vignette|Le Novoïé Vrémia fait état de la première projection cinématographique en Russie qui s'est déroulé le . Le cinéma russe désigne l'art cinématographique en Russie, qui se consacre principalement à la production de films en langue russe.
Né dans l'Empire russe en 1896, il s'est largement développé dans le cadre du cinéma soviétique entre 1918 et 1991 et dans les années qui suivent la dissolution de l'URSS dans la fédération de Russie, l'industrie cinématographique russe reste reconnue internationalement. Le Festival international du film de Moscou a vu le jour à Moscou en 1935. Le prix Nika est la principale récompense cinématographique nationale annuelle en Russie, rejoint par les Aigles d'or à partir de 2002.
Au cours des années 1990, malgré la levée de la censure, le cinéma russe traverse une crise due à des coupes drastiques dans les subventions publiques. Au début du , parallèlement à l'amélioration de la situation économique du pays, le cinéma russe connaît un renouveau. En très peu de temps, le niveau de production cinématographique en Russie dépasse celui de la production britannique ou allemande. En 2007, les recettes du cinéma se sont élevées à 565 millions de dollars, soit 37 % de plus que l’année précédente. Parmi les films les plus célèbres tournés après 1991, il y a notamment Soleil trompeur (1994, Oscar du meilleur film en langue étrangère), Le Barbier de Sibérie (1998) et 12 (2007) de Nikita Mikhalkov, Le Frère (1997) et Le Frère 2 (2000) d’Alekseï Balabanov, L'Arche russe (2002) d’Aleksandr Sokourov ainsi que Le 9e Escadron (2005) de Fiodor Bondartchouk.
Andreï Zviaguintsev est considéré comme l’une des figures les plus marquantes du cinéma de cette période ; son film Le Retour (2003) remporte le Nika et l'Aigle d'or du meilleur film ainsi que le Lion d'or lors de la Mostra de Venise. Ses œuvres suivantes, critiques à l’égard de la Russie, notamment Elena (2011), Léviathan (2014) et Faute d'amour (2017, César du meilleur film étranger et Prix du jury du Festival de Cannes), ont connu un succès tout aussi retentissant, bien que davantage à l’étranger qu’en Russie. Son film Minotaure (2026) remporte le Grand prix du festival de Cannes 2026.
Parmi les cinéastes qui ont marqué le cinéma d’art et d’essai russe au se trouvent également Andreï Kravtchouk (L'Italien, 2005), Anna Melikian (La Sirène, 2007), Vera Storojeva (Voyage avec des animaux de compagnie, 2007), Kirill Serebrennikov (Jour sans fin à Youriev, 2008), Anguelina Nikonova (Portrait au crépuscule, 2011), Alekseï Fedortchenko (Les Femmes célestes de la prairie mari, 2012), Iouri Bykov (L'Idiot !, 2014) ou des cinéastes faisant partie du mouvement des « Nouveaux Calmes » comme Alekseï Popogrebski (Comment j'ai passé cet été, 2010) ou Boris Khlebnikov (Arythmie, 2017).
Le cinéma russe est la cible de boycotts de la part de plusieurs institutions et festivals occidentaux depuis la guerre russo-ukrainienne de 2014 et plus encore depuis l'invasion russe de l'Ukraine de 2022. Parallèlement, le cinéma russe s'ouvre depuis les années 2010 davantage vers l'Est avec des coproductions russo-indiennes telles que Les Chansons des djinns (2026) ou russo-chinoises telles que La Soie rouge (2025) et des films russes mieux distribués en Chine... Le Festival de Moscou prime depuis 2020 principalement des films sud-américains, iraniens ou indiens tels que Sans rendez-vous préalable (2022), Tres hermanos (2022) ou Ha Lyngkha Bneng (2025).
En 2023, la comédie russe Tchebourachka mêlant animation et prises de vues réelles est avec plus de 23 millions de spectateurs et 6,7 milliards de roubles de recettes le plus grand succès de tous les temps en Russie.
Histoire Empire russe vignette|L'affiche originale de Stenka Razine, premier film russe, 1908.
