vignette|Char. Le char d'assaut (en anglais : Signifiant réservoir afin de faire croire aux Allemands de la Première Guerre mondiale que ce n'était pas un engin de combat., en allemand : ) est un système d'arme mobile constitué d'un canon monté sur un véhicule automobile blindé et le plus souvent chenillé (il existe également des chars légers à roues) permettant à la fois d'évoluer sous protection et de tirer.

Description schématisée thumb|redresse=2.5|Schéma légendé d'un char. Viseur du tireur/opérateur tourelle Masque du canon Mitrailleuse coaxiale Évacuateur de fumée Canon Épiscopes Volet d'accès au compartiment de conduite Glacis Chenille Boîte à munition de la mitrailleuse Mitrailleuse pour le chef du char Volet du tourelleau Tourelle Interface tourelle-châssis Caisse ou châssis Prise d'air du moteur Déport de caisse Jupe latérale Barbotin Patin de chenille Galet de roulement

Origine du terme tank Quelques mois après le début de la Première Guerre mondiale, en octobre 1914, le colonel Ernest Dunlop Swinton de la British Army, un tacticien militaire, a le projet de concevoir un véhicule armé, blindé et à chenilles. Une visite au front l'a en effet convaincu que la combinaison de la guerre des tranchées et de la mitrailleuse exigeait un tel véhicule. Ce projet atterrit sur le bureau de Winston Churchill, alors Premier Lord de l'Amirauté, qui en comprend l'intérêt et constitue en février 1915 un comité pour l'étude de ces prototypes de (navires de terre), le Landship Committee. Le char naît ainsi à Londres. Une maquette en bois est présentée au comité le et un prototype, appelé « Mother » (Mère), effectue ses premiers essais le devant le roi et les hautes autorités gouvernementales. Le char est en conséquence commandé à sous la dénomination Mark I. Soucieux d'en garder le secret, les Britanniques proposent d'abord de les appeler « » (porteur d'eau), en proclamant qu'ils sont destinés au ravitaillement en eau de l'armée britannique de Mésopotamie. Plusieurs autres appellations sont envisagées avant que le colonel Swinton utilise le nom de (c'est-à-dire réservoir) en , afin de faire croire que le Royaume-Uni produit des réservoirs d'eau autotractés à destination du front mésopotamien..

