Roundup est le nom commercial d'un herbicide produit par la compagnie américaine Monsanto. et commercialisé depuis 1975, utilisé en épandage ou en pulvérisateur manuel. Cet herbicide non sélectif, d'où le qualificatif d’« herbicide total », avait pour substance active (herbicide) le glyphosate, associée à un surfactant. Il est l'herbicide le plus vendu au monde.
C'est un produit toxiqueGoldstein DA, Farmer DL, Levine SL, Garnett RP, Mechanism of toxicity of commercial glyphosate formulations : How important is the surfactant ? ; Clinical Toxicology [Clin. Toxicol.]. Vol. 43, , . 2005 (résumé)., irritant et écotoxique « Monsanto mis à l'amende pour son Roundup », Libération (journal), 27 janvier 2007.. Il est également dangereux pour la reproduction des abeilles..
Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), c'est un cancérogène probable« Le désherbant Roundup classé cancérogène probable », Le Monde, 25 mars 2015.. Cet avis est également partagé par l'INSERM., et plusieurs études universitaires. mais pas par d'autres agences sanitaires internationales qui se sont prononcées..
Son usage massif par les agriculteurs depuis la fin des années 1990 a conduit à l'apparition croissante de mauvaises herbes qui sont désormais résistantes au glyphosate « Farmers Cope With Roundup-Resistant Weeds », The New York Times, 3 mai 2010..
En France, une loi interdisant la vente libre de glyphosate aux particuliers a été adoptée le .. La commercialisation de la marque se poursuit pour les non-professionnels sous le nom Roundup avec une formule désormais sans glyphosate.. Mais à l'automne 2023, la Commission européenne vote la prolongation de son usage pour dix ans, s'appuyant sur un rapport de l'EFSA qui conclut à l'absence de « point de préoccupation majeure ».. Plusieurs ONG françaises saisissent la justice européenne afin de contester cette décision.
La marque Roundup a été rachetée par le groupe Bayer en 2018 mais elle est exploitée sous licence pour le marché des particuliers par la société Evergreen Garden Care....
Utilisation Le Roundup est un herbicide systémique non sélectif ; son caractère systémique fait que, lors d'une pulvérisation, le glyphosate est efficace même si la pulvérisation n’a atteint qu’une partie de sa cible (la plante).
Ce produit peut être utilisé associé à des cultures génétiquement modifiées (OGM) pour y résister, comme le soja « Roundup Ready ».
Sur des grandes surfaces de culture, dans les pays et lieux où cela est autorisé, il peut être diffusé par épandage aérien.
Il est aussi couramment utilisé comme désherbant domestique et urbain.
Modalité d'action sur la plante Grâce au surfactant qui lui est associé dans la formulation commerciale, le glyphosate, sa substance active, pénètre à travers les organes aériens de la plante, même quand celle-ci est protégée par une cuticule cireuse.
En effet, les surfactants sont utilisés dans les formulations de lessive pour le dégraissage. La cuticule cireuse est quant à elle composée de dépôts successifs de cire enrobée dans une couche d'acides gras hydrophobes dont un des rôles physiologiques principaux est lié à sa nature hydrophobe. Attaqués par les surfactants, les acides gras et les cires n'assurent plus la protection et laissent passer le principe actif dans la sève.
Véhiculé par la sève, il migre de son point de pénétration jusqu’aux points de croissance (apex, méristèmes) et à travers toute la plante (tige, feuilles, racines) jusqu'aux cellules.
Au niveau de la membrane cellulaire (bicouche phospholipidique) qui protège la cellule, les surfactants peuvent de nouveau exercer leur action de dégraissage et permettre la pénétration des actifs au cœur de la cellule. C'est le principe utilisé par les collégiens qui, prélevant des cellules épithéliales extraient l'ADN en dissolvant les parois cellulaires dans du liquide vaisselle.
