Broons-sur-Vilaine est une ancienne commune d'Ille-et-Vilaine qui fait aujourd'hui partie de la commune de Châteaubourg.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Broon en 1205, Broun en 1207, Brohon en 1368.

Il pourrait procéder du mot gaulois brenn (I.E montagne) ou d'un nom en bragon- se rattachant alors au sens de boue, marais. Le bourg est situé sur une pente non loin de la Vilaine.

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Bronn ar Gwilen.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 8,6 % des toponymes de l'ancienne commune sont bretons.

Histoire Antiquité et Moyen-Âge Broons a une origine ancienne : le bourg s'est développé progressivement dès la fin du en bordure de l'ancienne voie romaine allant de Vindunum (Le Mans) à Condate Redonum (Rennes). Cette voie romaine passait par Vitré, Saint-Melaine, la chaussée de l'étang de Broons, TatouxTatoux est un hameau situé à la limite des communes de Servon-sur-Vilaine et La Bouëxière.,Acigné..

Époque moderne Une confrérie de saint Eutrope existait à Broons, se réunissant dans l'ancienne église paroissiale..

En 1782, les généraux [assemblées paroissiales] de Saint-Jean-sur-Vilaine, Saint-Didier, Domagné, Châteaubourg, Broons, Servon et Brécé se plaignent : « la corvée des grands chemins [la route de Rennes à Paris] est un fardeau d'autant plus onéreux pour les habitants des campagnes qu'ils y sont les seuls assujettis, qu'ils sont forcés de se livrer à un travail qu'elle exige dans les tems [temps] de l'année les plus précieux pour eux »J. Lecatonnoux, Le régime de la corvée en Bretagne au siècle, revue "Annales de Bretagne", 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1153183/f605.image.r=Saint-Jean-sur-Vilaine.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Broons-sur-Vilaine en 1778 :

Révolution française

L'assemblée du corps politique de Broons en vue des États généraux de 1789 se déroula le sous la présidence de Pierre-Anne PéanPierre-Anne Péan, né le à Antrain, avocat., procureur fiscal de Broons, en présence de 14 paroissiens, des notables. Pierre FouquetPierre Fouquet, né vers 1734, décédé le à Broons-sur-Viiaine., fut élu pour représenter la paroisse à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Rennes. Un cahier de doléances fut rédigé (consultable sur un site Internet)..

Jean Hacquart, vicaire de Broons en 1768, en devint le recteur en 1772 (à la mort de son prédécesseur Julien Colliot) ; prêtre réfractaire, il fut emprisonné dans l'abbaye Saint-Melaine de Rennes en 1792, puis s'exila à Jersey ; il redevint recteur de Broons après le Concordat en 1803 jusqu'à son décès en 1821.

Le 1er prairial an VI () le bruit se répandit à Servon que 16 hommes armés de fusils doubles avaient été vus la veille au château de la Baluère en Broons. Le citoyen Briand, de Servon, convoqua aussitôt les commandants et capitaines de la Garde nationale, qui rassemblèrent 60 hommes bien armés qui, divisés en trois colonnes, firent une battue générale dans les bois des alentours et arrêtèrent deux déserteurs au village du Gros-Chêne, lesquels furent conduits à Châteaubourg..

Le thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Broons [Broons-sur-Vilaine] (1803). Supprimée lors de la Révolution française, la paroisse de Broons fut rétablie après le Concordat en 1803, supprimée en 1815 (incorporée à celle de Chateaubourg) et rétablie en 1820.

Un recteur bàtisseur

Julien-Marie DanielJulien-Marie Daniel, décédé en 1868., recteur de Broons à partir de 1825, fut un prêtre très actif, qui fit construire dès 1827 une sacristie (l'église paroissiale n'en avait pas), édifier un clocher neuf (pour remplacer le vieux clocher qui se trouvait au milieu de l'église) inauguré le (le recteur demanda aux propriétaires de fournir le bois et aux paysans de faire les charrois nécessaires), un nouveau presbytère en 1833 ; il fit bénir deux cloches, l'une en 1835, l'autre en 1836. Le , prenant l'initiative contre l'avis de nombreux paroissiens, il fit abattre l'ancienne église, qu'il trouvait trop petite, et commença à faire construire la nouvelle sans même avoir obtenu l'accord des autorités administratives compétentes et au début sans architecte entre 1844 et 1847 ; l'église fut construite avec des pierres issues des carrières de la Forêt de la Corbière, transportées par les paroissiens. Il légua aussi à la paroisse une école privée..

Broons décrit en 1843 A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Broons en 1843 :

Les loups vers le milieu du

Les loups faisaient alors des ravages dans les campagnes comme en témoigne cet extrait datant de 1842 :

En 1851, le journal La Presse écrit :

En , 31 habitants de Broons-sur-Vilaine, hostiles à l'enseignement laïque, signent une pétition déposée à l'Assemblée nationale par le député monarchiste Henri de Kergariou et protestant contre les mesures gouvernementales en faveur de la liberté de l'enseignementJournal L'Univers du 18 juin 1876, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7004571/f1.image.r=Balaz%C3%A9?rk=21459;2.

Le manoir de la Baluère

En 1777, Jean-Thomas de LorgerilJean Thomas Baptiste de Lorgeril, né le à Saint-Igneuc, mort le à Pleugueneuc., seigneur de la Motte-Beaumanoir, capitaine de vaisseau, épousa Louise de Kermarec de TrauroutLouise de Kermarec de Traurout, née le ä Plélo, décédée le à Trégomeur., fille du seigneur de la Baluère.

