La Wallonie (en wallon : Walonreye ou Waloneye.) est une région du sud de la Belgique. Elle appartient presque intégralement au domaine linguistique roman et est, de ce fait, fréquemment qualifiée de « terre romane » par opposition au domaine linguistique germanique de la Flandre.
Il est généralement admis que le concept de Wallonie en tant que région linguistique et culturelle distincte du reste de la Belgique est né en 1886 « the privilege of educated men who studied a ‘forgotten’, but in effect invented region and celebrated its folkloric traditions, its dialects, its past and its landcape » . tandis que sa reconnaissance comme entité politique est intervenue après 1970 à la suite de revendications visant une séparation administrative soutenues par le Mouvement wallon« De même, si, pour dresser l'histoire de l'affirmation de la Wallonie, nous avons pris comme point de départ la naissance du concept dans son sens actuel — en 1886 — », Philippe Destatte, L'Identité wallonne, Institut Jules Destrée, coll. Notre Histoire, Charleroi, 1997, .
La Wallonie est dotée d’institutions politiques depuis la création en 1970 de la région de langue française et de la Région wallonne qui deviendra en 1980 l'institution politique propre à la Wallonie. Sa capitale est Namur.
La Wallonie regroupe des espaces variés, puisqu’on y distingue notamment le sillon Sambre-et-Meuse, urbanisé et marqué par son passé sidérurgique, des espaces ouverts et agricoles de Hesbaye et des terres forestières et vallonnées de l’Ardenne et des Hautes-Fagnes.
Le français, largement majoritaire en Wallonie (99 % de la population), et l'allemand, parlé exclusivement dans les cantons de l'Est, sont les deux langues officielles de la Région wallonne.
Étymologie Le mot Wallonie vient du terme Wallon, lui-même venant de Walh, un très ancien mot germanique, et donc utilisé par les germains, pour désigner les populations au-delà du Rhin et de la Meuse, en marche gallo-romaine, qu'elles soient celtophones ou romanes.
La première apparition reconnue du mot Wallonie est en 1842 dans lEssai d'étymologie philosophique d'un philologue et anthropologue namurois, l'abbé Honoré Chavée qui l'utilise pour désigner le monde roman en opposition à l'Allemagne. Son « sens véritable », selon Albert HenryAlbert Henry, Histoire des mots Wallons et Wallonie, Institut Jules Destrée, Coll. « Notre histoire », Mont-sur-Marchienne, 1990, éd. ( éd. 1965), 12, arrive deux ans plus tard sous la plume de François-Charles-Joseph Grandgagnage qui par ce mot désigne « cette fois, plus ou moins nettement, la partie romane du jeune État unitaire Belgique. »Albert Henry, Ibid., 13.
C'est en 1886 qu'avec l'écrivain et militant wallon Albert Mockel le mot prend « son sens politique d'affirmation culturelle régionale »« C'est cette année-là que naît le mot Wallonie, dans son sens politique d'affirmation culturelle régionale, lorsque le Liégeois Albert Mockel crée une revue littéraire sous ce nom », Philippe Destatte, L'identité wallonne, ibid., 32., en opposition au mot Flandre utilisé par le Mouvement flamand.
Symboles Les symboles officiels de la Wallonie, en ce compris le drapeau de la Wallonie, sont juridiquement définis par le décret du déterminant le jour de fête et les emblèmes propres à la Région wallonne. ainsi que par le décret du 23 juillet 1998 créant un hymne wallon (Le chant des Wallons).
L’article 2 du décret du 23 juillet 1998 déterminant le jour de fête et les emblèmes propres à la Wallonie prévoit que les armoiries de la Région sont le Coq hardi au combat de gueules sur fond d'or et que le coq hardi des armoiries (tel que dessiné ci-dessous) peut-être isolément utilisé pour représenter la Wallonie.
