L'autoconsommation, un concept souvent associé à celui d'autoproduction, est la consommation d'une ressource (bien, aliment, énergie solaire) ou de services produits par une entité pour elle-même. Cette entité peut être un individu, une famille ou un groupe restreint.
Elle est la règle dans de nombreuses sociétés dites primitives et vivrières. Elle peut aussi être la forme la plus locale (microéconomique) de l'économie circulaire, mais peut également prendre d'autres formes.
Quand l'autoconsommation représente une large majorité ou la totalité de ce qui est produit et consommé, on parle d'autarcie. Ceci peut aussi s'appliquer à grande échelle ( un pays vivant en autarcie alimentaire et/ou énergétique).
Dans le domaine médical on parle parfois aussi d'autoconsommation de médicaments pour désigner l'automédication.
Dans le domaine de l'énergie elle peut par exemple concerner le bois-énergie domestique (buche ou plaquettes) ou le méthane produit à la ferme ou l'électricité photovoltaïque produite par le toit d'un ménage ; l'autoconsommation photovoltaïque à partir des toitures des professionnels présente notamment un haut potentiel quand les besoins en consommation coïncident naturellement avec l'ensoleillement et la production solaire de la toiture.
On parle d'autoconsommation collective quand plusieurs personnes ou entités s'associent pour partager localement leur production électrique et/ou de chaleur en étant liées au sein d’une personne morale (association, coopérative, copropriété…).
Vocabulaire Pour désigner cette activité de production et consommation (échappant ou non aux échanges économiques officiels), y compris dans les pays développés, quelques-uns utilisent les termes d'économie ou de production « domestique »Caillavet F., Chadeau A., Core F. (1995), La production domestique dans les pays de l'OCDE, OCDE, Paris. Quand il s'agit des ressources les plus vitales, on parle généralement d'Économie de subsistance.
La notion d'autoconsommation peut être nuancée en différenciant : la consommation humaine directe ( fruits et légumes auto-produits et consommés) le réinvestissement dans un circuit de production ( les épluchures de légumes données aux poules ou au cochon, et le fourrage donnée à des animaux). Dans ce cas, on peut aussi parler d' autoapprovisionnementde Cambiaire M. A. (1952) L'autoconsommation agricole en France. In: Bulletin de la Société française d'économie rurale. Volume 4, , . Compte rendu des réunions de travail des 9 et 10 mai 1952. . doi : 10.3406/ecoru.1952.1291.
Dans le domaine médical on parle parfois aussi d'autoconsommation de médicaments pour désigner l'automédicationT Lecomte (1999) Chiffres de l'autoconsommation en France et à l'étranger ; avec hcsp.fr.
Autoconsommation alimentaire thumb|Agriculture de subsistance en Zambie L'autoconsommation peut concerner une large gamme d'enjeu et d'aliments, allant de l'utilisation d'herbes culinaires cultivées sur un balcon, à une situation d'autosuffisance alimentaire par la production dans un jardin potager qu'il soit personnel, familial, ou dans un groupe de jardins. Elle ne nécessite pas obligatoirement d'être propriétaire ou locataire d'une parcelle, par exemple dans le cas de certains jardins familiaux et de jardins communautaires, ou pour de nombreuses tribus ou peuples autochtonesP Raybaud (1981), Autoconsommation et société traditionnelle.
En agronomie, la différenciation entre les productions autoconsommées (cultures vivrières) et les productions destinées à la commercialisation (cultures de rente, animaux de rente) est un élément important de l'analyse du fonctionnement des exploitations agricoles. On parle d'agriculture vivrière, d'agriculture de substance ou d'économie du besoin lorsque la part d'autoconsommation est élevée et d'agriculture commerciale ou capitaliste lorsqu'elle est basse.
thumb|Jardin potager dans les environs de Londres En France, l'autoconsommation alimentaire a chuté avec les modes de vie plus urbainsGronau R. (1980) Home Production: a Forgotten Industry. Review of Economies and Statistics, vol. 42. ; la part d'autoconsommation mesurée en termes de dépense alimentaire totale passée de 16,2 % à 10,5 % en 20 ans (de 1971 à 1991) alors que dans le même temps, le taux de ménages ayant un potager a diminué de 44,3 % à 37,1 %.
Les fruits et légumes (feuilles ou racines) sont globalement le plus autoconsommésCaillavet France, et Nichele Véronique (1999) Autoconsommation et jardin. Arbitrage entre production domestique et achats de légumes - Économie rurale, Vol.250, , (avec persee.fr). Des œufs et volailles, voire des lapins le sont également assez fréquemment en milieu rural.
Retournement des tendances ? thumb|Jardin potager classique en région française La crise sanitaire et les restrictions imposées en 2020 et 2021 ont eu pour conséquence un changement d’attitude. De nombreux consommateurs déclarent désormais vouloir développer leur autoproduction. Les motivations liées à la culture d’un potager ne se limitent pas à la possibilité de produire leurs propres fruits et légumes, la notion de plaisir est aussi très importante.
Le confinement a permis aux Français de jardiner davantage et de consacrer plus de temps à ce loisir vert, en particulier pour cultiver leurs propres légumes et gagner ainsi en autonomie alimentaire. L'enquête à l’initiative du groupement national interprofessionnel des semences et plants, réalisée auprès de a donné les raisons de ce récent engouement des Français. Ces résultats traduisent une véritable évolution des pratiques en matière de motivations, de pratiques, des types de légumes et du choix des variétés cultivées, des profils des jardiniers amateurs ainsi que des tendances actuelles et futures du potager.
