Le Credo (latin pour « Je crois ») est le texte officiel de la profession de foi chrétienne, telle qu'exprimée en latin.
Le premier mot du texte, Credo, en est venu à en signifier l'entièreté. La première définition officielle d'un Credo de la foi chrétienne est le fruit des conciles de Nicée (325) et Constantinople (381), amplifiant un texte plus simple utilisé liturgiquement dès les premiers siècles et appelé le Symbole des apôtres. Ce texte du concile de Nicée est commun aux différentes traditions chrétiennes qui se reconnaissent dans cette phrase : Credo in unum Deum (« Je crois en un seul Dieu »).
Historique Dans les premiers siècles après Jésus-Christ, plusieurs prêtres chrétiens, tels saint Irénée de Lyon, saint Jérôme de Stridon, mentionnaient le , sans en préciser le texte. Il s'agissait, selon eux, de la règle de la foi que l'Église reçut directement des Apôtres.
Le premier usage du dans la liturgie fut adopté par le patriarche d'Antioche, Pierre le Foulon, dans la deuxième moitié du . Sans délai, Alexandrie et Constantinople suivirent cette pratique, récitée pendant l'offrande du sacrifice.
Vers 550 ou plus tard à Rome, et vraisemblablement sous le pontificat de Vigile († 555), le symbole de Nicée remplaça celui des apôtres pour le baptême de Pâques (pas à la messe). En Gaule, cette pratique était effectivement enregistrée : Sacramentaire gélasien (copié au milieu du dans la région parisienne) : (Credo en bilangue).
Le de Tolède ordonna en 589 le chant du Credo de Constantinople à la messe, avant le Paterp. 93, avec le texte en latin. Il s'agissait en fait d'une réaction à l'arianisme. Désormais, en Espagne, le Credo était récité ou exécuté en chant mozarabe dans la messe, avant le Pater Noster, en préparation à la communion.
Aux , la version Symbole des apôtres était chantée en Irlande, également pendant la messe. Lantiphonaire de Bangor, mentionné au-dessus, était son témoin. Puis, l'exécution disparut, à la suite de la recommandation de la règle de saint Benoît par saint . La mélodie de ce Credo aussi fut perdue, car sa disparition précédait l'invention des neumes.
On observe la pratique du Credo dans le royaume de Charlemagne. En effet, le concile d'Aix-la-Chapelle, tenu dans sa capitale en 809, confirma la doctrine du filioque, mais sans l'ajouter au texte du Credo.. D'ailleurs, Amalaire de Metz écrivait qu'après l'Évangile, l'évêque entonnait Credo in unum Deum donc évidemment à la messe, dans son diocèse.. L'œuvre de l'abbé Smaragde de Saint-Mihiel précisait les autorisations et conditions de ce sujet, octroyées par le pape Léon III.
Finalement, le pape Benoît VIII ordonna en 1014 que toutes les églises en Occident chantent le Credo. Il s'agit du Symbole de Nicée-Constantinople, mais le pape avait fait ajouter le verset qui ex Patre, Filioque procedit, définitivement. Cette officialisation fut autorisée, à condition que l'usage soit limité aux messes solennelles des dimanches et fêtes.
Un manuscrit du chant vieux-romain, plus ancien que le chant grégorien, confirme cette adoption tardive. Le dit Graduel Sainte-Cécile de Transtévère, copié à Rome en 1071, manque encore de Credo. Sa Gloria est directement suivie de quelques Sanctus.. Comme la composition de ce chant papal officiel se termina auparavant, sans doute le célébrant récitait-il le Credo auprès du Vatican, jusqu'à ce que le chant grégorien soit formellement adopté au début du .
Credos œcuméniques le Symbole des apôtres; le Symbole de Nicée-Constantinople; le Symbole d'Athanase ou Quicumque.
