Paul Ariès, né le à Lyon, est un politologue, essayiste et un militant politique français, rédacteur en chef de la revue Les Zindigné(e)s et du mensuel le Sarkophage. Formateur durant 15 ans d'élus locaux dans le cadre du Cidef, notamment sur les questions d'alimentation scolaire, de gratuité, de tranquillité et sécurité publiques.
Biographie Paul Ariès naît en 1959 à Lyon dans une famille de gauche, laïque, cultivée et politiquement engagée. Ses grands-parents sont blanchisseurs et feront faillite à la suite de l'arrivée de la machine à laver.
Jusqu’à l’âge de 15 ans, l’école, qu'il manque fréquemment, ne l'intéresse pas. Il fait ensuite des études de droit public, d'économie et de science politique et se passionne pour les sciences sociales.. Après un DEA de sociologie, il soutient sa thèse de doctorat en science politique à l'université Lyon 2 en 1987 sur le thème La production d'un groupe syndical : la CGT des hospices civils de Lyon, 1947-1971..
En 1974, à 15 ans, il s'inscrit au PCF. Il devient l'un des dirigeants de l'Union nationale des comités d'action lycéens (UNCAL) puis de l'UNEF - Renouveau à l'université. En 1979, il quittera le Parti communiste et participera à des actions de soutien aux dissidents des pays de l'Est.
Il commence par enseigner l'économie-gestion à l'université Jean-Moulin-Lyon-III et rejoint parallèlement l'Institut du travail (ITFS) en tant que responsable de la formation des syndicalistes. Puis il centre ensuite son travail sur l'histoire et la sociologie politique de l'alimentation. Puis il enseigne dans divers établissements : l'université Lumière-Lyon-II (droit public et le droit comparé) ou l’Ecole nationale d’architecture.
Politologue, ancien membre du Centre de Politologie Historique (CNRS), de l'Association de recherche pour l'existence et la santé (Université / ), du Groupe de recherches en épistémologie politique et juridique, de l'Association française de recherche sur l'histoire du cinéma (AFRHC), collaborateur de la revue 1895, il participe notamment au Colloque international pour le centenaire de l'invention du cinéma durant lequel il présente une communication sur le passé politique trouble des frères Lumière, un de ses textes sur les caricatures anti-militaristes est censuré par le ministère des Armées et publié par la revue Ethnologie française, il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages et en a dirigé une dizaine.
Paul Ariès fonde en 1980 avec Daniel Grillon, Vincent Rougerie et Frédéric Béraud le Centre lyonnais de documentation sociale (CLYDS), devenu le Conservatoire de la Mémoire Militante (C2M) dont la totalité des archives sont déposées depuis 2017 aux ADRML. Il dirige depuis 2006 l'Observatoire international de la gratuité des services publics et des biens communs (OIG). Il est proche de nombreuses ONG tiers-mondistes comme le CETIM (Centre Europe-Tiers-Monde) ou le CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde).ONG accréditée auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) de l'ONU et de la CNUCED. Il est l'un des animateurs du Comité anti-Dakar.
Travail sur les dérives sectaires Pendant treize ans, il est l'un des acteurs de la lutte contre les sectes, collaborant aux activités du CCMM, de l'UNADFI et de la Mission Interministérielle de Lutte contre les sectes (MILS), cherchant en particulier des liens entre celles-ci et la mondialisation capitaliste mais aussi avec l'extrême droite Interview dans S!lence, février 2007.. Il expose notamment dans La Scientologie laboratoire du futur, la proximité entre ce groupe et le fonctionnement des grandes sociétés transnationales (site UNADFI). Il considère que les sectes sont autant un danger pour la démocratie que pour les individus. Il condense sa pensée en expliquant que les sectes ne sont pas un cancer sur un corps sain mais les métastases d'une société malade. Ses travaux nourrissent plusieurs rapports parlementaires (scientologie, anthropologie, satanisme, etc.).
Son ouvrage La Scientologie, une secte contre la république, est préfacé par Alain Vivien, ancien ministre, président de la « Mission interministérielle pour la lutte contre les sectes » (MILS). Paul Ariès poursuit ses relations avec les grandes associations anti-sectes comme le CCMM et l'UNADFI. Il collabore largement avec Mathieu Cossu, responsable du principal site de lutte contre les sectes. Il assure également des interventions au sein de l'École nationale de la magistrature, de l'École nationale de santé publique et même du Centre national de formation de la police nationale (les préfaces de ces livres).
À la suite de ces travaux, il affirme avoir reçu des menaces de mort et déposera plainte à plusieurs reprises. Les quotidiens Le Monde et Libération en feront notamment état. Il lance en 2005 un trimestriel, L'Immondialisation, dont le premier numéro est consacré à « la guerre perdue contre les sectes » et à une dénonciation de l'attitude gouvernementale depuis le . Il affirme que, depuis cette époque, pour la France, . Son dernier texte sur ce sujet est paru sous le titre « Sectes, la guerre perdue » au sein de la revue de stratégie militaire dirigée par le général de la Maisonneuve ().
Essais sur la décroissance et la critique de la mondialisation Paul Ariès est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages concernant les « méfaits de la mondialisation » et l'un des acteurs des grands mouvements sociaux de ces quinze dernières années : lutte contre la « malbouffe » et la « McDonaldisation », lutte contre le harcèlement au travail, lutte contre l'« agression publicitaire », lutte contre la Disneylandisation, lutte contre la TV-réalité, lutte contre les sectes et contre l'extrême droite, lutte pour l'objection de croissance Parmi ses livres, on trouve aussi Libération animale ou nouveaux terroristes ? (paru chez Golias en 1999), où il accuse le mouvement antispéciste de « saboter l'humanisme », de faire du « terrorisme », tout en critiquant les sévices subis par les animaux.