Le glyphosate bloque alors la synthèse des acides aminés aromatiques au niveau de tous les organes de réserve (feuille, rhizome, bulbe)ACME..
Écotoxicité vignette|Bouteille de RoundUp et son étiquette. Elle est principalement liée à la toxicité directe du produit pour les plantes et les algues, mais le surfactant pourrait aussi être un facteur d'écotoxicité.
Des études notamment au Canada, montrent une augmentation de la concentration des sols en phosphore.
Pour les algues le problème est complexe puisque certaines algues ont aussi développé des résistances au Glyphosate (ibidem).
En France, des études montrent la présence de Glyphosate dans de nombreux cours d'eau (plus de 40 % des cours d'eau pour une étude publiée par Génération Futures en 2019.). Il y a néanmoins une incertitude sur les éléments mesurés, des syndicats d'agriculteurs pointant trois sources possibles aux AMPA. D'autres études montrent enfin la présence non négligeable de traces dans les cheveux de personnalités du monde écologique. : la présence du glyphosate dans la vie quotidienne est telle que même leur mode de vie ne suffit pas à les en tenir à l'abri, ce qui pourrait remettre en cause l'évaluation de la présence et de la rémanence du produit sur le territoire.
Toxicité Le problème est triple, du principe actif, des adjuvants et de la synergie des deux (voir ci-dessus).
Les adjuvants (surfactants) en eux-mêmes sont actifs contre la paroi cellulaire et donc nocifs une fois passées les premières barrières (épiderme). Ils sont ajoutés à la formulation car ils permettent l'entrée du principe actif, comme pour la plante, principe qui peut alors exprimer sa toxicité. Ils agissent sur la membrane lipidique comme pour une extraction d'ADN..
En termes de toxicité aiguë, le glyphosate seul est réputé très peu actif pour les animaux à sang chaud ; cependant ajouté aux additifs et au surfactant qui composent le Roundup, il forme un produit irritant, écotoxique et toxique. Mais cette affirmation de faible toxicité du glyphosate seul est contredite par des travaux scientifiques plus récents comme indiqué ci-dessous.
Outre des additifs dits « mineurs » tels que colorant, agents de texture (antimousse, silicone) dont la toxicité est a priori négligeable, les formulations commerciales de concentrés à base de glyphosate (dont fait partie le Roundup) associent deux substances principales qui agissent synergiquement : La substance active qu'est le glyphosate ; elle constitue environ 41 % du Roundup dans ses formulations historiquement typiques. Le glyphosate est un inhibiteur de l'enzyme énolpyruvate-shikimate-3-phosphate-synthase (EPSPS, qui est responsable de la synthèse des acides aminés aromatiques vitaux chez les plantes et certains organismes dits inférieurs, mais non chez les animaux). Absorbé isolément, le Glyphosate est considéré comme très peu toxique pour les mammifères (DL 50> chez les rongeurs, soit légèrement plus que le sel). Le glyphosate a même été testé (administré par voie intraveineuse) chez l'Homme comme un agent anti-fongique, sans toxicité apparente. Ces affirmations sont contestées dans les données toxicologiques listées plus bas ; Un surfactant (tensioactif éthoxylé dit POEA (polyoxyéthylène amine)), à raison de 10 à 20 % du mélange, qui serait responsable des effets toxiques observés des préparations au glyphosate..
S'y ajoutent d'éventuelles traces de contaminants liés au processus de fabrication ou de produits de dégradation tels que l'AMPA (produit de dégradation du glyphosate, mais aussi des lessives, ce qui rend difficile l'estimation de sa responsabilité) ou l'isopropylamine.
La proportion de ces substances peut varier suivant les formulations commerciales.
Données toxicologiques Le Roundup est un toxique probable pour l'Homme cité par
.. Les formulations commerciales sont connues pour provoquer des symptômes graves () en cas d'ingestion intentionnelle (lors de tentatives de suicide par exemple), supposément en raison de la toxicité du surfactant ou d'une synergie avec ce produit.