C'est en 1896 que furent projetés les premiers films (des œuvres des frères Lumière) en Russie, à Moscou et Saint-Pétersbourg. La même année, en mai, le premier film tourné (par les envoyés des Lumière) est un documentaire puisqu'il s'agit du couronnement de Nicolas II au Kremlin. De nombreuses salles de cinéma sont alors ouvertes, où l'on peut voir de petits films, actualités, films amateurs, farces ou grivoiseries. On ne date que de 1908 le premier court-métrage russe : Stenka Razine de Vladimir Romachkov, film consacré aux cosaques bien connu des Russes, qui rencontre immédiatement un très grand succès. Le cinéma connaît un boom économique, énormément de films sont produits, et comme dans les autres pays, les intellectuels se divisent. Tolstoï en disait en 1908 : « Vous verrez que cette petite machine qui tourne en faisant clic-clac révolutionnera notre vie.. »
En 1912, Ladislas Starewitch réalise le premier film d'animation russe : La Belle Lucanide, tourné avec des insectes naturalisés. C'est le début d'une longue tradition extrêmement riche qui essaimera dans tous les pays d'Europe de l'Est.
Anna Karenine de Vladimir Gardine (1914), La Dame de pique (1916) et Le Père Serge (1917) de Iakov Protazanov, ou encore La Vie dans la mort (1914) et Le Tocsin (1917) d'Evgueni Bauer sont des titres majeurs produits avant la révolution de 1917.
Sur les deux mille films réalisés durant cette périodeLe Cinéma russe avant la révolution, ouvrage collectif, Éditions Ramsay / Réunion des musées nationaux, coll. « Ramsay Cinéma », 1989, ., seulement 10 % ont survécu car les « copies nitrate » se sont abîmées et de plus, les productions étant tenues en piètre estime par la suite, elles n'ont pas été conservéesMyriam Tsikounas, Les Origines du cinéma soviétique, Cerf, 1992, ..
République socialiste fédérative soviétique de Russie
Fédération de Russie Années 1990 vignette|gauche|Le film policier Le Frère (1997) d'Alekseï Balabanov (photo) est devenu un exemple emblématique du cinéma russe des années 1990. Alors que dans les années 1980, le cinéma soviétique est marqué par la période faste du cinéma de la perestroïka, le nombre de films produits se réduit considérablement dans les années 1990, car l'industrie cinématographique connaissait de grands changements et l'économie était incertaine. De 300 en 1990, le nombre de films est passé à 213 en 1991, 172 en 1992, 152 en 1993, 68 en 1994, 46 en 1995 et 28 en 1996..
En 1990, la censure a été abolie au niveau officiel : l'État ne pouvait plus intervenir dans la production et la distribution des films, sauf en cas de propagande de guerre, de divulgation de secrets d'État et de pornographie. Dans le cadre de l'abolition de toutes les unités administratives centrales soviétiques, le Goskino est dissous en 1991.. En 1992, l'organisme qui lui a succédé, « Roskomkino » (Государственный комитет Российской Федерации по кинематографии, Comité d'État pour la cinématographie de la fédération de Russie), est créé. puis rebaptisé « Roskino »..
Le cinéma russe des années 1990 est davantage dominé par des films à petit budget. On y trouve des comédies qui se moquent de la situation du pays et des films policiers, ainsi que des drames qui critiquent le passé soviétique, souvent avec une forte dose de noirceur et de naturalisme. La première guerre de Tchétchénie en 1994 a également affecté les cinéastes. Certains films de cette époque traitent également de la guerre et du stalinisme..
Le festival Kinotavr est organisé pour la première fois en 1990 à Podolsk, puis en 1991 à Sotchi, où il se tient depuis lors. Le prix Nika, distribué par l'Académie du film russe, est créé en 1998.
Le Syndrome asthénique est un film dramatique de 1989 réalisé par Kira Mouratova. Le film est présenté à la Berlinale 1990, où il a remporté le Grand prix du jury de la Berlinale..
Bouge pas, meurs, ressuscite est un film dramatique de 1989 réalisé par Vitali Kanevski. Il est projeté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes 1990, où il remporte la Caméra d'or.. Un autre film de Kanevski, Une vie indépendante, remporte le Prix du jury, la troisième récompense la plus prestigieuse de l'événement, au Festival de Cannes 1992. et est également nommé pour l'Ours d'or à la Berlinale.
