Javier Marías, né le à Madrid en Espagne et mort le dans la même ville, est un écrivain, traducteur, éditeur, cryptarque et journaliste espagnol. Il a traduit plusieurs ouvrages d'auteurs anglais. C'est un des auteurs espagnols les plus lus dans le monde.

En 2012, Marías reçoit le prix national de narration, mais le refuse par principe.

Biographie Né en 1951 à Madrid au sein d'une famille d'intellectuels républicains, fils du philosophe et sociologue Julián Marías Aguilera (1914-2005) et du professeur et écrivain Dolores Franco Manera (1912-1977), Javier Marías est le neveu du cinéaste Jesús Franco et le cousin du cinéaste Ricardo Franco (1949-1998). Quatrième de cinq garçons, Julian (1945-1949), Miguel (1947), Fernando (1949) et Álvaro (1953), il passe une partie de son enfance dans le nord-est des États-Unis, où son père, interdit d’enseigner dans les universités de l’Espagne franquiste pour cause de divergences idéologiques avec le franquisme et n'avoir pas prêté serment au caudillo, donne des conférences au Wellesley CollegeLa famille vit dans la maison du poète Jorge Guillén et a comme voisin l’écrivain russe Vladimir Nabokov qui donne aussi des conférences dans ce même collège., près de Boston dans le Massachusetts puis à l’université Yale dans le Connecticut. Il se met à écrire dès l’âge de onze ans : « pour continuer à lire ce que j'aimais », dit-il.

De retour en Espagne, il obtient en 1968 son baccalauréat au Colegio Estudio, établissement prodiguant un enseignement libéral sur le modèle de la Institución Libre de Enseñanza. En octobre de la même année, il entre à l'Université Complutense de Madrid. En 1969, il gagne son argent de poche en travaillant sur des histoires de vampires pour les films de série B de son oncle Jesús Franco ManeraIl joue même un espion chinois dans un de ses films, Fu-Manchú y el beso de la muerte avec Christopher Lee.. Il participe aussi au scénario du premier film de son cousin Ricardo Franco Rubio.

En 1971, il publie son premier roman, Los dominios del loboDédié à son maître à penser, l’écrivain Juan Benet.. Son second roman, Travesía del horizonte, paraît l’année suivante. Diplômé en philosophie et lettres en 1973, il part travailler à Barcelone en tant que conseiller littéraire dans une maison d'édition. Il publie des nouvelles, écrit des articles sous différents noms d’emprunt pour divers journaux et revues, et traduit Thomas Hardy en 1974. Après la mort de sa mère le , il s’installe dans la maison familiale à Madrid.

En 1978, il sort son troisième roman, El monarca del tiempo, et publie des anthologies, ainsi qu'une traduction remarquée du Tristram Shandy de Laurence Sterne, couronnée par le Grand prix national de la traduction en 1979. Cette année-là, il écrit ses premières chroniques pour le journal El País. Il traduit des poèmes de Robert Louis Stevenson en 1980 et Le Miroir de la mer de Joseph Conrad l’année suivante. El Siglo, son quatrième roman, paraît en 1982.

En , il part enseigner la littérature espagnole à l’université d'Oxford. Un an après, Javier Marías retourne au Wellesley College pour enseigner et faire des conférences. Au printemps 1985, il est de retour à Oxford où il occupe une chaire jusqu’en 1988. De cette période est issu en 1989 Todas las almas (traduit en français sous le titre Le Roman d'Oxford), un de ses premiers succès internationaux.

Il part ensuite vivre à Venise où il termine son cinquième roman, L'Homme sentimental (El hombre sentimental), qui, aussitôt paru, connaît le succès et reçoit le prix Herralde du roman en 1986. Il est traduit en France et en Allemagne. Le succès se confirme en 1992 avec Un cœur si blanc (Corazón tan blanco) — qui obtiendra le prix littéraire international IMPAC de Dublin en 1997 — et, en 1994, avec Demain dans la bataille pense à moi (Mañana en la batalla piensa en mí) pour lequel il obtient le prix Femina étranger en 1996. En 1995, il rompt avec son éditeur Jorge Herralde. Il se consacre à d’autres traductions, dont celles d'œuvres de William Faulkner (1997) et de Vladimir Nabokov (1999).

