Cicéron est considéré comme le plus grand auteur latin classique, tant par son style que par la hauteur morale de ses vues. En complément de sa biographie, voici une liste d'œuvres qui ont été traduites et publiées en FranceGeorge Hacquard, Jean Dautry, O Maisani, Guide romain antique, Hachette, 1963, .

vignette|Palimpseste du (Bibliothèque vaticane, codex 5757, fol. 277r).

Plaidoiries et discours Parmi les discours de Cicéron, quatre-vingt-huit sont connus, cinquante-huit ont été conservés, les autres sont repérés par leurs titres cités dans d'autres textes ou par des fragmentsCicéron, Fragments. titre des discours entièrement perdus, Œuvres complètes, tome IV, trad. Nisard, 1864, Paris, lire en ligne. Ils sont répartis en trois périodes, avant, pendant et après l'année consulaire de . Plusieurs discours furent réarrangés et amplifiés, certains n'étant même pas prononcés en public. Voici une liste des principaux. Ceux dont le titre commence par le mot Pro ou In sont des plaidoiries composées à l'occasion de procès, Pro précédant le nom de la partie représentée par Cicéron et In celui de la partie adverse.

81 : Pro Quinctio 80 : Pro Roscio Amerino (Pour Roscius d'Amerie) 77 : Pro Roscio Comoedo, (Pour Roscius le comédien) 70 : In Verrem (Contre Verrès) 69 : Pro Tullio ; Pro Fonteio (Pour Fonteius) ; 66 : Pro lege Manilia, dit aussi De Imperio Cn. Pompei 66 : 64 : In toga candida, perdu 63 : De Lege agraria contra Rullum. ; Pro Rabirio Perduellionis Reo ; In Catilinam I-IV ; Pro Murena 62 : Pro P. Sulla ; Pro Archia 59 : Pro Flacco 57 (retour d’exil) : Post Reditum in Quirites (Après [son] retour, discours aux citoyens); Post Reditum in Senatu (Après [son] retour, discours au Sénat) ; De Domo sua (Pour sa maison); De Haruspicum responsis (Sur la réponse des haruspices) 56 : Pro Sestio ; In Vatinium ; Pro Caelio ; Pro Balbo 56 : De Provinciis consularibus (Des provinces consulaires - prolongation du proconsulat de César en Gaule) 55 : In Pisonem 54 : Pro Cn. Plancio ; Pro Rabirio Postumo ; Pro Scauro 52 : Pro Milone 46 : Pro Marcello ; Pro Q. Ligario ; Pro rege Deiotaro (discours devant César) 44 : Philippiques (discours contre Marc Antoine)

Traités de rhétorique

Sept ouvrages de Cicéron nous sont conservés, traitant de l'art de la rhétorique : 86 : De inventione, sur la composition de l'argumentation en rhétorique 55 : De Oratore (De l'Orateur), sur l'art oratoire 46 : Brutus sive dialogus de claris oratoribus (brève histoire de l’art oratoire romain), dédié à Marcus Junius Brutus ; De optimo genere oratorum, (Sur le meilleur genre d'orateur) Orator ad Brutum (Sur l'Orateur), dédié à Marcus Junius Brutus De partitionibus oratoriae, sur les subdivisions du discours 44 : Topica, éléments de l'argumentation, explications des topoï d'Aristote La datation du De optimo genere oratorum, (Sur le meilleur genre d'orateur) est incertaine, la chronologie de Kany-Turpin la propose en 52, sans certitude