Types de chars Char d'assaut : terme générique, employé à l'origine pour désigner les chars britanniques devant créer des ruptures dans les lignes allemandes durant la Première Guerre mondiale. Char d'infanterie : char ayant pour mission d'accompagner l'infanterie, lent, car devant évoluer à la même vitesse que des soldats combattant à pied, il possède un blindage épais et un armement important. Exemple : Matilda II, B1, A22 Churchill. Char de cavalerie : appelé également « char rapide », le char de cavalerie est un char très mobile dont l'armement est optimisé pour le combat antichar, il évolue indépendamment de l'infanterie. Exemple : AMC 35, SOMUA S35. Char cruiser : équivalent britannique du char de cavalerie. Exemple : A13 Mk II, A15 Crusader, A27M Cromwell, A34 Comet I. Chasseur de chars : char spécialisé dans la destruction des blindés, il est puissamment armé et généralement assez mobile, il demeure cependant moins polyvalent qu'un char moyen mais comble le déficit capacitaire de ceux-ci. Exemple : M10, Valentine Mk I Archer, M18, Jagdpanzer V, SU-100. Canon automoteur : utilisé comme véhicule d'appui-feu dans les unités d'infanterie mécanisées. Leur armement, souvent monté en casemate, est varié ; obusier, canon d'artillerie ou canon antichar. Exemple : SAu-40, Sturmgeschütz, SU-122, M7 Priest, ISU-152, ASU-85. Canon d'artillerie automoteur : armé d'un canon d'artillerie, pour effectuer des tirs indirects à longue portée. Exemple : M109, 2S1 Gvozdika, Bandkanon 1, AuF1, PzH 2000. Char léger : char de faible tonnage, aux dimensions réduites mettant l'accent sur la mobilité au détriment du blindage. Son faible coût et sa masse réduite facilitent son emploi opérationnel. Exemple : Hotchkiss H35, M3 Stuart, AMX-13, PT-76, M551 Sheridan, Type 15. Char moyen : appellation utilisée initialement pour faire la différence avec les chars légers (qui sont d'avantage des automitrailleuses) et les chars lourds des années 1920 et 1930. Exemple : Saint-Chamond, Somua S35, M3 Lee, M4 Sherman, T-34, Panther, M46, Panzer IV. Char lourd : char lourdement blindé et armé utilisé pour contrer les chars adverses et les fortifications. Leur coût de fabrication et leur masse limite leur emploi opérationnel. Exemple : KV-1, IS-2, AMX-50, M103, FV214 Conqueror. Char de bataille : char devant opérer conjointement avec l'infanterie motorisée au sein d'unité entièrement mécanisée, selon le général Estienne. Il représente l'intermédiaire entre les chars léger FT et les chars forteresses FM 2C. Terme réutilisé durant les années 1960 pour désigner l'AMX-30. Exemple : D2. Char de rupture : voir char de forteresse. Char d'arrêt : concept de char de bataille ayant pour mission de stopper l'avancée ennemie par attraction de son tir. Char de forteresse : appelé également « forteresse terrestre »", il est destiné à briser les lignes blindées et fortifications ennemies. Exemple Mark V, Mark VIII, FCM 2C. Char super-lourd : terme générique et utilisé pour désigner des chars de très fort tonnage comme le Panzerkampfwagen VIII Maus ou encore le T28. Char de combat : le char de combat apparaît au début des années 1960, il succède à la fois au char moyen et au char lourd. Exemple : M60, FV4201 Chieftain, AMX-30, Strv 103, T-64A, Leopard 2, Leclerc. Dépanneur de char : également appelé char de dépannage, il est équipé d'un treuil et parfois d'une grue, cette dernière permet la dépose d'un groupe motopropulseur ou d'une tourelle.

Histoire thumb|upright=.5|Réplique du char de Léonard de Vinci, un des précurseurs du char d'assaut contemporain.

Première Guerre mondiale thumb|upright=.5|Char britannique « » à demi enfoui sur le champ de bataille dans le nord de la France en 1918. La première évocation du char d'assaut que l'on connaît aujourd'hui, c'est-à-dire un véhicule blindé tout terrain armé d'un canon, prend forme lors de la Première Guerre mondiale. C'est le colonel Estienne qui, le 25 août 1914, déclare aux officiers de son régiment : « Messieurs, la victoire appartiendra dans cette guerre à celui des deux belligérants qui parviendra le premier à placer un canon de 75 sur une voiture capable de se mouvoir en tout terrain. ».

Les premiers chars datent de 1915 et sont britanniques : le type Mark I avec canon ou mitrailleuses mais, trop lourds, ils ont tendance à s'embourberPremière guerre Mondiale : Mark 1, wixsite.com, consulté le 23 mai 2021.

vignette|Premier char de l'armée britannique Mark I en septembre 1916 utilisé, pour la première fois, au cours de la bataille de la Somme.vignette|Le Schneider CA1, premier char de l'armée française, en avril 1917.|gaucheLa France décide de lancer le projet du char Schneider CA1 en 1915, fabriqué par la Société d'outillage mécanique et d'usinage d'artillerie (SOMUA), il est le premier char allié équipant les troupes françaises. Ce char est produit à 400 exemplaires, il pèse 14 tonnes, mesure de long, de largeur et en hauteur, et un total de 6 hommes sont nécessaires pour le faire fonctionner. Il est motorisé par un moteur de 55ch, ce qui lui permet d'atteindre une vitesse en tout terrain de et sur route. Il est armé d'un canon de Blockhaus Schneider sur l'avant droit et de deux mitrailleuses Hotchkiss Mle. Le principal défaut de ce char est sa faible mobilité, le rendant vulnérable aux tirs d'artillerie. Malgré cela, il sera produit jusqu'à aout 1918 et servira jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, mais également pendant la guerre d'Espagne (1936-1939).