Javier Marías collabore avec la revue El País semanal et y publie des chroniques. Il s'installe depuis lors au cœur de la ville de Madrid. Il est devenu l’un des auteurs de langue espagnole les plus lus : ses œuvres ont été traduites dans 40 langues et publiées dans 60 pays.

Le , il devient membre de l'Académie royale espagnoleSon père, mort le , était membre de cette Académie depuis 1964..

En 2012, Marías reçoit le prix national de narration, mais le refuse, car il décline par principe tout prix à caractère officiel ou institutionnel remis par l'État espagnol...

Après plusieurs semaines d'hospitalisation, il meurt le à Madrid des suites d'une pneumonie liée à la Covid.

Engagements politiques En 1999, Javier Marias fait partie des signataires de l'appel du Parlement international des auteurs concernant la disparition d'intellectuels au Kosovo. Le , il participe avec d'autres intellectuels espagnols à la marche contre le terrorisme organisée à Saint-Sébastien. Javier Marías a publié simultanément une tribune dans le New York Times, La Repubblica et le Frankfurter Algemeine Zeitung où il réagit aux attentats du à Madrid.

Depuis 1999, il possède sa propre maison d'édition, Reino de Redonda (Royaume de Redonda)Il fait ses débuts en tant qu'éditeur avec une anthologie de contes fantastiques de M. P. Shiel, premier roi de Redonda et précurseur des récits de science-fiction..

Œuvre Sélection parmi ses œuvres. Trilogie romanesque Ton visage demain (Tu rostro mañana) Fiebre y lanza (2002) Sur le thème de la trahison pendant la période de la Guerre civile espagnole. Baile y sueño (2004) Veneno y sombra y adiós (2007)

Romans

Nouvelles Mientras ellas duermen (1990) - anthologie de dix nouvelles écrites entre 1975 et 1990 Cuando fui mortal (1996) - anthologie de dix nouvelles écrites entre 1991 et 1995 Mala indole (1998) Mala Indole. Cuentos aceptados y aceptables (2012) - anthologie augmentée contenant trente nouvelles

Essais et articles

Littérature d'enfance et de jeunesse Ven a buscarme (2011)

Prix et distinctions

Prix Reino de Redonda Le , Javier Marías devient roi d’un îlot des Caraïbes ; le monarque du royaume de Redonda, Juan II (l’écrivain John Wynne-Tyson) vient d’abdiquer en sa faveurC’est un an plus tard, qu’il révèle, sur un ton ludique, comment il devint roi, dans son roman Dans le dos noir du temps (Negra espalda del tiempo).. C’est un titre qui se transmet dans la sphère des lettres pour perpétuer l’héritage littéraire des rois précédents : Felipe I (Matthew Phipps Shiel) et Juan I (John GawsworthDans un article paru le dans le quotidien El País et intitulé L'Homme qui a pu être roi (en référence à Rudyard Kipling), Marías révélait son intérêt pour le curieux destin de cet obscur auteur anglais, John Gawsworth. Il en a fait un personnage de son roman Le Roman d’Oxford (Todas las almas), paru en 1989 et le sujet d’Un épigramme de loyauté, dans son recueil de nouvelles, Ce que dit le majordome (Mientras ellas duermen), paru en 1990.). Javier Marías accepte de perpétuer la légende et prend le nom de Xavier I.

Dans le but de défendre ce legs, il crée sa propre maison d’édition, Reino de Redonda (Royaume de Redonda) — spécialisée dans la littérature fantastique.

Depuis 2001, le prix Reino de Redonda — doté de — distingue l'œuvre d’un auteur ou d’un cinéaste étranger :

Notes et références Notes

Références

Liens externes

Site officiel de Javier Marías Interview de Javier Marías à la BBC, le 03/03/06. (format Real Player)

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