Œuvres philosophiques Cicéron donne lui-même une liste de ses traités philosophiques dans le De divinatione. Quoique non chronologique et ne citant pas les textes postérieurs à l'année 45, elle permet d'avoir le titre de plusieurs ouvrages disparusCicéron, De divinatione, livre II, 1. On comptabilise probablement 28 écrits philosophiques et rhétoriques et excepté les deux œuvres de jeunesses, ils furent composés entre -55 et -43. 85 : Oeconomici libri, traduction de l'Économique de Xénophon 54 : De Republica (De la République) 52 : De Legibus (Des lois) 46 : Paradoxa Stoicorum (Paradoxes des stoïciens) ; Laus Catonis (Éloge de Caton, œuvre perdue) Durant sa période de retraite politique, Cicéron produit en 45 et début 44 des ouvrages philosophiques à un rythme intense : mars 45 : Hortensius seu De philosophia liber (œuvre perdue, influença grandement Saint-Augustin) ; Consolatio, sive de minuendo luctu (Consolation, après la mort de Tullia, œuvre perdue, citée dans ses Tusculanes et par Lactance) ; Volumen prohaemiorum (introduction à la philosophie, n'a peut-être pas été publié) mai 45 Lucullus ou Academia Priora (en deux livres, seul le premier est conservé) ; Academia Posteriora (réécriture des académiques, en quatre livres) juin 45 : De finibus bonorum et malorum (Sur la fin des bonnes et mauvaises choses); Tusculanae Disputationes (Tusculanes, débats tenus à Tusculum) rédaction entre août et décembre 45 : De Natura Deorum (De la nature des dieux) ; De divinatione (De la divination) ; traduction du Timée de Platon 44 : De divinatione (De la divination) Cato Maior de Senectute (sur la vieillesse) ; De fato (Du destin) De gloria (De la Gloire, œuvre perdue) Laelius de Amicitia (sur l'amitié) ; De officiis (Des devoirs) De Virtutibus, sur les quatre vertus (connu par Saint-Jérôme)

Lettres La correspondance de Cicéron fut abondante tout au long de sa vie. Il nous reste quelque 800 lettres, une très grande partie fut perdue, et une centaine des réponses qui lui ont été adressées. Elle montrent mois après mois à partir de fin , date de la première lettre conservée, jusqu'à sa mort en 43, son évolution politique et philosophique, ses relations personnelles et familiales, et ses projets rédactionnels. Il prévoyait de publier cette correspondance « Il n'existe point de recueil de mes lettres », écrit-il à Atticus le , « mais Tiron en a environ soixante-dix ; et certes, on devra t'en demander quelques-unes. Il faut que je les voie, que je les corrige; alors seulement elles seront publiéesAd Atticum, XVI, 5.. » Il n'en aura pas le temps.

La publication de ces lettres se fera de manière posthume après , à partir des archives de Tiron et celles d'Atticus, à une date incertaine mais avant , année de la mort d'Atticus, le correspondant privilégié (on possède plus de 450 lettres de Cicéron à Atticus ), l'ami fidèle qui possède un atelier d'édition et qui a déjà édité Cicéron. Encore a-t-il fallu qu'il attende le moment propice dans l'époque troublée qui conduit à l'instauration du Principat et qu'il supprime un certain nombre de lettres de son ami qui auraient pu fâcher les maîtres du moment ou le compromettre. Selon Yves Roman, la publication s'est faite avec l'assentiment d'Octavien, après élimination de ses échanges avec Cicéron.

Cette correspondance, ainsi que les Discours, donnent aux historiens de nombreux témoignages sur divers aspects de la vie de l'époque, dont les activités financières et commerciales de la couche supérieure de la société formée par les sénateurs, les chevaliers, les banquiers et les grands commerçants (negociatores). Pour ces derniers, les écrits de Cicéron permettent d'en recenser environ 90 avec lesquels il est entré en relation. Un autre ensemble de 111 lettres regroupées au livre XIII des , sont des lettres de recommandation, qui constituent des documents illustrant la pratique du clientélisme à Rome, présenté comme le développement de relations d'amitié.

Les lettres sont regroupées dans les éditions modernes par destinataires : ad Atticum, lettres à Atticus, son ami et banquier regroupées en 16 livres ad Familiares, lettres à ses relations comme Pompée et Jules César, à ses amis et à ses clients, Sulpicius, Ligarius, Marcellus, Trebatius Testa, Cælius Rufus, Caton, etc. (16 livres) ad Quintum, lettres à son frère Quintus Tullius Cicero (3 livres) ad Brutum, lettres à Marcus Junius Brutus (un livre). C'est extrêmement lacunaire, le grammairien Nonius Marcellus parle de neuf livres compilant cette correspondance.

Très rapidement, les lettres de Cicéron sont utilisées comme support pour l'enseignement de la rhétorique et de l'éloquence. Ainsi Marcus Cornelius Fronto en choisit des extraits pour ses élèves les empereurs Marc Aurèle et Lucius VerusVoir par exemple la lettre à Marc Aurèle, Ad Antoninum Imp. ii 5, 163 A.D. se terminant par: "Epistulis Ciceronis nihil est perfectius".

