Marius d'Avenches, en latin Marius Aventicensis, aussi connu comme saint Marius, saint Maire ou saint MaureDénomination locale comme en témoignent les armoiries d'Avenches., est un homme d'Église du , évêque d'Avenches (actuel canton de Vaud, en Suisse), et peut-être premier évêque de Lausanne. Il est aussi l'auteur d'une chronique, source notable pour l'histoire de cette région à l'époque mérovingienne.
En tant que saint, il est fêté le .
Biographie Il naît peu de temps après la conquête (534) du royaume des Burgondes (où se trouve Avenches) par les rois francs mérovingiens successeurs de Clovis.
Problème de la datation de la vie de Marius Un seul document d'époque atteste son existence : les souscriptions du concile de Mâcon en 585, où il signe en tant qu'« évêque d'Avenches ».
Aucun autre document ne fournit directement les dates essentielles de la vie de Marius d'Avenches, mais on peut les reconstituer en partie.
En 1235, Conon d'Estavayer reprend les Annales de Flavigny et de Lausanne, texte du , pour évoquer la vie de saint Marius. Il indique notamment que celui-ci serait mort à l'âge de 64 ans, « la même année que le roi Gontran ». Or Gontran est mort vraisemblablement vers 593, à la fin d'un mois de mars.
Selon l'historien suisse Justin Favrod (né en 1963), la clé qui permet de résoudre ce problème de datation se trouve dans la date de fondation de l'église de Payerne que , ce qui correspond au , soit un début d'épiscopat de Marius en 573.
Marius est donc probablement né aux alentours de 530, a probablement été ordonné prêtre en 567 et a reçu en la consécration épiscopale, devenant évêque d'Avenches ; son épiscopat a duré vingt ans et huit mois, donc jusqu'en , jusqu'au selon Favrod.
Origine et formation Selon le cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne, Marius d'Avenches serait originaire d'Autun (actuel département français de la Saône-et-Loire), et serait d'ascendance gallo-romaine et non pas germanique.
Il entre très probablement dans les ordres avant sa dixième année.
Évêque d'Avenches (à partir de 573 environ) Problème de la localisation réelle du siège épiscopal d'Avenches En général, les diocèses chrétiens de Gaule à l'époque mérovingienne prennent la suite des diocèses de la fin de l'Empire romain, qui eux-mêmes avaient été établis dans le cadre des cités gallo-romaines (par exemple : la cité des Parisii, des Andécaves ou des Pétrocores).
Avenches (située dans l'actuel canton de Vaud en Suisse), alors appelée Aventicum, étant le chef-lieu de la cité des Helvètes dans l'Empire romain, il parait normal qu'elle soit encore siège épiscopal à l'époque mérovingienne (de même que, par exemple, Paris, Angers ou Périgueux).
Mais Avenches a subi dès le une attaque d'envahisseurs germanique, des Alamans, et la ville, d'environ 20 000 habitants jusque-là, a périclité, de sorte que le siège du diocèse a oscillé entre Avenches et Windisch (Vindonissa) puis Lausanne.
Néanmoins, lors du second concile de Mâcon (585) dans la version en allemand)., Marius se désigne comme « évêque d'Avenches », ville dans laquelle il est le plus probable qu'il ait résidé ; sa signature au concile servirait de preuve.
Marius a-t-il transféré le siège épiscopal à Lausanne ? On sait que le siège épiscopal de cette région est définitivement installé à Lausanne vers 650 ; rien n'atteste donc catégoriquement que Marius ait eu son siège à Lausanne.
Néanmoins, on attribue généralement le transfert à Lausanne du siège de l'évêché à Marius en se fondant sur les Annales de Flavigny et de Lausanne, qui désignent Marius comme « évêque de Lausanne ». Mais il s'agit d'un texte du ,
On peut aussi se fonder sur le cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne qui affirme que Marius a été inhumé dans l'église Saint-Tyrse. Mais cette église se trouvait dans l'enceinte de la ville et . De plus, les reliques de Marius n'ont jamais eu de culte dans cette église.
Les historiens situent donc le siège de son évêché tantôt à Avenches, quasiment à l'état de ruines à l'époque, ou à Lausanne où se trouvait un bourg fortifié.
Aperçu de l'épiscopat de Marius Après son ordination épiscopale, on attribue à Marius la construction de plusieurs églises dans son diocèse, dont certaines dédiées à des martyrs d'Autun, en référence à une tradition selon laquelle l'évêque aurait fait venir sur ses terres épiscopales des reliques provenant de son diocèse d'origine.
Son épitaphe renseigne aussi sur sa vie, mais de façon très générale et peu précise. Marius aurait vécu de façon ascétique et humble, effectuant les missions qui incombent à l'évêque comme rendre la justice, secourir les pauvres, diriger les clercs de son Église, célébrer les offices divins, etc..
Il fonde l'abbaye Notre-Dame de Payerne le , construite sur une villa romaine, il en fonda peut-être d'autres dans son diocèse dédiées à des saints d'Autun.
Mort et funérailles Il est enterré dans l'église Saint-Thyrse de Lausanne où ses reliques sont conservées.
À la fin du , l'église change de patronage et devient l'église Saint-Maire. Connu dans la tradition comme saint Maire ou saint Maure, il a laissé un important souvenir dans la région.
Après sa mort, le siège épiscopal reste vacant près de 45 ans ; ce n'est qu'en 639 qu'un nouvel évêque, Arricus, devient évêque de Lausanne.
La Chronique de Marius d'Avenches Marius est l'auteur d'une chronique universelle, couvrant les années 435 à 581, prolongeant celle de Prosper d'Aquitaine et s'inspirant de sources diverses et d'événements contemporains. Se considérant comme romain, il date les années en référence aux consuls et aux empereurs de l'Empire romain d'Orient, qui existe toujours, contrairement à l'Empire romain d'Occident (aboli en 476).
Cette chronique donne des indications précieuses, surtout pour l'histoire du royaume des Burgondes.
C'est le premier texte qui utilise le terme variola (variole) pour décrire une épidémie survenue en Gaule et en Italie en 570.
C'est aussi l'un des deux textes qui parle de l'éboulement du Tauredunum, à l'origine d'un tsunami du lac Léman.
Postérité spirituelle Marius d'Avenches est, avec Grégoire Palamas, le saint patron de la paroisse francophone orthodoxe du patriarcat de Serbie à Lausanne, la paroisse Saint Maire et Saint Grégoire Palamas.
Le château Saint-Maire, construit sur l'ancien couvent du même nom, porte le nom de l'évêque.
Notes et références
Voir aussi
Éditions de la Chronique
Marc Szwajcer, Marius d'Avenches, Chroniques (455-481), texte original et traduction.
Bibliographie
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Articles connexes Royaume des Burgondes, Royaumes francs Mary le confesseur Maris, Marthe, Audifax et Abacum Château Saint-Maire Liste des évêques de Lausanne, Genève et Fribourg
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