L’économie de la Grèce, forte d'un produit intérieur brut avoisinant les 218 milliards d'USD, est la économie mondiale. En parité de pouvoir d'achat, la Grèce se classe au rang mondial avec près de 317 milliards USD. En 2018, la Grèce était la économie européenne. Selon les chiffres du Fonds monétaire international de la même année, le PIB par habitant est de USD par valeur nominale et de USD en parité de pouvoir d'achat..

La Grèce est un pays développé à l'économie capitaliste, basée essentiellement sur le secteur tertiaire (80 %), l'industrie (16 %) et l'agriculture (4 %)https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/10516829/2-10032020-AP-EN.pdf. L'industrie grecque repose sur le tourisme et la marine marchande, deux piliers historiques de l'économie nationale. Avec quelque 18 millions de touristes en 2013, la Grèce se place au rang européen des pays les plus visités et au rang mondial. La marine marchande grecque est la plus importante au monde : elle représente 15 % du port en lourd mondial. En outre, le pays est un producteur agricole important au sein de l'Union européenne. La Grèce est la première économie des Balkans et un investisseur majeur en Albanie (premier partenaire commercial), en Bulgarie, Serbie et Roumanie. Depuis l'indépendance de la Macédoine du Nord en 1991, des liens étroits unissent les deux États : la Grèce est le partenaire économique le plus important pour les Macédoniens. De surcroît, les télécoms helléniques investissent beaucoup dans la modernisation des réseaux serbes et balkaniques en général. La Grèce est un pays développé et avancé, considérée comme un pays à revenu élevé selon la Banque mondiale (données de 2019). C'est en outre un membre fondateur de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) et membre du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le pays a adopté l'euro en 2001 en remplacement de la drachme pour un taux d'échange de 340,75 DR pour .

À partir des années 1950 et surtout 1960, le pays connaît un véritable essor économique sans précédent : le PIB passe de 4,5 milliards USD en 1960 à 56,8 milliards USD vingt ans après. Dans la décennie 1990 et surtout 2000, le PIB augmente de manière spectaculaire : on passe de USD en 1990 à 354 milliards USD en 2008. La crise financière mondiale, accentuée par une crise de la dette publique grecque entraîne une période de récession économique majeure : le PIB passe de 354 milliards USD en 2008 à 299,4 milliards USD en 2010, 237 milliards USD en 2014 pour atteindre au plus fort de la crise 195,2 milliards USD en 2015. C'est la plus forte baisse jamais enregistrée dans l'histoire économique du pays. Les mesures d'austérité imposées entraînent une baisse du niveau de vie, l'explosion du taux de chômage et une vague de privatisations. En juin 2013, le gouvernement d'Antónis Samarás décide même de couper sine die et sans préavis la télévision et radio nationale, l'Ellinikí Radiofonía Tileórasi (ERT). Entre 2015 et 2018, le gouvernement d'Aléxis Tsípras évite au pays une sortie de la zone euro. Lorsque ce dernier quitte le pouvoir en juillet 2019, : la croissance remonte progressivement et lentement la pente pour passer de 195,6 milliards USD en 2016 à 203 milliards USD en 2017 et 218 milliards USD en 2018.

Malgré une gestion plutôt exemplaire de la crise du Covid-19 par le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis, la croissance fragile pourrait être sérieusement affectée, selon les estimations de la Banque mondiale.

Indicateurs économiques

Population 10 709 606 habitants Indice de fécondité : 1,28 par femme (2007) Taux de natalité : (2014) Taux de mortalité : (2014) Croissance 1,9 % (2018) 2,8 % (prévue en 2020) Produit Intérieur Brut 195,5 milliards USD (2015) 218 milliards USD (2018) Rang mondial : 51e PIB par habitant 27 800 dollars USD Rang mondial : 56e Taux de chômage 17,2 % (2019) 16,9 % (2020) 9,8 % (janvier 2025) 7,7 % (janvier 2026), selon ELSTAT Inégalités de revenu (coefficient de Gini : 0 = égalité totale, 1 = inégalité totale) 0,32 (2020) Devant le Royaume-Uni (0,36) et l'Australie (0,33) derrière le Canada (0,31) et la France (0,29) Taux de pauvreté. 21,2 % (2019) Devant l'Espagne (22,3 %), derrière l'Italie (20,6 %) `Violences faites aux femmes selon les statistiques européennes 2 % (2019) Devant l'Autriche (3 %), l'Italie (5 %) et la France (6 %), ex æquo avec la Belgique et derrière le Danemark

Salaire minimum 920 € brut par mois (au )

Le taux de paiement par carte bancaire n'était que de 6 % du total des paiements en 2013, soit un des taux les plus faibles d'Europe.. Histoire

La construction d'une thalassocratie La Grèce est historiquement une région dynamique sur le plan économique. Le pays bénéficie de nombreux atouts géographiques : mer Méditerranée, climat méridional, situation stratégique entre l'Europe balkanique et orientale, l'Europe occidentale et le Proche-Orient. Dès l'époque archaïque, la Grèce a construit sa prospérité économique grâce à la mer et s'imposant ainsi comme une véritable thalassocratie.

Cette puissance économique fondée sur la mer permet à l'Empire romain d'Orient d'échapper à la crise économique que connaît l'Europe occidentale durant l'Antiquité tardive. En dépit de l'instabilité politique chronique que connaît l'Empire byzantin, la Grèce semble avoir connu une prospérité relative durant la période médiévale grâce à sa situation géographique névralgique entre le Proche-Orient et l'Occident.