Le deuxième projet français est celui du char Saint-Chamond. Il entre en production en 1916, il est produit par la Compagnie des forges et aciéries de la Marine et d'Homécourt (FAMH). Le Saint-Chamond est produit à 300 exemplaires, il est plus lourd que son prédécesseur avec un poids total en fonction des versions de 22 t (pour la version « M1 ») et 24 t (pour la version « M2 »). Il mesure de long, de large et en hauteur, et embarque un équipage de 9 hommes. Il est motorisé par un moteur de 90ch lui permettant d'atteindre une vitesse de en tout terrain et sur route. Il est armé d'un canon de L12C TR en casemate pour la version M1, pour la version M2 le char sera muni du fameux canon de Mle 1897 en casemate. Il est aussi muni de 4 mitrailleuses Hotchkiss modèle 1914, une sur chaque face du char. Il servira jusqu'en 1918.

vignette|Deux chars Renault FT, le premier muni d'une mitrailleuse Hotchkiss, le second muni d'un canon de 37 mm. Ce char équipait surtout l'armée française en 1918, mais aussi l'armée américaine ayant acheté des exemplaires à la France.

L'Allemagne se munit également d'un char d'assaut. Le projet du char allemand débute en 1916. Le Sturmpanzerwagen A7V est mis en service en . Ce char est produit par plusieurs entreprises allemandes : Daimler-Motoren-Gesellschaft, Friedrich Krupp AG, Carl Röchling AG. Ce char est produit à 21 exemplaires, il pèse 33 tonnes, mesure de long, en largeur, en hauteur, et un total de 18 hommes sont nécessaires pour le faire fonctionner. Il est motorisé par un moteur de 200ch, ce qui lui permet d'atteindre une vitesse en tout terrain de et sur route. Il est armé d'un canon de Maxim-Nordenfelt L/26.3 en casemate et de cinq mitrailleuses MG 08. Il servira jusqu'en 1918.

En France, Louis Renault conçoit le premier char léger, le FT-17, utilisé à partir de 1918 dans l'appui de l'infanterie; il sera surnommé « le char de la victoire ».

Entre-deux-guerres thumb|upright=.5|Char britannique Vickers E type A, équipé de deux tourelles identiques avec mitrailleuses en 1930. Produit depuis 1930, le Panzer I est de toutes les batailles engagées par l'AllemagneNuméro Spécial le Panzer I et ses variantes, militarytrainz.com, consulté le 25 mai 2021.

À la suite du succès des chars Renault lors de la Première Guerre mondiale, plusieurs chars légers sont mis au pointLes chars légers de la France dans l'entre-deux-guerres, topwar.ru du 7 juin 2019, consulté le 23 mai 2021.

Guerre d'Espagne

Les chars de différentes nations se sont affrontés durant ce conflit (Allemagne, Italie, URSS), avec parfois des abordages de char.

Campagne de Pologne En 1939, pendant la campagne de Pologne, les blindés polonais sont dépassés, essentiellement par le nombre des blindés nazis, notamment grâce à l'apport des chars tchèquesL’évolution de l’arme blindée allemande, secondeguerre.net (consulté le 11 juin 2021), section I. 2. c. (« La machine de guerre tchèque »)..

Seconde Guerre mondiale Après la drôle de guerre, où chaque camp reste sur la défensive, les Nazis font usage de la , qui repose sur l'effet de surprise, lors du passage par les Ardennes des chars allemands, ce qui semblait impossible pour les stratèges français du fait des obstacles naturels. Par manque de temps, les armées alliées n'ont pas détruit certains ponts traversant la Meuse, ce qui a permis aux Allemands de franchir cet obstacle sans trop de difficultéVoir l'article Percée de Sedan..

Des chars d'assaut à roue comme l'Autoblinda AB40 de 1940 connaissent la guerre du Désert, les Balkans et, pour certains, le Front de l'Est.

Les chars d'assaut dans le monde actuel Parc blindé mondial Le nombre total de chars opérationnels en 2002 serait de . Part du parc blindé mondial (2002) Dans Smith, The Atlas of War and Peace. 8 % États-Unis 15 % autres membres de l'OTAN 13 % Russie 8 % République populaire de Chine 18 % reste de l'Asie 22 % Moyen-Orient et Afrique du Nord 16 % reste du monde

Constructeurs de véhicules militaires