Louise de Savoie, née le au château de Pont-d'Ain (dans le département français actuel de l'Ain) et morte le à Grez-sur-Loing (dans l'actuel département de Seine-et-Marne), princesse de la maison ducale de Savoie, est la mère de , roi de France emblématique de la Renaissance.
Elle joue un rôle capital durant le règne de son fils. Elle est deux fois régente de France pendant les campagnes italiennes de son fils qu'elle désapprouve d'ailleursFrançois Gaillard, Louise de Savoie, roi de France ?, 3/12/2024, Institut INESS, (consulté le 29/12/2024). Elle a une grande influence et sait diriger le royaume selon ses intérêts politiques et familiaux, bien secondée par le chancelier Duprat, Florimond Robertet, son demi-frère René de Savoie, ou encore Odet de Lautrec. Ses choix ont marqué durablement la France. Elle n'est pas étrangère non plus à la trahison du connétable (après avoir obtenu en héritage, par décision royale du , les terres de la princesse Suzanne de Bourbon avant que le parlement de Paris, qui avait ordonné le séquestre des biens en litige, ne se soit prononcé). et à l'exécution du baron de Semblançay, surintendant des Finances. Mais son rôle exact dans ces deux affaires est controversé... La capture du roi à la bataille de Pavie en va offrir à Louise de Savoie de donner toute sa mesure. Sa régence est de première importance après la capture du roi car, du fait de son expérience, elle peut organiser la continuité du royaume et une contre-offensive diplomatique contre l'empereur Charles Quint. Elle y déploie toute son énergie et s'illustre par ses succès diplomatiques. Bien qu'autoritaire, son action permet les alliances avec l'Angleterre de et l'Empire ottoman de Soliman le Magnifique, et finalement obtient la libération du roi le contre la détention de ses petits-fils aînés François et Henri. Le rôle politique qu'elle tient alors, lui permit de négocier la paix des Dames.
Biographie Famille Louise naît le au château de Pont-d'Ain. Elle est la fille du comte de Bresse, Philippe sans Terre (), futur duc de Savoie, et de Marguerite de Bourbon ().
À la mort de sa mère en 1483, elle est envoyée à Amboise et confiée à sa cousine, Anne de Beaujeu, fille du roi de France , alors régente du royaume et qui aura une influence des plus importantes pour son avenir.
Mariage vignette|gauche|redresse|Charles d'Angoulême et Louise de Savoie jouant aux échecs, dans Le livre des échecs amoureux moralisés. Le 16 février 1488, à 11 ans, elle épouse Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, dont elle a deux enfants : Marguerite d'Angoulême (1492-1549), mariée en 1527 à , roi de Navarre, mère de et grand-mère du roi de France ; (1494-1547), roi de France (1515-1547), cousin du roi Louis XII.
Veuve à dix-neuf ans, elle est trop jeune pour disposer seule de la tutelle de ses enfants. Elle essaie malgré tout d'y parvenir, mais sans succès. Elle est contrainte d'accepter Louis duc d'Orléans comme co-tuteur de ses enfants en tant que plus proche parent mâle de François et Marguerite.
Elle se consacre à l'éducation de ses enfants, aidée par son confesseur, Cristoforo Numai de Forlì. Conforme à sa devise (« pour des livres et pour des enfants »), elle fait œuvre de mécène en commandant de nombreux manuscrits pour leur éducation.
Règne de Louis XII vignette|gauche|Maître de Philippe de Gueldre, « Antoine Vérard présente son livre à François d'Angoulême, en présence de Louise de Savoie et de Marguerite d'Angoulême [?] », dans Octavien de Saint-Gelais, Le Séjour d'honneur, Paris, BnF, , , 1503 (enluminé vers 1506).
À la mort de Charles VIII le , c'est le duc d'Orléans qui lui succède sous le nom de Louis XII. Louise est alors à Cognac, elle se rend à Paris pour réclamer au nouveau roi le transfert de l'héritage des Orléans. Celui-ci refuse, donnant comme compensation une pension de tournois à son fils François, devenu premier prince du sang.