En outre, certains auteurs ont estimé que le glyphosate ou le surfactant peuvent aussi entraver la fonction mitochondriale.
En 2001, sur la base de l'inhibition de la stéroïdogénèse chez des cellules de Sertoli en culture exposées au Roundup, une étude a suggéré que le glyphosate soit aussi un « perturbateur endocrinien ». Il semble mimer les effets d'un anti-androgène, en affectant la protéine StAR ainsi que l'expression et l'activité d'un enzyme important (l'aromatase).
Une autre étude () a montré une cytotoxicité directe induite par l'agent tensio-actif, effet par ailleurs depuis démontré, avec une grande variété d'autres molécules tensioactives. On trouve d'ailleurs dans la littérature toxicologique des rapports de cas occasionnels d'ingestion de tensioactif (dont shampooings et produits nettoyants) ayant produit un tableau clinique semblable à ceux observés en cas d'absorption orale de formulations commerciales du glyphosate. Ces produits contenant souvent une petite quantité de biocides (agents conservateurs ou désinfectants), il reste difficile de préciser les réactions de causes à effet et de garantir qu'il n'y a pas eu d'éventuelles synergies entre le surfactant et le biocide.
De plus, Goldstein et al soulignent que de nombreux herbicides, en particulier ceux n'ayant pas de cible spécifique chez les mammifères, présentent néanmoins une très faible toxicité (intrinsèque) pour les mammifères ; et ils montrent aussi une . Quelques données suggèrent que - malgré leurs poids moléculaire élevé (qui empêche un passage transcutané), de nombreux tensioactifs présentent une biodisponibilité qui devient considérable quand ils sont absorbés par voie orale. La toxicité de formulations commerciales du glyphosate pourrait résulter d'une phosphorylation oxydative mitochondriale induite ou permise par le tensioactif ; effet qui a été observé avec plusieurs types de tensioactifs.
Plus récemment (2007), une étude conduite par des vétérinaires et physiologistes de l'université de l'Illinois et de l'université d'État du Minas Gerais (Brésil)André G. Oliveira, Luiz F. Telles, Rex A. Hess, Germán A.B. Mahecha, Cleida A. Oliveira , Effects of the herbicide Roundup on the epididymal region of drakes Anas platyrhynchos ; Reproductive Toxicology Volume 23, Issue 2, February 2007, Pages 182–191 DOI:https://dx.doi.org/10.1016/j.reprotox.2006.11.004, (résumé). montre qu'il a des effets néfastes sur la reproduction animale en affectant à la fois la synthèse des androgènes et des œstrogènes. Cette hypothèse a été testée en étudiant les effets in vivo du Roundup sur les testicules et l'épididyme du Canard colvert (Anas platyrhynchos). L'exposition des canards mâles à l'herbicide a entraîné des modifications dans la structure du testicule et dans la région de l'épididyme. Elle a aussi modifié les taux sériques de testostérone et d'estradiol, avec des changements observés (limités au testicule) dans l'expression des récepteurs aux androgènes.
Les effets néfastes les plus visibles concernaient les canaux efférents (canalicules efférents proximaux) et les conduits de l'épididyme, ce qui suggère une plus grande sensibilité de ces deux zones au sein des organes génitaux masculins. De plus, les effets étaient généralement dose-dépendants. Les auteurs en ont conclu que le Roundup .
En 2007 également, une étude de l'université de Caen N. Benachour, H. Sipahutar, S. Moslemi, C. Gasnier, C. Travert et Gilles-Éric Séralini, « Time- and Dose-Dependent Effects of Roundup on Human Embryonic and Placental Cells », Archives of Environmental Contamination and Toxicology, vol. 53, , 2007., publiée dans Chemical Research in Toxicology fin , met en évidence l'impact de diverses formulations et constituants de cet herbicide sur des lignées cellulaires humaines (cellules néonatales issues de sang de cordon, des cellules placentaires et de rein d'embryon).