Julius Maggi, né le à Frauenfeld et mort le à Küsnacht, est un entrepreneur suisse.
Biographie Situation familiale et personnelle Fils d'un immigrant italien, Michael Maggi (1807-1881), et d'une Suissesse, Anna Sophia Esslinger (1810-1891), Julius Michael Johannes est le cadet de cinq enfants.
Après la mort de sa première épouse, il épouse, en 1879, Louise Müller, fille du pasteur de Seebach (canton de Zurich). Ils auront quatre enfants : trois filles, Klara Sophie Elisabeth Louisa dite Betty en 1880, Alice Louise Bertha en 1881, Lucie Louise Béatrice en 1888, et, en 1890, un garçon, Michael Julius Heinrich Felix dit Harry, garçon attendu pour assurer la succession, qui meurt d'une mauvaise grippe en 1926.
En 1863, il entame un apprentissage commercial à Bâle, qu'il interrompt prématurément.
Parcours professionnel
En Suisse Maggi est ensuite engagé par une entreprise de minoterie de Budapest dont il devient directeur-adjoint au bout de deux ans. À la recherche de nouveaux débouchés, il met au point en 1884, sur les conseils du docteur , un nouvel aliment populaire, la farine de légumineuses. Celle-ci est progressivement remplacée à partir de 1886 par des soupes préparées. En 1887, il lance l'arôme liquide Maggi.
En France À partir de 1897, Julius Maggi devient de plus en plus actif en France. Ainsi, il fonde en 1899 la « Société anonyme des boissons hygiéniques » Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, . Tout au long de l'Exposition universelle de 1900, il est présent à Paris et réside, avec sa famille, place de l'Opéra. En , il s'établit à Paris définitivement et crée, le , la « Société laitière Maggi ». Le lait pasteurisé distribué par cette société sera contrôlé par un Institut du lait Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, . Avant l'introduction du lait pasteurisé « Maggi », en France (dont à Paris) étaient morts de choléra infantile au début du Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, . Alors que les activités de Julius Maggi sur le marché laitier sont sévèrement attaquées par le Syndicat des crémiers et le journal L'Action française, il est promu, le , officier dans l'ordre national de la Légion d'honneurVoir une copie de sa nomination: http://www.culture.gouv.fr/LH/LH134/PG/FRDAFAN83_OL1685010v001.htm . Son élan philanthropique, déjà visible lors de la création de la farine des légumineuses en Suisse dans sa jeunesse, a poussé cet homme d'affaires à combattre en France d'abord « le péril vert » (l'absinthe) par une « boisson hygiénique », puis « le péril blanc » (le lait falsifié) par un lait pasteurisé et rigoureusement contrôlé Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, . Le succès des ventes passe de de lait par semaine en 1903 à plus d'un million de litres par semaine en 1912 Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, . thumb| Centre de ramassage de la Société laitière Maggi à Saint-Omer-en-Chaussée pour le lait en provenance de la Normandie et de la Bretagne.
Un autre grand succès est, en 1907, la création du cube de bouillon, appelé « KUB » par suite de l'interdiction du Tribunal de commerce d'utiliser la désignation « Cube ». Dès 1912, six millions de ces cubes sont vendus par mois en FranceMonique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, p. 57] . Cette réussite est rendue possible grâce à une série d'importantes campagnes de publicités ainsi qu'à un « Bureau de dégustation » à Paris Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, p. 68. Plus tard, entre les deux guerres, on trouvera ces camions de dégustation aussi en province.. Julius Maggi cherche également le soutien du célèbre chef cuisinier Auguste Escoffier pour l'« anoblissement de ses produits » Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, p.65 . thumb|upright|Sept ans après la mort de Julius Maggi, en 1919, son entreprise prend le nom de SISA (Société industrielle des spécialités alimentaires).
Campagne de dénigrement Déjà attaqué par les syndicats des crémiers, Julius Maggi est également en butte à l'hostilité de la part de la presse d'extrême-droite française. En effet, le restaurateur Alexandre Duval qui finance cette presse voit en lui un concurrent. Léon Daudet va jusqu'à l'accuser d'espionnage au profit de l'Allemagne, à travers le déploiement de sa campagne publicitaire. Les affiches dissimuleraient, selon lui, des messages codés destinés aux soldats allemands. Le fils d'Alphonse Daudet recommande aux lecteurs de l'Action française d'acheter à sa place les bouillons d'Alexandre Duval. Il publie de faux documents pour étayer ses thèses, et parvient à causer le saccage de plusieurs boutiques Maggi en , au tout début de la Première Guerre mondiale.
