thumb|Vue d'ensemble des ruines
Tulum (; en maya yucatèque : Tulu'um) est un site archéologique d’une ancienne cité maya, également appelé Zama. Il se situe dans la péninsule du Yucatán, dans le sud-est du Mexique (État du Quintana Roo), dans une région appelée la Riviera Maya, le long de la mer des Caraïbes. Le site fait partie depuis 1981 du parc national Tulum.
Contexte historique du site Même si elle fut aménagée dès la période classique, Tulum apparaît comme l'une des cité mayas les plus récentes, qui ne se développa qu'à la fin de la période postclassique, devenant alors l'une des villes les plus importantes de la côte orientale du Yucatán. Elle se distinguait par le commerce et le prestige des temples consacrés au dieu Descendant. La cité côtière de Tulum était en effet une forteresse de commerçants alliés à la cité de Mayapan, formant un important carrefour du négoce préhispanique à longue distance : de grands canots partaient vers la côte du Golfe, vers le Costa Rica ou bien en direction des autres littoraux d'Amérique centraleAntonio Aimi, Comment regarder les Mayas et les Aztèques, Paris, Hazan, 2009, p. 328..
La fondation de la cité semble remonter à 564 comme l’indiquent certaines inscriptions. La cité maya de Cobá, dont l’apogée se situe vers 650, utilisait le site de Tulum comme un important port de pêche et peut-être aussi de commerce pour les échanges vers d’autres cités de la région. Des artefacts en silex, des poteries de la péninsule du Yucatan, des objets en obsidienne ou en jade du Guatemala et des grelots et anneaux en cuivre du plateau central mexicain, démontrent l’importance de ces échanges. La structure 59 montre également l’empreinte du style de l'époque classique maya.
Mais la majeure partie des vestiges datent de la période postclassique tardive, c'est-à-dire après 1200. Certaines fresques découvertes à l'intérieur des bâtiments laissent suggérer une influence mixtèque.
De récentes analyses tendent à démontrer que Tulum eut un rôle majeur du . L’archéologue Ernesto Vargas a montré que la cité se trouvait stratégiquement placée entre les provinces (kuchkabaloob) de Cochuah et Cozumel, ce qui, si on ajoute son édification sur le point le plus élevé de la Côte et son système de murailles défensives, l’ont placé dans un lieu inévitable pour n’importe quelle route commerciale et pour l’exploitation des importantes ressources maritimes de la région.
Comme le montrent les fresques peintes et certains bas-reliefs, Tulum semble avoir été un site majeur dédié au culte du Dieu Plongeur.
À partir de 1250 (époque postclassique tardive), Tulum va occuper un statut civique, administratif, religieux et résidentiel, qui convertit la cité en un point stratégique du commerce péninsulaire jusqu'à la conquête espagnole.
La cité était encore habitée par les populations mayas lors de l'arrivée des conquistadors espagnols mais elle fut abandonnée au cours du . Jusqu'au début du , certains villageois des environs avaient l'habitude d'apporter des offrandes à Tulum mais les visites continues des touristes provoquèrent la fin de cette pratique.
Histoire du site thumb|Temple principal Le Castillo à Tulum (Catherwood, 1844) Cette cité maya a été identifiée comme ayant eu pour nom originel Zamá, ce qui signifie « demain ». L'archéologue Samuel Kirkland Lothrop l'a surnommée en 1922 « la cité de l'aube ». Le nom viendrait du fait que la cité était à la fois associée à l'est qui, dans la symbolique maya, représente la renaissance et le solstice d'hiver. Tulum est aussi un mot maya signifiant barrière ou clôture, ce qui se comprend aisément puisque la cité est entourée d’épaisses murailles protectrices. vignette Le premier à identifier la cité fut Juan Diaz, en 1518, qui appartenait à l’expédition de Juan de Grijalva. Il la décrivit comme une cité riche et magnifique à l’image de Séville en Espagne. À la fin du , les références coloniales sur Tulum se perdirent et le site tomba dans l'abandon. Mais en 1841, les célèbres explorateurs John Lloyd Stephens et Frederick Catherwood la redécouvrirent et publièrent en 1843 leurs récits « Incidents of Travel in Yucatan », récits et illustrations de la cité ensevelie sous la jungle qui suscitèrent l'intérêt d'explorateurs et d'archéologues de différents pays. En 1844, Catherwood publie « Views of Ancient Monuments Central America, Chiapas and Yucatan », qui contient des lithographies de Tulum dessinées dans les ruines en 1841 à l'aide d'une camera lucida.