Le baron Eugène Hercule Corbineau Eugène Hercule Corbineau, né le à Rouen, décédé le à Paris., fils de Marie Louis Hercule Corbineau, baron d'Empire et de Reine Rose de Kermarec de Traurout (fille de François Claude de Kermarec de Traurout, conseiller au Parlement de Bretagne) ; il habitait le manoir de la Baluère [Balluère]. vers 1870 ; il fut inhumé à Broons le Charles Poplimont, "La France héraldique. III. Chanaud-Eyssautier. - Paris, impr. de A. Azur", 1873, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5415140n/f141.image.r=Ch%C3%A2teaubourg?rk=14356294;0. Il avait fait restaurer le château de la Baluère, dont il avait hérité, en 1846.

La modification du nom de la commune en 1860

. Cependant, le territoire de l'ancienne commune de Broons n'a jamais touché la Vilaine..

Amédée Guillotin de Corson cite deux chapelles : la chapelle des Brûlais (bâtie par Raoul Martin, sieur de la Jartais et des Brûlais, bénie en 1603 (mais détruite avant 1883) et la chapelle de la Balluère, construite par les seigneurs du même nom et attenante à leur manoir.

Le

La Belle Époque Une carte postale d'Edmond Mary-Rousselière représente l'église paroissiale Saint-Martin au début du .

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Broons-sur-Vilaine porte les noms de 21 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, un (Pierre Busnel) est mort en 1914 sur le front belge, la plupart des autres sont morts sur le sol françaishttp://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=64859.

L'Entre-deux-guerres

Le , un grave incendie se déclara en forêt de Chevré ; « les cloches des églises de Broons, Châteaubourg et La Bouëxière ont sonné le tocsin, et toutes les populations avoisinantes, sous la direction des gendarmes et des pompiers des bourgades voisines, ont attaqué le fléau (...). En trois heures, 350 ha de bois et de landes ont été détruits »Journal Paris-soir, du 13 avril 1933, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7640866g/f7.image.r=ch%C3%A2teaubourg?rk=128756;0.

Alors que la France connaissait à cette époque une importante baisse de la natalité, Broons-sur-Vilaine constituait une exception, illustrée oar un article publié le par le journal L'Ouest-Éclair et titré : « Sur 380 habitants, Broons-sur-Vilaine compte 195 moins de 20 ans », qui précise : « Les familles nombreuses sont la règle », citant comme exemple celle du maire, Charles Martin, exploitant agricole, qui compte 5 filles et 8 garçons ; l'article indique aussi que pour la décade 1923-1933 ka commune a enregistré 126 naissances et seulement 48 décès, précisant aussi : « on émigre peu : quelques religieuses ou missionnaires, quelques rares petits fonctionnaires, quelques fils d'artisans qui s'en vont ouvriers à la ville ; on reste fidèlement attaché à la terre (...). Par contre ont trouvé, à Broons, droit de cité, des Finistériens venus comme bûcherons ou charbonniers dans la forêt de Chevré. .

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Broons-sur-Vilaine porte les noms de 4 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale : parmi elles, Isidore Delaunay, soldat au 270e régiment d'infanterie, tué pendant la Débâcle lors des combats de la Poche de Dunkerque le à Leffrinckoucke et Jean Fauvel, soldat au 71e régiment d'infanterie, mort le en captivité en Allemagne.

Le Eugène Ronée, de Broons, fut jeté dans la Vilaine par des militaires allemands et se noyaÉric Rondel, "Crimes nazis en Bretagne (septembre 1941-août 1944)",éditions Astoure, 2012, .

Le La fusion avec Châteaubourg et Saint-Melaine La fusion-association entre Broons-sur-Vilaine, Saint-Melaine et Châteaubourg a eu lieu le Arrêté préfectoral du 22 mars 1973 prononçant la fusion-association des communes de Châteaubourg, Broons-sur-Vilaine et Saint-Melaine et est transformé en une fusion simple au Arrêté préfectoral portant suppression des communes associées de Saint-Melaine et Broons-sur-Vilaine et transformation de la fusion-association entre les communes de Châteaubourg, Saint-Melaine et Broons-sur-Vilaine en fusion simple le lire en ligne.

Les travaux de restauration de l'église Saint-Martin

Le le conseil municipal de Châteaubourg a accepté la nécessité de nouveaux travaux (d'autres avaient déjà été entrepris en 2021) de restauration, le pignon sud de l'église menaçant de s'effondrer ..

Administration et vie politique Liste des maires pendant la période d'indépendance communale

Liste des maires délégués

Démographie

La population de Broons-sur-Vilaine était de 400 habitants en 1793 ; elle a modérément augmenté jusqu'en 1861, date de son pic démographique, année où la population communale atteint 528 personnes, avant de décliner ensuite, en raison de l'exode rural, jusqu'en 1921, date où elle n'est plus que de 341 habitants ; la population remonte ensuite modérément jusqu'en 1962 avec 424 habitants, le dernier recensement avant l'absorption de la commune par Châteaubourg, celui de 1968, n'indiquant plus que 379 habitants, la commune étant alors moins peuplée qu'elle ne l'était en 1793. La population de la commune associée était de 330 habitants en 2010Populations légales en vigueur à compter du janvier 2013 pour le département d'Ille-et-Vilaine sur le site de l'Insee.

Monuments et sites Croix de cimetière de Broons-sur-Vilaine : en granit, elle comporte un fût octogonal légèrement tronconique, sur une base carrée, avec un socle en pierre. La croix porte un christ sculpté. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis le .

Église Saint-Martin : cette église paroissiale date de 1839 (architecte Auguste Marchand) ; son plan est en forme de croix latine ; son clocher-porche est surmonté d'un campanile recouvert d'une toiture à l'impériale ; son chevet est plat..

Références Notes

Références

Catégorie:Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) Catégorie:Ancienne commune en Ille-et-Vilaine Catégorie:Ancienne commune associée en France Catégorie:Commune disparue en 2014