vignette|Une locutrice du gallois enregistrée à Cardiff.
Le gallois (autonyme : , ) est une langue du groupe celtique insulaire de la famille des langues indo-européennes, proche du cornique et du breton, avec lesquels il forme la branche dite brittonique des langues celtiques. Parlé principalement au pays de Galles où elle est reconnue comme langue officielle depuis 2011, mais aussi en Angleterre et en Argentine, la langue nationale des Gallois est la langue celtique qui compte aujourd'hui le plus grand nombre de locuteurs. La langue emploie pour se désigner elle-même le terme de Cymraeg (d'où son autre nom, kymrique, ou cymrique, en français)D'après Cymru, le nom gallois du pays de Galles, dont l'origine serait le terme celtique combroges ou cumbrogi signifiant « compatriotes ». Voir aussi Cambrie.. Un galloisant, plus rarement gallophone, est quelqu'un qui parle le gallois.
Des recensements officiels (gouvernement gallois), réalisés régulièrement, montrent qu’entre 2013 et 2015, 47 % des résidents au pays de Galles parlent le gallois aisément et 53 % le parlent quotidiennement.. Selon le recensement de 2021, parlent gallois au pays de Galles, soit 17,8 % de la population. Il s'agit de la proportion la plus basse jamais enregistrée.. D'autres estimations ont rapporté de la langue, soit 29,7 % de la population galloise..
Histoire
Classification et variétés
Le gallois forme avec le breton et le cornique la famille brittonique des langues celtiques, qui comprennent aussi les langues gaéliques (irlandais, gaélique écossais et mannois) ainsi que les langues celtiques continentales aujourd'hui éteintes. Au sein des langues brittoniques, le breton et le cornique, qui forment la branche brittonique du Sud-Ouest, sont plus proches entre eux que chacun ne l'est du gallois, qui appartient à la branche brittonique occidentale. Le groupe comportait jadis un quatrième membre, le cambrien, éteint au Moyen Âge et qui n'est connu que par quelques gloses.
Le gallois comporte diverses variétés, mais ses dialectes sont moins différenciés que ceux du breton. La division la plus importante sépare le gallois du nord de celui du sud, sur la base de quelques faits de prononciation, de différences lexicales et de tournures spécifiques.
Il existe par ailleurs une forte distinction de registre de langue entre le gallois courant (Cymraeg llafar) et le gallois littéraire (Cymraeg llenyddol) - les deux existant conjointement à l'écrit. Par rapport aux états anciens de la langue, ce dernier est beaucoup plus conservateur par sa syntaxe et sa morphologie nettement synthétique, alors que le gallois courant s'est développé dans un sens plus analytique. Le vocabulaire est également différent, le gallois littéraire préservant de nombreux mots sortis de l'usage actuel tandis que le gallois courant comporte de nombreux emprunts à l'anglais (plus ou moins bien acceptés). Aujourd'hui, en dehors de contextes artistiques, le gallois écrit se base pour l'essentiel sur la langue courante.
Situation actuelle de la langue thumb|upright=1.2|Pourcentage de galloisants par district au pays de Galles selon le recensement de 2011 (dans la population âgée de 3 ans et plus).
Répartition géographique et nombre de locuteurs
Le gallois est principalement en usage au pays de Galles. Le recensement général de 2011 y indique un nombre de galloisants. Les sondages fondés sur l'auto-évaluation des compétences donnent des chiffres nettement plus élevés : en 2013, personnes y affirment être capables de parler gallois, soit 27 % de la population. Cependant, d'après des données de 2004-2006, seules (soit 16 % de la population) affirmaient le parler couramment..
L'enquête annuelle sur la population menée par l' pour l'année se terminant en a conclu que gallois (28,4 %) âgés de trois ans ou plus étaient capables de parler le gallois. Les résultats de la dernière enquête nationale pour le pays de Galles (2018-2019) suggèrent que 22 % de la population âgée de trois ans et plus étaient capables de parler le gallois, et 16 % supplémentaires ayant .
Il existe environ en Angleterre., tant en raison de flux migratoires en direction des centres industriels anglais que du fait de l'existence de communautés locutrices indigènes, parfois longtemps majoritaires tel qu'à Oswestry, cité limitrophe du pays (où l'hebdomadaire Y Cymro, « le Gallois », fut longtemps publié).
Il existe une petite communauté de langue galloise en Argentine, héritage d'un établissement gallois au (Y Wladfa) dans la vallée du Río Chubut, en particulier à Trelew, Puerto Madryn et Trevelin en Patagonie. Quelque personnes y parlent encore la langue..
Du fait des migrations internationales, les pays anglo-saxons comptent un petit nombre de galloisants : ainsi aux États-Unis2452 pour la période 2006-2008. ., au Canada1255 en 2011. ., en Australie1430 en 2011. ., en Nouvelle-Zélande1077 en 2006. ..
De nos jours, la langue est en danger, car la population au pays de Galles change. Les jeunes partent, principalement pour des raisons professionnelles, et de nombreux Britanniques non gallophones viennent s'installer.
Évolution récente L'usage du gallois a nettement diminué au du fait de la pression de l'anglais. Les mesures de revitalisation linguistique adoptées au pays de Galles ont freiné cette évolution : la proportion de galloisants a même augmenté entre les recensements généraux de 1991 et 2001. Cependant, le recensement de 2011 a montré la reprise d'un lent déclin de la langue, en particulier dans les régions-clés du Nord et de l'Ouest où le gallois reste une langue courante, cela du fait de l'installation croissante de personnes extérieures au pays de Galles. Cette érosion n'est pas compensée par la légère augmentation du nombre de galloisants dans les régions du Sud, largement anglicisées.