La correspondance de Cicéron a été perdue de vue durant le Moyen Âge, et retrouvée lors du Trecento par Pétrarque.

En 1858, le Père Gioacchino Ventura de Raulica critique la préférence donnée dans l'enseignement aux auteurs païens sur les auteurs chrétiens et dénigre la correspondance de Cicéron : « Quant au style épistolaire, la supériorité des auteurs chrétiens sur les auteurs païens est un fait incontestable et incontesté. L'unique recueil païen réputé classique dans ce genre, c'est la correspondance de Cicéron. Rien, il est vrai, de plus élégant au point de vue de la latinité; mais rien aussi de plus ennuyeux et de plus fade au point de vue du goût; rien de plus vide au point de vue de l'intérêt; et rien de moins édifiant au point de vue de la morale. Tout y respire l'intrigue des plus basses passions , ce sont les épanchements les plus cyniques d'amitiés hypocrites, n'ayant que l'égoïsme pour mobile et pour base. » Gioacchino Ventura, Le pouvoir politique chrétien, Paris, 1858, p. 187, lire en ligne..

En 1947, Jérôme Carcopino dans une étude de ces lettres titrée « Les secrets de la correspondance de Cicéron » a brossé un portrait à charge de Cicéron particulièrement sévère. Selon Carcopino, la correspondance de Cicéron montrerait son vrai visage en contradiction avec ses écrits philosophiques, celle d'un avocat sans foi ni loi, d'une immense vanité et attaché à l'argent. Toujours selon Carcopino, en poussant Atticus à la publier, Octavien aurait voulu montrer la honte, la versatilité et la vanité du dernier défenseur de la République. Cette théorie est aussitôt réfutée par Pierre Boyancé dans son article « Cicéron contre Cicéron ? », paru en 1949Pierre Boyancé, Études sur l'humanisme cicéronien, Latomus, 1970.. Yves Roman réfute les hypothèses sous-jacentes de Carcopino, qui nécessitent un Cicéron qui aurait naïvement laissé une foule de lettres à charge contre lui, et un Atticus manipulé par Octavien qui se serait retourné contre son ami de toujours. Au contraire, Yves Roman voit dans la publication réalisée par Atticus avec l'assentiement d'Octavien une opération politique confortant la gloire de Cicéron, coïncidant avec la reprise de la circulation de ses écrits et la promotion de son fils au consulat en .

En 2021, la société d'édition Les Belles Lettres a publié la correspondance de Cicéron en un seul volume par ordre chronologique des lettres.

Poésie

Cicéron s'insère dans la période creuse de la poésie latine qui sépare Accius de Catulle. La plupart de ses poésies sont des œuvres composées dans sa jeunesse, ou après son ralliement à CésarPlutarque, Vie de Cicéron, II et XL. De ces poésies, on ne possède que des fragments tirés d'auto-citations de Cicéron, dont un seul est de quelque étendue.

Plutarque mentionne un petit poème, (littéralement « Pontius marin »), composé par Cicéron dans son extrême jeunessePlutarque, Vie de Cicéron, II, peut-être vers ses quinze ans, soit avant . C'et probablement l'histoire d'un pêcheur transformé par magie en monstre marin, selon un folklore familier de l'Italie du Sud. Il n'en reste aucun fragment.

Dans sa jeunesse, Cicéron a également traduit ou plutôt adapté en latin des poèmes grecs, comme les Phénomènes d'Aratos de SolesPierre-Jacques Dehon, « Aratos et ses traducteurs latins: de la simple transposition à l'adaptation inventive », Revue belge de philologie et d'histoire _ Antiquité, t. 81 fasc. 1, 2003, p. 93-115 (lire en ligne). Composé vers , c'est avec les œuvres d'Ennius, la plus ancienne composition en hexamètres de la littérature latine, ce qui apporte un témoignage unique sur l'évolution entre Ennius et Virgile de cette forme de versification.

Le Marius est une épopée sur Marius, son compatriote d’Arpinum. L'ouvrage n'est pas daté avec certitude, il date peut-être de , quand Cicéron avait vingt ans. Il en reste une auto-citation de Cicéron sur 13 vers, qui décrivent la lutte dans un arbre entre un serpent et un aigle finalement victorieux, un présage qui annonce à Marius sa gloire et son retour à RomeCicéron, De divinatione, I, XLVII.