Cet héritage antique et médiéval façonne l'économie de la Grèce contemporaine, devenue indépendante en 1830 aux termes d'une guerre d'indépendance menée contre l'Empire ottoman.

Économie grecque : 1830 - 1914

Développement d'une économie nationale vignette|upright=1.2|Ioánnis Kapodístrias a introduit en Grèce des réformes économiques importantes. Lorsque la Grèce accède à l'indépendance, le développement économiques du pays est freiné par un certain nombre de contraintes. D'une part, la Grèce est sortie ruinée et dévastée d'une guerre d'indépendance de plus de dix ans. D'autre part, les frontières du pays, fixées par le traité de Londres de 1832, se limitent au Péloponnèse, aux Cyclades et à l'Attique. Des régions hellénophones comme la Thessalie, la Macédoine, la Ionie, la Thrace ou encore le Dodécanèse sont exclues. D'autre part, la situation géographique de la Grèce fut longtemps un frein à la croissance économique. Au , l'Europe occidentale est en pleine Révolution industrielle et est donc économiquement plus dynamique que le monde levantin, duquel la Grèce est historiquement plus proche. Le pays est isolé du marché européen, loin des centres névralgiques que sont Londres, Paris, Francfort et Vienne.

L'économie hellène repose alors essentiellement sur l'agriculture qui est capable de répondre aux besoins de sa population. En 1828, le Premier ministre grec Ioánnis Kapodístrias a introduit la culture de la pomme de terre en Grèce pour lutter plus efficacement contre la famine. La pomme de terre présente l'avantage d'être facilement cultivable et de nourrir un certain nombre de personnes. En outre, ce dernier dote le pays d'une monnaie distincte de la piastre ottomane, le phénix, pour renforcer l'indépendance monétaire du nouvel État grec. Le phénix est par la suite remplacé par la drachme. Tout au long des , l'agriculture grecque a pu maintenir un excédent commercial net, ce qui est une réalisation majeure si l'on considère que la balance commerciale du pays était alors constamment déficitaire. Le pays n'est pas autosuffisant sur le plan des céréales (blé entre autres), ce qui oblige de recourir en permanence à des importations. Le blé est la seule céréale produite en grande quantité par le pays, et est donc un ingrédient de base dans la culture hellène (le pain pita notamment). L'économie grecque affichait déjà en 1860 un pourcentage très élevé d'exportations (avoisinant les 17% dans les années 1870 et 1880) par rapport au PIB national. Ces exportations sont en grande partie à destination de régions frontalières : Balkans, Pont Euxin, Asie mineure. La Grèce était ainsi une économie tournée vers Méditerranée orientale plutôt qu'une économie européenne et globale.

La redécouverte fortuite des mines de plomb, de cuivre de l'argent du Laurion marque les prémices de la révolution industrielle en Grèce. En 1867, une compagnie franco-italienne forme un consortium chargé de leur exploitation. Cette question de l'exploitation fut d'ailleurs source de rivalités entre la France et la Prusse en 1871. Néanmoins, la compagnie est rachetée par un conglomérat de banquiers de Constantinople et devient la Compagnie Métallurgique Grecque du Laurion (). Son intervention entraîna un enthousiasme des investisseurs grecs pour la nouvelle compagnie. Le cours de ses actions monta en flèche. Lorsque la bulle éclata, les économies de nombreux Grecs issus des petites classes moyennes disparurent avec elles. Les mines du Laurion venaient de faire entrer la Grèce dans l'ère du capitalisme spéculatif, et de ses inconvénients..

Marine marchande vignette|upright=1.2|Le port du Pirée dans les années 1890. La Grèce indépendante avait une marine marchande bien inférieure à celle des puissances européennes et à ce que fut jadis la marine byzantine. Il faut attendre 1856 pour que la première compagnie maritime d'envergure nationale soit fondée à Ermoúpoli, sur l'île de Syros dans l'archipel des Cyclades, par Ilias Kehayas. L'île dispose de l'avantage considérable d'être un port de passage entre l'Asie mineure (avec les ports de Smyrne et Constantinople) et l'Europe occidentale (ports de Gênes et Marseille). La compagnie prend le nom de Compagnie Hellénique de Navigation. Elle dessert initialement Salonique, le Pirée, le Péloponnèse et la Crète. En 1862, la Compagnie étend ses liaisons maritimes en s'implantant à Smyrne, Constantinople, Çanakkale, Gallipoli et Bodrum.

Avec le développement des bateaux à vapeur, la marine marchande a pris un nouvel essor. Cela a considérablement amélioré l'économie de nombreuses îles grecques, principalement Syros, Céphalonie, Ithaque et Andros. Outre ces îles, le port du Pirée a tiré un profit colossal de l'activité des navires à vapeur et contribue à faire de celui-ci le plus important centre industriel et commercial du pays. Le développement rapide de l'activité portuaire du Pirée a une impulsion inattendue à la croissance de la ville d'Athènes. À cette époque, les réseaux routier et ferroviaire étaient encore en construction, ce qui donnait plus d'importance aux routes maritimes. Le développement des bateaux à vapeur a permis à la Grèce de reconstituer une marine marchande dynamique comme cela était naguère le cas. L'île de Syros, dans les Cylcades, est ainsi devenue le point central des investissements en tant que berceau de la navigation à vapeur grecque..

alt=|gauche|vignette|upright=1.2|Le canal de Corinthe, en 1894.