Il est un temps président du Centre Europe Tiers-Monde (ONG habilitée à la commission des droits de l'homme de l'ONU) pour la France.
Paul Ariès enseigne la science politique mais aussi l'histoire et la sociologie de l'alimentation (prix littéraire de l'Académie nationale de cuisine) . Il a été membre du jury international de l'association Slow Food . Il enseigne également la stratégie et le management dans une école de commerce spécialisée dans l'hôtellerie et la restauration à Lyon après avoir animé durant plusieurs années un séminaire d'anthropologie économique au sein de l'ESC Lyon.
Selon le journaliste Éric Dupin du Monde diplomatique, il est, en 2009, un intellectuel de référence parmi les penseurs de la décroissance..
Il est le principal intervenant, avec Raoul Vaneigem, du film La possibilité d'être humain de Thierry Kruger et Pablo Girault, sorti en 2013. Il y expose sa vision de la décroissance, qui est pour lui un « socialisme gourmand ».
Il promeut dans son livre : Le socialisme gourmand. Le bien-vivre : un nouveau projet politique, l'idée d'un « Buen Vivir à la française », ce Bien-vivre serait « un devenir possible de l'humanité ».
Dans son livre paru en , Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser, l'auteur s'attaque au véganisme et à l'antispécisme et dénonce « la fausse viande qu'on nous prépare avec les biotechnologies ».
Dans deux romans publiés en 2021, l'un « adulte », Le meilleur des mondes végans, et l'autre « jeunesse », J'veux plus manger de viande, il explique que les gauches écologistes ont perdu la bataille des idées car elles ont d'abord perdu la bataille des imaginaires.
Journalisme militant Paul Ariès est membre de plusieurs comités de rédaction. Il est responsable des pages politiques du mensuel La Décroissance avant sa rupture politique avec Vincent Cheynet. Il collabore à la revue catholique de gauche Golias (lui-même est athée.). Il collabore régulièrement avec Alternatives non violentes, la revue Moins !, L'Âge de faire, Politis et est l'auteur de la notice « scientologie » et « enfants : les nouveaux droits » de l'Encyclopædia Universalis. Il est avec le journal La Décroissance, l'un des coorganisateurs du contre-Grenelle de l'environnement contre-Grenelle de l'environnement 3 sur www.contre-grenelle.org, consulté le . qui s'est tenu à Lyon le en réaction au Grenelle lancée par le ministère de l'Écologie, de l'Environnement, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire. Deux autres contre-Grenelle ont été organisés à Lyon en et en sur le thème Contre le capitalisme vert.
Il lance le un nouveau journal d'analyses politiques vendu en kiosque « Le Sarkophage, contre tous les sarkozysmesJournal Le Sarkophage » qui se donne pour objectif d'analyser la théorie et la politique du sarkozysme et de travailler à l'émergence d'une véritable alternative. Ce journal comprend les signatures de représentants des représentants des gaullistes de gauche notamment issus des cercles Penser la France, des gauches historiques, de « la gauche de la gauche », de l'écologie, de la décroissance. Le Sarkophage est devenu en La vie est à nous ! / Le sarkophage.
Paul Ariès est depuis le rédacteur en chef d'une nouvelle revue, Les Z'indigné(e)s, revue trimestrielle de . Elle devient mensuelle en , et prend le relais du journal Le Sarkophage qui a cessé de paraître en . La revue Les Zindigné(e)s redevient un trimestriel en 2018.
Engagement politique Tout le combat de Paul Ariès vise depuis plus de vingt ans à croiser socialisme et écologie. Lui parle de « socialisme gourmand », par opposition au « socialisme de la grisaille », traduction française du Buen-Vivir d'Amérique du Sud. Paul Ariès est l'un des porte-parole du Mouvement pour une rentrée sans marques.. Il est aussi l'un des principaux animateurs du « Mouvement pour une décroissance équitable ». Il avait lancé en 2006 des États Généraux de la décroissance équitable (EGDE) en vue d'une participation des Objecteurs de croissance à l’élection présidentielle de 2007 sur le modèle de ce que fut la candidature René Dumont à l’élection présidentielle de 1974. Il a annoncé avoir renoncé à ce projet en raison de l'immaturité théorique et politique du mouvement. Il s'inscrit dans le cadre d'un accompagnement critique de la campagne de José Bové auquel il reproche d'être « seulement antilibéral » et de choisir une sur-médiatisation plutôt que la force des idéesPolitis rapportant en reformulant les propos de Paul Ariès dans son ouvrage "José Bové : le candidat condamné, la décroissance dans la campagne" (éditions Golias, ) .
Le , Martine Billard, députée démissionnaire des Verts présente, à l'occasion d'une conférence de presse, une offre de convergence. au Parti de gauche corédigée avec Paul Ariès « Pour un Parti de gauche écologiste », Politis, 9 juillet 2009.. Cette démarche s'inscrit dans une dynamique de rapprochement de la gauche anti-productiviste et de l'écologie antilibérale, à laquelle Paul Ariès œuvre notamment au sein du journal Le Sarkophage. Paul Ariès n'a cependant pas, contrairement à Martine Billard, rejoint le Parti de gauche estimant que sa greffe antiproductiviste n'est pas suffisamment sincère.