Dans un contexte de recherche de l'autoconsommation alimentaire, une étude a été réalisée en 2018 pour évaluer l'intérêt économique des jardins potages en FranceAnoucha Joubert ; Etude réalisée en 2018 « Intérêt économique des jardins potagers et fruitiers ». L’intérêt économique varie selon les espèces cultivées. Il est particulièrement élevé pour les plantes aromatiques et les petits fruits rouges. Les fruits et légumes peuvent être très rentables chez les jardiniers confirmés. Sans tenir compte du temps passé, en prenant en compte les dépenses engagées et en estimant la valeur des récoltes (sur la base des prix moyens du commerce bio en haute saison), les économies réalisées peuvent varier très fortement de 400 € à plus de ; elles sont en moyenne proches de par an.
Autoconsommation énergétique Le bois de chauffage, le méthane, le solaire thermique ou photovoltaïque, le petit éolien peuvent fournir une énergie mécanique, thermique ou électrique auto-produite et consommée à l'échelle de l'habitat individuel, du quartier ou d'un îlot urbain ou d'un écoquartier.
L'autarcie est parfois atteinte, voire dépassée (des bâtiments publics, entreprises ou habitations peuvent par exemple être « positifs en énergie » et alimenter de proches usagers ou le réseau électrique ou de gaz)
Dans le cadre des transitions énergétiques visant une énergie décarbonée, propre et sûre, des modèles non-centralisés seront bientôt facilités à grande échelle grâce aux smart grids et à un « internet de l'énergie », estime Jeremy Rifkin dans son livre sur la troisième révolution industrielle.
On parle d'autoconsommation collective quand plusieurs personnes ou entités s'associent pour partager localement leur production électrique et/ou de chaleur en étant liées au sein d’une personne morale (association, coopérative, copropriété…)Enerpress (2019), Rubrique actualité : "Autoconsommation collective : un projet d'arrêté devant le CSE" ; 17 juin 2019 n° 12344, p 3 et 4 ; Enedis, consulté le 16 juin 2019, cas de figure juridiquement reconnu en France depuis 2017ActuEnv (2019) Un décret vient préciser les conditions de mise en œuvre de l'autoconsommation collective. Il fixe notamment les conditions de répartition des volumes d'électricité entre les partenaires ; 02 mai 2017, par Philippe Collet. En effet, l’autoconsommation collective, définie par l’article L.315-2 du Code de l'énergie, prend place entre un ou plusieurs producteurs et un ou plusieurs consommateurs dont les points de raccordement au réseau se trouvent dans un périmètre géographique fixe. Chaque consommateur couvre son besoin par une partie autoconsommée provenant du producteur et une partie alloconsommée provenant du fournisseur, comme défini par l’article D.315-7 du Code de l’énergie. Cette distinction entre autoconsommation et alloconsommation est établie et communiqué par le GRD (article L.315-4 du Code de l’énergie).
Cas particulier de l'énergie solaire La demande d'autoconsommation in situ de l'électricité produite par les installations photovoltaïques est de plus en plus reconnueSophie Fabrégat (2013) Photovoltaïque : l'autoconsommation, modèle de demain ? ; Actu-Environnement, 2013-05-29 ; la ministre française de l'écologie Delphine Batho déclare en 2013 : . Par autoconsommation, la ministre comme le Syndicat des énergies renouvelables entendent surtout la consommation localisée, à l'échelle d'un quartier ou d'un îlot urbain, qui permet de mettre en adéquation la production et la consommation. En effet, à l'échelle d'une maison individuelle, en raison d'une inadéquation entre moments de production et de consommation, sans système de gestion de la consommation ou de stockage, la quantité d'électricité autoconsommée varie entre 20 et 40 % de la consommation de la maison.
L'autoconsommation photovoltaïque à partir de toitures des professionnels présente notamment un haut potentiel quand les besoins en consommation coïncident naturellement avec l'ensoleillement et la production solaire de la toitureAvis de l'ADEME - L'autoconsommation d'électricité d'origine photovoltaïque ; février 2018 - 10 p.
En Allemagne Depuis 2012, en Allemagne et en Italie, le prix de l'électricité (beaucoup plus élevé qu'en France), rend l'autoconsommation photovoltaïque rentable pour le particulier ; une prime à l'autoconsommation l'y encourageait même en Allemagne, abandonnée par le gouvernement début 2014 en raison de ses coûts administratifs et parce que n'étant plus jugée nécessaire, la parité réseau étant atteinte dans le paysL’autoconsommation, sur le site Photovoltaïque.info consulté le 29 décembre 2013..
Un nouveau système, plus incitatif, a succédé à cette prime : l'excédent de la production sur la consommation, injecté sur le réseau, bénéficie soit d'une prime de marché, soit du système du tarif d'achat ; pour les installations entre et , la part de la production éligible au tarif d'achat est limitée à 90 % ; depuis 2014, une taxe a été créée pour les auto-consommateurs afin de contribuer au développement de l'électricité renouvelable : les installations < sont exemptées et les autres payent 30 % de taxe sur leur facture d'électricité (40 % en 2017) ; le gouvernement a aussi introduit un système d'aide aux systèmes équipés de batteries de stockage, avec un taux de subvention de 25 % du coût du système de mars à , qui baissera progressivement jusqu'à 10 % fin 2018Baromètre photovoltaïque 2016, EurObserv'ER, avril 2016.
En 2013, selon une étude de R2B energy consulting, la part des installations auto-consommant une partie de leur production atteignait 95 % pour les installations de moins de , 85 % pour les systèmes de 10 à , 70 % pour ceux de à , 2 % au-delà. Le pourcentage moyen d'autoconsommation était en 2013 de 27 % pour les installations jusqu'à et 38 % de à EurObserv'ER, Baromètre photovoltaïque 2015 (avril 2015).