est un mot japonais utilisé pour distinguer les différents groupes sociaux (, « dedans » ; , « dehors »). Cette distinction entre les groupes n'est pas seulement un élément fondamental de la société japonaise mais elle se reflète également dans le langage et plus précisément la grammaire japonaise.

Concept

Le concept de base est de diviser les gens en groupes proches et en groupes extérieurs. Lorsqu'on parle à un membre d'un groupe extérieur, on doit l'honorer et le membre du groupe interne se devra donc de rester humble.

On pourra par exemple faire un cadeau à un membre d'un groupe extérieur en signe de respect.

Un des problèmes liés au modèle est le fait que les groupes ne sont pas statiques ; ils peuvent se mélanger et changer avec le temps et selon les situations.

Les groupes peuvent s'imaginer comme une série de cercles se chevauchant. La position de quelqu'un, à l'intérieur ou hors d'un groupe, dépendra du contexte, du statut et de l'âge.

Ainsi, un employé peut occuper un poste important pour sa propre compagnie, mais de moindre importance par rapport à une société cliente. De même, s'il est ceinture noire de karaté, il sera vu comme un supérieur dans son club de karaté, alors qu'en débutant au tennis, il sera perçu comme inférieur.

Au bureau La vie de bureau des Japonais est une parfaite illustration du concept : les employés qui sont sous les ordres d'un intermédiaire sont, pour lui, dans son groupe . Autrement dit, il pourra leur parler dans le japonais de base (sans politesse, avec l'équivalent du tutoiement) tandis que son supérieur hiérarchique sera dans son groupe et il lui devra la politesse. Cependant, quand il s'agit de faire affaire avec une autre entreprise, tous ceux de sa propre firme sont considérés comme tandis que l'autre compagnie est considérée comme . Dans ce cas de figure, personne ne trouvera donc étrange que l'on parle de son propre patron sans les préfixes de politesses que l'on attendrait dans d'autres circonstances, car cela permet de souligner que la compagnie est perçue comme un groupe uni, bien qu'elle puisse comprendre des sous-divisions, et que l'on n'y inclut pas l'autre entreprise.

Pour donner un exemple : en parlant avec un de ses subordonnés, un manageur pourra omettre le suffixe honorifique et même le « tutoyer » en utilisant le pronom alors qu'il s'en gardera bien avec son propre supérieur ou en parlant de son supérieur. Mais lorsqu'il traitera avec une autre entreprise, il pourra omettre les suffixes de politesse quelle que soit la personne de sa propre compagnie, y compris ses supérieurs hiérarchiques.

Mais si ce manageur parle à un subordonné de la famille de celui-ci, celle-ci ne sera pas considérée comme , mais comme , et donc en ajoutant les suffixes de politesse. Mais en parlant de sa propre famille, qui est , il utilisera le langage ordinaire. Autrement dit, sa propre famille est et celle de son interlocuteur est , avec l'ajout du préfixe honorifique .

De même, dans un foyer japonais, le membre le plus âgé de la famille, traditionnellement le père ou le grand-père, aura le privilège de prendre son bain en premier puis le reste de la famille suivra par ordre d'âge décroissant. Mais un visiteur se verra par contre offrir le premier bain et la meilleure chambre, même si ça doit grandement incommoder toute la famille.

Exemples dans le langage Le japonais poli honorifique () se sépare en trois formes : poli (), humble () et respectueux (). Parmi ces trois formes, il existe des mots et des préfixes bien précis.

Ainsi, le verbe « manger » pourra se dire : : forme de base ; : forme polie ; : forme humble. Littéralement « je reçois » ; : forme respectueuse lorsque l'on s'adresse à un supérieur.

De même, « une boisson » pourra se dire : pour parler de sa propre boisson ; pour parler de la boisson de quelqu'un d'autre (usage du préfixe de politesse o-).

La grande majorité des termes impliquant la famille, la maisonnée ou même les relations familiales prendront presque toujours des préfixes honorifiques selon qu'il s'agisse d'un groupe (sa propre famille) ou d'un groupe (la famille de quelqu'un d'autre). Il arrive même qu'en plus d'apposer un préfixe, ce soit un terme complètement différent qui soit utilisé. et ne s'utilisent que pour parler de ses propres parents. Pour parler du père et de la mère de quelqu'un d'autre, on utilisera les termes et . Mais ces mêmes termes peuvent s'utiliser par de jeunes enfants pour parler de leur propre famille, ce qui peut prêter à confusion. Il existe aussi d'autres termes encore plus cérémonieux pour parler de ses propres parents ou de ceux de son interlocuteur.

Dans les arts martiaux Dans les (arts martiaux), le terme () désigne un élève interne (élève résident qui contribue à la bonne marche du et suit l'enseignant avec assiduité) tandis que le terme () désigne un élève externe (dans le sens d'externat, élève présent par intermittence).

Par ailleurs, certains mouvement sont exécutés en passant à l'intérieur de la garde et sont dits , d'autres sont exécutés en passant à l'extérieur de la garde et sont dits . Il ne faut cependant pas faire de confusion avec une autre acception de qui désigne une frappe ().

Par exemple : en aïkido : (, projection en roue en passant par l'intérieur) et (, en passant par l'extérieur) ; au judo : (, grand fauchage intérieur) et (, grand fauchage extérieur), (, petit fauchage intérieur) et (, petit fauchage extérieur).

Voir aussi Articles connexes Dénomination d'une personne en japonais et et Politesse dans la culture japonaise

Catégorie:Société japonaise