Tomasi Kulimoetoke II (né le et mort le ) est un roi coutumier (Lavelua) d'Uvea (Wallis-et-Futuna) du jusqu'à sa mort. Tomasi Kulimoetoke II est agriculteur et père de six enfants. Son règne de 48 ans est l'un des plus longs dans l'histoire de Wallis.
Biographie
Arrivée au pouvoir Tomasi Kulimoetoke naît le à Ha'afuasia, dans le district de Hahake. C'est le fils de Iloai Lasalo et Telesia Tautu'u et il appartient à la lignée Takumasiva. Il devient premier ministre coutumier () le , à la suite de la destitution de Kapeliele Tufele III. Il exerce cette fonction sous le règne de la reine Aloisia Brial pendant quatre ans. Le règne d'Aloisia Brial est marqué par l'instabilité et des tensions. . En 1957, la reine est âgée et Kulimoetoke, estimant qu'elle n'est plus apte à gouverner, la dépose. Néanmoins, le résident de France refuse l'abdication de la reine et Kulimoetoke démissionne le 1957. Tomasi Kulimoetoke s'allie alors avec l'ancien roi Pelenato Fuluhea pour faire tomber la reine. En , la reine Aloisia est mise en minorité par le conseil royal.
Dans le même temps, la Cinquième République est instaurée en France en 1958, ce qui réorganise les territoires d'outre-mer et possessions françaises. Le protectorat de Wallis-et-Futuna est devenu et le nouveau résident souhaite faire évoluer le statut du territoire. La reine Aloisia Brial s'y oppose fortement, et remet en question l'autorité française : . Elle refuse également de céder un terrain pour la construction de l'aéroport de Hihifo, qui permettrait de désenclaver Wallis. Le résident décide alors de se mettre du côté de Pelenato Fuluhea et Tomasi Kuilmoetoke pour contrecarrer la reine. Finalement, le , cette dernière démissionne et les pourparlers pour désigner un nouveau souverain démarrent. Choisi par les familles royales, Tomasi Kulimoetoke est intronisé Lavelua le .
Le de la même année a lieu le référendum sur le statut territorial de Wallis-et-Futuna, où la population s'exprime en grande majorité en faveur de la transformation du protectorat en territoire d'outre-mer français. Le lavelua participe aux négociations sur le statut territorial de Wallis-et-Futuna en 1961.
Règne Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1967, et promu commandeur de l'ordre national du Mérite en 1998.
En , une cérémonie rassemblant près de célèbre les 40 ans de son règne. +Composition de la grande chefferie pendant le règne de Tomasi Kulimoetoke IIDateMukoʻi fenuaTu'iha'atala / MolofahaPaino Tu’ugahalaPasilione TuitavideVisesio Tu’ulakividePelenato KikiVito FomekuTino SeleniAtoloto UhilaEusenio Uhila Kai’uaKusitino Heafala1990Nīkola Vaitāno'aPatelise Aliki’agaleleiAtonio SakoMaleselo TufeleSetefano VakalepuVitolio VaivaikavaSetefano HanisiValeliano LenatoMikaele TuiMikaele HoatauvideAtelemo TaofifenuaTisimasi HeofalaKusitino ToaAlefosio TolikoliSanele TauvaleSosefo VaitotaiKamaliele MulilotoKapeliele Faupala2005Mikaele Tauhavili
Crise coutumière wallisienne En 2005, le vieux roi est pris dans une crise politique qui menace de plonger son royaume insulaire dans le chaos. Cette crise au sein des autorités traditionnelles oppose ses proches au camp dit des « rénovateurs », partisans d’une évolution de la coutume. La crise débute quand un petit-fils du roi d'Uvea, Tomasi Tu'ugahala, est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d'ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d'abord aux demandes d'arrestation de son petit-fils car les délais entre l'accident mortel et la sanction judiciaire ont été longs compte tenu que ce territoire est rattaché sur le plan judiciaire à la Nouvelle-Calédonie. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l'économie du territoire dépend des aides de l'État et l'administration emploie de nombreuses personnes).
Fin , le conflit dégénère brutalement lorsque plusieurs centaines de partisans du lavelua, dont d’anciens militaires armés de fusils, de machettes et de bâtons de dynamite, organisent le blocus de l’île. Ils veulent empêcher l’arrivée de renforts de gendarmerie, en vue de l’intronisation d’un roi dans le camp des Rénovateurs au nord de l'île, au fale Pule'aga de Hihifo. En effet, les rénovateurs prévoient d'introniser Sosefo Mautamakia Halagahu. La menace nécessite l'arbitrage de Paris qui doit dépêcher un médiateur sur place.. , ce médiateur « confirme la reconnaissance du roi par l'État »..
Mort et succession Tomasi Kulimoetoke II meurt le à l'âge de 88 ans, et est enterré à Mata Utu. Son règne de 48 ans a été d'une longévité exceptionnelle (en moyenne, les rois règnent 5 ou 6 ans à Uvea). Son décès entraîne une période de deuil d'une semaine sur Wallis ainsi qu'une durée de recueillement de deux mois.
Kapeliele Faupala lui succède le , Pacific Magazine, 25 juillet 2008.
Distinctions et décorations
en 2003, officier en 1993, chevalier en 1967. en 1998.
Voir aussi
Liens externes
Ministère français de l'outre-mer, annonce du décès de Tomasi Kulimoetoke II
Articles connexes Rois coutumiers Uvea Lavelua
Notes et références
Catégorie:Roi d'Uvea Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1967 Catégorie:Commandeur de l'ordre national du Mérite Catégorie:Naissance en juillet 1918 Catégorie:Décès en mai 2007 Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Histoire de Wallis-et-Futuna Catégorie:Naissance à Wallis-et-Futuna Catégorie:Décès à Wallis-et-Futuna Catégorie:Monarque du XXe siècle en Océanie Catégorie:Monarque du XXIe siècle en Océanie