Statut officiel vignette|droite|Panneaux bilingues anglais-gallois à Cardiff Depuis la Deddf Iaith Gymraeg (« loi sur la langue galloise ») en 1993, la place du gallois s’est accrue dans les institutions : les administrations sont tenues de pouvoir offrir leurs services dans les deux langues.
La signalisation routière bilingue est normalisée au pays de Galles, et le gallois est reconnu en tant que langue régionale selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
Enseignement
Dans l’enseignement, le gallois possède une place remarquable, puisque 20 % environ des enfants du pays de Galles sont scolarisés en gallois première langue et que l’étude en est obligatoire jusqu’à seize ans pour tous les écoliers. Conséquence logique, c’est dans les classes d’âge les plus jeunes que l’on trouve le plus de galloisants.
Littérature
C’est la poésie galloise qui reste au plus près du cœur des gallois et ce depuis le Moyen Âge. Lors de l’Eisteddfod nationale (Eisteddfod Genedlaethol Cymru), grand concours annuel, festival de la langue et vitrine de la culture galloise, c’est au poète gagnant le grand prix que le trône bardique est décerné. Les formes strictes de la poésie galloise exigent une allitération formelle au cœur des vers, principe appelé cynghanedd.
Une des contributions galloises les plus célèbres à la littérature occidentale est le Mabinogion (un mot clairement dérivé du gallois mab, « fils »), une collection de contes relatifs à la mythologie celtique.
Médias
thumb|Signalisation routière bilingue au pays de Galles.
Il existe une radio nationale en gallois : BBC Radio Cymru, qui émet en FM et sur Internet. Il y a aussi de nombreuses chaînes régionales.
Il existe aussi une télévision en gallois : Sianel Pedwar Cymru (chaîne quatre pays de Galles en traduction, S4C de logogramme). Son émission la plus populaire est un feuilleton-fleuve qui dure depuis plus de 20 ans : Pobol y Cwm (Les gens de la vallée).
Écriture et prononciation
Accent tonique
Le gallois est une langue à accent tonique, lequel frappe habituellement l'avant-dernière syllabe des polysyllabes et l'unique syllabe des monosyllabes lexicaux. Toutefois, il existe un certain nombre de mots polysyllabiques accentués sur la dernière syllabe - parmi lesquels le nom même de la langue, Cymraeg. Le gallois familier a tendance à éliminer les voyelles initiales inaccentuées dans la prononciation (aphérèse) : des mots comme afalau « pommes », esgidiau « chaussures », yfory « demain » se prononcent alors [], [], []Prononciation du sud ; le nord aurait plutôt [], [], []..
Consonnes Le gallois possède les consonnes suivantes, transcrites dans l'alphabet phonétique international ; les graphèmes correspondants de l'alphabet gallois suivent en gras.
Labiale Dentale Alvéolaire Post-alvéolaire Palatale Vélaire Glottale bilabiale labio-dentale labio-vélaire centrale latérale Occlusive Nasale Affriquée Fricative Roulée Spirante
Remarques :
Lorsqu'une case contient deux signes, le premier désigne une consonne sourde et le second la consonne sonore correspondante. Les occlusives et nasales sourdes sont réalisées aspirées, et les occlusives sonores tendent à s'assourdir en fin de mot et après s dans les combinaisons sb et sg. Les nasales sourdes apparaissent surtout comme résultats de la mutation par nasalisation des occlusives sourdes. Le son [] apparaît normalement devant voyelle où il s'écrit si : ex. siarad [) « parler », siop [] « boutique » ; dans les autres positions, la transcription sh s'utilise pour les emprunts ou les usages dialectaux. En gallois du sud, s est chuinté en [] au contact de i : par exemple mis « mois » ou sir « comté » s'y prononcent [] et [] (contre [] et [] au nord). Les affriquées [] et [] se rencontrent dans les mots empruntés à l'anglais ; la transcription n'est pas tout à fait fixée, et certains usages y substituent le son []. Dialectalement, ces affriquées existent aussi dans les mots indigènes comme développements des combinaisons [tj] et [dj] (écrites ti et di). Dans les emprunts non assimilés, on peut rencontrer le son , auquel est souvent substitué [s]. La consonne fricative latérale alvéolaire sourde écrite ll est souvent décrite comme particulièrement typique de la langue galloise ; les anglophones en font souvent une approximation par thl ou fl dans les noms d'origine galloise comme (de llwyd « gris, brun »), ainsi qu'en témoigne la variante .
Voyelles Le gallois moderne possède six ou sept monophtongues de base, variables en quantité, ainsi que de nombreuses diphtongues. La quantité des monophtongues est en grande partie liée à l'environnement phonétique et l'accentuation, selon des règles assez complexes, mais il existe des oppositions de longueurs dans quelques positions, qui différencient certains mots (ex. car « voiture » / câr « ami, parent », ton « vague » / tôn « mélodie »). La quantité a une influence sur le timbre : les voyelles longues sont globalement prononcées plus fermées que les brèves. John Morris-Jones décrit au début du trois quantités (brève, mi-longue, longue), selon le système suivant : toutes les voyelles inaccentuées sont brèves. en dernière syllabe, les voyelles sont longues quand elles sont accentuées et suivies des seules consonnes , , , , , , , , , ou d'aucune consonne. Suivies de , , , , elles peuvent être brèves ou longues. Suivies de , elles sont longues au sud mais brèves au nord du pays de Galles. Suivies d'une autre consonne ou d'un groupe de consonne, elles sont brèves. en avant-dernière syllabe, les voyelles sont mi-longues quand elles sont accentuées et suivies des mêmes seules consonnes que les longues en syllabe finale - sauf et . Autrement, elles sont brèves.