Mort de Julius Maggi Lors d'une séance de travail, il est victime d'un accident vasculaire cérébral ; très gravement malade, il est encore transféré en Suisse où il décède le Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel, voir bibliographie, p.81. Il repose dans le cimetière municipal de Lindau (canton de Zurich) Une image de son tombeau se trouve sur http://knerger.de/html/maggiunternehmer_37.html (vérifié le 31 août 2014).
Au début de la Première Guerre mondiale en , le laboratoire et presque tous les 850 points de livraison de la Société laitière Maggi à Paris sont attaqués et détruits par une foule en colère. Partout en France, les plaques en métal émaillé « Maggi » et « KUB » sont dévissées, parce que Maggi est considéré comme une société allemande, qui ne sert que de couverture pour des activités d'espionnage contre la France. La rumeur court que les produits Maggi, notamment laitiers, sont empoisonnés. Une autre rumeur dit que Julius Maggi (qui, en réalité, était mort depuis deux ans) aurait tenté de s'enfuir de France avec 40 millions de francs cachés dans des bidons de lait et aurait été arrêté Comment ont échoué les manœuvres pour la destruction des Sociétés Maggi et Kub, soit par la violence, soit par les moyens juridiques, août 1914 à fin 1920, Paris : Impr. centrale de la Bourse, 1921, pp. 1-19. Une version littéraire de la dévastation d'un dépôt de vente Maggi à Paris se trouve chez Roger Martin du Gard, Les Thibault, III, L’Été 1914, chapitre LXXVII . La SLM (Société laitière Maggi) existera jusqu'en 1947 Nicolas Delbaere, « La trajectoire de la Société laitière Maggi dans la dynamique du transport du lait en France durant la première moitié du : du bidon à la gare laitière », Revue d'histoire des chemins de fer, no 41 (2010), p. 217 tandis que le cube de bouillon KUB survit encore au sous le nom de « KUB OR »..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Monique Pivot avec la collaboration de Jean-Paul Morel : Maggi et la magie du Bouillon KUB, Éditions Hoëbeke, Paris 2002, « La saga Maggi » présentée sur le site de Maggi France: http://www.maggi.fr/saga-maggi/saga-maggi-home.aspx (vérifié le ) Hans Peter Treichler: Die stillen Revolutionen - Arbeitswelt und Häuslichkeit im Umbruch (1880-1900). Schweizer Verlagshaus, Zürich 1992, ; surtout les chapitres « Suppe industriell: die Karriere des Julius Maggi » () et « Maggi: vor dem großen Durchbruch » (). (en allemand) Hartmut Vinçon: Das Unternehmen Maggi. In: Pharus IV (Éditions- und Forschungsstelle Frank Wedekind, Darmstadt) (éditeur): Frank Wedekinds Maggi-Zeit. Verlag Jürgen Häusser, Darmstadt 1992, , ; contient une chronologie de la vie de Julius Maggi (). (en allemand) Alex Capus: « Julius Maggi » in: Patriarchen: Zehn Portraits. Albrecht Knaus Verlag, München 2006, ; . (en allemand) Paul Bleton, « Des yeux dans le bouillon - Espionnage et affichage, cubisme et patriotisme - Des fictions qui créent le monde ? », Les cahiers du GRIT (Groupe de Recherche sur l’Image et le Texte), t. 1, Louvain-la-Neuve, 2011, ISSN 2033-7795, S.54-74, (http://grit.fltr.ucl.ac.be/IMG/pdf/CDG14PBleton.pdf) Comment ont échoué les manœuvres pour la destruction des Sociétés Maggi et Kub, soit par la violence, soit par les moyens juridiques, à fin 1920, Paris : Impr. centrale de la Bourse, 1921 Nicolas Delbaere, « La trajectoire de la Société laitière Maggi dans la dynamique du transport du lait en France durant la première moitié du : du bidon à la gare laitière », Revue d'histoire des chemins de fer, (2010), , http://rhcf.revues.org/1199 (vérifié le ) Theodora Peter, « Comment Julius Maggi a conquis les cuisines », Revue Suisse, 04.02.2022, https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/comment-julius-maggi-a-conquis-les-cuisines (consulté le 12.02.2022) Elisabeth Sermier, Maggi, l'arôme d'une vie, Gollion, Infolio, 2021
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