Le Symbole des apôtres
La version Symbole des apôtres est appelée ainsi parce que cette seconde version du Credo est considérée comme le résumé fidèle de la foi des Apôtres.. Ce résumé aurait été transmis directement par les Apôtres sous l'influence de l'Esprit saint. L'origine de cette version du Credo pourrait venir de Rome au . À Rome, cette version avait pour but de faire partie des rites préparatoires au baptême, dès le . Cette version étant plus concise et plus brève que la version Symbole de Nicée-Constantinople, l'édition de 2002 du Missel romain permet son emploi à la messe en lieu et place du Symbole de Nicée-Constantinople. Cet usage était déjà régulier dans les pays francophones depuis au moins la fin des années 1980. Cette version Symbole des apôtres est davantage employée dans les courts offices liturgiques catholiques de la semaine tandis que la version Symbole de Nicée-Constantinople du Credo est davantage employée dans la Messe du dimanche. L'usage du Symbole des apôtres se trouve, notamment, dans la liturgie selon saint Colomban. De fait, son texte, un peu différent, fut copié vers 680 en Irlande. Il s'agit de l'antiphonaire de Bangor (folios 19r et 19v, Incipit Symbolum).. Donc, saint Colomban fit exécuter cette version du Credo en chant irlandais.
Le texte de la version Symbole des apôtres du Credo est :
Le Symbole de Nicée-Constantinople
vignette|redresse=1.1|Credo III (), première partie.Après le dernier verset descendit de cælis, les fidèles s'agenouillent.. Dans cette optique, l'exécution s'arrête, sans continuation mélodique. À partir du verset Et incarnatus est (notation suivante, au-dessous), on chante très lentement, en remerciant Dieu de cet immense projet pour toute l'humanité. De plus, ces versets expriment le mystère de la trinité. Même dans les œuvres en polyphonie, ces façons sont toujours respectées.erratum : Et ex Patre natum, ante omnia sæcula. vignette|redresse=1.1|Le texte qui ex Patre Filioque procedit fut dernièrement ajouté par le pape Benoît VIII, lors de l'officialisation du Symbole en 1014. vignette|redresse=1.1|erratum : et vitam venturi sæculi. Amen. La version Symbole de Nicée-Constantinople, première version du Credo, a été préparé lors de deux conciles concernés, celui de Nicée (325) ainsi que celui de Constantinople (381). Mais certains spécialistes considèrent que le texte fut préparé à JérusalemMichel Huglo (ancien moine de Solesmes), Dictionnaire de la Musique. Science de la Musique : technique, formes, instruments, « Credo », Éditions Bordes, Paris 1976 . Cette version du Credo est officielle depuis 1014 dans la liturgie de l'Église.. Le texte actuel fut officiellement fixé, à partir de la publication du missel romain révisé (1570) sous le pontificat de Pie V, à la suite du concile de Trente.
Celui de la liturgie catholique latine est le suivant :
La traduction officielle en français utilisée dans la liturgie catholique est la suivante : En 2018, la Conférence des évêques de France vota un changement d'une partie de cette version du Credo. Rome a confirmé ce changement et dans le nouveau Missel utilisé dès 2021, « de même nature que le Père » est remplacé par « consubstantiel au Père »..
Le Symbole d'Athanase
La version Symbole d'Athanase ou Quicumque d'après son premier terme, troisième version du Credo fut créée à la fin du surtout afin de lutter contre le nestorianisme.. Cette version est la moins utilisée.
Profession de foi Profession de foi tridentine À la suite du concile de Trente, les personnes, devant être promues à une dignité dans l'Église, devaient faire profession de foi et pleinement allégeance au pape. Par la bulle Injunctum nobis, le pape Pie IV promulgua, en 1564, le texte de référence.
D'ailleurs, dans ce contexte, le concile distinguait une caractéristique importante du Credo dans l'ordinaire de la messe. À la différence des Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus Dei qui admettaient l'usage de l'orgue, c'est-à-dire alternance ou accompagnement, il demandait de chanter le Credo par chœur seul, entièrement et sans interruption jusqu'à sa fin. Le dit cérémonial de Clément VIII, sorti en 1600, confirmait cette discipline : Cum dicitur Symbolum in Missa, non est intermiscendum organum, sed illud per chorum cantu intelligibili proferaturDenise Launay, La musique religieuse en France du Concile de Trente à 1804, . Si le rite excluait l'instrument pour le Credo, la polyphonie n'était pas mentionnée. D'où, les compositeurs continuaient à écrire ce texte en polyphonie, sans hésitation.