John Berhisel, un Mormon, lut le livre de Stephens et identifia Tulum comme la ville de la Désolation de la pensée mormone. Plusieurs expéditions mormones eurent lieu lors du siècle suivant afin de trouver cette ville.
Le a commencé le Culto de la Cruz Parlante, culte de la croix parlante, lorsque José Maria Barrera, aidé du ventriloque maya Felipe Carrillo Puerto, a fait parler une croix en bois afin de galvaniser les rebelles mayas contre l'occupant espagnol. À Tulum, la prêtresse de ce culte était Maria Uicab. En 1870, Uicab parvient à transformer Tulum en centre d'opération du culte, supplantant ainsi Chan Santa Cruz. Lorsqu'un missionnaire espagnol arrive à Tulum pour la contrôler, elle ordonne sa mort, que sa chair soit retirée de ses os et qu'ils soient coulés dans le ciment. Ric Hajovsky affirme avoir vu ces os lors des fouilles réalisées dans les années 1970, squelette qui a depuis été retiré.
En 1974 et 1975, le Centre Régional du sud-est de l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) a commissionné un groupe d'archéologues et de restaurateurs afin d'effectuer des travaux spécialisés dans le périmètre de la muraille et dans les zones environnantes : levée topographique et consolidations.
De nos jours, des milliers de touristes viennent quotidiennement visiter les ruines dans le cadre d’excursions organisées par les hôtels et voyagistes de la région. Tulum est le archéologique du Mexique en nombre de visites après Teotihuacan et Chichen Itza et juste devant Monte Albán.
Description du site thumb|Plage du site archéologique. Le site de Tulum paraît modeste et peu étendu ( le long de la côte), surtout si on le compare avec ceux de Cobá ou de Chichen Itza, mais il est édifié dans un site naturel exceptionnel, en bordure de la mer des Caraïbes mexicaine aux couleurs turquoise et sur un promontoire rocheux qui met les bâtiments particulièrement en valeur. La plupart des monuments avaient des fonctions cérémonielles. Des traces de peinture de couleur rouge peuvent être observées sur certains édifices, ce qui suggère qu’ils étaient peints durant la période maya.
Le centre cérémoniel et administratif de Tulum était protégé par un mur haut de 3 mètres environ, dessinant un périmètre rectangulaire de 700 m sur 300 m. Douze édifices à caractère religieux étaient regroupés autour de l'Enceinte intérieure, sur le côté oriental. S'y dressait le Castillo, temple qui, par son plan et ses colonnes ophiomorphes, entretenait une parenté stylistique avec le monument homonyme de Chichén Itzá. Au pied du Castillo, une plage de sable fin ouvrant sur une petite anse constituait le port de Tulum. Le marché semble s'être trouvé un peu plus haut, dans un espace comprenant de petites plateformes.
Les autres traits distinctifs de Tulum sont ses deux murailles, extérieure et intérieure. La muraille externe encercle trois côtés du secteur principal de l'antique cité. Elle comprend un espace rectangulaire d'environ 380 mètres, du nord au sud« , et » de 170 mètres d'est en ouest. Cette zone comprend la majeure partie de l'architecture monumentale : temples, autels, tombes et édifices d'une hiérarchie qui contrôlait la société. Le reste de la société vivait en dehors de l'enceinte, dans une zone qui s'étendait sur 5 km au nord et au sud du site, le long de la côte. Le groupe de constructions du centre de Tulum ou Enceinte Intérieure est conformé par la Muraille Intérieure dont les dimensions forment un rectangle d'environ 30 mètres sur 50. Les principaux édifices de ce secteur sont regroupés autour du patio délimité par la muraille.