Le drapeau est composé d'un coq hardi rouge (dont la patte droite est levée et le bec fermé) sur fond jaune, conformément à l’article 4 et à l’annexe du décret.
Le coq hardi représente les origines gallo-romaines des Wallons. ainsi que leur adhésion à la culture française et les couleurs jaune et rouge (de Liège) soulignent le rôle important qu’ont joué les Liégeois dans la construction de la conscience wallonne..
Le blason et le drapeau sont inspirés du tableau peint par Pierre Paulus en 1913 commandé par l'Assemblée wallonne à la suite des revendications du Mouvement wallon.
Par ailleurs, en 2015, le Parlement wallon a modifié le décret du 23 juillet 1998 pour y inscrire que « l’emblème floral de la Région wallonne est la gaillarde ou gaillardia, rouge et jaune »..
En 2010, le Gouvernement wallon a décidé d'unifier sa communication visuelle et celle du Service public de Wallonie et des unités d'administration publique liées à la Région pour offrir une cohérence identitaire aux structures de la Wallonie. Cette communication a pour objectif de visualiser facilement les interventions et initiatives de la Région, tant aux niveaux régional, national et international.. Dans ce cadre, le Gouvernement a décidé d'utiliser une version simplifiée du coq hardi des armoiries et du drapeau wallonsLe dessin du coq hardi utilisé par le Gouvernement dans ce cadre s'écarte légèrement de celui des armoiries et du drapeaux wallons défini par le décret du 23 juillet 1998 déterminant le jour de fête et les emblèmes propres à la Région wallonne..
Géographie
thumb|left|250px|Les provinces wallonnes :1 : Brabant wallon, 2 : Hainaut, 3 : Liège, 4 : Luxembourg, 5 : Namur
Le territoire wallon est constitué des provinces suivantes : le Brabant wallon, le Hainaut, Liège, le Luxembourg et Namur.
En superficie, la plus grande est la province de Luxembourg qui est également la moins peuplée des cinq avec pour , soit une densité de population de au km² et la plus petite province est celle du Brabant wallon avec , où l'on dénombre soit une densité de population de au km². Le Hainaut est la province la plus peuplée avec , soit une densité de population de au km²..
Ce territoire de est également divisé en 20 arrondissements, eux-mêmes divisés en communes. On compte 261 communes en Wallonie, dont 70 portent le titre de Ville..
Définition du territoire Avant le début du , la notion de Wallonie reste fort confuse, il y a des Wallons en Flandre et à Bruxelles aussi bien que sur le territoire de l'actuelle Région wallonneVincent Vagman, Le mouvement wallon et la question bruxelloise, Courrier Hebdomadaire, , CRISP, 1994, .. Il faut attendre la loi Coremans-De Vriendt pour qu'elle prenne forme plus clairement.
Selon l'historien Félix Rousseau, la Wallonie est une terre romane depuis des siècles sous la forme d'une avancée latine au sein de l'Europe germanique. Son livre La Wallonie, terre romane commence ainsi :
Depuis des siècles, la terre des Wallons est une terre romane et n'a cessé de l'être. Voilà le fait capital de l'histoire des Wallons qui explique leur façon de penser, de sentir, de croire. D'autre part, dans l'ensemble du monde roman, la terre des Wallons, coincée entre des territoires germaniques, occupe une position spéciale, une position d'avant-garde. En effet, une frontière de près de trois cents kilomètres sépare ces extremi Latini des Flamands au Nord, des Allemands à l'Est. Il en est de même pour la définition d'Albert Henry qui a étudié l'histoire du terme dans son livre Histoire des mots Wallon et Wallonie.
