Notiophilus rufipes est une espèce d'insectes de l'ordre des coléoptères, de la famille des Carabidae.
En Europe, il est devenu très rare (dont en FranceNotiophilus rufipes, Données de distribution pour le Nord-Est de la France, consulté 2012-06-02 et Belgique) (disparu ?) dans les forêts gérées et exploitées, et mieux conservé dans les forêts anciennes et non gérées. On en a trouvé quelques individus hors des cœurs de forêts mixtes ou de feuillus (hêtraies), mais c'est une espèce considérée comme strictement forestière, et fortement dépendante de la litière forestière où elle se nourrit (principalement de collemboles selon les données disponibles)Fiche Notiophilus rufipes Curtis ; Insectes et forêts du nord-est de la France, consulté 2012-06-02.
N. rufipes pourrait être bioindicateur de forêts anciennes et de naturalité de la forêt ; en comparant les lieux d'observations, on a en effet constaté qu'il semblait absent des forêts gérées, et observé du Bus de Warnaffe G., Lebrun P. 2002 "Effects of forest management on carabid beetles in Belgium: implications for biodiversity conservation Biological Conservation", 118, 219-234.
Habitat et répartition En Europe, cette espèce a été observée dans les forêts anciennes des pays suivants :
Albanie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Grande-Bretagne, Bulgarie, Corse, Croatie, République tchèque, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Kaliningrad, Liechtenstein, Luxembourg, Macédoine du Nord, Moldavie, Norvège, Pologne, Portugal, Russie (centre, nord et sud), Sardaigne, Sicile, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Pays-Bas Ukraine . Parfois (dont en France et en Espagne), il n'est plus présent que dans les forêts continentales, mais dans certains pays, il est observé jusque sur les littoraux.
Ce carabe, qui semble présent jusqu'à au moins d'altitude, dépend de deux milieux qui doivent coexister : couvert forestier ancien et strate herbacée. L'ancienneté de la forêt est un paramètre important ; la plupart des observations de cette espèce sont faites dans des peuplements ayant dépassé l'âge d'exploitation des arbres (hêtraies de plus de 200 ans en Belgique, chênaies-hêtraies de 300 à 500 ans en AllemagneMenke N. 2006 Untersuchungen zur Struktur und Sukzession der saproxylen Käferfauna (Coleoptera) an Eichen- und Buchentotholz Dissertation. Gustav-August-Universität Göttingen).
N. rufipes est considéré comme hygrophile, plus fréquent dans les maraisAnichtchenko A. (2006), Estudio del orden Coleoptera en las marismas de Txingudi ; Report, Departamento de Medio Ambiante y Ordenación del Territorio, Gobierno Vasco. , , 1-54, en forêts inondables, sur les berges des rivières voire sur des littorauxDufrêne M. 1992 Biogéographie et Écologie des Communautés de Carabidae en Wallonie Dissertation. Université Catholique de Louvain, Faculté des Sciences, Département de Biologie, Unité d'Écologie et de Biogéographie, mais on en connait quelques populations (ex : Calabre) établies dans des forêts sclérophyllesCarabid beetles in a Mediterranean Region: biogeographical and ecological features DIAS Report, 114, 253-254.
N. rufipes est trouvé dans des peuplements mixtes (feuillus-résineux), mais alors sous les feuillusLoreau M. 1977 Étude de la distribution des Carabidae dans la vallée du Viroin ; Annales de la Société Royale de Zoologie Belge, 107, 129-146.
On a pu confirmer qu'il était inféodé aux litières et bois morts protégés par une canopée dense et fermée, car après le passage de l'ouragan Lothar (1999), ses populations se sont effondrées (de 87 %) dans les grands chablis créés par la tempêteBouget C. 2005 Short-term effect of windthrow disturbance on ground beetle communities: gap and gap size effects European Carabidology 2003. Proceedings of the 11th European Carabidologist Meeting. DIAS Report, 114, 25-39.
Il semble néanmoins assez mobile le long de gradient allant de la forêt dense aux îlots boisés ruraux ou parfois urbains (autour de Bruxelles par exemple où il est même plus fréquent dans les parcs urbains qu'en zone suburbaineGaublomme E., Dhuyvetter H., Verdyck P., Desender K. 2005 Effects of urbanisation on carabid beetles in old beech forests. European Carabidology 2003. Proceedings of the 11th European Carabidologist Meeting. DIAS Report. , 114, 111-123).
Comportement C'est une espèce diurne et grégaire, formant des groupes parfois importants mais sans interactions apparentes entre les individus au sein du groupe.
Phénologie En Belgique et dans le Nord-Est de la France, l'adulte manifeste une activité plutôt précoce dans l'année, jusqu'en été. Au printemps, il s'abrite volontiers dans ou sous les bois morts alors qu'en été il s'abrite et se nourrit plutôt dans la strate herbacée. C'est le moment où on peut le voir plus facilement dans des milieux plus ouvertsScott A.E. 2000 Climatic tolerances and zoogeography of the late pleistocene beetle fauna of Beringia Géographie physique et Quaternaire, 54(2), 143-155.
Références
Voir aussi Articles connexes
Fragmentation forestière Bioindication Coléoptères Forêt
Références taxonomiques
Catégorie:Espèce de Coléoptères (nom scientifique) Catégorie:Nebriinae Catégorie:Insecte décrit en 1829