Une forme de guerre (titre original : Consider Phlebas) est un roman de science-fiction écrit par l'auteur écossais Iain M. Banks, et publié en 1987. Ce roman constitue le premier tome du Cycle de la Culture.

Sur le fond d'une guerre intergalactique qui oppose la race des Idirans aux humanoïdes de la Culture, le roman évoque un vaisseau de la Culture qui s'autodétruit pour échapper à une interception ennemie. Les derniers signaux émis par le vaisseau laissent penser que, poussé par la nécessité, l'intelligence artificielle, ou Mental, qui le commandait a découvert une nouvelle technologie lui permettant de se réfugier instantanément sous la surface de la planète Schar. Les Idirans chargent alors Bora Horza Gobuchul, un métamorphe, de s’emparer du supercalculateur, tandis que la Culture envoie un agent pour essayer de l'en empêcher.

Publié en 1987, Une forme de guerre est le premier volume paru du Cycle de la Culture de l'auteur écossais Iain M. Banks. Ce cycle de science-fiction qui regroupait (en ) neufs romans et quelques nouvelles décrit le monde de la Culture, une société humanoïde dotée d'une très haute technologie. Si l'univers de la Culture est le fonds commun de tout le cycle, chaque roman peut se lire indépendamment.

Une forme de guerre est paru en France en 1993 avec une préface de Gérard Klein. Le roman se compose formellement d'un prologue, d'un récit divisé en 14 chapitres et d'un appendice qui se présente sous la forme d'une brève encyclopédie de la guerre Idirans-Culture. Les annexes exposent les raisons et le bilan de la guerre qui oppose les deux civilisations, proposent un dramatis personae, qui raconte la vie des personnages qui ont survécu aux événements du récit, et un épilogue.

Style Une forme de guerre est un space opera qui raconte de manière linéaire et chronologique les aventures du Métamorphe Bora Horza Gobuchul, un espion humanoïde génétiquement modifié à la solde des Idirans. Le récit d'aventures est ponctué de quelques chapitres-bilans où interviennent des personnages de la Culture à la recherche du Métamorphe. Mais la perspective de narration est toujours subjective (en focalisation interne). Les événements sont racontés par le héros du roman et ce que le lecteur apprend de l'univers de la Culture ou des Idirans est toujours raconté par les protagonistes du roman. C'est à l'occasion de longs monologues intérieurs ou de dialogues animés entre les personnages que Iain M. Banks propose au lecteur une réflexion sur la place de l'individu, de la technologie, des valeurs morales et de la mort dans les sociétés technologiquement hyperdéveloppées tout en opposant le fanatisme religieux des Idirans au libéralisme bien pensant de la Culture.

Le développement narratif des aventures du Métamorphe fait quelques emprunts aux ressources traditionnelles de la science-fiction (combats interstellaires, combats terrestres au laser, combinaisons-armures intelligentes, modifications génétiques, matrices intelligentes à la William Gibson, vaisseaux spatiaux géants habitables (comme ceux de l'Anneau-monde, etc.) et à l'univers plus récent du jeu vidéo (pilotage périlleux d'un vaisseau spatial dans un labyrinthe complexe, perte d'une vie pendant une partie de jeu, gain progressif de « points de vie » qui permettent de retrouver un bon état physiologique, etc.).

Si Une forme de guerre est le premier roman du Cycle de la Culture écrit par Iain M. Banks, la société de la Culture en elle-même y est à peine présentée. Toujours évoquée, mais jamais réellement mise en scène, la Culture semble un peu fantomatique, n'apparaissant - pour y être critiquée - que dans les longues tirades haineuses du héros ou dans les réflexions parsemées de doutes des agents de la Culture.

Résumé Un vaisseau de la Culture commandé par un Mental - un supercalculateur intelligent et conscient - quitte son unité-usine et se propulse dans l'hyperespace. Construit en pleine guerre Idirans-Culture, l'engin spatial est bientôt piégé par la flotte des Idirans. Le vaisseau s'autodétruit pour éviter toute interception ennemie, mais le Mental qui le commande découvre in extremis une nouvelle technologie lui permettant de quitter l'hyperespace pour se réfugier sous la surface de la planète Schar.