Philippe Destatte la reprend en la situant dans le cadre de la Belgique :
Avec le projet de loi Gilson de fixation de la frontière linguistique et le transfert des Fourons à la province du Limbourg voté à la Chambre le , le mouvement wallon revendique car il considère que ce territoire de Wallonie est occupé depuis par la FlandreJosé Happart avait inauguré un panneau de jumelage avec la commune de Vellerat avec l'inscription Commune de Vellerat - Les Fourons. Un des derniers évènements de cette revendication est la proposition de constitution wallonne en 2006 par Jean-Claude Van Cauwenberghe avec un statut birégional pour la commune de Fourons dans l'article 9Proposition de décret spécial instituant une Constitution wallonne déposée par M. Jean-Claude Van Cauwenberghe et Consorts, , et 13. . L'ancien ministre-président de la Région wallonne avait durant son mandat fait un discours le décrivant la Wallonie « de Fourons à Mouscron, de Nivelles à Arlon ».
Jean-Claude Van Cauwenberghe défend également dans sa proposition de constitution l'appartenance des communes germanophones à la Wallonie et l'inviolabilité de son territoire. Karl-Heinz Lambertz, alors ministre-président de la Communauté germanophone de Belgique, propose en 2002 d'organiser un référendum dans la région de langue allemande de Belgique pour une scission éventuelle avec la Région wallonne et un statut de quatrième Région de Belgique. Van Cau refuse d'entrer en discussion sur ces revendications autonomistes avec les « Wallons qui parlent allemand » car sa définition est que « Est wallon tout habitant de Wallonie » cité dans Maarten Van Ginderachter, Ibid., .. La même définition du territoire wallon et de l'identité wallonne est défendue par d'autres militants wallons comme José Happart mais aussi José Fontaine et son Mouvement du Manifeste Wallon.. Maarten Van Ginderachter considère qu'avec cette définition « le principe de citoyenneté est mis sens dessus-dessous, puisque l'individu ne décide pas de son appartenance à telle ou telle communauté, mais c'est le domicile qui détermine la nationalité ».
Le militant wallon et directeur de l'Institut Jules Destrée Philippe Destatte pense également que cette imposition d'identité est de l'autoritarisme, et considère que la Wallonie est la région de langue française parce que les « Germanophones sont dans un processus de région ». D'autres militants wallons également n'incluent pas les communes de langue allemande dans la Wallonie, c'est le cas de François Perin.
Milieu physique thumb|350px|Occupation du sol de la Wallonie La Wallonie avec ses peut se situer approximativement à partir du bassin hydrographique de la Meuse, fleuve européen. À l'exception de la province du Brabant wallon, au sud de Bruxelles, et une grande partie du Hainaut à l'ouest, qui jouxte la France, le reste de la Wallonie — sauf deux ou trois enclaves, notamment du côté du Grand-Duché de Luxembourg — appartient au bassin mosan.
Ce bassin est wallon sur de ses . Le bassin mosan couvre les 3/4 du territoire wallon. La Meuse, par Givet (en France), Dinant, Namur, Huy, Liège, contourne le plissement hercynien qu'est l'Ardenne, au nord de laquelle s'établissent trois des quatre grandes villes wallonnes, Charleroi sur la Sambre, Namur au confluent de la Sambre et de la Meuse et Liège. La quatrième grande ville, Mons, se situe à l'ouest de Charleroi dans la partie hors bassin mosan du Hainaut.
Une grande partie du territoire wallon est occupée par le massif ardennais au cœur de la région naturelle que l'on appelle Ardenne laquelle correspond aux restes d’un ancien massif montagneux qui, à l'origine, avait une altitude comparable à celle des Alpes ; son point culminant est à au lieu-dit « signal de Botrange ».
Faune, flore et habitats thumb|upright|Castor européen|gauche La carte de portance écologique. montre un fort gradient avec un niveau d'artificialisation élevé au nord-ouest et un niveau évoluant vers plus de naturalité au fur et à mesure qu'on se rapproche du Sud-est du pays.
Comme dans tout l'ouest de l'Europe densément habitée et cultivée, depuis la révolution industrielle, l'environnement s'est fortement et rapidement dégradé en Wallonie.