Le roi veut alors garder l'héritier présomptif de la couronne près de lui. Louise et ses deux enfants sont alors reçus par le souverain au château de Chinon. Louis XII nomme Pierre de Rohan-Gié gouverneur des enfants. Celui-ci emmène Louise à Romorantin puis à Blois. Le château est mal commode en raison des travaux que le roi y entreprend. Gié obtient enfin l'autorisation de transférer Louise, François et Marguerite au château d'Amboise, qui devient la résidence principale de Louise et de ses enfants. Le Maréchal de Gié parvint également à obtenir pour le jeune François le duché de Valois comme bien éminent.
En 1499, une épidémie sur les bords de Loire la contraint à quitter Amboise pour Romorantin, le roi et la reine l'y rejoindront en mai, et c'est là que leur fille Claude naîtra.
Le , elle est au château de Blois avec son fils, pour recevoir avec le reste de la cour l'archiduc d'Autriche Philippe le Beau et sa femme Jeanne de Castille. Dans les jours suivants, elle retourne à Amboise pour y accueillir le couple archiducal le 16 du même mois.
En , elle reçoit en son château de Romorantin la nouvelle reine de Hongrie, Anne de Foix, s'en allant en son royaume .
Elle doit témoigner les 17, et lors du procès du Maréchal de Gié. Au printemps 1506, le roi la rencontre à Romorantin pour organiser les fiançailles de sa fille Claude avec François. Pour appuyer cette future union, lors des États Généraux tenus à Plessis-lès-Tours, il est demandé solennellement au roi que sa fille épouse le duc de Valois. Louise assiste alors aux fiançailles à Tours de son fils et de Claude le .
Cette même année, elle choisit Artus Gouffier de Boisy pour remplacer le maréchal de Gié, suite à sa disgrâce, comme gouverneur de ses enfants.
vignette|gauche|Enluminure représentant un dauphin bleu à côté du futur . L'enfant est guidé par sa mère, Louise de Savoie, jeune veuve vêtue de noir. Accompagnée de ses dames d'honneur, elle tient un compas, allégorie de la prudence. Louise entend que son devienne le dauphin en titre, héritier du trône de France, conformément à une prophétie de François de Paulehttps://classes.bnf.fr/pdf/parcours_FrIer.pdf. Maître de Philippe de Gueldre, « Le Compas du Dauphin », vers 1505, Paris, BnF, , .
Son unique objectif est de bien préparer son fils, son , à l'accession au trône, car le roi n'a pas de descendant mâle qui surviveLorsque naît le fils d'Anne de Bretagne, tant espéré par cette dernière et tant redouté par Louise de Savoie, elle écrit : .
En 1508, son fils François rejoint définitivement la cour, elle quitte alors Amboise pour retourner à Cognac. Elle vient à Blois pour le mariage de la marquise de Montferrat le , puis pour celui de sa propre fille avec le duc d'Alençon.
La mort de la reine Anne de Bretagne change tout. Cela permet le mariage de son fils avec Claude de France, au château de Saint-Germain-en-Laye (la reine Anne désapprouvait l'union).
Le , au château de Blois, elle échappe de peu à un accident où le plancher de [sa] chambre tomba, et [elle] eusse esté en extrême danger, n'eust esté ma petite Bigote et le seigneur de Desbrules, lesquels premierement s'en aperceurent .
Elle est à Romorantin lorsqu'elle apprend la mort de Louis XII et part aussitôt pour Paris.
Mère du roi vignette|gauche|redresse=0.6|Louise de Savoie. Copie d'après Jean Clouet. Fondation Bemberg, Toulouse.
Lorsque François hérite du trône de France, Louise n'a que trente-huit ans. Elle ne vit que pour voir son fils auréolé de gloire. Elle est encore belle de teint, très vive et enjouée, selon Antonio de Beatis.
Elle est titrée duchesse d'Angoulême, duchesse d'Anjou et comtesse du Maine et Beaufort-en-Vallée ainsi que baronne d'Amboise après l'accession de son fils au trône de France à la mort du roi le .