Pendant ce temps, Bora Horza Gobuchul, un Métamorphe au service des Idirans, croupit dans une cellule-égout du Palais-Prison de la planète Sorpen. Démasqué par Pérosteck Balvéda, un agent féminin de la Culture, et condamné par les Gérontocrates de la planète Sorpen à la peine capitale pour avoir assassiné le Ministre de l'Extérieur et pris sa place au gouvernement, le Métamorphe attend son exécution. Mais après une ultime visite du Ministre de la Sécurité et de Pérosteck Balvéda, les Idirans débarquent sur Sorpen, libèrent le Métamorphe et le transportent à bord de leur vaisseau dénommé Main de Dieu 137.

À bord du vaisseau, Xoralundra, un officier idiran, charge Horza d'une nouvelle mission : retrouver un Mental de la Culture qui s'est réfugié sous la surface du Monde de Schar. Soudain, le vaisseau idiran est attaqué par un gigantesque vaisseau de la Culture. L'officier idiran donne à Horza une combinaison de survie et l'expédie dans l'espace en l'assurant que le reste de la flotte viendra le récupérer dès que possible. Mais une fois seul dans l'espace, Horza est arraisonné par un vaisseau pirate. Après sa capture, Horza est contraint de se battre en duel contre l'un des mercenaires de l'espace pour trouver sa place parmi les pirates. Il se fait ensuite enrôler par Krayklin, le chef de la Libre Compagnie de Krayklin, et embarque à bord de la TAC (Turbulence Atmosphérique Claire), le vieil astronef de la compagnie.

Après l'attaque désastreuse du Temple de la Lumière sur la planète Marjoin, l'équipage met le cap sur l'Orbitale Vavatch, une anneau artificiel en rotation créé par la Culture, car Krayklin compte piller un vieux mégavaisseau désaffecté pour y trouver les lasers qui manquent à son astronef. Mais pendant l'exploration du bâtiment, le navire entre en collision avec un gigantesque iceberg. Alors que d'autres mercenaires sont piégés, Horza réussit à s'enfuir à bord de la navette pilotée par Mipp, mais ils font tous deux rapidement naufrage au large d'une petite île perdue au milieu de le mer circulaire de Vavatch. Lorsque Horza s'échoue sur la plage de l'îlot, il est fait prisonnier par les membres de la secte des Mangeurs. Après avoir réussi à empoisonner le gourou de la secte qui lui a mangé un doigt, Horza s'échappe à bord d'une navette de la Culture et rallie la cité astroportuaire d'Évanauth. Il retrouve la trace du chef des mercenaires de la Libre Compagnie en suivant une partie de « Débâcle », un jeu de cartes psychédélique et cruel. À l'issue de la partie, il suit Krayklin sur les docks du port et le tue pour prendre sa place au sein de la Libre Compagnie grâce à ses talents de Métamorphe.

Une fois à bord du vaisseau de la Libre Compagnie, Horza retrouve les survivants de l'équipage et rencontre la dernière recrue de Krayklin qu'il identifie immédiatement comme étant l'agent de la Culture Pérosteck Balvéda. Subodorant l'imminence d'un danger, Horza-Kayklin décide de quitter les hangars de réparation où se trouvait la TAC et de s'envoler sans délai pour la planète Schar. Au loin, l'Orbitale de Vavatch explose, détruite par un gigantesque vaisseau de la Culture afin d'éviter que les Idirans ne fassent de l'Orbitale une base militaire. Au cours du voyage, Horza est contraint par Pérosteck Balvéda d'avouer à tout l'équipage sa véritable identité et les raisons de sa mission sur Schar, la planète des Morts.

Sur Schar, Horza, les membres de la Libre Compagnie, Pérosteck Balvéda et un drone dénommé Unaha-Closp descendent dans les galeries souterraines du Complexe de Commandement de la planète et partent à la recherche du Mental. C'est un véritable carnage qui les attend à leur arrivée : tous les Métamorphes qui travaillaient dans les souterrains de la planète ont été sauvagement massacrés par une troupe d'Idirans et de Medjels. Après des échanges de tirs nourris et un spectaculaire carambolage ferroviaire provoqué par un Idiran à l'agonie, le Mental, effrayé, sort enfin de sa cachette. Pourtant, la mission se solde par un véritable désastre : Yalson - enceinte de Horza - est tuée par un Idiran, puis écrasée par un wagon, les autres membres de la Libre Compagnie sont tous morts et Horza s'effondre sous les coups de poing féroces de Xoxarle, le dernier Idiran survivant. Seuls Perosteck Balvéda et le drone Unaha-Closp échappent à la mort. Ils ramènent le Mental et le corps de Horza à bord de la TAC, puis s'envolent pour le monde de la Culture.