La Grande Muraille Elle a environ six mètres d'épaisseur et quatre de hauteur. La muraille est composée d'une plate-forme et d'un parapet. Il y a aussi de petits gradins qui, de l'intérieur, permettent l'ascension à la plate-forme. La muraille ceint le centre de la cité des côtés ouest et nord-sud. Cinq entrées permettent l'accès : une qui est presque au centre du pan occidental, deux sur la section nord et deux autres sur la section sud. Ces entrées forment toutes des passages voûtés, illustrant la fameuse voûte angulaire aussi dénommée « fausse voûte ». Sur les angles nord-est et sud-ouest, on trouve des temples qui ressemblent à de petites tours de garde et soulignent le caractère défensif de la grande construction. Le côté est se trouve en bordure de mer et profite d’une petite falaise naturelle protectrice.
La muraille remplissait donc deux fonctions : elle évitait l'assaut de groupes ennemis et délimitait l'espace réservé aux activités à caractère politico-administratif et religieux. À l’intérieur de la cité apparaissent les traces d'une seconde muraille de protection.
L'enceinte intérieure Elle est délimitée par les structures qui la forment et par une petite muraille qui n'a que trois accès. Deux sur le côté occidental et un sur le côté sud. Parmi les édifices qui appartiennent à cette enceinte, on distingue cinq types différents : Les bases pyramidales formant un seul corps et possèdent un escalier d'accès délimité par des arbalétriers axés à l'ouest, qui soutenaient un temple. Les cinq temples ne possèdent qu'un couloir mais le temple qui couronne le Castillo en a deux. Les deux autels sont de petites structures. Les pièces de l'enceinte intérieure présentent trois variantes : celle de la structure 9 n'a qu'un couloir, les pièces 3 et 10 ne possèdent qu'une seule pièce mais elles ont des portiques intérieurs qui soutiennent le toit. Les plates-formes sont pourvues de gradins sur un de leurs côtés et ne montrent aucune trace de construction ajoutée au-dessus de l'édifice originel.
Castillo thumb|Le Castillo. C'est le bâtiment le plus haut, le plus important et le plus impressionnant du site, que le conquistador Bernard Diaz décrivit comme une « Tour » ; on le remarque aussi par sa situation et la façade singulière du temple supérieur. La façade principale surplombe le côté et de l'enceinte interne, tandis que le mur postérieur s'élève majestueusement sur le bord de la falaise des Caraïbes. Celui-ci possède trois accès décorés de colonnes serpentines, d’une représentation du Dieu plongeur et de deux médaillons zoomorphes aux angles.
L’aspect actuel du monument est le résultat de plusieurs étapes distinctes de construction qui commencèrent avec un plus petit édifice. Plus tard, il fut comblé, afin de pouvoir supporter le poids de celui qui allait être construit au-dessus ; on y ajouta un mur de contention pour soutenir le poids du nouveau temple. La construction qui le surplombe comprend deux pièces couvertes par un toit voûté et trois ouvertures d'accès bordées de linteaux et soutenues par deux colonnes en forme de serpents.
La frise de la façade est formée par deux franges simples et trois niches ; on observe sur la partie centrale les restes d'une figure de stuc qui devait être peinte de plusieurs couleurs et qui représentait une figure qui semble descendre. Cela pourrait être une référence symbolique au soleil de l'ouest, à la pluie ou aux abeilles. Pendant la dernière étape, on construisit deux autels de chaque côté de l'escalier principal.
Devant, on remarque une plate-forme, peut-être destinée à certaines danses ou processions et sur les côtés, d’autres bâtiments complémentaires à la structure d’ensemble et parmi lesquels il faut mentionner le Temple des Séries Initiales où est inscrite la date la plus récente du site.
Temple du Dieu descendant thumb|Temple du Dieu du Vent