Fonction dans la liturgie catholique Credo de Paul VI Publiée sous forme de motu proprio le à l'issue d'une « année de la foi », cette profession de foi, encore appelée Credo du Peuple de DieuCatéchisme de l'Église catholique, , paragraphe 192. a été principalement rédigée par Jacques Maritain et transmise à par le cardinal JournetUn article de Sandro Magister décrit la genèse de celle-ci et son adoption par .
D'ailleurs, en France, la version courte Symbole des apôtres demeure toujours officielle, en faveur de la Profession de foi à la messe.
Vigile pascale, origine Le Credo est initialement issu de la liturgie de la vigile pascale. Cette célébration, la plus importante dans la liturgie catholique, se distingue et est réservée au baptême, depuis la fondation de l'Église.. Plus tardivement, le sacramentaire gélasien mentionnait exactement un chant du symbole consacré aux cérémonies préparatoires au baptême, sans préciser le texte. Mais à Rome, l'exécution demeurait normalement celle de récitation, et non version musicale, note .
Selon le rite romain actuel, après la liturgie de la Parole, celle de baptême se commence. Avant ce sacrement, il faut que chacun de catéchumènes réponde aux questions du célébrant, avec « Credo (Je crois) », devant toute l'Assemblée... C'est la raison pour laquelle on ne chante pas « Credimus (Nous croyons) ». D'où, il s'agit sans aucun doute de la profession de foi en faveur des baptêmes.. Puis, tous les fidèles de l'Assemblée chantent le Credo in unum Deum pour la rénovation des promesses baptismales. Il s'agit du sommet de la liturgie baptismale.
Célébrations solennelles Lorsque le Symbole de Nicée-Constantinople fut officialisé en 1014 auprès de l'Église, celui-ci fut attribué aux célébrations solennelles des dimanches et des fêtes.
L'article 68 de la Présentation Générale du Missel Romain actuelle confirme cette discipline. Il s'agit d'une obligation des dimanches et des jours de solennité. En outre, le Credo peut être dit lors d'autres célébrations plus solennelles., telle l'inauguration d'un établissement religieux.
D'ailleurs, l'article 67 explique la raison pour laquelle le Credo est chanté entre l'homélie et la célébration eucharistique :
L'article 68 précise encore la manière de l'exécution. Le Credo est normalement entonné par le célébrant, mais également par un chantre ou un chœur. Celui-ci peut être chanté, jusqu'à la fin, par toute l'assemblée. De même, en alternance entre les fidèles et la schola. Lorsque celui-ci n'est pas chanté, il faut que l'assemblée récite ou que deux chœurs l'exécutent en alternance.
Chant grégorien Auparavant
Le Credo en chant irlandais disparut tandis que celui du chant vieux-romain n'existait pashttps://books.google.fr/books?id=obo3T59lWOkC&pg=PR33. Celui du chant grégorien est la version la plus ancienne de laquelle l'on conserve la pratique. Bien entendu, celui-ci demeure toujours officiel auprès de l'Église.
Par ailleurs, dans le manuscrit du Credo VI (), la notation de celui-ci est suivie de celle du Credo du chant gallican.. Il est possible que ce dernier fût encore partiellement utilisé. Il est surtout intéressant que ce chant se commence avec « Credimus (Nous croyons) in unum Deum ».
Il y avait donc quelques traces avant l'autorisation de Rome : chant vieux-romain : aucun Credo ; chant irlandais : usage dans la messe, disparu ; chant gallican : disparu, tardivement ; chant de Bénéventin : Credo pour Noël, remplacé par Credo grégoriens, vraisemblablement Credo I et V ; chant mozarabe : usage dans la messe, plus précisément chant de l'Assemblée après le Canon et lors de l'Élévation ; remplacement par chant grégorien.