Personnages Les personnages sont regroupés par communauté et les communautés sont classées par ordre alphabétique :

Agents de la Culture Pérosteck Balvéda démasque l'imposture de Horza sur Sorpen, se fait engager par Krayklin et tente d'empêcher le Métamorphe de retrouver le Mental. Fal' Ngeestra, « Référente » de la Culture. Elle guide les recherches de Pérosteck Balvéda grâce à ses capacités de Mental humaine.

Drones Jase, drone qui accompagne l'agent de la Culture Fal'Ngeestra. Uhana-Closp, drone intelligent-conscient qui accompagne contre son gré la Libre Compagnie sur Schar. Il se bat contre les Idirans et sauve la vie de Horza.

Gérontocrates de Sorpen Amahain-Frolk, Ministre de la Sécurité de la Gérontocratie de Sorpen. Egratin, Ministre de l'Extérieur de la Gérontocratie de Sorpen, assassiné par Horza.

Idirans Quayanorl, officier idiran dépêché sur Schar pour retrouver le Mental. Il met en marche le train qui provoquera un gigantesque carambolage dans les souterrains de Schar. Xoralundra, officier idiran, contact de l'espion Bora Horza Gobuchul. Il commande le vaisseau appelé la Main de Dieu 137 et délivre Horza des prisons de Sorpen. Xoxarle, Idiran atterri sur Schar pour retrouver le Mental. Assassin de Yalson et de Horza.

Jeu de Débâcle sur l'Orbitale de Vavatch Ghlassel, commandant d'une célèbre Libre Compagnie de mercenaires. Ishlorsinami, race intègre et incorruptible qui fournit des arbitres lors des parties de Débâcle. Sarble l'Œil, journaliste indépendant qui fait un reportage sur la partie de Débâcle. Tengayet Doy-Suut, champion incontesté du jeu de Débâcle. Wilgre, joueur alien. Neeporlax, jeune joueur talentueux qui fait généralement don de ses gains. Vivants, esclaves volontaires qui meurent lorsqu'un joueur perd sa mise.

Libre Compagnie de Krayklin (LCK) Aviger, le mercenaire le plus âge de la troupe. Bratsilakins, trois monstres clonés et velus, à la peau grise. Dorolow, mercenaire dévote, adepte du culte du "Cercle de la Flamme". Elle adresse ses prières à la déesse Chicel-Horhava. Gow, jeune mercenaire lesbienne. Jandraligeli, Mondlicien. Il quitte la compagnie sur Vavatch. Kee-Alsoforus, jeune mercenaire lesbienne. Krayklin, chef de la Libre Compagnie de Krayklin. Lamm, vétéran des guerres galactiques qui porte toujours une ceinture d'explosifs nucléaires. Lénipobra, cadet de la compagnie qui s'est fait tatouer la langue. Mipp, pilote alcoolique à la peau noire. Neisin, mercenaire alcoolique. Rava Gambol, mercenaire. Tzbalik Odraye, informaticien autodidacte du bord. Wubslin, mécanicien de bord. Yalson, mercenaire. Elle a une liaison avec Bora Horza Gobuchul. Zallin, jeune recrue. Horza doit le tuer pour être autorisé à entrer dans la Libre Compagnie.

Métamorphes Bora Horza Gobuchul, héros du roman, métamorphe au service des Idirans et farouche opposant aux valeurs de la Culture. Sro Kiérachell Zorant, femme métamorphe en poste sur Schar. Ancienne liaison de Bora Horza Gobuchul.

Secte des Mangeurs Fwi-Song, dit le Prophète, homme adipeux qui mange ses victimes à l'aide d'appareils dentaires métalliques et sophistiqués. M. Premier, homme de main du Prophète.

Jeu de Débâcle