L'apodo, mot espagnol signifiant littéralement « surnom », est, en français, le pseudonyme que prennent nombre de matadors.

Présentation

L’apodo fait souvent référence à la ville d’origine du matador. Ainsi, (« Le Cordouan »), (« originaire de Chiclana »).

Parfois, l’apodo fait référence, non à la ville, mais au quartier d’origine. Ainsi le quartier sévillan de Triana fournit-il leur apodo à (« habitant de Triana ») et à (« Petit Gitan de Triana »).

Certains sont dus à une particularité physique : (« Un peu gros mais pas trop »), (« Large face »).

D’autres sont des diminutifs du prénom : Manolete (« Petit Manuel ») ou Currito. Curro étant l'hypocoristique de Francisco (entre autres) et Currito celui de Curro, Currito est donc « Tout Petit François ». Il y eut aussi Paquiro et Paquirri, tous deux diminutifs de Paco qui est lui-même, comme Curro, le diminutif de Francisco. Paquiro et Paquirri sont donc « Tout Petit François ». N’oublions pas les Pepe et les Josele (tous deux « Petit Joseph »), les , les et les Joselillo (« Tout Petit Joseph »).

Le métier exercé précédemment est également utilisé : (« Le Ferblantier »), (« L’Étudiant »).

Enfin, les animaux fournissent eux aussi leur lot d’apodos : (« Petit Lézard »), (« Le Coq »).

La formation de certains apodos résulte de la combinaison de deux catégories : d'un diminutif et d'un lieu d'origine, comme (« Petit Jesus d'Ubrique »), d'une caractéristique physique et d'un lieu d'origine comme (« Petit Brun d'Aranda »)

Parfois le fils, neveu ou jeune frère d’un matador connu prend le même apodo en y ajoutant (« Gosse », « Garçon », « Petit ») : ainsi, on a connu , , . Les diminutifs de fournissent eux-mêmes leur lot d’apodos : il y eut plusieurs (« Petit Gosse ») et (« Petit Gosse ») et même des et (« Tout Petit Gosse ») !

Certains apodos ayant été utilisés par plusieurs matadors, les suivants se numérotent parfois afin de se distinguer de leurs prédécesseurs. Ainsi, Alain Montcouquiol ayant pris comme apodo (« Nîmois »), son frère Christian a pris celui de . Cette numérotation est loin d’être aussi rigoureuse que celle des papes ou des monarques : était non pas le deuxième, mais le troisième Manolete (le deuxième Manolete n’avait pas jugé bon de se numéroter ; quant au quatrième Manolete, le seul dont la notoriété a durablement dépassé les frontières de sa province, il ne s’était pas numéroté non plus) ; était le quatrième (les deuxième et troisième ne s’étant pas numérotés) et a été suivi de deux autres Litri eux-aussi sans numéro ; il y a même eu deux !

Références

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