En 1990, Pavel Lounguine reçoit le Prix de la mise en scène pour Taxi Blues, avec le musicien de rock Piotr Mamonov dans le rôle principal, au Festival de Cannes 1990.. Les films suivants de Lounguine, Luna Park. et La Noce., sont présentés au Festival de Cannes 1992 et au Festival de Cannes 2000 en compétition. Tsar est présenté au Festival de Cannes 2009 dans la section Un certain regard..
La Garde est un film dramatique réalisé en 1990 par Alexandre Rogojkine. Il est présenté à la Berlinale 1990, où il reçoit le Prix Alfred-Bauer..
Satan est un film à suspense de 1991 réalisé par Victor Aristov. Il est présenté à la Berlinale 1991, où il remporte l'Ours d'argent, ex-aequo avec Autour du désir de Marco Bellocchio..
L'Assassin du tsar de Karen Chakhnazarov et Anna Karamazoff de Roustam Khamdamov sont présentés au Festival de Cannes 1991... . de est projeté dans la section Un certain regard la même année..
Nikita Mikhalkov remporte le Lion d'or au Mostra de Venise 1991 pour Urga. et le Prix du cinéma européen du meilleur film en 1991. Il est nommé pour l'Oscar du meilleur film étranger. et le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. vignette|En 1994, l'actrice Ingeborga Dapkūnaitė est à l'affiche de Soleil trompeur de Nikita Mikhalkov. En 1998, Alekseï Balabanov. revisite l'histoire du cinéma russe dans Des monstres et des hommes.. Le film est sorti en Russie en 1998 et l'année suivante en France. Tourné « à la manière » des films d'avant-garde des années 1920, période florissante pour les arts. Il choisit de montrer non la grande histoire, mais l'univers des premiers films érotiques, de la violence crue et de la méchanceté gratuite.
Le Cercle des intimes est un film dramatique de 1991 du réalisateur russe Andreï Kontchalovski, racontant l'histoire du projectionniste privé de Joseph Staline et officier du KGB Ivan Sanchine (de son vrai nom Aleks Ganchine) entre 1939 et 1953, l'année de la mort de Staline. Le film est en sélection officielle à la Berlinale 1992..
Le Tchékiste, réalisé par Alexandre Rogojkine, est un drame qui se déroule pendant la guerre civile russe et raconte l'histoire d'un chef de la Tchéka qui devient peu à peu déséquilibré. Les Jours heureux, réalisé par Alekseï Balabanov, était son premier long métrage. Les deux films sont présentés dans la section Un certain regard du Festival de Cannes 1992...
Le Milicien amoureux est une comédie franco-ukrainienne en langue russe écrite et réalisée par Kira Mouratova en 1992. Il figure en compétition à la Mostra de Venise 1992. et remporte le prix spécial du jury du festival Kinotavr.
Le cinéaste tadjik Bakhtiar Khudojnazarov reçoit un Lion d'argent à la Mostra de Venise 1993 pour son film On est quitte..
Le drame Soleil trompeur (1994) de Nikita Mikhalkov se déroule dans une petite communauté rurale à l'époque où le stalinisme commence à perturber leur retraite idyllique et à modifier leurs caractères et leurs destins. Le film a reçu l'Oscar du meilleur film en langue étrangère et le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 1994.. La suite, Soleil trompeur 2, est présentée au Festival de Cannes 2010... Une autre suite, Soleil trompeur 3, est sortie le .
Riaba ma poule d'Andreï Kontchalovski est une suite satirique du film soviétique de 1966 de Kontchalovski, Le Bonheur d'Assia, reprenant les personnages de l'original et les plaçant dans un contexte post-soviétique. Ce film est présenté au Festival de Cannes 1994..
Les Petites Passions est une comédie romantique réalisée en 1994 par la réalisatrice ukrainienne Kira Mouratova d'après les romans de Boris Denikhine... Le film est présenté au Festival de Locarno en 1994.. Il a reçu deux prix Nika, celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur (Mouratova).. Le film a également remporté le prix spécial du jury au festival du film Kinotavr..