France. Son chef-lieu était Saint-Louis (Sénégal) jusqu'en 1902, puis Dakar (Sénégal).
Une organisation comparable, l'Afrique-Équatoriale française (AEF), est instaurée en Afrique centrale en 1910.
Histoire thumb|left|260px|Palais du Gouvernement général de l'Afrique occidentale française à Dakar.
L’Afrique occidentale française est créée le par l'union du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire. Le gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française, qui est aussi, dans un premier temps, le gouverneur du Sénégal, réside à Saint-Louis. Le premier nommé est Jean-Baptiste Chaudié. Le , la Banque du Sénégal devient la Banque de l'Afrique-Occidentale. Créée sous forme de société anonyme, elle dispose du privilège d'émission. La banque avait déjà quitté Saint-Louis pour Dakar. En 1902, c'est la capitale elle-même qui est transférée à Dakar jusqu'à la dissolution de la fédération. La double fonction de gouverneur du Sénégal et de gouverneur général de l'AOF prend fin après sept années de fonctionnement, car la charge est reconnue comme trop lourde. Les deux postes sont alors dissociés et Ernest Roume est le dernier à avoir cumulé les deux mandats.
Un arrêté de 1903 porte sur la création du système scolaire en Afrique occidentale française et en 1904, un corps d'inspecteurs de l'enseignement est créé et formé dans ce qui deviendra en 1916 l'École normale William-Ponty. En 1904 les colonies sont au nombre de six : Sénégal, Haut-Sénégal et Niger, Mauritanie, Guinée, Côte d'Ivoire, Dahomey. Les troupes noires sont mises à contribution pendant la Première Guerre mondiale et en 1917 Blaise Diagne, élu député en 1914, est chargé du recrutement des tirailleurs sénégalais. En 1919, la colonie de la Haute-Volta nouvellement créée et le territoire sous mandat du Togo sont rattachés à l'Afrique-Occidentale française. Symbole de l'avancée coloniale, la ligne du chemin de fer de Dakar au Niger atteint Bamako en 1923.
En 1921, un recensement attribue à l'Afrique occidentale française, sans le Togo ()M. Fallex et A. Mairey, La France et ses colonies (classe de première), Delagrave, 1926..
vignette|250x250px|Carte de l'AOF, à destination des écoles, publiée en 1922. Dressée sous la direction d'Édouard de Martonne.
L'Exposition coloniale internationale de 1931 au bois de Vincennes est une manifestation de prestige destinée à montrer la puissance de l'empire colonial. Avec la reconstitution du temple d'Angkor, la forteresse du pavillon de l'Afrique-Occidentale française en constitue l'un des clous. .
thumb|left|250px|Carte de l'Afrique occidentale française en 1936.
En , alors que l'Afrique équatoriale française s'est presque intégralement ralliée à l'unité française de l'armée d'Afrique, le gouverneur général Pierre Boisson reste fidèle au régime de Vichy et fait échouer la tentative de débarquement des troupes alliées lors d’un affrontement naval connu sous le nom de bataille de Dakar ou « opération Menace ». Puis à la fin 1942, Boisson annonce son ralliement à l'amiral Darlan, qui a pris les rênes du pouvoir à Alger après le débarquement allié en Afrique française du NordPierre Montagnon, La France coloniale, tome 2, Pygmalion-Gérard Watelet, 1990, p. 60-63.. Après la mort de Darlan, Boisson demeure dans le camp du général Giraud. Après la fusion des forces giraudistes et gaullistes au sein du Comité français de libération nationale, l'Afrique-Occidentale française se rallie au général de Gaulle.
Un projet de loi tendant à la suppression du travail forcé en Afrique occidentale française est adopté par l'Assemblée nationale le sous le nom de loi Houphouët-Boigny. La même année la loi Lamine Guèye accorde la citoyenneté à tous les ressortissants de l'Union française qui vient d'être instituée et abolit le Code de l'indigénat.
La fédération cesse d'exister après le référendum de septembre 1958 sur la future Communauté française, et les territoires membres vote leur transformation en républiques autonomes, à l'exception de la Guinée qui vote pour l'indépendance.
L'indépendance de la Guinée en 1958 et celles des autres républiques en 1960 marquent la fin de l'Afrique-Occidentale française. Celle-ci avait une superficie de , plus du tiers de la superficie terrestre du Second Empire colonial.
La Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta et le Dahomey formèrent par la suite l'Union Sahel-Bénin, qui dura peu de temps, et le Conseil de l'Entente.
Fonctionnement vignette|241x241px|Réunion de gouverneurs devant le Musée des Colonies, à Paris. thumb|190px|Monnaie : 1 franc 1944 et 1948. thumb|190px|Palais du gouverneur général à Dakar vers 1920. L'Afrique occidentale française était placée sous l'autorité d'un gouverneur général (plus tard appelé haut-commissaire) dont dépendaient plusieurs lieutenants gouverneurs. Les frontières de chacune des colonies composant l'Afrique-Occidentale française étaient négociées avec les puissances coloniales voisines par des conventions. En cas de voisinage avec d'autres colonies françaises, elles étaient définies par décision administrative. Au fur et à mesure de l'implantation française, le découpage du territoire était géré par des unités administratives, des cercles et des subdivisions.