Son rêve est enfin accompli, son fils est monté sur le trône de France et elle compte bien l'assister dans tout ce qu'il entreprend, qu'elle soit d'accord avec lui ou non. Son influence auprès de son fils est immense. Les 15 premières années du règne, Louise domine largement le Conseil et la diplomatie royale ; elle valorise d’ailleurs des hommes comme le secrétaire Florimond Robertet et le financier Jacques de Beaune. Déjà actifs sous Louis XII, elle s'attache ces hommes d'expérience, le premier en faisant épouser au beau-frère de celui-ci une fille bâtarde de son défunt mari, Souveraine d'Angoulême, le deuxième en le gratifiant de la terre de Semblançay dont il prend le nom.
Elle nomme également des hommes nouveaux, techniciens de valeurs, comme Duprat au rang de chancelier de France dès le , Artus Gouffier, ou encore son propre demi-frère, le bâtard de Savoie.
Dès 1515, François Ier se rend en Italie pour la campagne qui verra la bataille de Marignan ; c'est à sa mère Louise qu'il confie la régence. Ces pouvoirs restent malgré tout limités, car le roi a emporté le grand sceau avec lui.
En étant maîtresse des entrées au Conseil du roi, elle s'impose également pour les sorties, ainsi elle joue un rôle considérable dans la disgrâce (par rancune personnelle) de Semblançay et surtout dans celle du connétable de Bourbon.
Elle s'investit notamment dans l'organisation du Camp du Drap d'Or entre son fils et le roi d'Angleterre Henry VIII.
Disgrâce du Connétable de Bourbon
Depuis 1519, Charles, duc de Bourbon, est en lien avec l'empereur Charles Quint, puisque celui-ci lui verse une pension en compensation des pertes subis par son père le comte de Montpensier en Italie du sud. Ces rapports sont certainement un signe pour dire au roi de ménager son Connétable. C'est cependant le résultat inverse qui est atteint.
En , la femme du connétable, Suzanne de Bourbon (fille de Pierre de Beaujeu et Anne de France) décède, léguant tous ces biens à son mari. Elle est en effet l'héritière de la branche aînée des Bourbon, et donc des vastes domaines que ceux-ci avaient. Louise de Savoie conteste alors le testament, car étant sa cousine germaine, elle est la plus proche parente de la défunte. Le roi en fait de même. Le tout est alors soumis au jugement du parlement de Paris. Mais avant même que le jugement ne soit prononcé, François fait don à sa mère d'une partie de l'héritage du connétable. Le parlement marque alors des réticences au vu du déroulement de l'affaire. La surenchère royale, amène le connétable de Bourbon dès l'automne 1522 à multiplier les contacts avec Charles Quint, et en juillet de l'année suivante un accord prévoit le mariage du connétable avec la sœur de l'empereur, et son passage total du côté de Charles Quint.
Seconde régence (1523-1526) vignette|Louise de Savoie représentée avec un gouvernail, symbole de la régence, avec à ses pieds Étienne Le Blanc. Miniature de Noël Bellemare tirée des Gestes de Blanche de Castille d’Étienne Leblanc, vers 1520-1522, Paris, BnF, département des manuscrits, ms. Français 5715.
désigne de nouveau Louise régente, lorsqu'il s'apprête à retraverser les Alpes en . Il lui laisse les mêmes droits qu'en 1515, seulement la durée et la direction du conseil vont s'avérer fort différentes. Quelques capitaines fidèles restent également dans le royaume pour le protéger de possibles invasions. C’est le cas de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, à qui est remis en plus du gouvernement de Picardie, celui de Paris et de l'île de France .
Louise s'installe à l'abbaye Saint-Just de Lyon, elle règne sur un conseil élargi, présidé par le chancelier Duprat (ce qui fait que le grand sceau est cette fois auprès d'elle, ce qui permet de prendre n'importe quelle décision).
Mais cette seconde régence n'est pas acceptée sans contestation, et plus particulièrement après la capture du roi à Pavie en .