Séânkhibrê Amény-Antef-Amenemhat est un roi de la dont le règne se situe dans la première moitié du .

Attestations

Sources contemporaines

Séânkhibrê est attesté par quelques objets contemporains : de deux sceaux-cylindres portant le cartouche de Séânkhibrê et dédiés au Seigneur Sobek de Soumenou, provenant peut-être de la bibliothèque el-Mahamid el-Qibli de Haute-Égypte ; l'un se trouve au Metropolitan Museum of Art (MMA 11.150.33), l'autre a été vu sur le marché des antiquités (vendeur Mohaseb Todros), une table d'offrandes portant la titulature complète du roi et découverte à Karnak dans la cour du du temple d'Amon-Rê ; elle se trouve actuellement au Musée égyptien (CG 23040), une stèle peut-être d'Abydos mentionnant un fonctionnaire, Séânkhibrê-Séneb-Sénebefeni et conservée au musée Calvet à Avignon (A 31) ; le nom Séânkhibrê-Séneb-Sénebefeni est peut-être un nom basilophore du roi Séânkhibrê ; cependant, l'absence de cartouche entourant la partie du nom Séânkhibrê, comme cela est pourtant d'usage, rend incertain le fait qu'il s'agisse d'un nom basilophore, un bloc de Louxor conservé à Strasbourg (IES 346) porte une inscription lacunaire dont il ne reste du protocole royale que le nom d'Horus, Séhertaouy, nom partagée avec le roi du début de la ; si stylistiquement, le relief semble dater de la , Julien Siesse hésite sur l'attribution à Séânkhibrê Amény-Antef-Amenemhat car les restes de la deuxième colonne du texte semble correspondre à une élément de titulature ou une épithète plutôt agressive qui ne correspond par à ce qui est connu de la titulature du roi.

vignette|gauche|Dédicace à Séânkhibrê Séânkhibtaouy sur un architrave à HéliopolisLe cartouche inscrit au nom de Séânkhibrê se trouve sur la colonne du haut ; à droite de ce cartouche se trouve le nom d'Horus Séânkhibtaouy sans le serekh.. A été attribuée au roi Séânkhibrê Amény-Antef-Amenemhat une architrave provenant d'une tombe privée de la nécropole d'Héliopolis et indiquant que cette tombe est un don d'un roi dont le nom d'Horus est Séânkhibtaouy et le nom de Nesout-bity Séânkhibrê. Cependant, d'un point de vue stylistique tout comme le fait d'avoir le même nom pour celui d'Horus et celui de Nesout-bity à l'exception du signe de Rê pour le second remplacé par le signe des Deux Terres pour le premier, ces éléments permettent de date l'architrave d'un roi de la fin de la ou du début de la , voire au plus tard du règne d'.

Sources postérieures

Séânkhibrê Amenemhat est inscrit sur le Canon royal de Turin, une liste de rois rédigée au début de la période ramesside et qui sert de source historique principale concernant la Deuxième Période intermédiaire. Selon la lecture du papyrus par l'égyptologue danois Kim Ryholt, Séânkhibrê Amenemhat apparaît dans la , sous son nom de Nesout-bity Séânkhibrê.

Séânkhibrê Amenemhat est également mentionné sur la liste royal de Karnak, entrée 37.

Interprétation du nom de Sa-Rê

Son nom de Sa-Rê complet étant Amény-Antef-Amenemhat, il s'agit d'un nom multiple comme plusieurs autres souverains du début de la en ont porté. Ce nom a été interprété de différentes manières : selon Ryholt, il s'agit de noms filiaux, le dernier étant le vrai nom du souverain, le premier ou, en l'occurrence ici, les deux premiers font référence au père et grand-père du roi ; Ryholt fait donc de Séânkhibrê un roi nommé Amenhemhat dont le père se nommait Antef et le grand-père Amenemhat (Amény est le diminutif d'Amenemhat), identifié au roi Sekhemkarê Amenemhat, selon Julien Siesse, les noms doubles ou triples ne sont pas des noms filiaux : en effet, il note que les doubles noms sont très courants à cette époque, que ce soit chez les particuliers ou dans la famille royale. Ce double nom est en effet un nom principal pour l'un des composants et un surnom pour l'autre et permet de différencier les membres d'une même famille ayant le même nom principal. Par exemple, dans les familles royales des différents rois de la , plusieurs princes et princesses sont connus avec des doubles noms, dont les enfants de Khâneferrê Sobekhotep : Sobekhotep-Djadja, Sobekhotep-Méjou et Haânkhef-Iykhernéféret. Ainsi, il interprète le nom complet du roi comme étant bien Amény-Antef-Amenemhat sans que cela ne fasse référence à ses père et grand-père.

Famille

L'interprétation faite des noms multiples change la reconstruction de la famille roayle du roi. Ainsi, différentes reconstructions s'opposent.

Point de vue de Kim Ryholt

Kim Ryholt propose que Séânkhibrê Amenemhat était membre d'une famille royale plus large comprenant les rois Sekhemkarê Amenemhat , Amény-Qémaou, Hotepibrê Qémaou-Sahornedjhéritef et Ioufeni. Ainsi, Sekhemkarê Amenemhat aurait été suivi par son fils Amény-Qémaou (Ameny étant le diminutif du nom Amenemhat), ce dernier étant suivi par Hotepibrê Qémaou-Sahornedjhéritef. Séânkhibrê Amény-Antef-Amenemhat ferait également partie de la famille, étant le fils d'un Antef et le petit-fils de Sekhemkarê Amenemhat. Un Antef, qualifié de Fils du Roi, est attesté par des scarabées datant de ce début de la . Le prédécesseur de Séânkhibrê Amenemhat, le roi Ioufeni, ferait également partie de cette famille, bien que sa relation précise avec les autres membres ne puisse être établie en raison du manque de matériel datant de son très court règne. Moins de dix ans après le règne de Séânkhibrê Amény-Antef-Amenemhat, un roi nommé Amenemhat-Renséneb est monté le trône. Suivant la même logique, il serait le fils d'un roi Amenemhat qui pourrait être Séânkhibrê Amény-Antef-Amenemhat ou l'un des rois intermédiaires.

Point de vue de Julien Siesse

Julien Siesse réfute la théorie des noms filiaux. Ainsi, selon lui, on ne peut rien déduire de la famille du roi si ce n'est qu'il y avait peut-être plusieurs Amenemhat. Il était donc peut-être lié familialement à ses prédécesseurs chez lesquels plusieurs Amenemhat son présents, mais sans pour autant connaître exactement la nature de ces liens.

Étendue du territoire contrôlé

Il n'est pas clair si Séânkhibrê a régné ou non sur toute l'Égypte. Il avait probablement le contrôle de la Basse-Nubie, qui avait été conquise pendant la et ne serait pas abandonnée avant au moins soixante ans. Son contrôle sur la Basse-Égypte est débattu. Ryholt pense que la cananéenne existait déjà à l'époque, formant un royaume indépendant contrôlant au moins le delta oriental du Nil. Si cette analyse est acceptée par certains spécialistes, dont Darrell Baker, elle est rejetée par d'autres, dont Gae Callender, Janine Bourriau, Manfred Bietak, James et Susan Allen, Daphna Ben-Tor, Wolfram Grajetzki et Julien Siesse qui affirment que la ne pouvait pas exister avant le roi Khâneferrê Sobekhotep ou , voire avant la fin de la .

Titulature

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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