La colonne du CongrèsLe livre La Colonne du Congrès et de la Constitution, inaugurée le , gravures par L. Van Peteghem, Bruxelles, 1859, a comme sous-titre « et de la Constitution » mais seule l'expression « Colonne du Congrès » en est l'appellation officielle : lire ibidem : La construction de la Colonne du Congès a été décidée par un arrêté en date du 24 septembre 1849 . (en néerlandais : Congreskolom) est une colonne commémorative conçue par l’architecte Joseph Poelaert. Elle a été édifiée, place du Congrès, dans le quartier des Libertés de la ville de Bruxelles, à l'initiative de Charles Rogier, entre 1850 et 1859, en commémoration du Congrès national de 1830-1831. En 1922, on a inhumé à son pied la tombe du Soldat inconnu à la mémoire des soldats belges morts durant la Première Guerre mondiale.
Histoire de sa construction À l'occasion des fêtes de l'Indépendance de , Rogier déclarait :
Félix Stappaerts, La Colonne du Congrès à Bruxelles. Notice historique et descriptive du monument, Bruxelles, Typo. Vve J. Van Buggenhoudt, 1860, p. 24..
Le programme du concours d'architecture ouvert dès le , trop contraignant pour susciter des œuvres originales, est loin de faire l'unanimité. Le choix de la colonne comme symbole de l'Indépendance apparaît, pour d'aucuns, anachronique. L'emplacement ne leur semble pas plus heureux :
« La Colonne de la Constitution », dans Journal de l'Architecture, 1849, n° 11, p. 173..
"La Colonne de la Constitution", dans Journal de l'Architecture, 1850, n° 3, pp. 37-38..
La polémique autour de l'emplacement de la colonne prend un tour plus politique lorsqu'un conseiller communal, alors que les travaux piétinent, propose, en 1854, de la déplacer au rond-point de la rue de la Loi, à mi-distance entre le boulevard de ceinture et le champ de manœuvres de l’armée. Il y gagnerait en visibilité, ne gâcherait pas le panorama et serait mieux proportionnée au site.
Malgré l'accueil favorable du public, qui craint néanmoins qu'on prenne prétexte du déplacement pour abandonner le projet, le Ministre de l'Intérieur, Ferdinand Piercot, y oppose une fin de non-recevoir. Les plans ont été approuvés par le Parlement qui devrait être consulté avant toute modification, surtout si elle entraîne, comme c'est à prévoir, des dépenses supplémentaires. Ce serait en outre un parjure à la cérémonie de pose de la première pierre qui a un caractère sacré. Enfin, et surtout, un compromis politique est intervenu en 1853 entre catholiques et libéraux pour construire en parallèle l'église Notre-Dame de Laeken, mémorial à la reine Louise d'Orléans épouse du roi Leopold 1er, et la colonne du Congrès qui sont toutes les deux inspirées par le même esprit de reconnaissance.
Le peu de liberté laissé par le programme n'empêchera pas la participation de 53 candidats à l'épreuve du concours d'architecture. La masse, souvent imposante, du socle donne à un grand nombre de projets, par ailleurs difficiles à distinguer, l'aspect de monuments funéraires. À l'exception d'une variante qui prévoit un escalier à vis tournant autour de la colonne, dédoublé à l'intérieur pour les jours de pluie, on ne note de différence que dans la décoration plus ou moins chargée ou colorée du stylobate.
Le jury désignera vainqueurs ex aequo du concours les architectes Pierre Dens pour son projet L'Espérance et Joseph Poelaert pour L'Union fait la Force. Après qu'ils ont été invités à retravailler leurs esquisses pour les départager, c'est finalement Joseph Poelaert qui est chargé, sous la surveillance de la Commission des Monuments, de la réalisation de la colonne. Il dessinera aussi les plans des hôtels particuliers, de style néo-Renaissance italienne, qui entourent la place. Ce sont, sans doute, les premiers témoins de l'architecture éclectique à Bruxelles. Malgré une certaine lourdeur, il n'en est pas moins incontestable que les hôtels de la place du Congrès présentent un effet de masse, une apparence cossue et encadrent très bien la magnifique perspective que l'on a devant les yeuxVERSLUYS (C.D.), Les bas-fonds de la rue Royale, MM. Cluysenaar et Poelaert, les hôtels de la place du Congrès, la balustrade circulaire, la colonne de la Constitution, l'escalier monumental, le mur de soutènement de la place, dans Journal de l'architecture, 1852, p. 5..
Neuf années se sont écoulées entre la pose de la première pierre, le , et l'inauguration de la colonne, le médaille de Laurent Hart. Si les crises gouvernementales et les évènements extérieurs n'y sont pas indifférents, l'absence d'un plan suffisamment étudié et les modifications incessantes apportées par l'architecte sont les premières responsables de ce retard. En 1852, on en était encore à discuter du choix des matériaux. Il est vrai que l'utilisation du bronze, de la pierre ou de la fonte, en même temps qu'elle dépendait des disponibilités budgétaires, constituait une des rares libertés de la composition.
Peut-être le refus du roi Léopold de Belgique de voir la colonne couronnée de sa statue retarda-t-elle encore le jour de l'inauguration. Prenant prétexte d'un voyage en France qu'il aurait pu facilement remettre, il s'y fit en tout cas représenter par le prince Philippe.