Le décret du , réglant l'organisation politique et administrative des Rivières du Sud, des établissements français de la côte d'Or et des établissements français du golfe de Bénin : Les Rivières du Sud, dotés d'un budget spécial distinct du budget du Sénégal, mais administrés par le lieutenant-gouverneur du Sénégal, assisté d'un secrétaire général ; Deux établissements, ou résidences, dotés de budgets spéciaux distincts de celui des Rivières du Sud, mais administrés par un résident et placés sous l'autorité du lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud : Les Établissements français de la côte d'Or ; Les Établissements français du golfe de Bénin.
Le décret du , portant réorganisation de l'Afrique occidentale française, supprima la colonie du Soudan français et répartit son territoire entre trois colonies existantes et deux nouveaux territoires militaires.
La colonie du Sénégal reçut les onze cercles de Kayes, Bafoulabé, Kita, Satadougou, Bamako, Ségou, Djenné, Nioro, Goumbou, Sokolo et Bougouni ; celle de la Guinée française, les six cercles de Dinguiray, Siguiri, Kouroussa, Kankan, Kissidougou et Beylas ; celle de la Côte d'Ivoire, les trois cercles ou résidences de Odjenné, Kong et Bouna ; celle du Dahomey, le canton de Kouala ou Nebba, au sud du Liptako, ainsi que le territoire de Say, comprenant les quatre cantons de Djennaré, Diongnré, Folmongani et de Botou.
Le premier territoire militaire recouvrit la circonscription dite « région nord et nord-est du Soudan français », comprenant les six cercles ou résidences de Tombouctou, Iumpi, Goundam, Bandiagara, Dori et Ouahigouya ; le second territoire militaire, la circonscription dite « région Volta », comprenant les cercles ou résidences de San, Ouagadougou, Léo, Koury, Sikasso, Bobo Dioulassou et Djebougou.
Aux termes du décret du , portant réorganisation du gouvernement général de l'Afrique occidentale française, celui-ci comprenait : Quatre colonies, administrées par un gouverneur, portant le titre de lieutenant-gouverneur, et assisté par un secrétaire général : La colonie du Sénégal, dont le territoire était réduit aux « territoires d'administration directe » ; Les trois colonies suivantes, maintenues dans leurs limites existantes : la Guinée française, la Côte d'Ivoire et le Dahomey ; Un territoire, administré directement par le gouverneur général ou, par délégation spéciale, par le secrétaire général du gouvernement général, assisté par un conseil d'administration : Le territoire de la Sénégambie et du Niger, créé à partir des territoires du Haut-Sénégal et du Moyen-Niger et des « pays de protectorat » relevant jusqu'alors du Sénégal.
Aux termes du décret du , portant réorganisation du gouvernement général de l'Afrique occidentale française, celui-ci comprenait : Cinq colonies, jouissant de l'autonomie administrative et financière, et administrées par un gouverneur assisté par un secrétaire général : La colonie du Sénégal, dont le territoire, jusqu'alors réduit aux « territoires d'administration directe », était étendu aux « territoires de protectorats » de la rive gauche du Sénégal, relevant jusqu'alors de la Sénégambie-Niger ; La colonie du Haut-Sénégal et du Niger, créée à partir des anciens territoires du Haut-Sénégal et du Moyen-Niger et de ceux formant le troisième territoire militaire, dont le chef-lie était établi à Bamako, subdivisée en : Cercles d'administration civile, comprenant ceux formant, jusqu'alors le deuxième territoire militaire ; Territoire militaire du Niger, administré par un officier supérieur — portant le titre de commandant ; Les trois colonies suivantes, maintenues dans leurs limites existantes : la Guinée française, la Côte d'Ivoire et le Dahomey ; Un territoire civil, ne jouissant pas de l'autonomie administrative et financière, et administré par un commissaire du gouverneur général : Le territoire civil de la Mauritanie
Le décret du , rattachant le territoire militaire du Niger au gouvernement général de l'Afrique occidentale française, détacha le territoire militaire du Niger de la colonie du Haut-Sénégal et du Niger, et l'érigea en subdivision administrative placée sous les ordres d'un officier supérieur, commandant du territoire, et dépendant directement du gouverneur général.
Le décret du , portant division de la colonie du Haut-Sénégal et du Niger et création de la colonie de Haute-Volta, divisa la colonie du Haut-Sénégal et du Niger en deux colonies distinctes : La colonie de la Haute-Volta, dont le chef-lieu était établi à Ouagadougou, et dont le territoire recouvrait les cercles de Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Ouagadougou, Dori, Say et Fada N'Gourna ; La colonie du Haut-Sénégal et du Niger, dont le territoire était réduit aux cercles restants.
Un décret du supprima la colonie de Haute-Volta et répartit son territoire entre les colonies du Niger, du Soudan français et de la Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire reçut les sept cercles de Ouagadougou, Koudougou, Tenkodogo, Kaya, Gaoua, Batié et Bobo-Dioulasso ainsi qu'une partie du cercle de Dédougou ; le Soudan français, le cercle de Yatenga ainsi que l'autre partie du cercle de Dédougou ; le Niger, le Gurma et le Liptako.
La loi 47-1707 du , tendant au rétablissement du territoire de la Haute-Volta, abrogea le décret du et rétablit la Haute-Volta comme territoire d'outre-mer, membre de l'Afrique occidentale française.
Le découpageG. G. Beslier, Le Sénégal, Payot, Paris, 1935, p. 207-208. est le suivant :
thumb|230px|L'Afrique occidentale française en 1935, en violet, avec les autres colonies françaises d'Afrique en lilas