Au centre de la place des Panoramas, baptisée place du Congrès pour l'occasion, la colonne enfin érigée constitue désormais le point de mire du quartier Notre-Dame aux Neiges voisin. Tous les projets de plan d'aménagement du quartier, assaini entre 1875 et 1885, tentent de dégager la perspective de la colonne et articulent la voirie autour d'elle en conséquence.
La colonne du Congrès vignette|gauche|redresse=0.7| vignette|277x277px|Léopold Ier, statue réalisée par Guillaume Geefs. Vue depuis la rue Royale. vignette|Avers d'une médaille commémorant l'inauguration de la Colonne du Congrès le et représentant Léopold . Inspirée de la colonne Trajane, elle commémore le Congrès national de 1830 qui rédigea la Constitution belge.
Le monument, d’une hauteur totale de , contient un escalier intérieur hélicoïdal de . Elle est surmontée d’une statue de de haut, représentant le premier roi des Belges, Léopold , œuvre du sculpteur Guillaume Geefs.
Sur le socle, sont gravés les grandes dates de l'indépendance, les noms des membres du Congrès et ceux des membres du Gouvernement provisoire constitué après la révolution belge, ainsi que les grands principes de la Constitution. Quatre hautes figures féminines, œuvres de différents sculpteurs, symbolisent les Libertés fondamentales garanties par la Constitution, la Liberté des cultes (Eugène Simonis), la Liberté d’association (Charles-Auguste Fraikin), la Liberté de l’enseignement et la Liberté de la Presse (toutes deux de Joseph Geefs)Félix Stappaerts, La colonne du Congrès à Bruxelles : notice historique et descriptive du monument, Bruxelles, 1860, p. 37). C'est à la Fonderie Royale des Canons de Liège, sous la direction du fondeur français Victor Thiébaut, que furent coulés les bronzes de la statue de Léopold Ier et celles de la Liberté des Cultes, d'Association et de Presse. Deux lions monumentaux, œuvres de Eugène Simonis sont placés à l'avant du monument. Lors de l'inauguration du monument, en septembre 1859, ceux-ci ne sont encore que des réalisations provisoires en plâtre, qui seront retirées peu après. Les lions définitifs ne seront coulés qu'ensuite par la Compagnie des Bronzes de Bruxelles, et installés en décembre 1864. Le sculpteur, contrairement aux recommandations de la Commission des monuments, les a représentés debout, et curieusement marchant à l'amble, ce qui n'est pas naturel pour un félinFabrique d'art - La compagnie des Bronzes de Bruxelles, collectif, Cahier de La Fonderie n°28-29 Musée bruxellois de l'industrie et du travail, 2003.
Le Soldat inconnu
vignette|250x250px| Le Soldat inconnu a été inhumé au pied de la colonne entre les deux lions, le . Suivant l’exemple des pays voisins, la Belgique décide en 1922 de rendre hommage aux victimes des combats de la Première Guerre mondiale au travers d’un soldat anonyme. Celui-ci sera choisi au hasard par Reinold Haesebrouck, vétéran aveugle de guerre, parmi cinq cercueils contenant les corps de soldats belges non identifiés tombés sur cinq des principaux champs de bataille de Belgique, en provinces de Liège, Namur, Anvers, Flandre orientale et Flandre occidentale. Il est inhumé sous une dalle gravée, auprès d’une flamme éternelle.
Plus tard, la portée symbolique du monument et de la cérémonie d’hommage annuelle seront étendues aux victimes d’autres conflits et aux militaires en mission de maintien de la paix. Après la Seconde Guerre mondiale, une deuxième dalle est posée sous la première. Une troisième est installée en 1998 portant l’inscription « Aux Belges tombés au service de la paix depuis 1945 ».
Statut patrimonial La colonne du Congrès est inscrite depuis le sur la liste de sauvegarde de la Région de Bruxelles-Capitale..
Restauration du monument Fortement dégradée par le temps, la colonne du Congrès a fait l'objet entre 1997 et 2002 d'importants travaux de rénovation divisés en différentes phasesLa restauration du monument. La rénovation suivante se fait pendant quatre mois de l'année 2026, et comprend le nettoyage des surfaces, la réparation des pierres et du mortier endommagés, l'application d'un traitement de surface pour donner à la colonne un aspect homogène et la redorure des inscriptions. Ces travaux sont financés par la Loterie nationale.
Anecdote vignette|droite|250px| Lors de l'importante tempête du 18 janvier 2007, qui a touché une grande partie de l'Europe, l'imposante (mais creuse) représentation de la Liberté de la presse a été projetée en bas de son socle. La statue de bronze, d'une hauteur de 3,5 mètres et d'une masse estimée à 1,5 tonne, qui avait résisté durant 150 ans, est abîmée lors de sa chute (idem pour la base en pierre bleue), ce qui lui vaudra d'être restaurée.
Notes et Références
Voir aussi
Articles connexes Laurent Hart : la grande Médaille à l'occasion de la réalisation de la Colonne du Congrès Léopold Wiener : Autre grande médaille réalisée à cette occasion.
Bibliographie
Liens externes
La colonne du Congrès, sur le site reflexcity.net
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